Voici une information »off » très intéressante qui me vient de mon réseau : certaines grandes entreprises du canton de Genève ont clairement annoncé aux agences de placement (les entreprises de recrutement) avec qui elles travaillent qu’elles ne souhaitent temporairement plus embaucher de candidats étrangers n’ayant jamais travaillé en Suisse. En clair, elles ne souhaitent plus faire de nouvelles demandes de permis de travail, mais continueront d’embaucher des profils, suisses ou étrangers, ayant déjà une expérience dans une entreprise suisse.
La raison invoquée : dans la mesure où le canton connaît des difficultés liées au chômage (Genève est le canton qui a le plus fort taux de chômage en Suisse, voir les chiffres de septembre sur le site Travailler-en-Suisse.ch), il leurs a été « suggéré » par l’administration cantonale qu’il serait de bon ton de faire preuve d’un peu de solidarité.
Une telle situation a été récemment rencontrée dans le canton de Neuchâtel avec les travailleurs frontaliers.
Bien sûr, cela ne concerne pas les profils spécialisés qui sont toujours autant recherchés.
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Comme quoi, même en Suisse, on est irrationnel… Car le protectionnisme a un coût. Empêcher les entreprises d’embaucher des étrangers les oblige soit à payer plus cher leur main d’oeuvre, soit à prendre des gens moins qualifiés. Au final c’est le consommateur suisse qui va payer pour les décisions politiques stupides de ses propres dirigeants (qui, eux, ne subissent jamais le coût de leurs actions).
ça me rappelle les polémiques dans le Valais au sujet des « lits froids », ces logements achetés par des étrangers qui sont rarement occupés (d’où soi-disant des manques à gagner pour le commerce local). De là un moratoire sur la construction de logements. Conséquence évidemment négligée par les pouvoirs locaux : renchérissement de l’immobilier vue la pénurie artificiellement créée, et lamentations sur les prix et sur « les pauvres Suisses ne peuvent plus acheter de logement » !
Toute intervention politique est toujours néfaste et a toujours un coût à la charge de tout ou partie de la population. L’art du politicien consiste à montrer les effets positifs tout en masquant soigneusement les effets négatifs. C’est la célèbre fable de la vitre cassée de Frédéric Bastiat.
Bonjour,
Je lis vos articles de temps en temps et à part le fait qu’ils sont bien écris, je suis souvent contre.
Je fais partie de ces Suisses qui sont lassés d’entendre sans arrêt la même chose de la part des frontaliers.
On n’aime pas les frontaliers.
Et bien , non!!
J’ai subi dans mon activité professionnelle des agissements de certains de vos compatriotes.
Que ce soit au service des achats avec des arguments du Style, pour le même prix je peux en acheter 2 x plus en France! venant d’un frontalier, c’était mal venu!! et je le lui ai fait remarquer.
Il venait de Paris et voulait faire son petit chef ici !! Par contre à la fin du mois, il ne touchait pas le SMIC.
Et ensuite dans une agence de placement à Genève avec la remarque que pour mon salaire, il pouvait engager 2 français ( je parle 4 langues dont le Suisse Allemand !!). Je lui ai dit ce que je pensais de lui à très haute voix, de son air crétin et de sa manière de faire.
Et des exemples comme les miens, il y en a légion.
Ce qui me fait plaisir, c’est que le SECO incite les entreprises Suisses à engager en Suisse!!
Enfin une bonne nouvelle.
Dans ma nouvelle activité, j’ai engagé 3 personnes et refusé la candidature de 10 frontaliers!
Bien à vous
Il est fort probable que mon article soit effacé, mais tout le plaisir y était
Alain de Lausanne
Alain,
Je ne supprime que les messages insultants, menaçants ou racistes. Le vôtre est très correct, et je trouve intéressant d’avoir des avis contradictoires. C’est enrichissant.
En fait, lorsque les travailleurs frontaliers (ou étrangers en général) disent par exemple qu’en France ou dans leur pays, ils paieraient x fois moins cher qu’en Suisse, c’est clairement un message qui indique qu’ils ne sont pas intégrés. Et je fais tout mon possible pour rendre attentif les Français à ce point qui est primordial, je le répète dans toutes les conférences, dans mes livres, mes billets de blog de temps en temps. Je pense que rien ne peut exaspérer plus les Suisse que ce type de remarque. Je le sais et c’est triste. Certains pensent parfois encore que la Suisse romande est une « région » française…
Pour ce qui concerne la remarque de l’agence de placement, c’est également une honte de la part de l’agence. Les Français qui acceptent de se « brader » le font parfois en toute connaissance de cause, mais le plus souvent par méconnaissance des conditions locales. Je trouve ce type de discours particulièrement déplacée de la part d’une agence de placement. D’ailleurs, si en »off » vous pouviez me dire de quelle agence il s’agit…
Enfin, ce que je trouve triste, c’est que vous rejetiez une catégorie de travailleurs ou une population : il y a parmi la population de travailleurs frontaliers (ou étrangers) une très grande majorité de gens biens, qui travaillent et se comportent bien, avec le souci de s’intégrer etc… Le problème, c’est qu’on nous montre souvent le mauvais côté, et que les « mauvais » exemples font souvent plus de bruit (y compris dans la presse) que les bons.
J’espère qu’avec ce message, vous changerez un peu votre manière de voir les choses…
A très bientôt sur ce blog.
« dans une agence de placement à Genève avec la remarque que pour mon salaire, il pouvait engager 2 français »
Voilà qui illustre bien mon propos. On pourrait répliquer à cette agence : « vous pouvez engager 2 Français au lieu d’un Suisse ? Eh bien allez-y ! »
Là-dessus deux possibilités :
– l’agence engage vraiment 2 Français au lieu d’un Suisse : ce qui veut dire soit que le Suisse était trop exigeant du point de vue salaire, soit que l’agence choisit de prendre des gens moins compétents. OK pour l’agence dans le 1er cas, pas OK dans le second (elle se fout de son client).
– l’agence engage le Suisse au lieu des 2 Français : le salaire exigé par le Suisse n’était donc pas exagéré.
A noter un point important : comparer les salaires d’un pays à l’autre n’a pas de sens et conduit à des erreurs si on néglige d’une part le niveau de vie dans chaque pays, d’autres part les charges sociales qui impactent le salaire (et en France ces charges sont énormes).
Les remarques du genre « on peut engager 2 Français au lieu d’un Suisse » doivent être mises au compte soit de l’idiotie pure et simple, soit de la simple stratégie tendant à faire baisser les prétentions du candidat, même au prix de la mauvaise foi.
Bonjour à toutes et à tous
je suis français touché par le communautarisme suisse qui considère que les français sont moins compétents à lire Laure.
Oui bien sûr, le Suisse ne refuse aucun travail, même le plus ingrat, puisque a ce que je sache, il faut pour embaucher un étranger qu’il n’y ait plus la compétence ou que aucun Suisse ne veut le faire !!!
le plus beau récemment en interrogeant par téléphone une agence de placement d’aide à la personne pour mon amie, je me suis fais répondre qu’il n’engageait pas de frontalier (puisque c’est le cas, 12 km de la frantière) parce que la demande de permis de travail est lente et coute cher !!!
Incroyable langage dans la bouche d’un responsable d’une si grande agence d’aide à la personne.
Mais restons sérieux, j’ai fait une petite enquête sur place lors d’un voyage touristique, la plupart des employés de maison sont des étrangers payés une misère et au noir…
Pas glorieux, cette information est aussi relevée dans les statistiques d’un de vos organisme d’état et non cantonale.
Un peu de modestie et la recherche des diplômés français payés à coup de lance pierre et méprisés n’est pas à votre gloire
le commentaire d’ALAIN me laisse incrédule dans ce communautarisme obscue et regrettable pour vos concitoyens, qui pour la totalité sont plus de 50 % D’ORIGINE DE TOUTES HORIZON
Bien à vous
patrice
Bonjour,
Je suis francais travaillant en suisse depuis un certain temps avec un permis B residant en Suisse et payant mes impots en Suisse.
Je respecte autant l’avis des Suisses que des frontaliers dans leur complainte respective. Neanmoins, les francais venant en tant que frontalier travailler en Suisse n’ont aucune raison de se plaindre etant donne qu’ils viennent profiter de salaires et d’opportunites plus interessantes qu’en France. Il est vrai que certains de mes compatriotes viennent travailler en Suisse sans aucune connaissance des salaires pratiques et font mecaniquement baisser le niveau de salaire accorde pour certains postes.
Ce genre de comportement impacte finalement autant le frontalier qui n’obtient pas le salaire qu’il « merite » que les Suisses qui auraient pu postuler au job.
Je comprend donc l’enervement et l’animosite de certains Suisses a l’egard des frontaliers mais je tiens toutefois a signaler que la Suisse beneficie d’aussi belles conditions de travail grace aux nombreuses compagnies etrangeres installees en Suisse. Ces compagnies venant , tout comme de nombreuses personnes fortement imposees dans leur pays, profiter d’un regime fiscal et social clement.
Il ne faut donc pas oublier de chaque cote, frontalier ou Suisse, l’interaction qui existe et les interets reciproques qui permettent a chacun de beneficier de la presence de l’autre.
Pour conclure je dirai qu’aujourd’hui ma reflexion sur la possibilite de devenir frontalier est temperee par ma volonte de vouloir priviligier le pays qui me donne du travail (la suisse) plutot que celui qui m’a fait fuir en raison de salaires faibles, de charges sociales indecentes et d’impots prohibitif ( la france).
Merci
@ Pierre : sages paroles, merci pour ce témoignage. Effectivement, il y a bien interaction, et cet équilibre s’avère parfois fragile.
Pour ma part, j’avais fait le choix à l’époque de venir m’installer en Suisse, alors que j’avais aussi le choix d’être frontalier. Et j’y ai vraiment trouvé mon compte, notamment en me faisant des amis et en m’intégrant probablement plus facilement. Mais c’est un autre débat…
Travailleurs suisses, frontalliers et touts les autres étrangers sans oublier les sans papiers qui eux aussi font tourner l’economie de ce pais et si touts ensembles on réclame un salaire minimum national?; CCNT pour chaque branche au lieu de se retourner les uns contre les autres. On doit s’unir comme une grappe, on doit se syndiquer et ensemble réclamer nos droits. au lieu de nos accuser les uns et les autres, mettons nous ensemble pour déffendre nos droits. Il faut obliger le patronnat à respecter le droit du travail, finissons avec les inégalités dans le monde du travail. Il faut agir, écrire ne suffit pas…
Il y a tellement à faire:
Premiére étape – prise de consciênce
@Montero : Amen !
Eh ben moi je suis conseiller en personnel dans une agence d’interim et je recrute que des frontaliers…solidarité oblige quand j’entend les disours sur les français et les frontaliers…donc voila ca va en faire jaser plus d’un mais c’est jouissif quand je vois la « qualité » de certain commentaire
@lyonnais69 : c’est une possibilité, mais pas sûr que cela atténue les tensions… Pour ma part, Suisse ou étranger peu importe, ce qui compte c’est le savoir-faire, la valeur professionnelle. Le reste n’est que littérature.
Bonjour à tous,
Vraiment triste de lire certaines critiques concernant les frontaliers.
Je suis frontalière, c’est vrai que je suis contente d’avoir le salaire qu’on me donne, et sachez que je travaille pour celà, je fournie le travail demandé!!
Je paie mes impôts en Suisse ainsi que tous mes collègues frontaliers!! normal.
En retour beaucoup de Suisse viennent vivre en France, ou, ont une maison secondaire en France. Ils viennent faire leurs courses etc…
Je pense que chacun trouve son bonheur dans tout ça, les clients , les employeurs comme les entreprises, même les commerçants.
Enfin j’espère que chacun suivra son chemin dans la joie et la bonne humeur ! une bonne ambiance au travail c’est trés important pour le bien être de tous.
merci .
Bonsoir à tous,
J’aimerai juste demander à lyonnais69 dans quelle agence il se trouve histoire de tenter ma chance.J’en ai marre d’entendre des oui mais…. on verra ,faut postuler via le site etc…..
J’ai ressenti plusieur fois que ma candidature était intéressante, mais n’ayant pas de permis de travail…….
Bonjour,
Je sais que c’est rare, mais je vais prendre la défense de mes compatriotes exaspéré par l' »invasion » de frontaliers que nous subissons à l’heure actuelle.
J’ai moi-même un certain ressentiment, je l’avoue volontiers, à l’égard des frontaliers (ok je généralise mais c’est humain):
– J’entend souvent dire de la part de frontaliers « c’est normal de prendre des gens à la compétence, et que les chances soient égalent entre les frontaliers et les résidents ».
> OK chacun défend son bout de gras, mais là j’ai envie de répondre NON ! ce n’est pas normal ! Attention, ayant du recruter pas mal de personnes dans ma précédente entreprise, je confirme que nous recevions finalement assez peu de CVs suisses d’autres cantons, ceux-ci étant très casaniers, par rapport aux CVs français qui nous arrivaient par piles. Mais, mettez vous un peu à notre place: vous êtes dans votre pays, vous cherchez un emploi, et un étranger (qui n’habite même pas dans le pays) arrive comme une fleur, ok il a un diplôme en plus et paf il vous passe devant. Imaginez si cela vous arrivait en France (pour peu qu’elle soit attractive pour les étrangers, ce qu’elle n’est pas) ? Vous ne réagiriez pas de la même manière?
De ce point de vue, je suis contre les accords bilatéraux: engager des frontaliers d’accord, mais en donnant tout de même la priorité aux travailleurs résidents. De ce point de vue, cela marchait très bien avant les bilatérales. Il y avait des frontaliers, mais beaucoup moins, et les résidents y avaient plus de chances. Et l’argument souvent entendu « Vous n’avez qu’à être mieux formé en Suisse », on ne peut s’empêcher de répondre « Vous n’avez qu’à être mieux payés en France, si encore vous trouvez du boulot »!
– Mon expérience avec les agences de personnel:
Cherchant mon premier emploi après mon diplôme HES (que d’ailleurs j’ai du aller chercher au Canada!), je m’inscris dans une agence de placement. Au passage, je note que dans les 5 agences que j’ai faites, TOUS les conseillers étaient français!!! A l’entretien, dans une d’elles, le conseiller me sort « votre diplôme là, c’est plutôt comme un DUT ou un BTS? »…. J’étais carrément sans voix! Sans compter qu’il voulait brader la valeur de mon diplôme…. Et après on me parle d’engagement sur compétences! Mais le mec connaissait même pas le marché du travail local ! Tu m’étonnes qu’il devait n’embaucher que ses compatriotes! A ce niveau là c’est de la provocation.
– Les plaintes de la part de frontaliers:
Beaucoup de frontaliers se plaignent de leurs conditions salariales (entendu par des vendeuses à la Migros) ou leur non possibilité de déduire leurs trajets de leurs impôts. Là aussi, je trouve bien mal venu de se plaindre, car dans leur pays de résidence elles n’auraient jamais tous les avantages qu’elles ont ici, même sans déduire leurs coûts de transport, qu’elles ont accepté en toute connaissance de cause en venant travailler dans le pays voisin! Elles oublient aussi les primes de caisse-maladie, du montant desquels ils sont épargnés, ou des loyers modérés qu’elles payent. Cela donne une image de profiteur, de « je pompe tout ce que je peux jusqu’au bout et je m’en fous des autres ». C’est même indécent.
Alors que des partis comme le MCG aient un certain succès (bien que modéré car leurs leaders n’ayant aucune crédibilité politique), je peux le comprendre. Il est normal de chercher un parti qui semble nous protéger, face à une classe politique qui ne prend absolument pas les problèmes de la population en considération.
Je vais certainement faire bondir certains frontaliers, et je m’en excuse par avance, mais c’est ce que je pense, et certainement beaucoup de mes compatriotes avec moi.
@Jean : personnellement, je suis contre le clientèlisme, et contre le recrutement systématique d’une nationalité par rapport à une autre, quelle qu’en soit le sens. La valeur doit primer.
Sinon, je dis toujours qu’on ne peut pas accepter une situation sans en avoir aussi les inconvénients (même si c’est la nature humaine), et je suis donc plutôt d’accord avec vous.
Concernant l’assurance maladie, les frontaliers doivent, tout comme les résidents en Suisse, la payer, et ce n’est pas franchement donné non plus… (plus d’informations sur le site Travailler-en-Suisse.ch)
L’existence d’agences de placement suisses dont tous les conseillers seraient français pose évidemment un problème politique, qui ne peut que provoquer du ressentiment chez les Suisses.
En me mettant à leur place et en inversant la situation, je verrais certainement cela comme une invasion. Le recours à une main d’oeuvre étrangère peut être positif s’il est bien conçu et géré, mais c’est évidemment au pays recruteur, et donc à ses citoyens, de recruter des étrangers. Qu’il y ait un ou deux conseillers originaires d’un des pays-cibles dans une agence, c’est raisonnable. Si ces entreprises se transforment en enclaves étrangères, alors il y a déséquilibre. Ce n’est positif ni pour les Français ni pour les Suisses.
D’ailleurs, personnellement, cela me ferait très bizarre d’être recruté en Suisse par un Français. Si je prenais la décision de travailler en Suisse, ce serait pour me retrouver parmi des Suisses… recruté sur des critères suisses… Sinon, j’ai les mêmes à la maison.
La culture et l’identité nationales sont des choses vitales, complexes et fragiles, qui mettent des siècles à se construire. Il est très dangereux de les bousculer.
@Robert : plutôt d’accord avec vous, et merci pour ce feedback. Je viens d’avoir encore aujourd’hui une anecdote sur ce sujet sensible. Je vais écrire un article sur ce sujet très prochainement.
Bonjour,
Je souhaite apporter mon point de vue qui diffère de ce que j’ai pu lire comme commentaires.
J’ai moi-même travailler à l’étranger et je comprend bien pourquoi les francais affluent en Suisse
mais ce qui se passe actuellement n’est pas équilibrer – c’est à dire que nous avons des travailleurs étrangers qui affluent et des places de travail qui se font rares. Aujourd’hui de manière général il est plus dur de trouver du travail dans la région romande que dans tous autres capital européenne.
L’affluence des travailleurs (Francais et étrangers) est telle que le système Suisse actuel tend à se rapprocher du système européen, et à terme, de mon opinion personnel (bien sur), on aura un niveau de vie; salaires, sécurité, assurance social etc.. équivalent à l’UE
C’est une conséquence logique et indéniable – les travailleurs étrangers (Français ou autres) pensent qu’il est normal d’avoir un salaire supérieur à la moyenne de l’ EU. Hors c’est un équilibre économique – il n’est pas possible de conserver des salaires élever si chaque jour de « nouvelles candidatures » arrivent sous les yeux des recruteurs.
@Patrick : merci pour votre commentaire.
Mon avis diffère du vôtre sur 2 points :
1/ bien que Genève soit la ville avec le taux de chômage le plus élevé, ce taux reste très nettement en dessous des taux de chômage des autres capitales européennes (Paris, par exemple, est à environ 9%, Madrid est bien au-dessus de 7%…).
2/ Les salaires en Suisse sont directement liés au coût de la vie, plus élevé que dans la plupart des autres villes européennes. Et si je suis plutôt d’accord avec vous sur le fait que certains recruteurs revoient à la baisse les salaires dans certains secteurs où les candidatures étrangères sont nombreuses, visiblement la pression salariale s’est faite sur les salaires des étrangers sur place, et pas sur celle des Suisses (cf. dépêche de Romandie.com)
Beaucoup de villes suisses se trouvent soit à proximités immédiate de la frontière soit pas loin : exemple de Genève, à 7km du centre ville vous êtes déja en France, dans mon ancien travail on était 60% de frontaliers et il y’avait 75% de français qui étaient soit des résidents genevois, soit des frontaliers. Tout cela pour dire que dans une ville qui a plus de 100km de frontières avec la France, il n’est pas anormal de trouver autant de frontaliers, si on connait l’histoire on s’aperçoit que Genève était une république indépendante qui a été rattaché quelques années à la France avant qu’elle fasse le choix tardif de rentrer à la confédération en 1810, elle a toujours eu des relations étroites avec la France et la Savoie.
Quand on parle de la Suisse, on pense souvent à Geneve ou Zurich, et pourtant Geneve au vu de son histoire, de sa position géographique et des habitants qui la compose est la ville la moins helvétique que je connaisse.
Etre résident ou frontalier n’a plus aucun sens aujourd’hui, l’économie est mondialisée, les travailleurs aussi. En région parisienne, ou en région lyonnaise des gens font 50- 60km aller pour travailler à Paris ou à Lyon, à 10 km du centre de Geneve ou de Bâle vous êtes déja en France. Donc complètement absurde les entreprises qui désirent n’engager que des résidents. Une fois j’ai déposé mon cv dans une agence de placement, la femme à l’accueil qui a pris mon cv me dit en ce moment c’est calme (car on était au mois d’août) et elle regarde mon adresse et me dit d’un air un peu méprisant, vous habitez Gaillard, cela fait unpeu loin pour travailler ici, je lui ai dit que Gaillard est situé à 6KM du centre ville de Geneve et à 5 km de son agence de placement. En sortant vu l’accueil, je me suis dit qu’il fallait pas trop compter sur eux et en effet quelques jous aprés ils m’ont renvoyé mon dossier par courrier.
@Melo : merci pour ce feedback. Commentaire plutôt juste je trouve. En fait, les entreprises ont été « invitées » pour la plupart à jouer le jeu en pleine période de crise. En fait, dès la reprise, cette situation n’est plus tenable et les entreprises le font savoir. C’est notamment le même mouvement qui a initié la relève des quotas de permis pour les travailleurs extra-communautaires (voir l’article « Plus de permis de travail pour les extra-communautaires » sur Travailler-en-Suisse.ch).
Les résidents genevois ont et continuent à contribuer aux infrastructures et aux investissements publics (aéroport, grands travaux urbains etc) qui font de Genève un Canton attractif pour les entrepreneurs. Or, le taux de chômage à Genève est nettement supérieur à la moyenne nationale. Il est faux de prétendre que le travailleurs résidents à Genève sont moins bien qualifiés que leurs homologues européens, c’est de la démagogie! Ici aussi nous avons des Universités, des Ecoles supérieures, des profils qualifiés dans bien des domaines et des niveaux et parcours professionnels de qualité. Il me semble donc plus que normal que les entreprises, par solidarité et également pour continuer à faire vivre le Canton —par la consommation de biens et services par ses résidents qui après tout s’acquittent tant bien que mal, de loyers chers, d’assurances maladies chères, de biens et servies chers— réfléchissent à donner un coup de pouce à ceux et à celles qui sont dans des situations difficiles ayant perdu leur emploi. La vie à Genève est non seulement très chère mais les ressources de ses habitants ne sont pas illimitées! Il n’y a pas que des riches et des nantis à Genève, il y a aussi des personnes éduquées, en charge de famille qui ont besoin d’assumer leurs responsabilités.
Il est grand temps de faire preuve de solidarité et de reconnaissance envers ceux et celles qui sont la force vive du Canton, qui aiment leur ville et qui se serrent la ceinture pour affronter la crise. Nous aussi résidents genevois nous avons des droits, nous qui avons contribué à développer la démocratie directe, avons payé nos impôts et respecté nos valeurs communes. Oui, j’accueille avec joie ce positionnement car nous pensions avoir été oubliés par ceux et celles qui savent pertinemment combien le travailleur genevois est capable de retrousser ses manches et de se mettre au travail, Genève ne s’est pas faite en un jour, elle a une histoire, ses résidents en sont la mémoire et leurs enfants, l’avenir.
Bonjour,
Merci Alain pour ton explication. Elle correspond à ce que je pensais déjà. Mes expériences sont différentes mais vont dans le même sens.
– Peut avant l’entrée en vigeur de la libre sirculation j’ai aiguillé un couple d’Italins qui cherchaient déjà du travail. Ils étaient mieux au courant que moi de l’intérêt de l’ouverture des frontières.
– Un Français travaillant dans la maintenance d’assenseurs, le patron lui demanda s’il acceptait une baisse de salaire de 1’000Fr! Ce qu’il accepta, car son salaire était toujours de 2’000Fr supérieur à celui qu’il touchait en france.
– Un sans papier gagnait 4’000Fr em 2007 dans la construction. Il était inquièt pour son poste, car un Italien venait de signer un contrat pour 3’000Fr!!!
– etc., etc., etc,.
ESPERONT QUE L’UDC NE CONNAISSENT PAS CE SITE…
Quand à Laure,
Ta remarques est étonnante.
« Comme quoi, même en Suisse, on est irrationnel… »
Je connais une femme qui gagne 600€ par mois dans une boulangerie. Est-ce axeptable. Doit-on en arriver là en Suisse. Ne serais-pas la france qui devrait augmenter les salaires plutot que ce la suisse qui les baisses et mette sur la tuile des millions de gens comme il y en a en Italie, en Espagne, en France, etc?
Où se trouve l’irrationel? Le vrai irrationnel sera lorsque l’UDC prendra le pouvoir en suisse ou le parti de Lepen ou la Ligua en Italie. Là on pourra parler d’irrationnel.
Avant que ça n’arrive il faut que les européens EXIGENT les mêmes salaires que les suisses, si non et c’est horrible d’imaginer ça, les Européens seront considéré comme les Algériens en France, les Africains en Espagne et en Italie ou comme les Turques en Allemagne.
Alors Français nous comptons sur vous pour EXIGER les mêmes salaires que les SUISSES et tout ira bien pour tout le monde de chaque côté de la frontière.
Français, Suisse je vous souhaite un bon Week-end.
oui josé je suis daccord avec toi mais dans mon cas j’ai souvent entendu de la part de mes superieurs cette phrase: » si vous n’etes pas content vous pouvez aller voir ailleurs… » Alors qu’est ce que je répond a cela ? oui je vais aller voir ailleurs OU je me la ferme et je prend ce que l’on me donne ? c’est a dire le minimum syndicale…
depuis que je travaille en suisse je suis payé comme un jeune premier et pourtant j’ai une dizaine d’années d’experience dans mon domaine, mais je préfere me la fermer car j’ai moi aussi une famille a nourrir et que depuis que je travaille en suisse je vis enfin, alors qu’en france je survivais.
quand j’ai en face de moi une personne qui me demande mes prétentions salariales, cela me fait toujours sourire parce que j’ai déja essayé mainte fois de demander un salaire équivalant a mon experience et je n’ai jamais eu le poste.
Bonjour à tous,
j’ai personnellement d’autres expériences à partager et souhaite séparer totalement les différents statuts des travailleurs étrangers en Suisse. Je suis moi-même français, établi en Suisse depuis pas mal d’années. Je considère que le statut de frontalier ne pose pas de problème dans le contexte que je vais exposer ici. Il s’agit d’une autre forme de travailleurs étrangers.
Je suis consultant en informatique et vends donc mes services aux entreprises, généralement de grosses entreprises, sur un peu toute la Suisse romande. Mes concurrents sont donc d’autres consultants indépendants mais aussi et surtout des sociétés de service en informatique (SSII).
Depuis l’introduction de la libre-circulation, les grosses entreprises profitent d’une main-d’oeuvre bon marché facilement accessible en mettant en concurrence les différentes SSII et en négociant sans aucun autre critère que le tarif. Beaucoup de SSII sont des filiales de SSII françaises et il est facile de trouver du personnel qualifié en France dans ce domaine. Et ainsi on arrive à des situations assez rocambolesques de Français arrivant de Paris (surtout) et embauchés en Suisse, sans qu’ils se rendent compte que la mission est de 6 mois et qu’en Suisse le licenciement est très facile. Mais surtout, du fait de cette embauche bon marché, les autres SSII – celles qui respectent les tarifs et salaires usuels – doivent limiter leurs recrutements ou même licencier. J’ai vu le cas d’un Anglais en mission à Genève et logeant dans un camping près de Nyon, ou un autre hébergé par un directeur informatique dans son propre logement, ceci pour limiter les frais de séjour. Comment offrir de bonnes prestations à son personnel et pouvoir rivaliser avec de tels truands (le mot n’est je pense pas trop fort), et avec la complicité des grosses entreprises, notamment des banques.
Donc, la situation se dégrade, mes tarifs aujourd’hui sont 30% plus bas qu’il y a 10 ans et je perds des affaires car je suis 20% plus cher que la SSII qui a trouvé le bon profil en région parisienne. Dans une SSII de ma connaissance, ils ne répondent même plus aux appels d’offre si le prospect accepte ces montages de la part des SSII, cela leur évite de perdre du temps à y répondre.
Ce qui est surprenant, c’est que ce phénomène ne concerne que la Suisse romande! mais pas que l’informatique.
Il est évident que cette situation ne peut pas perdurer sans d’énormes conséquences à moyen terme (pour ma part, démotivé, je vais cesser mon activité et prendre une retraite très anticipée, mais beaucoup ne pourront pas le faire!). Mais je pense aux plus jeunes (frontaliers et résidents suisses ou étrangers), l’avenir pour eux se présente bien mal, car ce ne sont pas les prix (notamment des loyers) en Suisse qui vont baisser! Mais comment arrêter cette spirale?
Bonjour Victor,
C’est un témoignage très intéressant, et la situation que vous décrivez est effectivement très inquiétante. Pour faire bouger les lignes, je vois 2 solutions :
1/ Dénoncer les cas à l’administration cantonale si tant est qu’on se trouve dans une situation qui viole la loi (ce qui ne semble pas être le cas, mais il faudrait peut-être creuser).
2/ Rendre cette informations encore plus « publique » via les média traditionnels : cette « pression », en plus de celle de l’opinion publique, peut parfois faire bouger les choses.
Si jamais cela vous intéresse, je peux, pour le 2nd point, vous mettre en relation avec un journaliste sérieux.