Récemment, j’ai pu constater que les offres d’emploi sur LinkedIn se multipliaient de manière importante. Dans certains cas, l’offre est même exclusive, c’est-à-dire que vous ne pouvez la trouver que sur LinkedIn (c’est le cas par exemple de cette offre d’emploi à Genève pour un poste de Country manager que j’ai relayée sur le site Travailler-en-Suisse.ch).
Alors où le problème me direz-vous ? Attendez la suite. J’ai reçu il y a quelques jours une demande spontanée de mise en relation d’une jeune diplômée d’une école de commerce en France, demandes que j’accepte en général. Cette jeune femme m’a, trois jours plus tard, simplement demandé, toujours via LinkedIn, de l’appuyer pour une candidature sur le réseau pour un poste en Suisse.
C’est à ce moment précis que la consternation me prend : comment voulez-vous que quelqu’un de sensé appuie la candidature d’une personne qu’elle ne connait pas ?
De deux choses l’une : soit cette jeune femme est complètement à côté de la plaque, soit elle me prend pour un imbécile. Dans les deux cas, autant dire qu’elle a grillé ses cartouches, du moins en ce qui me concerne.
J’en reviens donc à un des fondamentaux des réseaux sociaux : pour des mises en relation, utilisez vos réseaux virtuels de la même manière que votre réseau « physique », c’est-à-dire ne demandez de recommandation qu’aux personnes qui vous connaissent bien et qui ont travaillé avec vous.
Et vous ? Avez-vous expérimenté ce type de recommandation ?
Bonjour,
Je ne serai pas aussi radical(e) que vous ds votre jugement. Si les réseaux sociaux ne doivent que « doubler » la réalité, cad ne pas la précéder, alors à quoi servent-ils…?
Soit David Talermann a pris la grosse tête, soit il en déduit des choses sur les outils qui ne st que ds la lignée de son mode de jugement personnel. Ce n’est pas forcément à généraliser aussi durement.
Voilà.
La crise et l’aspect networking des suisses nous oblige aussi à faire feu de tt bois pr ouvrir des pistes de recrutement. Il est bien beau de parler de l’oeuf ou de la poule, mais vous qui normalement connaissez bien le fait d’être totalement nouveau comme expatrié ds un territoire devriez vous souvenir de ce que c’est que justement de ne pas avoir ce réseau suisse de soutien aux étrangers, qui vous aide et vous intègre pas à pas. C’est donc que vous êtes déjà plus qu’intégré…quasi sur votre quant à vous. Cette diplômée ne vous prends pas pr un imbécile, elle doit sans doute penser que vous êtes justement apte à l’aider, à l’orienter et à la tuyauter. Ce n’est pas un monde que de lui répondre gentiment et avec générosité non?
C’est ce que les gens qui managent des réseaux d’expats font ts les jours ac les new comers….
Cordialement vôtre.
Karine D.
@karine
Nous ne parlons pas de la même chose. Je ne suis pas contre le soutien des expats, en gros c’est ce que je fais au quotidien.
Le problème dans votre raisonnement, c’est que précisément il ne tient pas compte d’un aspect : il existe des règles . Et si vous voulez « jouer », il faut savoir s’adapter aux règles. C’est un peu le syndrome de l’expat qui débarque dans un pays et qui ne comprend pas pourquoi les gens agissent comme ceci (alors que dans son pays on agit différemment), ou qui s’étonne parce que les gens disent cela (alors que dans son pays c’est différent)…
Je n’ai à imposer mon point de vue à personne, étant donné qu’il s’agit d’un conseil. En étant l’auteur d’un livre qui traite notamment de ce sujet, et pour m’être « un peu » penché sur la question des techniques de réseautage sur le net, je peux vous garantir qu’utiliser la méthode que je dénonce, que ce soit en Suisse ou ailleurs, ne vous mènera nulle part. Comment porter du crédit à ce type de démarche si, sans le savoir, vous recommander un tocard ?
Pour la petite histoire, j’ai répondu à cette jeune diplômée, un peu sèchement, et lui ai dit ce que je pensais de sa démarche que je trouve au demeurant complètement déplacée. Ma réponse était aussi une mise en garde pour la suite, j’aurais pu me taire, cela n’aurait rien changé à ma condition. Je pense qu’elle n’a pas acceptée la remarque. Personnellement, lorsque je ne maîtrise pas un sujet, j’accepte d’apprendre de mes erreurs, même si cela n’est pas agréable.
@david,
Je ne suis pas d’accord avec vous, et vais vous dire pourquoi.
Toit d’abord les réseaux sociaux ne sont pas des assessment centers, on n’y fait pas la preuve de ses talents ou de ses compétences, avec ou sans recommandations, on y relate un parcours affiché, on y retrouve d’anciens collègues, qui peuvent témoigner pour vous en fonction de leur sympathie pour vous et de leur estime pour ce qu’ils ont à un moment donné, dans un contexte donné seulement, sur un sujet précis, voir de vos actions et de vos comportements, voire de votre personne.
Mais avoir fait affaire pour un travail et le faire pour un autre totalement ailleurs, dans une autre structure peut générer de gros écarts. Vous le disiez. des recommandations doivent rester des indices. Pas des preuves. Et on ne condamne pas un dossier sans preuves dans les principes de jugement.
La suisse d’une certaine manière instaure avec les certificats en fin de contrat un système de « reporting » sur un salarié qui le suit dans le temps, et donc à l’embauche consulte les papiers de son système.
Cela n’existe pas en France, si je ne m’abuse aussi concrètement. Cela ne fait pas partie de nos règles, un peu en coutume au travers de lettres de recommandations personnelles, qu’il nous faut rassembler pour faire figure au sein des embauches suisses.
Mais alors que font les jeunes qui ont un parcours peu étendu, peu de recours pour les soutenir sous cette forme? Leurs réussites académiques sont des indicateurs crédibles.
Vous serez d’accord pour dire que la Suisse licencie bien plus facilement selon ses règles qu’en France, elle a donc peu de risques liés à une embauche chez elle, dans le temps, moindres qu’en France en tout cas, et sous cet angle, les périodes d’essai existent ds les deux pays pour interrompre les mauvais départs.
Alors, voilà pourquoi je trouve que vous êtes sévère, parce que cette fille n’a pas grillé ses cartouches avec vous, puisque de toute façon elle ne vous « ciblait » pas, elle vous sollicitait, pour mentalement ne pas prendre le risque d’être écartée de la course avant le départ, parce qu’elle n’avait pas les bonnes marques de chaussures qui auraient dû être home made, selon les « règles ».
Proposer des avis et des recommandations de français d’anciens collègues l’aiderait-elle franchement à rester inscrite dans cette course? Comment empêcher les employeurs locaux de penser que leurs avis ne valent pas les leurs? N’est-ce pas cela le souci qui aurait valu que vous proposiez à cette jeune fille de la recevoir et de la rencontrer pour tenter de vous faire une opinion sur elle tout de même en lui donnant quand même ces bons conseils de recos en amont?
Avoir pensé comme cette jeune fille, face à des règles qui ne sont pas les nôtres culturellement et qui nous paraissent exagérées de notre point de vue, qu’ un soutien connu localement lui aurait sans doute permis d’être quand même accès au départ n’est pas vous prendre pour un imbécile, c’est être logique dans sa motivation et tenter de contourner des barrières à l’entrée comme elle le peut.
Vous me direz on ne peut pas changer les règles, ni le système, certes, mais admettre que le concours n’est pas le même pour tout le monde, et que les suisses et les français ne partent pas égaux en matière de recrutement, sur une matière qui reste « culturelle » à savoir : nous n’avons pas de certificats à fournir, comment allons nous parvenir à travailler ensemble, et sommes nous capables de le faire, sans excerber l’excuse de nos différences nationales à chaque heurt?
Si au départ nous ne voyons pas le problème, en tant qu’expatrié, il n’est pas rare que les autres vous fassent vite sentir qu’il peut y en avoir, ou pas, mais vous n’êtes jamais retenu magré votre « excellent » dossier, c’est comme cela, surtout si vous prétendez à des égalités de traitement pour des compétences qui le seraient..
Bref, c’est tout l’enjeu et la difficulté de l’intégration de l’autre.
Dans le cas présent, je vous rassure, c’était une société dirigée par des personnes franco-suisses, une discrimination était peu probable dans son cas pour une histoire de nationalité.
Intégrer est aussi un grand mot. Il sous-entend une égalité de niveaux de vie et pas une série de mauvais traitements ou d’arnaques.
Nous n’avons pas de leçons à donner aux Suisses en la matière.
Mais je peux comprendre que cette jeune fille ait argué à l’étranger d’une solidarité de « culture » pour que vous l’aidiez à rééquilibrer un peu ces chances d’être juste au départ de la course, sans en avoir ensuite fini avec les obstacles de son parcours.
Il en est ainsi dans tous les pays, pour tous les groupes de culture commune.
Je souhaite vous rappeller qu’en tant que responsable d’un réseau de diplômé, ayant demandé pour mon diplôme français quelles en étaient les équivalences en terme de grade en suisse à l’eric naric, l’organisme compétent en la matière qui délivre les équivalences après tests, on m’a répondu que les employeurs seuls, dans le domaine de la gestion d’entreprises et des ressources humaines, devaient se faire une opinion de votre formation. J’ai été choquée : à quoi sert cet organisme s’il ne fait pas le travail transnational d’ouverture des formations, pour lequel il est censé exister?
Je vous transmets ces mails sur demande, si vous le souhaitez.
Paris a contrario ne fait pas ces réponses évasives sur les diplômes suisses, il réponds et fournit les formations jugées de même niveau en France aux étudiants suisses afin qu’ils l’inscrivent sur leur cv ds leurs démarches de recherche d’emploi afin que cela parle aux employeurs.
Les discriminations qui opèrent a priori, en raison de votre nationalité (comme selon votre sexe, votre religion ou votre couleur de peau) ne sont pas des pratiques qu’un humain peut subir durablement, sans en souffrir, même s’il est de très bonne volonté.
J’ai de nombreux amis suisses, avec qui je n’ai pas travaillé par contre, encore, parce que je suis ouverte, et tolérante, et bien élevée, je comprends qu’ils ne veuillent pas être envahis d’étrangers, s’ils ne s’entendent pas avec eux, mais ne dit-on pas il n’y a pire sourd que celui ne veut pas entendre?
Je ne pense pas que vous ayiez suffisamment écouté cette jeune fille, vous vouliez d’abord lui imposer votre point de vue, elle n’a pas pu vous répondre comme je le fais ici.
Et moi non plus vous ne m’avez pas entendue..
Moi, vous ai-je bien entendu, bien que je ne sois pas d’accord et comme le disait Mirabeau, » je ne suis pas de votre avis, néanmoins, je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez me l’exprimer « ?
Respectueusement,
@Karine : Eh bien ! Ça c’est un commentaire !
Tout d’abord, il est effectivement très juste que locaux (Suisses et étrangers vivant déjà sur place) et étrangers n’ayant jamais travaillé en Suisse n’ont pas les mêmes chances, et c’est normal. Et une grande partie de mon travail tourne justement autour de ce point précis : donner des indications et de l’aide à ces étrangers, pour minimiser la perception de cette différence culturelle par les recruteurs. Je connais donc très bien la problématique.
Concernant l’approche de cette jeune fille, mon verdict ne change pas : elle avait potentiellement toutes les cartes en main pour se donner les meilleures chances, mais c’est précisément l’utilisation de ses cartes qui l’a desservie. Certes, j’ai été un peu dur, et il faut comprendre que ma nature étant d’aider et pas de « descendre », cela ne me plait pas.
Je sais à quel point il est difficile pour les jeunes diplômés de trouver un job. Mais cela ne les affranchit pas pour autant d’un certain nombre de règles élémentaires, que cette candidate n’a pas respecté. Elle a dépassé la ligne blanche du Web, des fois ça passe, des fois pas.
Je suis énormément sollicités sur les réseaux sociaux et commence à posséder un bon échantillon des différentes approches. Il y a de tout, et cet exemple est probablement le pire que j’aie rencontré. Je pense très sincèrement lui avoir rendu service, pour qu’elle ne fasse pas la même erreur. Si elle nous lit (quelque chose me dit que vous la connaissez bien) je suis même prêt à lui donner quelques conseils pour faire mieux la prochaine fois, en utilisant la même approche.
Sinon la jeune fille pouvait tout à fait répondre et se défendre, et dire que je voulais lui imposer mon point de vue n’est pas exact : j’ai réagi à une situation. Et il faut aussi être conscient d’une chose : on peut utiliser différents outils, être créatifs, mais on n’impose pas les règles du jeu comme cela.
Pour finir et apporter quelque chose à ceux qui liraient ce commentaire : le réseautage, qu’il soit virtuel ou physique, passe avant tout par une valeur primordiale : donner sans penser à recevoir. Dans le cas de cette jeune fille, ce n’est pas du réseautage qu’il aurait fallu faire, il aurait fallu plus simplement m’aborder frontalement en disant : voilà le problème que j’ai, on ne se connait pas, je veux travailler dans cette boîte, je sais que vous connaissez le dirigeant, qu’est-ce que vous me conseillez de faire ? Je n’aurai pas passé 10 heures, mais j’aurais essayé de l’aider, lui donner quelques pistes etc… La transparence est toujours payante. Voilà pour ce soir !
Voilà l’explication qui manquait, cette jeune personne avait vu que vous connaissiez la recruteuse, et qu’il fallait des recommandations clairement demandées.
Tenter le coup n’était pas illogique, vous lui aviez donné les clés.
Et ne faut-il pas du culot en situations professionnelles comme le poste de country manager l’exige certainement ?
Mr de la Rochefoucauld ne semble pas détester lui, cette qualité. Nous nous sommes rencontrés ainsi..lol )
Demandez-lui lol°
A tt bientôt
Recrutement : tendances nouvelles et… erreurs classiques
Publié par David • septembre 17th, 2009 • Version imprimable
Sandrine Szabo, la charismatique fondatrice du site profession-web et spécialiste du recrutement et des nouvelles technologie m’a envoyé un billet retraçant son expérience personnelle pour le recrutement d’un candidat.
Elle a pu expérimenter la profondeur des lacunes de certains candidats, et les erreurs qu’ils peuvent commettre dans un processus de recrutement. Comme elle en parle beaucoup mieux que moi, et avec plusieurs exemple, je vous laisse consulter son billet intitulé : « Comment faire bonne impression quand on recherche un emploi« . On peut constater que nouvelles technologies ou pas, les erreurs sont souvent les mêmes depuis des années.
Et comme pour se faire pardonner d’avoir été si dure – mais juste – dans son jugement, elle me transmets aussi une offre d’emploi, visible sur LinkedIn uniquement, pour un poste de Country Manager Switzerland chez iTaste. Tendance intéressante, on peut lire sur la page que les candidats qui ont des recommandations seront privilégiés (les recommandations sur LinkedIn sont les commentaires professionnels que vous faites aux membres de votre réseau).
@Karine : oui, bien sûr qu’il faut tenter le coup, mais pas comme cela ! Personnellement, je ne recommande sur Viadeo, Linked ou Xing que des personnes que je connais, avec qui j’ai travaillé etc… Elle aurait peut-être dû prendre contact avec moi et me demander conseil, j’aurai probablement fait quelque chose pour l’aider.