Mais que représentent ces chiffres ? Simplement l’excédent budgétaire dégagé par la Suisse en 2009 : 1,8 milliards d’euro (2,7 milliards de francs suisses).
En France, on parle malheureusement d’un déficit budgétaire de 139 milliards d’euro… Certes, les deux pays n’ont pas la même taille ni la même économie, mais quand on sait que la Suisse est un pays fortement exportateur, on se dit qu’elle s’en est plutôt bien tirée en 2009.
Dans son communiqué de presse, le département fédéral des Finances indique que les résultats sont d’autant plus remarquables qu’un milliard a été injecté dans l’économie pour contrer la crise. Selon Hans-Rudolf Merz, la politique de limitation des dépenses engagée par le Conseil fédéral et l’administration ont porté leur fruit.
Le remboursement du prêt à l’UBS rapporte beaucoup
Par ailleurs, le remboursement du « prêt » accordé à l’UBS pour remettre l’établissement bancaire à flot à l’automne 2008 (voir l’article « Les autorités suisses au chevet du système bancaire suisse » sur le site Travailler-en-Suisse.ch) a permis à la Confédération d’empocher la coquette plus-value de 7,2 milliards de francs suisses. Cette recette qualifiée d’exceptionnelle n’a pas été ajoutée aux 2,7 milliards de francs : l’excédent de la Suisse s’élève en réalité à 9,7 milliards… C’est presque indécent dans ce contexte de crise en comparaison mondiale.
La Suisse a un déficit qu’elle réduit, même en temps de crise, alors que celui de la France explose
La différence est moins marquée Lorsqu’on parle du déficit des deux États c’est encore pire : en France, la dette s’élève à environ 143 1450 milliards d’euro, alors qu’en Suisse elle est d’un peu plus de 75 milliards d’euro (111 milliards de francs suisses), ce que je trouve particulièrement élevé si on compare les deux économies. La différence est déjà marquée, mais le pire, c’est la tendance :
Cependant, la Suisse a pu réduire son déficit de 11 milliards cette année, et la tendance va à l’austérité et à une politique de réduction de dépenses, alors qu’en France…
En France, la dette se creuse, et l’argent public semble dilapidé
En France, la tendance est inverse, c’est plus compliqué, et puis il y a ces petites dépenses bien françaises qui sont de nature à creuser le déficit… et la confiance du peuple : j’ai appris que les anciens Présidents de la République Française bénéficiaient de nombreux avantages en nature. Par exemple, Jacques Chirac bénéficie d’une équipe de 11 personnes (préfet, ambassadeur, secrétaires, chauffeurs, gardes du corps) pour l’aider à rédiger ses mémoires (vendues tout de même à 450 000 exemplaires)… ou ses problèmes judiciaires (…). Valéry Giscard d’Estaing bénéficie pour sa part d’une équipe d’une dizaine de personnes, payée par les deniers publics, ainsi qu’une carte de circulation gratuite en classe business sur Air France. Et pour mettre la droite et la gauche d’accord, cette mesure a été prise par le socialiste Laurent Fabius.
Suisse et France : une notion différente de l’argent public
Je vous laisse imaginer ce que tout ceci peut coûter et l’impact que cela peut avoir sur les 50% de ménages français qui payent des impôts… Et quand on sait qu’en Suisse, les Parlementaires prennent en général les transports en commun pour se rendre au travail, on se rend vite compte qu’on n’est pas dans le même monde et qu’on n’a pas la même notion de l’argent public dans les deux pays…
Je me pose juste une question : le peuple suisse accepterait-il que ses anciens dirigeants bénéficient d’autant de largesses financées par les contribuables ? Qu’en pensez-vous ?
sources : Le Monde, Département Fédéral des Finances et Challenges
Bonsoir
Parler d’une dette de 143 milliards d’euros en France est bien optimiste.
Wikipedia indique que la dette publique, « au sens de Maastricht » estimée par l’INSEE, a été évaluée pour la fin du troisième trimestre 2009 à 1 457 milliards d’euros, soit environ 75,8 % du PIB.
La Suisse comparativement fait figure de pays bien vertueux.
C’est également ce qui permet à la Suisse d’affronter la crise dans de bien meilleures conditions.
Attention, la dette de la France est de plus de 1’430 milliards d’euros et non pas 143 mia comme ici écrit. Cf. chiffre sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France
@molgow et Pierre : mais oui bien sûr vous avez raison, il s’agit d’une grosse erreur de la ma part. Concernant la France, il s’agit de la dette de l’année et non pas la dette cumulée… Heureusement qu’il y en a qui suivent à ma place… Ceci dit, c’est du coup bien pire pour la France.
Ce que vous dites sur l’utilisation de l’argent public est très juste. En Suisse je paie beaucoup plus d’impôts qu’en France. Mais de constater que la gestion des fonds publics est bien meilleure, facilite beaucoup mieux l’acceptation de l’impôt.
Tout n’est pas parfait en Suisse bien entendu, mais comparativement c’est un pays dans lequel il est possible de faire des projets et je pense surtout à mes enfants en l’écrivant. : en Suisse on peut se projeter dans l’avenir, ce qui me semble bien plus difficile en France ( et je n’étais pourtant pas à plaindre)
Bonsoir, Bonjour!
Ça ne sert à rien de montrer des chiffres si ceux-ci ne sont pas très bien interprété.
Il est tout à fait absurde de comparer les dettes d’un pays comme la France, et d’un pays comme la suisse. Il est plus logique de la comparer avec un pays comme la Belgique ou les Pays-Bas. Si non, comparer en % du P.I.B.
Je suis d’accord de dire que la France, dans une certaine mesure, dépense mal son argent, mais au moins la France à une politique de santé, d’enseignement, et d’aide sociale nettement meilleure à celle de la Suisse qui est une confédération qui ne se base que sur le profil.
Je pense que ces critiques ne rusillent que d’une jalousie infondée!
Je ne dirai qu’une chose « Vive la Suisse, Vive les suisses, Vive la confédération capitaliste qui se fait de la thune au détriment de la santé des africains, Vive Nestle, Vive la mer**! »
@Jean-Paul : c’est vrai que pour comparer, il serait mieux de rapporter ceci au PIB. Je n’ai pas les éléments pour faire le calcul, mais je suis certain que cela ne changera pas grand chose au résultat. Malheureusement.
Concernant l’aide sociale, j’ai un avis plutôt différent du vôtre, en ce sens que je pense que la Suisse traite bien mieux les indigents que la France (et je ne parle pas des classes moyennes). En France, au saupoudre les aides à un peu tout le monde, en Suisse, elle est beaucoup plus ciblée. Mais il ne faut pas oublier que la Suisse a aussi son long de pauvres et de working poor…
Pour ce qui concerne la « Confédération » que vous qualifiez de capitaliste, je pense qu’on peut en avoir tout autant au crédit de la France, pays qui vend massivement des armes aux pays en développement (notamment la Lybie, la Côte d’Ivoire…), qui abrite les fortunes des dictateurs… A ce petit jeu, pas sûr que la France soit mieux que les autres, ou que la Suisse soit pire.