Après le Crédit Suisse, c’est l’UBS qui fait le ménage dans sa clientèle de frontaliers

Note : je suis allé un peu vite sur cette information qui ne concerne pas les frontaliers salariés (voir ci-dessous). Désolé, j’ai donc rectifié, ce qui explique les modifications dans le texte.

Les clients frontaliers de la banque UBS ont reçu il y a quelques jours un document leur annonçant un supplément additionnel de 30 francs suisses par mois à partir du 1er avril 2011 pour tous les client qui possèdent moins de 50 000 francs suisses dans l’établissement bancaire.  Par contre, les clients qui ont au moins 500 francs suisses de rentrée d’argent par mois ne sont pas concernés : les salariés ne sont donc, pour la plupart, pas touchés par cette augmentation de tarif.

Cette annonce ressemble à celle faite l’été dernier par le Crédit Suisse, annonce qui visait également les clients frontaliers, à cette différence que les clients frontaliers salariés qui sont clients de l’UBS ne sont pas visés par cette mesure.

La complexité des relations avec les clients domiciliés à l’étranger comme justification de la hausse

Le courrier de l’UBS, pour justifier cette augmentation de tarif, met en avant la complexité de la relation avec les clients domiciliés à l’étranger. Soit, je ne commenterai pas, mais il est vrai que depuis la fin du secret bancaire, et suite aux nombreuses affaires (notamment avec les Etats-Unis) où les grandes banques ont été « épinglées », les banques suisses sont de plus en plus frileuses avec les clients étrangers et frontaliers.

Rappelons enfin que du point de vue de certaines banques suisses, un client frontalier représente un intérêt limité pour les établissements bancaires qui ne proposent pas d’offres spécifiques pour frontaliers, puisque dans la plupart des cas, les clients frontaliers retirent la majeure partie de leur salaire ou le transfèrent sur un compte en France pour pouvoir convertir les francs suisses en euros. Globalement, l’argent ne fait donc que passer sur le compte en Suisse. Seulement, la plupart des employeurs ne vous verseront votre salaire que sur le compte d’une banque en Suisse…

Il existe quelques offres bancaires spécifiques pour les frontaliers, en Suisse et en France

Si vous êtes client de l’UBS et en activité, vous n’avez pas de souci à vous faire ni démarche particulière puisque rien ne changera pour vous. Cependant, comme je vous l’expliquais cet été, il existe des solutions spécifiquement adaptées aux problématiques des frontaliers, tant en Suisse (Crédit Agricole Financements) qu’en France (Crédit Mutuel, Banque Laydernier…). Ces solutions vous éviteront pas mal de souci, vous faciliteront la vie et devraient vous faire économiser un peu d’argent.

Pour en savoir plus, je vous laisse jeter un oeil sur les offres bancaires pour les frontaliers sur notre site Travailler-en-Suisse.ch. Vous pouvez également consulter mon livre Travailler et vivre en Suisse dans lequel vous trouverez un chapitre complet sur ce sujet.

(Un grand merci à Thibaut pour l’info)

Et vous, que pensez-vous de ce courrier ?

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Le Crédit Suisse veut faire le ménage dans sa clientèle étrangère

© iStockphoto

Le Crédit Suisse a envoyé il y a quelques jours un courrier à ses clients résidant hors de Suisse et détenteurs d’un compte ayant moins d’un million de francs.

Ce courrier  annonçait simplement que la tenue du compte  serait désormais facturée 40 francs suisses par mois. Un message plutôt clair visant à « sélectionner » sa clientèle et à inciter certains clients à fermer leur compte. Et qui a provoqué la colère du Groupement transfrontalier européen.

Des méthodes d’épuration de la clientèle bancaire qui ne sont pas nouvelles

La méthode n’est pas nouvelle, et l’UBS avait en son temps fait la même chose (mais un peu plus finement). Ce qui choque ici, c’est la manière. Même si les étrangers ne sont pas explicitement visés (après tout, il y a pas mal de Suisses qui sont frontaliers et détenteurs d’un compte au Crédit Suisse), ce sont avant tout eux, et particulièrement les frontaliers, qui feront les frais de cette décision.

Des clients étrangers qui coûtent chers aux établissements suisses

Le Crédit Suisse et l’UBS sont des banques qui se positionnent sur le haut de gamme, et pour ces établissements, la gestion de « petits » comptes (c’est à dire le compte de la plupart des personnes) est souvent synonyme de chronophagie et de rentabilité réduite.

Et puis pour être resté en contact avec le « milieu », je peux vous assurer que beaucoup d’établissements financiers suisses se sont aussi demandés s’il ne serait pas préférables de fermer les comptes des étrangers, et particulièrement au pire de la période Falciani, pour éviter pas mal de problèmes.

Vers quelle(s) banque(s) se tourner quand on est frontalier ?

Les frontaliers qui sont touchés par cette lettre sont en général détenteurs d’un compte suisse qui ne sert qu’à déposer leur salaire, celui-ci étant ensuite retiré ou viré sur un compte français (ce qui, au passage, explique aussi la position du Crédit Suisse, car le compte suisse ne fonctionne pour ainsi dire pas, et la banque ne peut tirer que de faibles bénéfices de ce mode de fonctionnement). Voici les différentes possibilités que vous avez en tant que frontalier :

– si vous voulez conserver une banque française et une banque suisse sur lequel votre salaire est viré, vous pouvez chercher un autre établissement financier suisse proposant des tenues de compte peu élevées. Par exemple, la plupart des banques cantonales proposent des frais de tenues de compte réduites ou nulles pour ceux qui décident de gérer leur compte par Internet. Le Crédit Agricole Financements (Suisse) SA propose également des solutions adaptées précisément aux frontaliers. La Raiffeisen ou PostFinance (qui, au passage, n’est pas une banque mais en propose tous les services) sont également de bons candidats.

– vous pouvez opter pour une solution alternative proposées deux banques françaises. Le Crédit Mutuel et le CIC proposent des formules qui permettent d’éviter d’avoir à gérer un compte dans une banque suisse : votre employeur suisse pourra virer votre salaire suisse sur un compte particulier qui sera ensuite automatiquement viré sur votre compte en France, et ce de manière transparente pour l’employeur et pour vous.

Retrouvez plus d’informations sur les comptes bancaires pour les frontaliers sur le site Travailler-en-Suisse.ch. Et j’en profite au passage pour vous indiquer que dans la dernière édition de mon livre « Travailler et vivre en Suisse« , un chapitre plutôt complet se charge de vous expliquer tout ceci.

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Combien gagnent les dirigeants des grandes entreprises suisses ?

Chaque année depuis 4 ans, la fondation Ethos sort une étude sur les rémunérations et salaires des patrons des grandes entreprises suisses (49 plus grandes entreprises cotées  à la bourse suisse).

Le sujet de la rémunération des patrons fait débat en Suisse depuis la débâcle de l’UBS, une initiative populaire contre les rémunération abusives a été déposé en 2008, et le patronat voit d’un mauvais oeil une limitation des salaires (voir ce qu’en pense Peter Brabeck, le Président directeur général de Nestlé en pense)

Je vous propose de vous faire part de quelques résultats de cette étude qui méritent d’être publiés.

Rémunération de la Direction générale et du conseil d’administration en augmentation de plus de 20% en 2009

Les membres de la direction générale des grandes entreprises suisses ont touché en moyenne en moyenne en 2009 une rémunération de  3 millions de francs suisses, et les présidents du conseil d’administration 1,9 millions. Les autres membres du conseil d’administration n’ont pour leur part touché « que » 300 000 francs suisses.

L’augmentation de rémunération entre 2008 et 2009 a été de 21%, tous secteurs confondus. Pour les seuls secteurs de la banque et de l’assurance, l’augmentation a été de 73%. Pas mal pour des sociétés qui ont pour certaines été à l’origine de la crise, et qui ont licencié la même années plusieurs centaines de personnes.

La rémunération des dirigeants des entreprises financières

Si vous travaillez dans une banque ou une compagnie d’assurance cotée à la bourse suisse, voici ce que gagnent en moyenne les big boss :

– présidents sans fonctions opérationnelles : 2 millions de francs suisses (augmentation 2008 / 2009 de +41%)

– autres membres du conseil d’administration : 420 000 francs suisses (+15%)

– Chairman/CEO (1 personne) : 8,7 millions (+39%)

– CEO : 7 millions (+84%)

– Autres membres de la direction générale : 4,3 millions (+67%)

Un bonus 70 millions de francs suisses, ça vous tente ?

Concernant la part de rémunération variable des membres de la direction générale (les bonus), l’étude pointe du doigt le fait que celles-ci sont très élevées, notamment dans le secteur financier où elles représentent en moyenne 80% de la rémunération.

Les plans de participations à long terme, comme les stock options par exemple, apportent, grâce à un effet de levier parfois énorme, des rémunération très importantes aux dirigeants. Par exemple, le CEO de Crédit Suisse, Brady Dougan, a gagné 70 millions grâce à un plan de participation démarré en 2004. Comme ces montant ne concernent pas exactement l’année en question, ils sont en général non communiqués…

Et pour finir au sujet des rémunérations variables, l’étude démontre que dans la plupart des cas, il n’existe pas de lien entre ces rémunérations et les conditions de performances futures.

Des rémunérations des dirigeants qui ne sont pas soumises au vote des actionnaires

Ethos milite depuis plusieurs années pour mettre en place un votre systématique des actionnaires lorsqu’il s’agit de la rémunération des dirigeants des entreprises concernées.

Sur 49 sociétés, seules 21 se soumettent à l’exercice. Quand on regarde le résumé des votes, on constate que les actionnaires sont bien peu regardants : hormis pour l’UBS où 54% des actionnaires étaient contre la rémunération proposées (et pourtant ils avaient toutes les raisons d’être fâchés avec l’UBS), toutes les autres entreprises ont vu la rémunération proposée acceptée en général à plus de 90% (malgré parfois des recommandations négatives d’Ethos, recommandations de principe…).

Je vous laisse consulter l’étude complète d’Ethos sur les rémunérations 2009 des dirigeants des grandes entreprises suisses (pdf)

Que peut-on dire de tout ceci ? Pour ma part, je pense que si quelqu’un fait gagner beaucoup d’argent à une entreprise, ce n’est pas anormal qu’il gagne lui même sa vie (ça compte aussi pour les traders d’ailleurs). Ce qui me gêne, ce sont les conditions d’application des rémunérations : pour faire bref, la situation pour les établissements financiers est visiblement exactement la même qu’avant la crise, tant sur le plan du fonctionnement, que sur le plan des rémunérations. Et comme dit le dicton populaire : « aux mêmes causes, les mêmes effets« …

Autres ressources utiles :

– la page « Salaires en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch,

– l’outil d’estimation de feuilles de salaire et de salaire net sur Expatwire

– l’article « Salaire des managers en Suisse : le cartel des hauts salaires » sur Travailler-en-Suisse.ch

Les banques étrangères lorgnent vers la Suisse

© iStockphoto

Vous cherchez un job dans le secteur bancaire en Suisse, et particulièrement dans la gestion de fortune ? Vous avez raison, c’est un secteur qui recrute pas mal de travailleurs étrangers.

Voici une petite information qui vous aidera peut-être à trouver un emploi dans ce secteur plus facilement, et à vous positionner en amont.

Banques en Suisse : il n’y a pas que l’UBS et le Crédit Suisse

Les banques en Suisse, ce ne sont pas seulement l’UBS ou le Crédit Suisse. Ce sont également les banques étrangères, qui représentent plus de 45% des établissements bancaires.

La grande majorité des banques étrangères implantées en Suisse sont européennes. Depuis quelques mois, des banques extra-communautaires s’intéressent de près à la Suisse, et particulièrement les banques issues du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine (BRIC).

Des opportunités dans la gestion de fortune en Suisse

C’est dans le secteur de la gestion de fortune que ces banques souhaitent se développer sur le territoire helvétique. Donc, si vous êtes un professionnel du secteur, que vous parlez couramment plusieurs langues et qu’une petite aventure en Suisse vous intéresse, regardez du côté de ces banques : la banque brésilienne Itau, et la Bank of China.

Consultez également notre annuaire des principales banques étrangères en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch

source : Swissinfo

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Evasion fiscale : ce que les banques suisses vont perdre

Une étude récente de Kepler Capital Markets à Francfort a évalué les pertes des banques suisses dans les différentes affaires d’évasion fiscale dont le pays a été l’objet ces derniers mois, et notamment dans l’affaire des CD volés contenant le nom de contribuables allemands (Falciani a fait des petits en Allemagne…).

45 à 60 milliards devraient rentrer en Allemagne

Ces derniers auraient ainsi été près de 10 000 à se dénoncer spontanément au fisc allemand. L’étude estime que 45 à 60 milliards de francs suisses pourraient quitter les banques suisses au cours du premier trimestre de l’année 2010. L’UBS et le Crédit Suisse serait concernés à hauteur de 3 à 5 milliards de francs.

Au total, on estime que les clients allemands ont déposé entre 80 et 85 milliards de francs suisses dans les banques suisses, et qu’une grande partie de ce montant devrait quitter le territoire suisse.

Tout n’est pas perdu pour les banques suisses

Mais l’argent n’est pas complètement perdu : lors de l’amnistie fiscale italienne, UBS, Crédit Suisse et Julius Baer ont indiqué avoir récupéré environ 65% des sommes grâce aux filiales qu’ils avaient en Italie, les évadés fiscaux ayant simplement transféré leurs fond de Suisse dans la filiale italienne de leur établissement. Si ce scénario se répète, les banques UBS, Crédit Suisse et Julius Baer ne devraient y perdre « que » 20 milliards de francs suisses.

De l’avoeux même de certains professionnels du secteur : la fête est finie… Du moins celle-ci. Le secteur de la gestion de fortune en Suisse est probablement déjà en train de réfléchir à d’autres modèles, car il semble indéniable qu’il va falloir évoluer sur ce point, notamment pour toute l’activité offshore des particuliers.

Difficile pour les travailleurs étrangers qui veulent travailler dans les banques suisses

Les derniers feedback récupérés du terrain de la recherche d’emploi confirment une tendance qui s’est renforcée depuis l’affaire Falciani : pour un Français ou un étranger qui n’a jamais travaillé en Suisse et qui cherche un job dans une banque suisse en contact avec la clientèle, ce n’est vraiment pas facile en ce moment… Espérons que cela change dans les mois qui viennent.

source : Le Temps et Travailler-en-Suisse.ch

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Bonus dans le secteur bancaire en Suisse : Crédit Suisse mieux qu’UBS

billets-suisses

Triste jour pour les salariés d’UBS : le groupe n’a prévu « que » la modique somme de 3 milliards de francs suisses pour le versement des bonus, ce qui fait, grosso modo, un bonus moyen par employé de 46 000 francs suisses. En comparaisons, le Crédit Suisse fait beaucoup mieux, avec un bonus à 144 000 francs suisses par employé…

Des bonus étalés sur plusieurs années

Pilule d’autant plus difficile à avaler que les sommes ne sont désormais plus versées en cash en une fois, mais réparties sur plusieurs années, et aussi conditionnée à une certaine longévité dans l’entreprise. Dur, dur…

Des bonus très élevés pour les cadres supérieurs

Même les 46 000 francs par employé de l’UBS me semblent corrects, du moins je connais certains employés qui s’en contenteraient. Mais la réalité est un peu différente : cette somme est une bête division entre les 3 milliards et le nombre d’employés.

En réalité, les bonus de ces établissements sont régis par des règles très précises. En gros, plus vous êtes haut dans la hiérarchie, plus votre bonus sera élevé. Et c’est en général exponentiel. Ainsi, en février 2009, un directeur à l’UBS touchait en moyenne une rémunération totale de 650 000 francs bruts annuels, ce qui fait le mois à un peu plus de 31 000 francs, et le bonus à 215 000 euros. Mais ça c’était avant.

Finance et banque en Suisse : un secteur financièrement très intéressant pour les salariés

Moralité : le secteur bancaire en Suisse reste un des secteurs les plus intéressants sur le plan financier, surtout si vous vous faites « bonusser« . Et je sais de quoi je parle : avant de travailler en Suisse, je travaillais en France dans le secteur bancaire, et la comparaison en termes de bonus prête à sourire… Mais chut ne le dites pas trop fort, il ne faudrait pas que tous les banquiers français débarquent en Suisse.

En attendant, vous pouvez aussi consulter la page « Salaires en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch ou cette étude très utile sur les salaires dans la Finance.

Allez sinon chiche : dites-nous combien vous avez (allez) toucher de bonus cette année.

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