Dans la tête d’un recruteur en Suisse #4

Nous continuons notre série d'interviews exclusives avec cette 4ème vidéo de la professionnelle RH Fabienne Revelard de la société ALPemploi active dans le canton de Vaud et de Genève. Nous prolongeons la discussion concernant l'entretien d'embauche en Suisse. Elle nous dira notamment ce qu'elle attend des candidats en termes de présentation, et nous donnera quelques conseils. Elle donnera également quelques indices sur les techniques de déstabilisation en entretien, et nous dira pour finir ce qui agace vraiment les recruteurs lors d'un entretien en Suisse. Consultez les autres vidéos de la série, et n'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez, si cela vous a aidé etc.

6 conseils pour les entretiens d’embauche des juniors

L’entretien d’embauche est un exercice diversement apprécié. Que vous soyez à l’aise ou non, il est indispensable de le préparer. Lorsqu’on débute dans la vie active, c’est souvent encore plus difficile. Pour aborder vos entretiens dans les meilleures conditions, voici quelques conseils adaptés d’un article d’un site américain. Certains me diront : attention, la culture américaine n’est pas la même, les habitudes de recrutement sont différentes. Et vous aurez raison. Sauf que là, ce sont des conseils de bon sens qui sont pleinement applicable à la Suisse. Et je les ai adaptés. C’est parti.

#1 – Vous n’êtes plus un enfant

Les entretiens ont tendance à vous remettre dans la peau d’un écolier : beaucoup d’entre-vous pensent en effet qu’un recruteur est là pour vous juger, vous noter en quelque sorte. Remettez les choses à leur juste niveau : vous êtes en entretien pour échanger entre adultes, discuter, et il ne faut pas oublier que le recruteur n’attend qu’une chose : que vous soyez le bon candidat.

#2 – Demandez des précisions quand ce n’est pas clair

Il arrive parfois lors des entretiens qu’on ne comprenne pas très bien la question. Certains points développés par le recruteur peuvent également ne pas être clair (et particulièrement pour ceux qui ne connaissent pas très bien le marché de l’emploi en Suisse ou bien un secteur d’activité qui peut avoir ses spécificités en Suisse). C’est VOTRE responsabilité de faire en sorte que les choses soient plus claires. Il ne faut alors pas hésiter à demander au recruteur de préciser tel ou tel point, ou bien de reformuler une question. Ne quittez jamais de vue votre objectif qui est d’avoir la vision la plus claire possible du job, de l’entreprise et des attentes pour pouvoir décider en toutes connaissance de cause. Je pense enfin que vous connaissez le proverbe qui dit « Qui pose une question peut paraître stupide au moment où il la pose. Qui ne pose jamais de question sera stupide toute sa vie« .

#3 – Soyez honnêtes

Encore plus que dans d’autres pays, l’honnêteté est payante en Suisse. Il est en effet indispensable de raconter la vérité, même si elle est difficile à dire (et probablement à entendre). Contrairement à ce que beaucoup de candidats imaginent, il n’est pas forcément problématique de mentionner un problème ou une situation compliquée qu’on a vécu sur le plan professionnel si vous êtes capable d’argumenter de manière efficace. Tout est dans l’explication, pas dans la situation.

Ce conseil s’applique bien sûr dans la condition où vous êtes arrivé à l’entretien avec un dossier de candidature lui-même honnête… Notamment votre CV ne doit pas être « gonflé » comme c’est malheureusement souvent le cas dans les pays plus latins.

Enfin, ne perdez pas de temps et d’énergie à imaginer ce que le recruteur voudrait entendre : ce sont en général des professionnels très bien formés qui détecteront assez rapidement que vous êtes dans l’esbroufe. Alors soyez le plus transparent possible, même si, nous sommes d’accord, on ne peut pas forcément tout raconter non plus.

#4 – Valorisez vos compétences

Etre un bon professionnel, ce n’est pas être capable de tout faire (même si, j’entends bien, la polyvalence est une qualité parfois recherchée). Votre interlocuteur ne s’attendra pas à ce que vous sachiez tout faire dans la société. Au contraire, il est là pour s’assurer que vous avez les compétences requises pour le poste qui est vacant ou créé. Et c’est précisément sur ces compétences là qu’il faut que vous vous attardiez. Concrètement, optimisez votre temps de parole en valorisant ces compétences. Le reste (ce qui est secondaire), oubliez-le ou placez-le en fin d’entretien s’il vous reste un peu de temps. C’est une question de priorisation.

#5 – Vous n’êtes pas un spécialiste des réseaux sociaux

Beaucoup de jeunes candidats s’imaginent être des spécialistes des réseaux sociaux parce qu’ils ont toujours « baigné » dedans. Derrière le terme « Spécialiste des réseaux sociaux » se cache autre chose, et notamment des compétences très spécifiques et particulières que vous n’avez probablement pas (à moins que ce soit précisément votre métier). Donc même s’il est probable que votre interlocuteur en sache moins que vous sur les réseaux sociaux, ne vous positionnez pas en expert. Vous êtes un utilisateur averti, c’est tout, et évitez de tendre le bâton pour vous faire car il n’y a rien de plus facile de vérifier votre aptitude à manier les réseaux sociaux.

#6 – Attention à votre apparence et à la communication non verbale

J’ai rédigé un billet sur ce seul thème, mais pour résumer, il faut comprendre que votre interlocuteur se sera fait une idée de vous dans les 1ère secondes de votre rencontre et bien souvent avant même que vous ayez ouvert la bouche… Ce qui est important ici, c’est notamment l’image que vous donnez (et donc la manière dont vous êtes habillé – l’article d’origine mentionne d’ailleurs que les habits et les chaussures des candidats doivent paraître neufs). Pour ma part, je pense qu’il est très important de ne pas être en décalage sur le plan vestimentaire : il existe pour cela plusieurs « astuces » pour savoir comment on s’habille dans l’entreprise que vous visez – je ne donnerai pas de détail maintenant – , et dans le doute, il faut être le plus « passe-partout » possible. Il m’est d’ailleurs arrivé, à titre personnel, dans mes jeunes années, d’arriver en entretien en costume cravate devant un interlocuteur beaucoup plus décontracté car dans une entreprise plus « décontractée » sur le plan vestimentaire. Et  je ne sais pas si c’est lié mais je n’ai pas eu le job !

Avant de finir, allez jeter un oeil sur notre service de coaching pour les entretiens en Suisse.

Allez courage ! Si vous lisez ces lignes, c’est peut-être bien parce que vous allez avoir un entretien dans une entreprise en Suisse. Ayez en tête que vous n’êtes plus en compétition avec des centaines de candidats mais probablement moins de 5. Plutôt encourageant non ?

source

Pourquoi il ne faut pas avoir peur des entretiens d’embauche

Bonne nouvelle : vous avez été convoqué(e)  un entretien pour un poste dans une entreprise en Suisse. Pour cette prochaine étape, critique dans le recrutement, je vous affirme qu’il ne faut pas avoir peur. Et voici pourquoi.

Le recruteur n’attend qu’une seule chose : que vous soyez le bon candidat

Ce qu’il ne faut surtout pas oublier, c’est que le recrutement est un processus qui ennuie tout le monde, aussi bien les professionnels RH dans l’entreprise (qui doivent passer du temps à recruter quelqu’un, et cela coûte de l’argent et peut prendre beaucoup de temps),  que les responsables business (tant que la personne n ‘a pas été recrutée, il manque quelqu’un dans le « maillon de production » et le travail ne se fait pas). Du coup, tout ce petite monde n’attend qu’une seule chose : trouver le bon candidat, et le plus rapidement possible. Dans votre démarche, il « suffira » donc de les rassurer sur le fait que vous êtes bien le bon candidat.

Vous avez passé le cap du dossier de candidature : il y a donc chez vous quelque chose qui intéresse vraiment le recruteur

Si vous avez passé le cap du dossier de candidature (CV et lettre de motivation), c’est qu’il y a quelque chose qui intéresse le recruteur dans votre profil : en général, l’analyse du dossier de candidature est un filtre ultra sélectif (ce qui est encore plus vrai lorsque vous avez répondu à une annonce) : la bonne nouvelle, c’est que vous avez réussi à valoriser dans votre profil ce qui intéresse le recruteur.

Vos chances en entretien sont donc réelles, et objectives. Ce raisonnement est moins systématique pour les cabinets de recrutement, car certains vous convoqueront sans avoir réellement de poste à vous proposer mais pour « faire connaissance » (et surtout vous rentrer dans leur base de données si vous êtes un candidat valable, au cas où…).

Vos concurrents sont peu nombreux et vous ne devez pas vous en soucier

La plupart des entreprises ne sélectionneront qu’une poignée de candidats pour les vagues d’entretiens. Pour quelle raison ? Simplement parce que organiser des entretiens, cela coûte cher et prend du temps (voir ci-dessus). Du coup, vous pouvez être certain que vous serez en compétition avec peu de candidats (sauf cas très particuliers). C’est donc un facteur rassurant.

Autre facteur de nature à faire baisser votre niveau de stress : il est absolument inutile de se soucier des performances des autres candidats. Vous n’avez de toute façon aucune emprise sur leur prestation, et il serait tout à fait inutile de se focaliser sur un paramètre qu’on ne maîtrise pas. En revanche, il n’est pas forcément inutile de connaître les profils potentiellement en concurrence avec le vôtre, et qui pourraient, par leurs compétences ou leur formation, apporter quelque chose de différent à votre candidature : dans ce cas, il est important de trouver des parades de sorte à insister subtilement sur ce que vous pourriez apporter par rapport à eux. Sans faire la comparaison bien sûr, car dans le business, on ne cite jamais devant son client ses concurrents.

En entretien, il n’y a pas de mauvaises questions mais uniquement de mauvaises réponses

En entretien, le recruteur va vous poser toutes sortes de questions : des questions « bateaux » (« pourquoi avez choisi de postuler chez nous ?« ) aux questions les plus pénibles (« pourquoi n’êtes-vous resté qu’un mois chez Nestlé ?« ). Sauf cas particulier, les recruteurs sont prêts à entendre beaucoup de choses, y compris des échecs, pour autant que vous sachiez construire un récit cohérent. L’une des clés d’un entretien réussi, c’est donc de préparer toutes les questions qu’on pourrait vous poser, des plus simples à celles qui vous ennuient le plus (et c’est en général celles-ci pour lesquelles on a le moins envie de se préparer).

Ce conseil n’est pas à prendre à la légère car un bon professionnel RH peut vous emmener très loin dans une discussion, et vous déstabiliser fortement. Autant être préparé à toutes les éventualités et bien se préparer, et la bonne nouvelle c’est que tout est entre vos mains.

Dans un entretien, la 1ère minute détermine tout le reste de l’entretien

Cela a été prouvé à de nombreuses reprises : presque tout est joué à la fin de la 1ère minute d’entretien, et principalement sur des aspects liés au comportement (et alors même que vous n’avez même pas ouvert la bouche). Cette information, qui pourrait vous faire paniquer, peut être au contraire utilisée comme une arme, car si votre comportement est « bon » aux yeux du recruteurs, alors vous passez les 59 minutes restantes à confirmer au recruteur que vous êtes le bon candidat. A l’inverse, si vous faites mauvaise impression, alors vous allez devoir remonter la rivière à contre-courant, et même si vous êtes très bon ce sera très difficile. Alors l’un des secrets se trouve dans l’habillement et le comportement (la manière de regarder, de sourire, de dire bonjour, de serrer la main). J’ai d’ailleurs déjà parlé de ces critères d’embauche en entretien. Ceci a bien sûr ses limites, et les bons recruteurs vont au-delà. Mais dans tous les cas, vous avez tout intérêt à mettre en pratique ces techniques, en complément d’un entretien bien structuré et construit.

En tant que candidat, on a parfois tendance à envisager le recruteur comme un adversaire ou comme quelqu’un qui veut vous piéger en entretien. Hormis quelques cas réels qui relèvent plus de la psycho-pathologie qu’autre chose, en général, ce n’est bien sûr pas le cas, et la plupart des ficelles sont donc entre vos mains. Alors au boulot !

C’est le moment de me faire un feedback sur un entretien qui vous a particulièrement marqué (les anecdotes sont les bienvenues).

CV anonyme en France et Suisse : mêmes méthodes, résultats opposés

Le CV anonyme, que certains ont tenté, à une époque, de rendre obligatoire en France, a été enterré dans l’indifférence générale cet Été.  Une étude publiée par Pôle Emploi a en effet prouvé que le CV anonyme avait l’effet inverse de ce pour quoi il avait été mise en place car il pénalisait les candidats issus des minorités…

La raison principale évoquée, bien que rien n’ait été prouvé formellement sur ce point, est que dans des CV traditionnels, les recruteurs français seraient plus indulgents vis-à-vis des fautes d’orthographes ou de la présentation lorsque la langue maternelle du candidat n’est pas le Français.

En France, le CV anonyme pénalise les minorités étrangères, mais favorise les femmes dans certains cas

Tout au plus, l’étude de Pôle Emploi montre que le CV anonyme permet aux femmes d’avoir de meilleures chances de décrocher un entretien lorsque le recruteur est un homme, les recruteurs français masculins ayant la fâcheuse habitude de recruter de préférence des hommes (ce qui n’est pas le cas des femmes recruteurs). En revanche, lorsque le recruteur est une femme, les chances d’obtenir un entretien pour une femme avec un CV anonyme sont légèrement moins bonne qu’avec un CV « traditionnel ». Mais tout ceci, c’est en France que cela se passe.

Le CV anonyme en Suisse semble remplir son rôle

En Suisse, j’ai à ma connaissance 2 expériences qui ont été menées sur le sujet : la première, nous vous en parlions déjà en 2008. Cette expérience de CV anonyme, issue de la plateforme We are Ready, concernait une population de jeunes candidats en Suisse. Elle a notamment permit de faire ressortir des résultats totalement inverses à ceux observés en France : les candidats issus de l’immigration, principalement des balkans, ont obtenu plus d’entretiens avec des CV anonymes que le groupe de personnes d’origine suisse (1/3 contre 1/5). La raison principale évoquée est que les jeunes issus des minorités en Suisse sont conscients du fait que leurs origines peut poser un problème pour le recrutement, et développent donc davantage leur motivation, ce qui en fait objectivement plus souvent de meilleurs candidats.

En 2006, le CV anonyme a été mis en place et testé dans le canton de Genève par quelques grands employeurs (SIG, Migros-Genève, et la commune de Vernier)  sur 1 300 dossiers. Les résultats n’ont pas été spectaculaires, mais probants, puisque des profils atypiques, qui n’auraient probablement pas été recrutés par candidature traditionnelle ont été acceptés (18% des plus), et des femmes ont également accédés à des postes qu’elles n’auraient probablement pas eus autrement. Le dispositif n’a toutefois pas été retenu par les entreprises car trop lourd à mettre en oeuvre (les entreprises suisses ont dû anonymiser les candidatures, ce qui a mobilisé beaucoup de temps).

L’intégration des étrangers en Suisse (comparée à la France) serait-elle à l’origine de ces différences ?

Selon mon analyse, ce qui différencie sur ce sujet la France et la Suisse, c’est l’intégration des étrangers : en France, la stigmatisation envers les minorités est si forte, que je suis sûr que beaucoup de jeunes issus des banlieues et / ou des minorités sont tellement persuadés qu’ils seront retoqués à cause de leurs origines, qu’ils ne tentent même pas de postuler dans certaines entreprises ou se placent naturellement dans une position psychologique qui ne va pas favoriser leur embauche. En Suisse, cette stigmatisation étant moins forte, le comportement et les mesures prises par les candidats leurs permettraient alors d’être plus efficaces dans leur recherche d’emploi.

En revanche, les femmes semblent dans les 2 pays être favorisées par le CV anonyme : rappelons toutefois que, en France ou en Suisse, la femme est, objectivement et si on regarde notamment les responsabilités et niveaux de salaire, une catégorie de travailleur qui est pénalisée et qui souffre de différences énormes par rapport aux hommes.

Et vous, avez-vous une histoire personnelle à nous raconter sur un recrutement qui se serait mal passé à cause de votre genre ou de vos origines (merci dans ce cas de préciser si c’est en France, en Suisse ou ailleurs) ?

Entretien d’embauche : la 1ère minute est déterminante

Je viens de consulter une interview très intéressant du sociologue français Jean-François Amadieu, qui nous donne son point de vue sur les entretiens d’embauche. Avant de lire la suite, autant vous dire que son point de vue est décalé par rapport à ce que les milieux RH pensent, mais je suis à 100% d’accord avec les différents points qu’il développe, certains étant d’ailleurs décrits dans « Décrocher un emploi en Suisse« .

En résumé, voici ce que  j’ai retenu de cette interview :

1 / Que le recruteur le veuille ou non, l’entretien est fortement influencé par le physique de la personne, et par différents détails de cette nature. En particulier, l’essentiel de la communication se fait sur le mode non-verbal, et ce dans la 1ère minute de l’entretien. Le temps restant de l’entretien ne va servir au recruteur qu’à confirmer l’idée qu’il s’est faite de vous. Aussi, il est très difficile pour un candidat d’inverser un jugement fondé dans la 1ère minute d’entretien si celui-ci est défavorable. En clair, il faut tout miser sur la 1ère minute de l’entretien, en prenant soin notamment  d’avoir un dress code adapté à celui de l’entreprise. Le sociologue nous conseille également de porter des lunettes pour avoir l’air plus intelligent (…), et d’éviter à tout prix d’avoir les mains moites, car on ne recrute pas un candidat qui a les mains moites. Cruel, drôle et malheureusement, assez vrai à la fois, du moins avec certains recruteurs….

2 / L’entretien doit être soigneusement préparé, mais il faut pour autant laisser ressortir une petite touche d’humanité en faisant semblant de se tromper sur des petits détails, des tournures…

3 / Le sociologue a voulu prouver que les entretiens ne servaient à rien, en montant de toute pièce des CV à des faux candidats acteurs pour des postes de vente : ces acteurs ont été si bons qu’ils ont été recrutés par les entreprises, alors même qu’ils n’avaient jamais exercé ce métier auparavant. Petit clin d’oeil intéressant au fait que les entretiens sont, de toute façon et même si vous n’êtes pas un comédien, un jeu de composition, que ce soit du côté du candidat ou du côté de l’entreprise.

Son point de vue s’est forgé sur une expérience française principalement, mais je pense que ce qui est dit s’applique à pratiquement toutes les situations d’entretien en Suisse.

Et vous, que pensez-vous de cette vision de l’entretien d’embauche ? Quelles sont vos propres expériences en Suisse sur ce point ?


Jean-François Amadieu : l’entretien ne sert à rien

A lire également : 5 conseils de base pour réussir ses entretiens d’embauche en Suisse sur le site www.travailler-en-suisse.ch

La France adore les diplômes, la Suisse les compétences

La Suisse et la France sont 2 pays bien différents à de nombreux égards. Ces différences se ressentent particulièrement sur la manière d’aborder le marché du travail.

Notamment, je ne compte plus les candidats français qui, bien qu’ayant 10 ou 15 ans d’expérience, lorsqu’ils se présentent en entretien, commencent spontanément par la phrase magique : « je suis diplômé de…« . On ne peut pas leur en vouloir, ils ont baigné dans cette culture depuis l’enfance.

En France la diplomania sévit depuis de nombreuses années

La couverture du dernier numéro de Challenges

En France, la « diplomania » a en effet pris d’assaut depuis de nombreuses années les foyers et les médias (sujet qui par ailleurs semble faire vendre) qui font régulièrement des unes sur le sujet. Récemment, l’hebdomadaire économique français Challenges a fait, en moins d’un mois, 2 couvertures sur le sujet : « La cote 2011 des diplômes » et « Les meilleurs prépas de France« . En France, on aime, que dis-je, on adore les diplômes, et on a besoin de se comparer et de savoir qui a le plus gros…

Et gare à celui qui n’a pas le bon, puisque certaines corporations recrutent au sein de certaines entreprises, presque exclusivement les candidats ayant le même diplôme, une logique dont on voit la limite puisque dans une même entreprise ou un même service vont se retrouver des personnes qui ont eu la même formation, auront les mêmes réflexes, et probablement les mêmes visions « orientés » de leur métier ou de leur secteur. Tout ce dont, à mon avis, les entreprises du 21ème siècle n’ont pas besoin.

Pour postuler en Suisse et être efficace : oubliez vos diplômes, et valorisez votre savoir-faire

Pour la Suisse, je n’ai qu’un conseil à donner aux candidats français qui vont passer des entretiens ou qui rédigent leur CV ou leur lettre de motivation : oubliez momentanément vos diplômes, et dites plutôt ce que vous savez faire, valorisez vos compétences, ainsi que les résultats concrets que vous avez obtenus. Et plus votre diplôme est « prestigieux » (si on considère qu’il existe des diplômes plus prestigieux que d’autres), plus vous aurez besoin de pousser cet exercice car en Suisse, votre diplôme, aussi prestigieux soit-il, ne vous donnera aucune crédibilité naturelle : ici, on veut du concret, alors c’est ce que vous allez devoir servir aux recruteurs !

Retrouvez dans mon livre Travailler et vivre en Suisse un chapitre complet dédié à la manière d’aborder le marché du travail en Suisse.