Le sujet des congés en France revient assez régulièrement dans les discussions en Suisse lorsqu’on veut se moquer des Français.
Et ces derniers jours, les media français semblent « découvrir » un phénomène assez particulier : 30% des salariés français ne poseront pas tous leurs jours de congés, selon une étude menée par Monster.fr. Principale raison évoquée : une charge de travail qui serait trop importante et qui ne permettrait pas de se libérer.
Jusqu’à 10 semaines de congés en France
Ce n’est pas nouveau : depuis la mise en place des 35 heures (…), beaucoup de cadres ne prennent pas tous leurs jours de congés. Il faut dire que dans certaines entreprises françaises, entre les 5 semaines de congés payés, les accords de branches et les jours accordés par les entreprises, on dépasse allègrement les 10 semaines de congés, parfois beaucoup plus…
A l’origine, les congés payés en France accordaient 2 semaines par an, pour finir à 5 aujourd’hui, en plus des 35 heures et d’une multitude d’avantages.
Les 35 heures et le système de congé responsables de nombreux maux et du malaise des salariés
Sur le plan économique, on a montré que les entreprises répercutent le prix colossal des congés payés et dus système social français sur les prix des produits et services qu’elles commercialisent. En d’autres termes, si le coût de la vie augmente de manière significative en France, c’est notamment à cause des congés payés et des 35 heures.
En Suisse, on n’est pas tombé dans le piège pour préserver le pouvoir d’achat des salariés
En Suisse, la loi prévoit un congé de 4 semaines de vacances, parfois 5 selon les conventions collectives ou les règlements d’entreprise. Régulièrement, des initiatives populaires tentent d’imposer dans la loi plus de semaines de congé. La dernière en date a tenté d’imposer 6 semaines de congé, mais cela a été refusé, au motif que cela aurait une influence négative sur l’évolution des salaires et le temps de travail. Et bien sûr, point de 35 heures ici (une initiative populaire proposant 36 heures de travail hebdomadaire a été rejetée il y a quelques années).
On garde bien la tête sur les épaules ici, et surtout on a compris qu’un système à la française est en réalité très préjudiciable au pouvoir d’achat des salariés et à leur bien être. Ce qui explique peut-être que le salaire moyen en Suisse est de plus de 5 800 francs suisses (un peu plus de 3 600 euros)…
Pour revenir à l’étude mentionnée au début de ce billet, je me demande si les salariés suisses, et notamment les cadres, prennent tous leurs jours de congés. Donnez-moi votre avis sur le sujet.
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Difficile de répondre pour tout le monde, mais mon expérience dans une banque genevoise montre que tout le monde prend ses congés.
22 jours pour les employés jusqu’à 50 ans 25 au delà et après 60 ans 1 jour de plus par an.
Pour les cadres 25 jours.
Les RH reviennent régulièrement nous demander d’apurer les congés au maximum pendant l’année.
Et tout le monde les prend. Mais : le nombre de jours d’absence pour maladie, événements familiaux etc… est très très faible. Dans le groupe dont je suis responsable, certains en 4 ans n’ont jamais été absents pour maladie. Si je compare avec mon ancien job parisien c’est le jour et la nuit !!!! Et contractuellement notre temps de travail de 40 heures est un minimum !!! quand j’avais lu le contrat de travail j’avais tout de suite compris que je n’étais plus à Paris. Le temps effectif pour les cadres est évidememnt au delà mais de nombreux employés sont à 45 – 50 heures semaine. Vu les salaires je considère que c’est normal et je m’estime heureux de finalement être reconnu pour mon travail et d’avoir des possibilités financières impossibles autrement en France. Précision je réside en Suisse depuis mon arrivée et je crois que cela fait une différence dans la perception que l’on peut avoir de la vie en Suisse y compris à ce sujet.
@ Pierre : merci pour ce feedback très intéressant. Effectivement, sur le plan de la culture du travail, France et Suisse sont très éloignées. Et je crois qu’en Suisse les salariés sont en général plutôt gagnants, malgré des conditions qui peuvent paraître au prime abord moins attrayantes (je ne parle pas des salaires).
Tout est question de choix de vie, je pense que le mieux serait de donner le choix à l’employé. Je travail 45 heures par semaine et j’ai 20j de vacances par année. Je serais prêt à diminuer mon salaire pour travailler un peu moins et avoir 25 à 30 jours de vacances par année mais si vous demander ça en Suisse, vous passerez pour un fainéant, c’est dommage…
PS: je suis suisse
« entre les 5 semaines de congés payés, les accords de branches et les jours accordés par les entreprises, on dépasse allègrement les 10 semaines de congés, parfois beaucoup plus… »
Pour avoir travaillé des 2 côtés de la frontière, je serai bien curieux de connaître ces sociétés françaises où l’on dépasse allègrement les 10 semaines de congés.
Je ne dis pas que c’est impossible, mais il convient de nuancer ce genre d’affirmation, pour éviter les stéréotypes ou clichés. Ou alors de citer vos sources
@Frenchie : très juste. Je ne citerai pas le nom de l’entreprise, disons que c’est une entreprise de grande taille du secteur de la plasturgie.
Une de mes connaissances cadre qui y travaille me disait qu’entre ses jours de congés, les jours accordés par la convention collective et les RTT, il avait plus de 10 semaines de congés à prendre chaque année. Ce qu’il ne pouvait pas faire.
Concernant les clichés, il est certain que je dois préciser ma position : dans les PME et TPE en France, on est très loin des 10 semaines.
Dans la fonction publique et certaines grandes entreprises…
J’ai travaillé dans une grande ville dans la fonction publique et nous étions à 11 semaines/ans… 7semaines en moins sa fait un peut mal maintenant que je suis en Suisse, mais mon salaire à été X par 2.8 et je suis passer de 37heures à 47 ^^ .
Mais bon cette année je me suis payé des VRAIES vacances, pas comme les autres années ou j’étais en France…
Je trouve que l’information publiée est plus que subjective!
Le premier commentaire a raison d’évoquer la charge de travail plus de 50h/semaine et un salaire confortable. Qui ne travaillerait pas plus si on lui proposait un salaire deux à trois fois celui existant?
Puis se positionner comme professionnel de la finance alors qu’une part significative de frontaliers français faisant la navette entre Pontarlier, Morteau ou Delle le font pour 4000brut et ce pour 42h/semaine ou parfois en effectuant un travail en équipe 2×8 ou 3×8.
Donc très facile du haut de ses 7000 ou 8000CHF comparer la Suisse à Paris ou toute autre ville de France.
5800brut par mois non assurances maladies déduites (au bas mot 200chf par tête) et sans oublier les loyers d’environ 1500CHF/mois, représentent une MOYENNE et non une MEDIANE!
Quand on prend des Villes locomotives comme Geneve, Zürich ou Bâle la moyenne est vite atteinte, or les frontaliers Français ne travaillent pas tous à Genève et une bonne partie n’occupent pas des postes dans la finance!
Dans l’ entreprise Manufacture Horlogère pour laquelle je travaille les détenteurs de BTS expérimentés sont alignés aux CFC débutants ( le CFC étant l’équivalent d’un CAP/BEP) soit environ 4500brut/mois, les revalorisations salariales se font une à deux fois en dix ans à raison de 150CHF de plus par mois.
Beaucoup s’y reconnaitront..
Les primes d’assurances maladie croissent de plus de 10% chaque année.
Autre point que je souhaite aborder c’est la peur de tomber malade, je dis bien la peur, car même malades les Suisses vont travailler, c’est la peur du qu’en dira t’on ou vais être blâmé par mes supérieurs ou vais je perdre mon job.
Oui perdre son job c’est repartir à zéro au niveau salarial, quand on occupe un poste pendant 5 ans par exemple et si l’on bénéficie entre temps d’augmentations, le nouvel employeur vous reprendra avec le salaire d’un débutant sauf si les employeurs s’arrachent votre profil.
Une personne qui exerce comme mécanicien de précision et qui touche un salaire brut de 5500CHF/mois, se verra proposer un salaire inférieur et sera amené à l’accepter puisque la concurrence est rude dans ce domaine. Ce n’est pas pour rien que beaucoup d’employés SUISSES ou résidents en Suisse ont accepté de DEVALORISER leurs salaires pour garder l’emploi dans leur entreprise!!!
Il serait donc sympa de tenir compte de ces spécificités que beaucoup partagent et de relativiser par des propos plus équilibrés et moins pro-Suisse.
Mes salutations
« entre les 5 semaines de congés payés, les accords de branches et les jours accordés par les entreprises, on dépasse allègrement les 10 semaines de congés, parfois beaucoup plus… »
Depuis combien de temps n’avez-vous pas travaillé en France pour écrire cela ?
Le droit du travail c’est 25 jours.
Un salarié en France qui fait 35h par semaine, il a 25 jours par an, pas plus.
Si certains ont des jours de congés supplementaires (les fameuses RTT), c’est qu’ils font plus de 35h par semaines.
Et encore, dans beaucoup de PME, les heures au delà de 35h sont payés en heures supplementaires et ne donnent pas droit à des jours de congés.
Dans mon cas, je travaille dans une grande entreprise du secteur public, nous faisons 38h par semaine de travail effectif (hors pauses), soit 15 jours RTT en plus des 5 semaines ; TOTAL : 40 jours
Quand aux jours accordés par l’entreprise, je serais curieux de savoir de quoi il s’agit….! Croyez-vous vraiement que les patrons francais soient assez généreux pour donner des jours ???
On est loin des 10 semaines de congés par an…..
Parlons maintenant des arrets maladie, plus frequent selon le message de Pierre.
Pierre nous dit qu’il est cadre dans une banque à Geneve, ou la population masculine est tres majoritaire je pense….
Quand les enfants de Pierre sont malades, qui s’arrete un jour ou une demi-journée ???
Sa femme pardi !!
Le jour ou la femme de Pierre lui dira : « Tu peux emmener le petit chez le docteur ce matin, il a 39 de fievre ? », Pierre comprendra mieux le faible taux d’absenteisme dans son service……
Un point d’accord cependant : les 35h en France ont transformé l’organisation du travail, avec plus de flexibilité, plus d’intensité dans le travail. Si on parle tant des « troubles psycho sociaux » au travail en France, c’est sans doute la faute aux 35h.
Et puis, 2 chiffres de l’OCDE :
Quelle place occupe la France en terme de productivité au travail ? 2eme
Quelle place occupe la France en investissements étranger :2eme
Si la France était un pays de fainéants, pourquoi les ntreprises viendraient y investir, et comment ferosn-nous pour avecune si bonne productivité ?