Pourquoi il ne faut pas avoir peur des entretiens d’embauche

Bonne nouvelle : vous avez été convoqué(e)  un entretien pour un poste dans une entreprise en Suisse. Pour cette prochaine étape, critique dans le recrutement, je vous affirme qu’il ne faut pas avoir peur. Et voici pourquoi.

Le recruteur n’attend qu’une seule chose : que vous soyez le bon candidat

Ce qu’il ne faut surtout pas oublier, c’est que le recrutement est un processus qui ennuie tout le monde, aussi bien les professionnels RH dans l’entreprise (qui doivent passer du temps à recruter quelqu’un, et cela coûte de l’argent et peut prendre beaucoup de temps),  que les responsables business (tant que la personne n ‘a pas été recrutée, il manque quelqu’un dans le « maillon de production » et le travail ne se fait pas). Du coup, tout ce petite monde n’attend qu’une seule chose : trouver le bon candidat, et le plus rapidement possible. Dans votre démarche, il « suffira » donc de les rassurer sur le fait que vous êtes bien le bon candidat.

Vous avez passé le cap du dossier de candidature : il y a donc chez vous quelque chose qui intéresse vraiment le recruteur

Si vous avez passé le cap du dossier de candidature (CV et lettre de motivation), c’est qu’il y a quelque chose qui intéresse le recruteur dans votre profil : en général, l’analyse du dossier de candidature est un filtre ultra sélectif (ce qui est encore plus vrai lorsque vous avez répondu à une annonce) : la bonne nouvelle, c’est que vous avez réussi à valoriser dans votre profil ce qui intéresse le recruteur.

Vos chances en entretien sont donc réelles, et objectives. Ce raisonnement est moins systématique pour les cabinets de recrutement, car certains vous convoqueront sans avoir réellement de poste à vous proposer mais pour « faire connaissance » (et surtout vous rentrer dans leur base de données si vous êtes un candidat valable, au cas où…).

Vos concurrents sont peu nombreux et vous ne devez pas vous en soucier

La plupart des entreprises ne sélectionneront qu’une poignée de candidats pour les vagues d’entretiens. Pour quelle raison ? Simplement parce que organiser des entretiens, cela coûte cher et prend du temps (voir ci-dessus). Du coup, vous pouvez être certain que vous serez en compétition avec peu de candidats (sauf cas très particuliers). C’est donc un facteur rassurant.

Autre facteur de nature à faire baisser votre niveau de stress : il est absolument inutile de se soucier des performances des autres candidats. Vous n’avez de toute façon aucune emprise sur leur prestation, et il serait tout à fait inutile de se focaliser sur un paramètre qu’on ne maîtrise pas. En revanche, il n’est pas forcément inutile de connaître les profils potentiellement en concurrence avec le vôtre, et qui pourraient, par leurs compétences ou leur formation, apporter quelque chose de différent à votre candidature : dans ce cas, il est important de trouver des parades de sorte à insister subtilement sur ce que vous pourriez apporter par rapport à eux. Sans faire la comparaison bien sûr, car dans le business, on ne cite jamais devant son client ses concurrents.

En entretien, il n’y a pas de mauvaises questions mais uniquement de mauvaises réponses

En entretien, le recruteur va vous poser toutes sortes de questions : des questions « bateaux » (« pourquoi avez choisi de postuler chez nous ?« ) aux questions les plus pénibles (« pourquoi n’êtes-vous resté qu’un mois chez Nestlé ?« ). Sauf cas particulier, les recruteurs sont prêts à entendre beaucoup de choses, y compris des échecs, pour autant que vous sachiez construire un récit cohérent. L’une des clés d’un entretien réussi, c’est donc de préparer toutes les questions qu’on pourrait vous poser, des plus simples à celles qui vous ennuient le plus (et c’est en général celles-ci pour lesquelles on a le moins envie de se préparer).

Ce conseil n’est pas à prendre à la légère car un bon professionnel RH peut vous emmener très loin dans une discussion, et vous déstabiliser fortement. Autant être préparé à toutes les éventualités et bien se préparer, et la bonne nouvelle c’est que tout est entre vos mains.

Dans un entretien, la 1ère minute détermine tout le reste de l’entretien

Cela a été prouvé à de nombreuses reprises : presque tout est joué à la fin de la 1ère minute d’entretien, et principalement sur des aspects liés au comportement (et alors même que vous n’avez même pas ouvert la bouche). Cette information, qui pourrait vous faire paniquer, peut être au contraire utilisée comme une arme, car si votre comportement est « bon » aux yeux du recruteurs, alors vous passez les 59 minutes restantes à confirmer au recruteur que vous êtes le bon candidat. A l’inverse, si vous faites mauvaise impression, alors vous allez devoir remonter la rivière à contre-courant, et même si vous êtes très bon ce sera très difficile. Alors l’un des secrets se trouve dans l’habillement et le comportement (la manière de regarder, de sourire, de dire bonjour, de serrer la main). J’ai d’ailleurs déjà parlé de ces critères d’embauche en entretien. Ceci a bien sûr ses limites, et les bons recruteurs vont au-delà. Mais dans tous les cas, vous avez tout intérêt à mettre en pratique ces techniques, en complément d’un entretien bien structuré et construit.

En tant que candidat, on a parfois tendance à envisager le recruteur comme un adversaire ou comme quelqu’un qui veut vous piéger en entretien. Hormis quelques cas réels qui relèvent plus de la psycho-pathologie qu’autre chose, en général, ce n’est bien sûr pas le cas, et la plupart des ficelles sont donc entre vos mains. Alors au boulot !

C’est le moment de me faire un feedback sur un entretien qui vous a particulièrement marqué (les anecdotes sont les bienvenues).

CV anonyme en France et Suisse : mêmes méthodes, résultats opposés

Le CV anonyme, que certains ont tenté, à une époque, de rendre obligatoire en France, a été enterré dans l’indifférence générale cet Été.  Une étude publiée par Pôle Emploi a en effet prouvé que le CV anonyme avait l’effet inverse de ce pour quoi il avait été mise en place car il pénalisait les candidats issus des minorités…

La raison principale évoquée, bien que rien n’ait été prouvé formellement sur ce point, est que dans des CV traditionnels, les recruteurs français seraient plus indulgents vis-à-vis des fautes d’orthographes ou de la présentation lorsque la langue maternelle du candidat n’est pas le Français.

En France, le CV anonyme pénalise les minorités étrangères, mais favorise les femmes dans certains cas

Tout au plus, l’étude de Pôle Emploi montre que le CV anonyme permet aux femmes d’avoir de meilleures chances de décrocher un entretien lorsque le recruteur est un homme, les recruteurs français masculins ayant la fâcheuse habitude de recruter de préférence des hommes (ce qui n’est pas le cas des femmes recruteurs). En revanche, lorsque le recruteur est une femme, les chances d’obtenir un entretien pour une femme avec un CV anonyme sont légèrement moins bonne qu’avec un CV « traditionnel ». Mais tout ceci, c’est en France que cela se passe.

Le CV anonyme en Suisse semble remplir son rôle

En Suisse, j’ai à ma connaissance 2 expériences qui ont été menées sur le sujet : la première, nous vous en parlions déjà en 2008. Cette expérience de CV anonyme, issue de la plateforme We are Ready, concernait une population de jeunes candidats en Suisse. Elle a notamment permit de faire ressortir des résultats totalement inverses à ceux observés en France : les candidats issus de l’immigration, principalement des balkans, ont obtenu plus d’entretiens avec des CV anonymes que le groupe de personnes d’origine suisse (1/3 contre 1/5). La raison principale évoquée est que les jeunes issus des minorités en Suisse sont conscients du fait que leurs origines peut poser un problème pour le recrutement, et développent donc davantage leur motivation, ce qui en fait objectivement plus souvent de meilleurs candidats.

En 2006, le CV anonyme a été mis en place et testé dans le canton de Genève par quelques grands employeurs (SIG, Migros-Genève, et la commune de Vernier)  sur 1 300 dossiers. Les résultats n’ont pas été spectaculaires, mais probants, puisque des profils atypiques, qui n’auraient probablement pas été recrutés par candidature traditionnelle ont été acceptés (18% des plus), et des femmes ont également accédés à des postes qu’elles n’auraient probablement pas eus autrement. Le dispositif n’a toutefois pas été retenu par les entreprises car trop lourd à mettre en oeuvre (les entreprises suisses ont dû anonymiser les candidatures, ce qui a mobilisé beaucoup de temps).

L’intégration des étrangers en Suisse (comparée à la France) serait-elle à l’origine de ces différences ?

Selon mon analyse, ce qui différencie sur ce sujet la France et la Suisse, c’est l’intégration des étrangers : en France, la stigmatisation envers les minorités est si forte, que je suis sûr que beaucoup de jeunes issus des banlieues et / ou des minorités sont tellement persuadés qu’ils seront retoqués à cause de leurs origines, qu’ils ne tentent même pas de postuler dans certaines entreprises ou se placent naturellement dans une position psychologique qui ne va pas favoriser leur embauche. En Suisse, cette stigmatisation étant moins forte, le comportement et les mesures prises par les candidats leurs permettraient alors d’être plus efficaces dans leur recherche d’emploi.

En revanche, les femmes semblent dans les 2 pays être favorisées par le CV anonyme : rappelons toutefois que, en France ou en Suisse, la femme est, objectivement et si on regarde notamment les responsabilités et niveaux de salaire, une catégorie de travailleur qui est pénalisée et qui souffre de différences énormes par rapport aux hommes.

Et vous, avez-vous une histoire personnelle à nous raconter sur un recrutement qui se serait mal passé à cause de votre genre ou de vos origines (merci dans ce cas de préciser si c’est en France, en Suisse ou ailleurs) ?

Pourquoi voulez-vous travailler en Suisse ? Pour le salaire bien sûr !

J’étais hier au salon international du recrutement d’Aix-les-Bains en conférence (conférence Vivre et Travailler en Suisse que vous pouvez d’ailleurs télécharger gratuitement sur le site Travailler-en-Suisse.ch), et j’ai échangé ensuite avec quelques candidats.

L’un d’entre-eux, un serveur français, a particulièrement retenu mon attention. Ce jeune homme me disait avoir pour objectif de travailler en Suisse dans le secteur de l’hôtellerie restauration. Nous étions 2 à le « questionner », une consultante RH suisse, et moi-même.

Parmi ses points forts, j’ai noté une très bonne présentation, un look soigné (critère important dans ce métier), ainsi qu’une motivation certaine puisqu’il n’a pas hésité à parcourir 250 km pour venir à ce forum rencontrer des professionnels. Ses objectifs professionnels et son parcours, je trouve qu’il les a plutôt bien décrits, et de manière assez claire. Il a par ailleurs fait allusion à l’intérêt qu’il portait à la valeur « travail », avec quelques exemples, pas très bien choisis, mais qui avaient le mérite de rendre crédible son propos. Bref, jusqu’à un certain point, je trouvais ce candidat plutôt pas mal.

2 erreurs qui peuvent faire très mal en entretien avec une boîte suisse

Mais il a commis par la suite 2 erreurs qui, en cas d’entretien d’embauche (j’étais présent pour lui donner des conseils et simuler un petit entretien), auraient été quasiment éliminatoires. Je vais donc en parler, en espérant que cela serve à ceux qui liront ce billet.

Erreur n°1 : dire du mal de ses anciens employeurs

Sans qu’on lui demande quoi que ce soit, le candidat a commencé par critiquer ouvertement certains de ses anciens employeurs, en indiquant ici qu’il n’avait pas tenu ses engagements en ne fournissant pas le contrat de travail espéré, et là que l’établissement était selon lui mal tenu par la direction, justifiant ainsi ses départs de ces sociétés. Que ce soit en Suisse ou ailleurs, mais particulièrement en Suisse, c’est bien sûr une erreur assez grave que de critiquer un ancien employeur, le respect de la société (et par extension de la hiérarchie), est un facteur culturel très fort ici.

Si le recruteur ne vous demande rien, je vous justifiez pas !

Dans ce cas précis, si le recruteur ne vous demande rien, inutile de dire pourquoi vous êtes parti. S’il vous pose des questions, à vous de trouver une réponse qui ne trahisse pas trop la réalité, mais qui pour autant n’incrimine pas votre ancien employeur ! Par exemple, vous êtes parti parce qu’on vous a fait une proposition qui correspondait mieux à ce que vous attendiez, et qui vous  a permis d’atteindre un objectif professionnel que vous vous êtes fixé etc… Idéalement, il faut être convaincant, et donner des exemples.

Bien sûr, si on vous a licencié, la réponse à donner dépend du motif : si c’est un licenciement économique, la réponse est toute trouvée, et dans le cas inverse… il faut absolument avoir préparé la question. J’ai presque tendance à dire qu’ici, ce n’est pas tant le contenu que la justification qui importe : en effet, il faut trouver dans cette situation les points constructifs qui vous ont permis d’avancer, et le fait de dire en quoi cela vous fait à fait progresser peut vous permettre de vous sortir d’une situation déliquate etc… Ce n’est pas forcément l’idéal, mais c’est mieux que rien.

Erreur n°2 – Dire que ce qui nous motive en Suisse, c’est le salaire… et seulement ça !

Soyons clair : le salaire suisse est un facteur très important pour la plupart d’entre-nous, et pour certains probablement le critère majeur. Là n’est pas la question, car chacun a ses motivations, je le respecte. En revanche, ceci doit rester « mesuré ». Lorsque la consultante a demandé à ce serveur pourquoi il voulait venir travailler en Suisse, sa réponse a été limpide et directe : « pour les salaires, car ils sont plus élevés« . Ce n’est à mon sens, pas une bonne réponse. Du moins, l’argent peut être un critère avancé en entretien, mais il ne doit pas être le seul : vous pouvez ainsi mettre en avant la qualité de vie, le fait de découvrir une nouvelle culture, de nouvelles méthodes de travail, un nouvel environnement…

Objectivement, vous avez également intérêt à être au clair pour vous même sur le sujet du salaire et du pouvoir d’achat, car si les salaires sont supérieurs à ceux qu’on trouve en France, le coût de la vie l’est également. Et pas de chance pour notre candidat serveur, le secteur de l’hôtellerie restauration est un de ceux qui paient le moins bien en Suisse, et le recruteur pourrait lui d’ailleurs lui faire remarquer…

Certes, personnes n’est dupe : un entretien d’embauche reste un jeu de composition, mais qui doit se préparer (en particulier, toutes les questions difficiles, vous devrez y avoir pensé et être capables d’apporter des réponses). Et surtout, il faut être le plus naturel possible.
Crédit Photo : iStockPhoto

Entretien d’embauche : la 1ère minute est déterminante

Je viens de consulter une interview très intéressant du sociologue français Jean-François Amadieu, qui nous donne son point de vue sur les entretiens d’embauche. Avant de lire la suite, autant vous dire que son point de vue est décalé par rapport à ce que les milieux RH pensent, mais je suis à 100% d’accord avec les différents points qu’il développe, certains étant d’ailleurs décrits dans « Décrocher un emploi en Suisse« .

En résumé, voici ce que  j’ai retenu de cette interview :

1 / Que le recruteur le veuille ou non, l’entretien est fortement influencé par le physique de la personne, et par différents détails de cette nature. En particulier, l’essentiel de la communication se fait sur le mode non-verbal, et ce dans la 1ère minute de l’entretien. Le temps restant de l’entretien ne va servir au recruteur qu’à confirmer l’idée qu’il s’est faite de vous. Aussi, il est très difficile pour un candidat d’inverser un jugement fondé dans la 1ère minute d’entretien si celui-ci est défavorable. En clair, il faut tout miser sur la 1ère minute de l’entretien, en prenant soin notamment  d’avoir un dress code adapté à celui de l’entreprise. Le sociologue nous conseille également de porter des lunettes pour avoir l’air plus intelligent (…), et d’éviter à tout prix d’avoir les mains moites, car on ne recrute pas un candidat qui a les mains moites. Cruel, drôle et malheureusement, assez vrai à la fois, du moins avec certains recruteurs….

2 / L’entretien doit être soigneusement préparé, mais il faut pour autant laisser ressortir une petite touche d’humanité en faisant semblant de se tromper sur des petits détails, des tournures…

3 / Le sociologue a voulu prouver que les entretiens ne servaient à rien, en montant de toute pièce des CV à des faux candidats acteurs pour des postes de vente : ces acteurs ont été si bons qu’ils ont été recrutés par les entreprises, alors même qu’ils n’avaient jamais exercé ce métier auparavant. Petit clin d’oeil intéressant au fait que les entretiens sont, de toute façon et même si vous n’êtes pas un comédien, un jeu de composition, que ce soit du côté du candidat ou du côté de l’entreprise.

Son point de vue s’est forgé sur une expérience française principalement, mais je pense que ce qui est dit s’applique à pratiquement toutes les situations d’entretien en Suisse.

Et vous, que pensez-vous de cette vision de l’entretien d’embauche ? Quelles sont vos propres expériences en Suisse sur ce point ?


Jean-François Amadieu : l’entretien ne sert à rien

A lire également : 4 conseils de base pour réussir ses entretiens d’embauche en Suisse sur le site emploi.travailler-en-suisse.ch

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La France adore les diplômes, la Suisse les compétences

La Suisse et la France sont 2 pays bien différents à de nombreux égards. Ces différences se ressentent particulièrement sur la manière d’aborder le marché du travail.

Notamment, je ne compte plus les candidats français qui, bien qu’ayant 10 ou 15 ans d’expérience, lorsqu’ils se présentent en entretien, commencent spontanément par la phrase magique : « je suis diplômé de…« . On ne peut pas leur en vouloir, ils ont baigné dans cette culture depuis l’enfance.

En France la diplomania sévit depuis de nombreuses années

La couverture du dernier numéro de Challenges

En France, la « diplomania » a en effet pris d’assaut depuis de nombreuses années les foyers et les médias (sujet qui par ailleurs semble faire vendre) qui font régulièrement des unes sur le sujet. Récemment, l’hebdomadaire économique français Challenges a fait, en moins d’un mois, 2 couvertures sur le sujet : « La cote 2011 des diplômes » et « Les meilleurs prépas de France« . En France, on aime, que dis-je, on adore les diplômes, et on a besoin de se comparer et de savoir qui a le plus gros…

Et gare à celui qui n’a pas le bon, puisque certaines corporations recrutent au sein de certaines entreprises, presque exclusivement les candidats ayant le même diplôme, une logique dont on voit la limite puisque dans une même entreprise ou un même service vont se retrouver des personnes qui ont eu la même formation, auront les mêmes réflexes, et probablement les mêmes visions « orientés » de leur métier ou de leur secteur. Tout ce dont, à mon avis, les entreprises du 21ème siècle n’ont pas besoin.

Pour postuler en Suisse et être efficace : oubliez vos diplômes, et valorisez votre savoir-faire

Pour la Suisse, je n’ai qu’un conseil à donner aux candidats français qui vont passer des entretiens ou qui rédigent leur CV ou leur lettre de motivation : oubliez momentanément vos diplômes, et dites plutôt ce que vous savez faire, valorisez vos compétences, ainsi que les résultats concrets que vous avez obtenus. Et plus votre diplôme est « prestigieux » (si on considère qu’il existe des diplômes plus prestigieux que d’autres), plus vous aurez besoin de pousser cet exercice car en Suisse, votre diplôme, aussi prestigieux soit-il, ne vous donnera aucune crédibilité naturelle : ici, on veut du concret, alors c’est ce que vous allez devoir servir aux recruteurs !

Retrouvez dans mon livre Travailler et vivre en Suisse un chapitre complet dédié à la manière d’aborder le marché du travail en Suisse.

Managerama.tv, un site très riche à consulter

J’aimerais aujourd’hui vous parler d’un site qui est une véritable mine d’informations : Managerama.tv.

A l’origine, ce site est destiné aux managers et professionnels RH, propose des interviews, et des informations et des conseils de management.

Cependant, je vous invite à vous y plonger, car vous y trouverez de nombreux conseils, notamment pour vos entretiens avec les professionnels RH qui, dans les différentes interviews notamment, distillent parfois de nombreux conseils utiles pour les candidats.

Des DRH suisses vous donnent parfois des conseils

Par ailleurs, vous le savez, je suis un adepte de la recherche d’information dans une recherche d’emploi  : si vous postulez dans une entreprise, je vous invite à vous renseigner sur cette entreprise, mais également sur les dirigeants et également les personnes que vous allez rencontrer en entretien. Avec Managerama.tv, vous aurez l’occasion de « croiser » des DRH de grands groupes suisses tels que Lombard Odier, Piaget ou encore Migros.

Un exemple : l’interview du DRH de Lombard Odier

J’ai consulté les ressources de ce site, et je n’ai pas encore eu le temps d’en faire le tour. Je vous propose, pour illustrer le propos de vous parler d’une interview qui m’a pas mal plus, celle du DRH de Lombard Odier, Maxime Morand, interrogé sur le sujet de l’honnêteté des managers et sur leur recrutement.

J’ai noté quelques points et conseils vraiment très intéressants pour les candidats :

- L’un des premiers mots avancé par M. Morand, c’est la « confiance ». Je ne le répéterai jamais assez, cette valeur est très importante, notamment dans la culture suisse, et en connaître quelques subtilité permettra aux travailleurs étrangers de bien débuter.

- Le 1er moyen d’un DRH pour détecter un manager honnête, c’est la prise de références (pour ceux qui ne le savent pas encore, les références sont une véritable institution en Suisse : ce sont les personnes qui peuvent parler de vous, ancien chef ou collègue, et que vous pouvez faire apparaître dans le CV dans une rubrique spécifique). L’autre moyen avancé, plus original me semble-t-il, est d’observer la structure verbale du candidat en entretien, c’est-à-dire la manière dont il va présenter ses propos : selon lui, des candidats structurés ont plus de chance d’être des managers honnêtes. J’ai envie de dire qu’il faut de toute façon être le plus structuré possible !

- En entretien, tout le monde joue un rôle : candidat et professionnel RH. M. Morand conseille de s’éloigner de ce schéma, et propose aux professionnels RH de tester une séquence « Risk Management » au cours de laquelle on pourrait vous poser des questions plutôt dérangeantes du type :

« Quels sont vos investissements financiers privés, et quel est l’état de vos dettes » (Lombard Odier est un organisme financier, et il ne me paraît pas complètement déplacé de s’assurer qu’à titre personnel, un manager à qui on va confier la tâche de placer de l’argent n’est pas endetté).

« Quel est votre style de vie ?« , « Quel est votre 1er cercle d’amis ?« , « Quelle image a-t-on de vous en société ?« … Même si les professionnels RH ne peuvent pas poser n’importe quelle question, vous devez vous préparer à toutes les éventualités. Et la règle d’or en la matière est d’avoir préalablement préparé cette question. A vous de décider si vous voulez ou pas, répondre.

- Les personnes qui ont eu de grands succès et de grands échecs sont souvent de très bon leaders… Toujours bon à savoir, surtout si le fait d’avoir subi des échecs vous effraie.

Je vous laisserai découvrir l’interview complète ci-dessous et surtout, visitez les ressources de ce site très riche à qui il manque malheureusement un moteur de recherche.

Rencontre – Maxime Morand – DRH du Groupe Lombard Odier

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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