Avec l’élection aujourd’hui de la bernoise Simonetta Sommaruga au Conseil fédéral, le gouvernement suisse compte désormais plus de femmes que d’hommes, ce qui est une première en Suisse. La socialiste a été rejointe par le radical-libéral Johann Schneider-Ammann, lui aussi du canton de Berne.
Qui comprend la « formule magique » comprend la Suisse
Je serai toujours aussi étonné par la fameuse « formule magique » du Conseil fédéral, formule qui consiste à choisir des conseillers fédéraux en tenant compte de l’équilibre entre la Suisse romande et alémanique, les partis politiques etc… Je peux affirmer d’ailleurs sans peine qu’un étranger qui comprend le fonctionnement de la formule magique peut définitivement se considérer comme intégré en Suisse.
Pas de tête qui dépasse dans le gouvernement, et un seul mot d’ordre : consensus
Les élections sont, suivant les années, plus ou moins « difficiles ». En 2007, le candidat de l’UDC Christoph Blocher avait été écarté du vote des parlementaires (fait rare dans l’histoire du Conseil fédéral), probablement à cause d’un culte de la personnalité trop fort qui mettait la notion fondatrice de consensus. Car contrairement à la France, la Suisse n’aime pas les têtes qui dépassent, y compris dans son système politique et exécutif. D’ailleurs, Dans le livre « L’histoire suisse en un clin d’oeil » dont je recommande vivement la lecture, l’auteur Joel Kuntz, écrit que la Suisse est un pays qui s’administre mais ne se dirige pas. D’ailleurs, elle fait également remarquer que les conseillers fédéraux sont là, comme leur nom l’indique, pour conseiller…
Enfin, c’est Micheline Calmy-Rey qui sera, en 2010, élue présidente de la Confédération.
Le Conseil fédéral est une véritable institution en Suisse, bien que son fonctionnement ait été, ces derniers mois, et particulièrement en 2009, violemment critiqué et remis en question.
Non ! Ce n’est pas du tout rassurant d’être dirigé par des femmes ! Les Suissesses l’avaient d’ailleurs fort bien compris, qui avaient formé un groupe militant contre le vote féminin quand il fut proposé au peuple…
Voyez la catastrophe que constitue la magistrature française, désormais largement voire majoritairement féminine, et qui prononce des peines scandaleusement faibles à l’encontre des délinquants et des criminels.
La femme au pouvoir oscillera toujours entre la mansuétude maternelle mal placée (justice, école) et la mesquinerie vacharde et revancharde (contre les hommes et contre les femmes).
Ce n’est pas parce qu’il y a des exceptions qu’il faut en faire une règle.
@Robert : c’est un point de vue qui ne va pas ravir les lectrices de ce blog !
Vous oubliez que le Conseil Fédéral est (je voudrais dire malheureusement) élu par le parlement (mais l’élection par le peuple serait extrêmement plus complexe que dans tous les autres pays du monde.
Christoph Blocher a été éjecté du Conseil Fédéral pour des raisons purement politiciennes. A la place, a été élue Mme Widmer Schlumpf (qui est, excusez-moi, l’une des responsables de la disparition du Secret Bancaire). Certes elle a été exclue de l’UDC (ainsi que sa section grisonne, mais c’était pour d’autres raisons).
Je n’entrerai pas dans le détail, ceci dit, le CF est devenu très européiste depuis quelques années (notamment à cause de cette coalition gauche-centre droit qui a mis au pouvoir Eveline Widmer Schlumpf).
Effectivement, sauf qu’aujourd’hui j’avoue qu’on ne sait plus dire si c’est le sens de l’histoire d’être européiste ou non (voir les élections en Grèce aujourd’hui). Pour ma part, je pense qu’on voit encore aujourd’hui à quel point la Suisse dépend de l’Union européenne, malgré elle, et à quel point il sera de plus en plus difficile d’être « en dehors » car cette position ne permet pas d’avoir de l’influence. Mais quand on regarde la machine infernale qu’est devenue l’UE, je comprends que les Suisses ne veuillent pas (plus) en entendre parler. D’ailleurs, d’un point de vue du mode de fonctionnement, sur le plan constitutionnel, c’est franchement l’opposé du sens qu’on donne au mot démocratie en Suisse…