Les banques suisses vont-elles interdire à leurs employés d’utiliser les smartphones ?

La banque suisse UBS vient d’être victime d’une situation pour le moins peu commune : l’un de ses employés a livré au fisc allemand 750 noms de fondations et 550 particuliers. Jusque là, vous me direz qu’on a déjà vu par le passé des situations plus ou moins similaires (Falciani avec HSBC par exemple). C’est exact. Ce qui a changé avec cette affaire, c’est la manière dont les données ont été récupérées : l’employé a simplement pris des photos de son écran d’ordinateur avec son téléphone mobile.

Difficile d’empêcher les employés d’utiliser leur smartphone pour prendre des photos

D’après le Tages Anzeiger, qui a révélé l’affaire dans la presse suisse, le fisc allemand aurait même déclaré que les photos étaient d’excellentes qualité… Avec cette affaire, les banques suisses qui font de l’offshore vont devoir revoir leurs règlement interne, car il apparaît ici très clairement à quel point il semble facile de pirater des informations très sensibles. Je pense que depuis quelques années il était très difficile de faire une copie de données clients dans ces banques, mais à présent il semble impossible d’empêcher l’utilisation du smartphone… sauf à l’interdire.

Les clients allemands sont les principaux concernés

Le phénomène touche principalement les données bancaires des clients allemands, car autant le fisc français semble se refuser à acheter de telles données, autant le fisc allemand lui rentre en matière. Par exemple, cet été, les banques suisses ont été victimes à plusieurs reprises de vol de données, achetées notamment par le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. L’une des transactions se serait élevée à 9 millions d’euros.

La vente de données bancaire : un business en Allemagne

Ces ventes très particulières sont un véritable business : les autorités allemandes (plus précisément les Land) font une estimation de la valeur des données sur la base d’un échantillon fourni par « l’informateur ». A partir des informations qui s’y trouve, le fisc calcule ce qu’il serait en mesure de récupérer dans le cadre d’un redressement fiscal, et fait une extrapolation sur l’ensemble des autres données pour  proposer un prix. Bref, tout ceci cause bien sûr problème aux banques, mais également aux autorités suisses et allemandes qui tentent depuis plusieurs mois de trouver un accord via Rubik.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Après le Crédit Suisse, c’est l’UBS qui fait le ménage dans sa clientèle de frontaliers

Note : je suis allé un peu vite sur cette information qui ne concerne pas les frontaliers salariés (voir ci-dessous). Désolé, j’ai donc rectifié, ce qui explique les modifications dans le texte.

Les clients frontaliers de la banque UBS ont reçu il y a quelques jours un document leur annonçant un supplément additionnel de 30 francs suisses par mois à partir du 1er avril 2011 pour tous les client qui possèdent moins de 50 000 francs suisses dans l’établissement bancaire.  Par contre, les clients qui ont au moins 500 francs suisses de rentrée d’argent par mois ne sont pas concernés : les salariés ne sont donc, pour la plupart, pas touchés par cette augmentation de tarif.

Cette annonce ressemble à celle faite l’été dernier par le Crédit Suisse, annonce qui visait également les clients frontaliers, à cette différence que les clients frontaliers salariés qui sont clients de l’UBS ne sont pas visés par cette mesure.

La complexité des relations avec les clients domiciliés à l’étranger comme justification de la hausse

Le courrier de l’UBS, pour justifier cette augmentation de tarif, met en avant la complexité de la relation avec les clients domiciliés à l’étranger. Soit, je ne commenterai pas, mais il est vrai que depuis la fin du secret bancaire, et suite aux nombreuses affaires (notamment avec les Etats-Unis) où les grandes banques ont été « épinglées », les banques suisses sont de plus en plus frileuses avec les clients étrangers et frontaliers.

Rappelons enfin que du point de vue de certaines banques suisses, un client frontalier représente un intérêt limité pour les établissements bancaires qui ne proposent pas d’offres spécifiques pour frontaliers, puisque dans la plupart des cas, les clients frontaliers retirent la majeure partie de leur salaire ou le transfèrent sur un compte en France pour pouvoir convertir les francs suisses en euros. Globalement, l’argent ne fait donc que passer sur le compte en Suisse. Seulement, la plupart des employeurs ne vous verseront votre salaire que sur le compte d’une banque en Suisse…

Il existe quelques offres bancaires spécifiques pour les frontaliers, en Suisse et en France

Si vous êtes client de l’UBS et en activité, vous n’avez pas de souci à vous faire ni démarche particulière puisque rien ne changera pour vous. Cependant, comme je vous l’expliquais cet été, il existe des solutions spécifiquement adaptées aux problématiques des frontaliers, tant en Suisse (Crédit Agricole Financements) qu’en France (Crédit Mutuel, Banque Laydernier…). Ces solutions vous éviteront pas mal de souci, vous faciliteront la vie et devraient vous faire économiser un peu d’argent.

Pour en savoir plus, je vous laisse jeter un oeil sur les offres bancaires pour les frontaliers sur notre site Travailler-en-Suisse.ch. Vous pouvez également consulter mon livre Travailler et vivre en Suisse dans lequel vous trouverez un chapitre complet sur ce sujet.

(Un grand merci à Thibaut pour l’info)

Et vous, que pensez-vous de ce courrier ?

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Les solutions pour transférer son argent de Suisse vers l’étranger

En tant que travailleur étranger en Suisse, vous aurez parfois – ou souvent – la nécessité de faire des virements étrangers, sur un compte bancaire que vous avez conservé dans votre pays d’origine ou plus simplement de faire transiter de l’argent à une tierce personne (je ne parle pas ici du cas des travailleurs frontaliers, qui est particulier, je vous invite plutôt à consulter la page concernant les banques pour les frontaliers en Suisse ou mieux le chapitre complet qui est dédié à ce sujet dans mon livre Travailler et vivre en Suisse).

Plusieurs services de transfert d’argent différents, avec des variations de coûts significatives

Que ce soit occasionnellement, pour l’achat d’un bien immobilier en France par exemple, ou régulièrement, par exemple pour le versement d’une pension à votre enfant qui fait des études à l’étranger, l’étude des différents moyens de virer des fonds peut être utile, et surtout vous faire économiser pas mal d’argent.

J’ai retenu 4 grandes familles de solutions, dont voici, brièvement, les avantages et inconvénients :

- Virement international à partir d’une banque Suisse (ou PostFinance) : c’est la solution qui me paraît la plus adaptée, encore faut-il que les frais soient réduits. En général, les banques suisses proposent des tarifs préférentiels lorsque ces virements sont via internet par le service d’Internet banking. Préférez également les banques qui proposent les virements dans le cadre du SEPA (programme d’harmonisation des paiements dans le cadre des virements internationaux entre les pays d’Europe, voir la page « Banque en Suisse pour les expatriés » pour plus d’informations).

- Les entreprises spécialisés dans les virements internationaux de fonds (comme Western Union Suisse par exemple) : avec ces services, le bénéficiaire n’a pas l’obligation d’avoir un compte. Cependant, les délais de transfert peuvent être assez longs, et le coût non négligeable suivant le pays et la somme (la commission est fonction de la somme transférée). Les frais de change sont cachent parfois des abus, car ils sont prohibitifs et en dehors du marché. Quelques liens utiles : www.westernunion.ch, www.moneygram.com, le service « Cash international » de PostFinance.

- Les systèmes spécialisés de paiement sur Internet (www.moneybookers.ch, www.ikobo.com) : ces services de transfert virtuel d’argent sont en général très honéreux. Certains proposent des services utiles d’envoi de cartes au bénéficiaire, qui s’en sert ensuite dans un distributeur automatique de billet pour retirer les fonds. Ce n’est pas spécialement ma solution préférée.

Le transfert d’argent physique entre la Suisse et la France : à éviter

Je ne mentionnerai pas l’absurdité absolue qui consiste à passer physiquement des sommes d’argent importantes : déjà parce que les services de douane fixent le montant maximum de devises que vous pouvez sortir, et aussi et surtout pour le risque que cela représente. J’entends encore de très nombreuses personnes qui utilisent ce moyen pour passer de l’argent.

Si vous voulez plus d’informations, je vous invite à consulter l’excellente brochure éditée par la département fédéral de l’Economie, « Les transferts d’argent à l’étranger » (brochure en pdf disponible en plusieurs langues), ou à consulter le chapitre que j’ai dédié à ce sujet dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

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Le Crédit Suisse veut faire le ménage dans sa clientèle étrangère

© iStockphoto

Le Crédit Suisse a envoyé il y a quelques jours un courrier à ses clients résidant hors de Suisse et détenteurs d’un compte ayant moins d’un million de francs.

Ce courrier  annonçait simplement que la tenue du compte  serait désormais facturée 40 francs suisses par mois. Un message plutôt clair visant à « sélectionner » sa clientèle et à inciter certains clients à fermer leur compte. Et qui a provoqué la colère du Groupement transfrontalier européen.

Des méthodes d’épuration de la clientèle bancaire qui ne sont pas nouvelles

La méthode n’est pas nouvelle, et l’UBS avait en son temps fait la même chose (mais un peu plus finement). Ce qui choque ici, c’est la manière. Même si les étrangers ne sont pas explicitement visés (après tout, il y a pas mal de Suisses qui sont frontaliers et détenteurs d’un compte au Crédit Suisse), ce sont avant tout eux, et particulièrement les frontaliers, qui feront les frais de cette décision.

Des clients étrangers qui coûtent chers aux établissements suisses

Le Crédit Suisse et l’UBS sont des banques qui se positionnent sur le haut de gamme, et pour ces établissements, la gestion de « petits » comptes (c’est à dire le compte de la plupart des personnes) est souvent synonyme de chronophagie et de rentabilité réduite.

Et puis pour être resté en contact avec le « milieu », je peux vous assurer que beaucoup d’établissements financiers suisses se sont aussi demandés s’il ne serait pas préférables de fermer les comptes des étrangers, et particulièrement au pire de la période Falciani, pour éviter pas mal de problèmes.

Vers quelle(s) banque(s) se tourner quand on est frontalier ?

Les frontaliers qui sont touchés par cette lettre sont en général détenteurs d’un compte suisse qui ne sert qu’à déposer leur salaire, celui-ci étant ensuite retiré ou viré sur un compte français (ce qui, au passage, explique aussi la position du Crédit Suisse, car le compte suisse ne fonctionne pour ainsi dire pas, et la banque ne peut tirer que de faibles bénéfices de ce mode de fonctionnement). Voici les différentes possibilités que vous avez en tant que frontalier :

- si vous voulez conserver une banque française et une banque suisse sur lequel votre salaire est viré, vous pouvez chercher un autre établissement financier suisse proposant des tenues de compte peu élevées. Par exemple, la plupart des banques cantonales proposent des frais de tenues de compte réduites ou nulles pour ceux qui décident de gérer leur compte par Internet. Le Crédit Agricole Financements (Suisse) SA propose également des solutions adaptées précisément aux frontaliers. La Raiffeisen ou PostFinance (qui, au passage, n’est pas une banque mais en propose tous les services) sont également de bons candidats.

- vous pouvez opter pour une solution alternative proposées deux banques françaises. Le Crédit Mutuel et le CIC proposent des formules qui permettent d’éviter d’avoir à gérer un compte dans une banque suisse : votre employeur suisse pourra virer votre salaire suisse sur un compte particulier qui sera ensuite automatiquement viré sur votre compte en France, et ce de manière transparente pour l’employeur et pour vous.

Retrouvez plus d’informations sur les comptes bancaires pour les frontaliers sur le site Travailler-en-Suisse.ch. Et j’en profite au passage pour vous indiquer que dans la dernière édition de mon livre « Travailler et vivre en Suisse« , un chapitre plutôt complet se charge de vous expliquer tout ceci.

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Les banques étrangères lorgnent vers la Suisse

© iStockphoto

Vous cherchez un job dans le secteur bancaire en Suisse, et particulièrement dans la gestion de fortune ? Vous avez raison, c’est un secteur qui recrute pas mal de travailleurs étrangers.

Voici une petite information qui vous aidera peut-être à trouver un emploi dans ce secteur plus facilement, et à vous positionner en amont.

Banques en Suisse : il n’y a pas que l’UBS et le Crédit Suisse

Les banques en Suisse, ce ne sont pas seulement l’UBS ou le Crédit Suisse. Ce sont également les banques étrangères, qui représentent plus de 45% des établissements bancaires.

La grande majorité des banques étrangères implantées en Suisse sont européennes. Depuis quelques mois, des banques extra-communautaires s’intéressent de près à la Suisse, et particulièrement les banques issues du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine (BRIC).

Des opportunités dans la gestion de fortune en Suisse

C’est dans le secteur de la gestion de fortune que ces banques souhaitent se développer sur le territoire helvétique. Donc, si vous êtes un professionnel du secteur, que vous parlez couramment plusieurs langues et qu’une petite aventure en Suisse vous intéresse, regardez du côté de ces banques : la banque brésilienne Itau, et la Bank of China.

Consultez également notre annuaire des principales banques étrangères en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch

source : Swissinfo

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Crise en Grèce : les banques suisses 20 fois moins exposées que les françaises

s-and-pStandard & Poor’s ayant annoncé, en gros, que la Grèce n’était pas capable de rembourser ses emprunts, il est fort probable que le pays devra négocier sa dette avec ses débiteurs pour se sortir de cette spirale et pouvoir emprunter de nouveau à des taux corrects.

Le secteur de la Finance européenne va probablement tirer la langue, et les principaux titres des sociétés financières  sont déjà mis sous pression en bourse.

La Suisse, comme souvent un peu au milieu sans être totalement concernée, compte comme tous les pays ses futurs cadavres, et observe le spectacle de la difficile cohésion de l’Union européenne.

Une délocalisation de Genève au Luxembourg qui a porté chance à la Suisse

La Suisse a eu beaucoup de chance : l’an passé encore, le pays était exposé à hauteur de 64 milliards de dollars, mais la holding grecque EFG international, fortement exposée, a déménagé l’an passé de Genève au Luxembourg, ce qui ramène la créance du pays à 3,6 milliards de dollars (3,2 milliards de francs suisses environ)… Pour comparaison, les banques françaises sont pour leur part plus de 20 fois plus exposées, avec un montant des prêts qui s’élève à 75 milliards de francs suisses, et l’Allemagne 45.

Les eurosceptiques suisses ne vont pas être rassurés par cette affaire

Mais derrière toute cette affaire bien triste pour les pays de l’Union européenne, c’est la cohésion même de la zone euro qui est remise en question : il y a quelques mois, en refusant de soutenir « moralement » la Grèce, l’Allemagne a contribué à la dégradation de la situation de la Grèce. Probablement parce que la Grèce, pour adhérer à l’Union européenne, avait à l’époque menti sur les chiffres afin de rendre sa situation économique compatible avec l’adhésion… Et si aujourd’hui les pays de l’Union européenne n’arrivent toujours pas à s’entendre, cela risque d’entraîner plusieurs pays de l’UE dans le chaos économique et de remettre en cause l’euro.

L’agence américaine S&P est-elle totalement neutre ?

Et d’ailleurs, on peut également s’interroger sur la neutralité des agences de notation comme Standard & Poor’s : elles sont toutes américaines, et comme on sait bien que l’Euro concurrence le dollar pour les échanges internationaux, je ne peux m’empêcher de penser que la subite sortie de ces agences de notation, alors que les pays de l’Union européenne s’étaient entendu, n’est pas complètement innocente.

Bon, je déborde un peu du sujet, mais je trouvais intéressant d’en parler. Quoi qu’il en soit, les eurosceptiques en Suisse doivent voir tout ceci d’un très mauvais oeil.

Et vous, que pensez-vous de cette affaire ?

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