Pourquoi les ressortissants non européens n’ont que peu de chances de travailler en Suisse

Je crois qu’à un moment donné, il faut savoir dire les choses : les chances qu’ont les ressortissants non européens de travailler et de trouver un emploi en Suisse sont aujourd’hui très faibles, voire nulles selon les profils. J’avais rédigé un 1er billet il y a quelques temps qui avait suscité plus de 230 commentaires, alors il m’a semblé utile de rédiger un article encore plus centré sur les candidats extra-communautaires. Voici donc quelques raisons qui vont vous expliquer les raisons pour lesquelles il est a priori très difficile de travailler en Suisse quand on n’est pas européen.

Les extra-communautaires sont soumis à la loi sur les étrangers

Tout d’abord, il y a la loi : jusqu’à la mise en oeuvre de la nouvelle loi sur les étrangers d’ici 2017, et qui fait suite à la votation du 9 février visant à limiter l’immigration, ce sont les accords bilatéraux qui s’appliquent. Et pour être concret, ces accords disent que les ressortissants suisses et de l’Union européenne et de l’AELE sont « prioritaires » sur le marché du travail suisse. Pour les autres, la loi qui s’applique est claire : pour obtenir un permis de travail, un tel ressortissant devra posséder une formation supérieure (ingénieur, Master II, doctorat…) ET il doit y avoir une pénurie pour ce métier. Et sans permis de travail, aucune entreprise ne recrutera un extra-communautaire, ou ne prendra le risque d’entreprendre des démarches pour ce permis car elles sont longues (de 4 à 6 mois pour avoir une réponse à date de dépôt du dossier, avec un gros risque de refus).

Des formations peu connues et donc peu reconnues

Ensuite il y a la formation : même si elles sont objectivement (ou non) de qualité équivalente à celles reçues en Suisse pour un même métier, les formations issues des pays extra-communautaires sont peu connues et génèrent des a priori importants quant à leur contenu et leur qualité. C’est donc un handicap supplémentaire pour ces candidats. Pour être concret, le problème peut déjà se poser pour certains métiers avec des formations venant de pays proches tels que la France, l’Italie ou l’Espagne, alors imaginez pour les pays qui ne sont pas en Europe (à l’exception, bien sûr, des prestigieuses universités ou écoles de renommée internationale, mais là nous parlons d’autre chose).

En clair, et pour dire les choses de manière encore plus limpide :

  • Si vous êtes ressortissant non européen et que vous n’avez pas de diplôme supérieur tels que ceux mentionnés un peu plus haut, vos chances de décrocher un emploi en Suisse sont nulles.
  • Si vous avez ces diplômes mais que le métier n’est pas forcément recherché (parce qu’il y a déjà des candidats sur place), vos chances sont très faibles.
  • Si vous avez ces diplômes et que le métier est recherché, vos chances sont réelles.

Le graphique ci-dessous vous donnera une idée très claire de la proportion de ressortissants qui se sont installés en Suisse en 2012 (hors frontaliers), selon la nationalité :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

Source : Office fédéral de la Statistique – chiffres 2012

 

Un aperçu de ce qui va se passer pour les européens en 2017

Tout ceci donne un aperçu de ce qui se passera en 2017 pour les ressortissants européens et de l’AELE, la votation du 9 février dernier ayant pour objectif de limiter l’immigration en provenance de l’Union européenne. Selon la manière dont le texte de loi sera rédigé, les ressortissants non européens pourraient être considérés comme les ressortissants de l’UE/AELE, ce qui pourraient compliquer encore plus à ces derniers l’accès au marché du travail suisse.

Tout ceci, vous le comprendrez, répond à une logique très simple : ce sont les besoins des entreprises et de l’économie suisse qui donnent le tempo… Et c’est donc peut-être pour ces mêmes raisons que la mise en oeuvre de la loi du 9 février ne sera pas aussi simple. Mais ça, c’est un autre sujet.

Les 10 métiers les plus recherchés en Suisse (2014)

Quand je rencontre des candidats à la recherche d’un emploi en Suisse, une les questions qu’ils me posent le plus souvent sont : « Est-ce que mon métier est recherché en Suisse ? » ou encore « Y-a-t-il des opportunités d’emploi dans mon métier ?« .

Pour y répondre – du moins en partie – , Manpower sort une étude sur les pénuries de talents, ainsi que le TOP 10 des métiers les plus recherchés et donc les plus en tension en Suisse.
Ce classement n’est pas forcément totalement représentatif de la réalité du marché de l’emploi en Suisse dans la mesure où l’entreprise Manpower n’est pas active dans l’ensemble des secteurs d’activité. Toutefois, c’est un indicateur très utile qui reflète une réalité. Mais si votre métier n’y figure pas, cela peut signifier soit qu’il n’est pas particulièrement recherché par les entreprises suisses, soit qu’il n’est pas couvert par l’étude (ce qui peut notamment être le cas pour les métiers très spécialisés). Enfin, le fait de voir figurer son métier dans ce classement ne veut pas dire que vous trouverez facilement, mais qu’il existe un marché et donc des opportunités probablement meilleures que pour d’autres métiers. Ne l’oubliez pas : les entreprises suisses ont le choix entre beaucoup de très bons candidats, et la compétition est rude.

Cette année, je vous présenterai non seulement les métiers les plus recherchés en Suisse, mais également dans le monde, en France et en Allemagne, 2 pays qui composent une partie importante de la base migratoire de la Suisse. La comparaison est, vous le verrez, intéressante.

Les 10 métiers les plus recherchés en Suisse

Classement
Métiers
1Ouvriers qualifiés
2Cadres et dirigeants d'entreprises
3Techniciens
4Personnel comptabilité et finance
5Chauffeurs
6Commerciaux
7Personnel de l'hôtellerie restauration
8Secrétaires, assistants personnels et personnel administratif
9Ingénieurs
10Chefs de projets

source : Etude Manpower sur la pénurie de talents 2014

Comparaison avec les métiers les plus recherchés dans le monde, en France et en Allemagne

Classement
Monde
Allemagne
France
1Ouvrier qualifiéOuvrier qualifiéOuvrier qualifié
2IngénieurIngénieurChauffeur
3Technicien (principalement
production / exploitation,
ingénierie et entretien)
Cadre et dirigeant d'entrepriseTechnicien
4CommercialSpécialiste IT, informaticienResponsable de ventes
5Personnel de la Comptabilité et de la FinancePersonnel de l'hôtellerie restaurationSecrétaire, assistant et
personnel administratif
6Cadre et dirigeant
d’entreprise
Secrétaire, assistant et
personnel administratif
Ingénieur
7Responsable de ventesResponsable de ventesCommercial
8Spécialiste IT (principalement
programmeur /
développeur)
Médecin et personnel
soignant (non infirmier)
Ouvrier non qualifié
9Secrétaire, assistant et
personnel administratif
TechnicienReprésentant du service
clientèle / Support clients
10ChauffeurPersonnel de la Comptabilité et de la FinanceAgent de production /
Opérateur sur machine

source : Etude Manpower sur la pénurie de talents 2014

Mon analyse

  • Les ouvriers qualifiés sont les grands « gagnants » de ce classement, au niveau mondial mais également en Suisse, et ce n’est d’ailleurs pas une surprise puisqu’ils apparaissent régulièrement dans ce classement depuis plusieurs années (voir les résultats en 2012 et en 2010 et 2009).  On ne pourra que s’interroger sur les raisons pour lesquelles il est si difficile de trouver des ouvriers qualifiés. Notez qu’en comparaison internationale, les personnes travaillant dans les métiers du bâtiment et de la construction en Suisse bénéficient de conditions de salaires plutôt intéressantes notamment grâce à de nombreuses CCT (Conventions Collectives de Travail) finement négociées par les Syndicats suisses.
  • Les ingénieurs ont, pour leur part, disparu du top 3 des métiers les plus recherchés en Suisse mais restent dans le TOP 10. Les besoins des entreprises suisses en ingénieurs demeurent très importants, puisque selon une étude, il manque en Suisse environ 15 000 ingénieurs.
  • Les cadres et dirigeants d’entreprises, ainsi que les professionnels de la Comptabilité et de la Finance font partie de ces métiers recherchés en Suisse et qui apparaissent depuis plusieurs années dans le classement. Concernant les professionnels de la Comptabilité et de la Finance, les profils recherchés le sont dans les entreprises de beaucoup de secteurs mais également dans les sociétés de consultants (notamment les big 4) qui continuent de recruter, même si l’intensité du recrutement a baissé depuis 2 ans.
  • Vous remarquerez également en bonne place les métiers de commerciaux : on en recherche dans beaucoup de secteurs, et notamment dans le secteur des assurances où, en juin dernier, la principale association professionnelle du secteur indiquait que les compagnies d’assurance en Suisse étaient à la recherche d’environ 250 profils de conseillers de vente.
  • Les spécialistes IT ont disparu du TOP 10, en comparaison des autres années : je sais que ces profils sont encore très recherchés, mais les entreprises suisses et les recruteurs ont beaucoup de bons dossiers sous le coude. Si vous êtes informaticien et que vous cherchez un emploi en Suisse, il est possible de trouver mais ce sera peut-être un peu plus compliqué que les années précédentes.
  • Sur le plan international, 3 professions sont dans le top 10 en Suisse, France, Allemagne et dans le monde : les ouvriers qualifiés, les techniciens (difficile d’exploiter cette information car technicien reste un terme vague) et les ingénieurs.
  • Alors que la Suisse semble manquer de cadres et de dirigeants d’entreprise (2ème profession la plus recherchée), ce n’est pas le cas en France : il existe donc des opportunités réelles pour les cadres et dirigeants français qui veulent travailler en Suisse. Attention toutefois, ce n’est pas forcément le cas dans tous les secteurs (dans certains secteurs une expérience locale est indispensable) et compte tenu des différences culturelles qui existent entre la Suisse et la France (elles sont nombreuses, j’en donne d’ailleurs un aperçu dans l’un des chapitres de mon livre « Travailler et vivre en Suisse« ), il peut être très difficile – voire impossible – de manager une équipe suisse avec des méthodes de management françaises. Une adaptation, pour bien vous imprégner et comprendre la culture suisse, est donc à prévoir si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté.

Au final, quand je regarde le profil des métiers les plus recherchés en Suisse, je constate qu’il existe un certain équilibre, en ce sens qu’on n’a pas que des profils très techniques ou de haut niveau mais également des profils un peu moins spécialisés (comme chauffeur par exemple). Enfin, je vais devancer certains de vos commentaires : certains me diront « je suis dans le top 10 et je galère pour trouver un emploi en Suisse » : les conditions pour décrocher un job sont nombreuses, et l’existence d’opportunités (ce qui est le cas ici) est une des composantes, et c’est la seule qui ne dépend pas de vous. Toutes les autres conditions (votre manière de valoriser votre parcours dans votre CV, vos démarches, votre capacité à vous vendre entretien…) sont de votre ressort - du moins en grande partie – et c’est sur ces facteurs que vous pouvez – et devez – agir si vous voulez trouver un emploi en Suisse.

source

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #7

Fabienne Revelard, professionnelle RH en Suisse dans l'agence et entreprise de placement ALPemploi vous donne ses derniers conseils pour postuler en Suisse dans le 7ème et dernier volet de cette interview. Elle donne également quelques conseils particuliers pour les candidats étrangers qui veulent postuler en Suisse. 
Dites-nous ce que vous pensez de cette série d'interviews.

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #6

Dans ce 6ème volet de notre interview d'une professionnelle RH en Suisse, Fabienne Revelard va nous parler des références (que l'on fait notamment apparaître dans le CV). Les références est une pratique que l'on retrouve dans certains pays et notamment la Suisse. Fabienne Revelard nous donnera quelques conseils, et nous dira notamment comment les recruteurs et professionnel RH utilisent les références.

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #5

5ème interview de Fabienne Revelard de la société ALPemploi, qui nous parle cette fois du salaire en Suisse.
Ce qui est abordé pendant cette vidéo :
Est-il bien ou mal vu de négocier son salaire en Suisse ? Quels conseils suivre pour négocier son salaire ? Y-a-t-il des secteurs d'activité où la question du salaire est plus sensible qu'ailleurs ? La formation a-t-elle une influence sur le niveau de rémunération ?

Les 10 secteurs d’activité les moins touchés par le chômage en Suisse

Quand on recherche un emploi en Suisse, il est toujours intéressant de connaître les secteurs d’activité les moins touchés par le chômage. Le fait qu’un secteur soit peu touché par la chômage n’est pas forcément un secteur qui recrute mais il y a de fortes probabilité qu’il le fasse : quand dans un secteur il y a un taux de chômage faible, cela signifie notamment que les entreprises n’ont que de faibles « réserves » de candidats potentiels.
Dans les cas que nous vous présentons, les taux de chômage sont (mis à part le dernier) tous inférieurs au taux de chômage national.

Voici donc le classement des 10 secteurs d’activité les moins touchés par le chômage en Suisse à fin juin 2014 :

Secteurs d'activité
Taux de chômage
Nombre de personnes
Agriculture, sylviculture et pêche1,3%922
Assurances1,4%1037
Production et distribution d'énergie1,4%296
Administrations publiques et assurance sociales1,8%2840
Enseignement2,2%3764
Industries extractives2,4%73
Banques2,5%3890
Fabrication de machines2,5%1668
Santé et action sociale2,6%9491
Commerce et réparation d'automobiles3,2%2174

Prenons le seul exemple de la Banque et de l’Assurance. Selon les chiffres du SECO, l’Assurance et la Banque sont des secteurs ayant un taux de chômage particulièrement faible. Pour la Banque, le taux de chômage est de 2,5% ce qui représente 3890 personnes. Dans une étude récente dont nous vous parlions il y a quelques jours, les banques et instituts financiers en Suisse avaient 2800 postes à pourvoir. Si on part du principe que toutes les personnes au chômage ne conviennent pas pour les postes, si vous prenez celles qui changeront de secteurs et celles qui partiront à la retraite, la marge de manoeuvre pour le recrutement n’est pas très grande pour les entreprises du secteur.

C’est encore pire pour le secteur des Assurances : 1037 personnes sont au chômage fin juin dans ce secteur (1,4%), et selon la même étude, 1200 postes sont ouverts dans le secteur. Le nombre de chômeurs ne couvre même pas le nombre de postes. C’est donc un secteur très en tension (et d’ailleurs plusieurs entreprises du secteur ont tiré la sonnette d’alarme ces derniers mois).

Attention toutefois : tout ceci doit être analysé avec nuance car tout le monde ne peut pas être recyclé avec du 1 pour 1 : les personnes ont chômage ne conviennent pas toutes pour les postes à pourvoir d’un point de vue du profil professionnel.

source : chiffres du chômage du SECO à juin 2014

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #4

Nous continuons notre série d'interviews exclusives avec cette 4ème vidéo de la professionnelle RH Fabienne Revelard de la société ALPemploi active dans le canton de Vaud et de Genève. Nous prolongeons la discussion concernant l'entretien d'embauche en Suisse. Elle nous dira notamment ce qu'elle attend des candidats en termes de présentation, et nous donnera quelques conseils. Elle donnera également quelques indices sur les techniques de déstabilisation en entretien, et nous dira pour finir ce qui agace vraiment les recruteurs lors d'un entretien en Suisse. Consultez les autres vidéos de la série, et n'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez, si cela vous a aidé etc.

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #3

Dans cette 3ème vidéo, Fabienne Revelard de la société ALPemploi nous donne son point de vue de professionnelle du recrutement en Suisse sur les entretiens : quelle durée pour un entretien ? A partir de quel moment le recruteur se fait-il une impression du candidat ? Quelles sont les mauvaises habitudes à bannir en entretien d'embauche ? Quelles est l'importance du physique et de l'apparence en entretien ?

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #2

Dans cette 2ème vidéo, Fabienne Revelard, de la société ALPemploi va nous parler du dossier de candidature et du CV en Suisse. Nous saurons notamment si les professionnels RH lisent d'abord le CV ou la lettre de motivation, s'ils lisent les deux, combien de temps ils passent à la lecture des CV qu'ils reçoivent de la part des candidats. Elle nous dira également quelle est selon elle la longueur idéale d'un CV en Suisse, et ce qu'elle apprécie de voir dans un CV (et aussi ce qu'elle apprécie franchement moins).

Dans la tête d’un recruteur en Suisse #1

Vous avez toujours voulu savoir ce que pensaient les recruteurs en Suisse ? Ce qu'ils attendent des candidats en entretien ? Ce qu'il attendent d'un CV ou d'une lettre de motivation ? Vous voulez savoir pourquoi certaines entreprises suisses veulent moins recruter d'étrangers ? Vous voulez savoir s'il est bien vu (ou pas) de négocier son salaire ? ...

Une interview - rare - sans langue de bois

Toutes ces questions, nous les avons posées à Fabienne Revelard, de l'agence de recrutement et de placement ALPemploi, implantée à Genève et dans le canton de Vaud.

Nous allons retrouver dans une série de 7 interviews de 3 à 5 minutes chacune, son point de vue sur différents sujets relatifs au recrutement en Suisse. Certes, son avis peut différer de certains de ses confrères, mais globalement, c'est une excellente source d'information que je vous invite à écouter très attentivement et bien sûr à suivre.

Nous publierons 1 vidéo par jour pendant 7 jours. La prochaine sera lundi prochain. Merci pour vos commentaires que nous espérons nombreux ! Et si vous ne voulez rien rater, abonnez-vous à notre newsletter.

​Retranscription de l'interview

Fabienne Revelard, ALPemploi Bonjour je m'appelle Fabienne Revelard je travaille pour la société ALPemploi qui est une agence de recrutement et de placement de personnes sur Genève et sur le canton de Vaud. Nous sommes actifs depuis 18 ans maintenant pour l’industrie, le bâtiment, la logistique, l'horlogerie et tous les métiers du domaine tertiaire. Nous ne couvrons pas la restauration et le domaine médical. Nous somme une petite équipe d'une quinzaine de personnes et donc très réactifs. Nous avons des clients du bassin lémanique qui sont des PME, des artisans, ainsi que des multinationales car comme vous le savez il y a de nombreux sièges de sociétés européennes et mondiales ici sur Genève et environs. Voilà ce qu’on peut dire de notre activité. Travailler-en-Suisse.ch : En tant que professionnelle du recrutement et de l’emploi en Suisse, il y a un certain nombre de choses qui nous intéressent particulièrement. On dit aujourd'hui que le marché suisse et particulièrement le marché genevois est très concurrentiel. En moyenne pour un poste standard combien de candidatures recevez-vous ? Fabienne Revelard, ALPemploi Alors effectivement c'est un marché qui attire de nombreux candidats comme je le disais précédemment il y a de nombreuses entreprises installées ici. Pour un poste standard si je prends un exemple type d’assistant Français-Anglais nous allons recevoir environ par jour entre 100 et 150 CV qui sont également relayés sur de nombreux portails d’emploi, les plus connu étant JobUp.ch et jobs.ch, et notre propre site, ce qui fait qu'on peut avoir parfois 250 CV dans une seule journée. Travailler-en-Suisse.ch : quelle est la proportion de dossiers de candidats étrangers contre les dossiers de candidats suisses ou locaux que vous recevez ? Fabienne Revelard, ALPemploi On peut parler de 60 / 40 % cela peut être quelques fois 80/20, dépendant des profils, mais c'est à peu près ce ratio qu’il faut retenir. Travailler-en-Suisse.ch On dit que les entreprises suisses et plus particulièrement les entreprises genevoises ont un peu plus de réticence qu'auparavant à recruter des étrangers. Il semble aujourd'hui qu’à Genève il est objectivement plus compliqué de trouver un emploi quand on est étranger ou frontalier. Il y a un certain nombre de candidats qui développent des stratégies de contournement, et en particulier qui indiquent une adresse en Suisse. Quel est votre point de vue de recruteur sur ce point ? Est-ce qu'il faut aller dans ce sens ou pas ? Fabienne Revelard, ALPemploi Les recruteur sont parfois un peu plus réticents mais c'est parce que ces personnes qui ne sont pas du bassin local ne connaissent pas forcément la manière de travailler ici en Suisse et n’ont pas d’expérience en Suisse, ce qui fait que pour s’intégrer dans une entreprise suisse ce sera plus difficile. Alors effectivement on constate maintenant depuis quelques semaines des candidats qui nous indiquent des adresses sur Genève ou sur Vaud mais après lecture approfondie du CV on voit que toute leur expérience professionnelle a eu lieu en France, qu'ils ont ont un numéro de portable français et que du coup on peut déduire qu'il ne résident pas du tout sur le sol suisse. Alors ça peut être très gênant car cela peut leur porter préjudice lors d’une postulation où l’entreprise a précisé qu’elle voulait des résidents suisses ou pour nous même qui faisons confiance à un candidat dont on a proposé la candidature alors que la personne n’était pas du tout résidente en Suisse. Non pas du tout on n’encourage pas les candidats à aller dans ce sens là au contraire d'être sérieux et sincère et d'indiquer la stricte vérité. Travailler-en-Suisse.ch Si vous présentez un candidat dans cette situation et que vous ne voyez pas qu'il y a tromperie sur l’adresse, qu’est-ce qui se passe entre vous et votre client entreprise ? Fabienne Revelard, ALPemploi Ce ne serait pas bon du tout car cela reviendrait à dire que nous n’avons pas contrôlé suffisamment et que nous avons fait un mauvais travail. Il n'aurait plus confiance en nous et il y a de fortes chances qu’il ne veuille plus travailler avec nous. Et pour le candidat il n’aurait de toute façon pas le job non plus donc tout le monde serait perdant. Travailler-en-Suisse.ch : quelles sont les raisons selon vous pour lesquelles certaines entreprises suisses ne veulent plus recruter de candidats étrangers ? Fabienne Revelard, ALPemploi Ce n’est pas forcément qu’ils ne veulent pas recruter d'étrangers. Ils veulent plutôt maintenir au sein de leur entreprise une homogénéité entre le personnel suisse et étranger, de sorte qu’il y ait une harmonie et un équilibre de 50/50 ou 60/40 et non pas des situations qu’on peut voir de 80/20 qui créent aussi quelquefois des disparités au niveau de la culture, de l’ambiance au travail.