Les expats ont-ils envahi la Suisse romande ?

La presse suisse parle très souvent des travailleurs frontaliers, mais plus rarement des expats (les travailleurs étrangers titulaires d’un permis de résidence).
L’hebdomadaire romand l’Hebdo s’est penché sur cette question, et a sorti cette semaine un excellent article de fonds sur le sujet, en interrogeant des expats de plusieurs nationalités : une américaine, une anglaise, un israélien, un français etc. se sont prêtés au jeu des questions réponses.

L’article propose une cartographie très intéressante des 100 000 expats qui vivent en Suisse romande, en donnant des indications sur leur vie, leurs conditions de travail, leurs attentes…

On y apprend notamment qu’à Genève, un poste sur 3 dépend des multinationales, que les expats commencent à être affectés par la situation économique et parfois renvoyés.

Bref, un article que je vous recommande vivement, histoire de casser aussi le mythe de l’expat en Suisse. Vous trouverez un extrait de l’article sur le site Travailler-en-Suisse.ch « Expats, ils sont parmis nous » (pdf)

Pour en savoir plus sur les expatriés en Suisse

Expat survey HSBC

Expat survey HSBC

Il y a quelques mois, je suis tombé sur une étude très intéressante sur les expatriés dans le monde, publiée par HSBC.
L’étude mentionnait notamment un certain nombre de caractéristiques des expatriés, tant sur la partie culturelle (comment ils appréhendaient les différences culturelles entre les pays) que sur la vie de tous les jours et la vie au travail.
Le hic, c’est que la Suisse ne figurait pas parmi les pays analysés. J’ai donc demandé des précisions à la société d’étude, qui m’a indiqué qu’il n’y avait pas assez de répondants en Suisse. Je me suis dis que c’était dommage, d’autant que l’étude est non-commerciale, anonyme et propose des résultats intéressants.
Je me suis donc proposé de relayer l’existence de cette étude, ce qui est la raison du présent billet.

Si vous êtes expatrié en Suisse, je vous invite vivement à répondre à ce questionnaire. Si nous sommes suffisamment à répondre, nous aurons la possibilité d’en apprendre un peu plus sur la communauté d’expatriés, et nous pourrons aussi nous situer par rapport aux autres pays.

Accéder à l’étude (en anglais seulement)

Et les femmes d’expat dans tout ça ?

Bon, avant d’aller plus loin, mettons les choses au clair : le titre parle des femmes d’expats, mais il s’agit plus exactement du conjoint qui suit l’autre, homme ou femme, même si nous savons tous que c’est très souvent la femme qui suit l’homme. Bref, vous avez tous compris qu’il ne s’agit pas d’une question de sexe, mais plutôt de condition. Si vous êtes d’accord, attribuons ce rôle à la femme, ce sera plus simple pour la suite.

J’ai eu envie d’écrire cet article suite à l’article d’une jeune expatriée française dans son Blog « de l’Amérique à la Suisse » (note : le blog a été fermé depuis). Cela m’a rappelé ma situation personnelle où mon ex-femme et moi n’avons pas su gérer les dangers de l’expatriation pour le couple.

Mais avant d’aller plus loin, un peu de statistiques : les dernières informations que j’ai en tête font état d’une expatriation sur deux qui ne fonctionne pas à cause d’une inadaptation de la famille ou de la femme.

Alors que se passe-t-il, psychologiquement, pour la femme qui suit son conjoint ?
Coupée de sa famille, de ses amis, de ses repères habituels, et souvent sans emploi, la femme ne peut passer son temps qu’avec ses enfants lorsqu’elle en a. Et son mari. Mais lorsqu’on commence un job en Suisse et qu’on vient de l’étranger, il est rare qu’on ne travaille que 35 heures… A la seule énumération de ces éléments, il semble assez clair que cette situation est souvent plus que destabilisante, même pour la plus solide des femmes, et en tout cas sûrement pas épanouissante.
Globalement, l’écart se creuse entre celui qui travaille (qui lui a une vie sociale au travail, un travail, et qui ne vit pas les choses négativement) et le conjoint inactif (qui se sent de plus en plus exclus, et qui a le culot de faire culpabiliser le conjoint dont la vie serait parfaite si cette satanée femme réussissait à s’épanouir)… Bref, là aussi, il y a matière à conflit et j’ai vu des couples très solides flancher…

L’expatriation ne devrait se penser qu’à deux, c’est-à-dire que les entreprises devraient prendre autant soin de leurs employés expatriés que de leurs femmes, dans l’intérêt de tous.

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais voici quelques pistes :

- Même si la décision d’expatriation se prend souvent à deux, ceux qui n’ont jamais vécu l’expérience ne peuvent pas se rendre compte de ce que cela implique pour le couple. L’idéal serait de pouvoir se renseigner avant. Recherchez les associations d’expatriés de votre nationalité sur place (voir par exemple, pour les français, sur le site de l’ambassade de France en Suisse)
ou posez des questions sur les sites d’expatriation (j’anime le site Suisse de la Maison des Français de l’Etranger, vous y trouverez peut-être des témoignages intéressants)

- Si votre femme souhaite travailler, dépêchez-vous de lui trouver un job en Suisse, c’est sûrement le meilleur moyen de s’intégrer. Pour cela, il n’y a pas de secret, mais il faut autant que possible faire fonctionner votre réseau professionnel proche, il y a probablement dans votre entourage un collègue dont la femme travaille dans telle ou telle boîte et qui pourrait lui ouvrir une porte pour un entretien… qui déjà en soi remonte le moral.

- Exploitez au maximum les associations de femmes d’expat. Il en existe dans pratiquement toutes les grandes villes de Suisse.

Certaines entreprises l’ont compris, et proposent des services d’aide à l’intégration des conjointes, en les aidant par exemple à rédiger leur CV et leur lettre de motivation suisse, ou les mettant en relation avec des femmes expatriés…

Si certaines ou certains d’entre-vous ont des idées ou d’autres pistes, c’est le moment d’en faire profiter tout le monde.