Zone frontalière : ces professionnels de la Santé qui font payer plus cher les frontaliers

Le régime privé d’assurance santé frontalier devrait disparaître en 2014, et avec lui une des plus grosses machines à escroquer « en douceur » les assurés, avec la bénédiction silencieuse des compagnies d’assurance.

Comment réagiriez-vous si un vendeur de voiture annonçait : « en prix catalogue, je vends cette voiture 15 000 EUR, mais pour les travailleurs frontaliers, c’est plus cher car ils gagnent mieux leur vie : pour eux, ce sera 19 000 EUR. » ?

Vous seriez outré n’est-ce pas ? Eh bien sachez que c’est ce qui se pratique depuis des années par certains professionnels de la santé dans les zones frontalières françaises, au détriment des frontaliers.

Annoncer qu’on est frontalier, c’est à coup sûr se voir proposer des honoraires majorés

Cette pratique est devenue courante, et à peine cachée chez certains médecins, d’Annemasse au Doubs en passant par le pays de Gex. Il suffit d’annoncer qu’on est frontalier pour se voir appliquer une augmentation d’honoraire par rapport aux autres. Attention toutefois, cette pratique n’existe pas dans les établissements publics.

Concrètement, les travailleurs frontaliers sont majoritairement (90%) soumis au régime d’assurance santé privé. Dans ce cas, contrairement au régime général de la Sécurité sociale, l’état français via la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) n’a aucun droit de regard, car ce régime, entièrement privé, est géré comme son nom l’indique par des compagnies privées. Le discours des médecins est donc, en gros, le suivant : « si vous êtes frontalier, votre assurance santé prendra tout en charge, et surtout je ne risque pas d’être inquiété par la CPAM ». En d’autres termes, le médecin fait payer un surcoût au travailleur frontalier parce qu’il est frontalier et que son assurance peut payer sans qu’il soit inquiété. C’est en soit, déjà scandaleux.

Un système qui fonctionne hors de la compétence de l’Etat et qui n’est donc pas contrôlé

Si on s’arrête à ce raisonnement, on peut se dire qu’effectivement il n’y a aucun impact sur les caisses de l’Etat, ce qui est vrai. Par contre, ce comportement influence négativement les primes des assurés. Et tous les travailleurs frontaliers l’auront remarqué : les primes d’assurance augmentent chaque année un peu plus. Ces pratiques en sont notamment à l’origine. En clair, en acceptant ce mauvais « deal » malgré vous, vous enrichissez votre médecin sur le dos des assurés. Pour ma part, je suis certain que les compagnies d’assurance sont conscientes de ces surcoûts et me demande si elles ont mis en place des contrôle ou autres dispositifs ayant pour but de ramener les professionnels de la santé dans une logique moins mercantile… Je n’ai, sur ce point, aucune réponse à apporter, et les professionnels de la santé qui me lisent sont les bienvenus pour nous éclairer.

Quand les professionnels de la santé rabattent les frontaliers dans leur cabinet

On me rapportait récemment le cas édifiant d’une jeune femme qui a été soignée dans un hôpital (sans surcoût, car l’établissement est publique). Le spécialiste (ophtalmologue) qui s’en est occupé lui a demandé de bien vouloir passer dans son cabinet (privé cette fois) pour des examens complémentaires. Examens qui lui ont été facturés au prix fort, au-delà du tarif de convention. Pis, les analyses qui ont été faites en plus de ces soins se sont avérées, a posteriori et selon un spécialiste, totalement inutiles.

Si les tarifs de l’assurance santé privée sont si compétitifs, est-ce à cause de ce phénomène de surfacturation ?

Quand on regarde le coût de la CMU, celui de la LAMal frontalier (l’assurance santé qu’il est possible de prendre dans une compagnie suisse) et les coûts des assurance santé privées françaises, on remarque que ces dernières sont beaucoup plus intéressantes : est-ce parce que la rentabilité du système est entretenue par les assurés malgré eux, les sur-facturations des professionnels de la santé étant à coup sur répercuté sur les assurés ? Je trouve la question finalement plutôt légitime.

Que faire pour éviter de se faire pigeonner ?

Feignez l’oubli ! Le médecin vous posera peut-être des questions avant la consultation, ou bien vous fera remplir une fiche d’information, vous demandant notamment votre numéro de sécurité sociale et votre assurance. Dites que vous n’avez pas votre carte avec vous et que vous ne vous souvenez plus de votre assurance car vous avez changé récemment. Et surtout, ne dites jamais que vous travaillez en Suisse. Une fois la consultation faites, vous pourrez payer directement le praticien, ce qui le rassurera.

N’oubliez pas que tant que le médecin croira que vous êtes inscrit à la Sécurité sociale, il ne vous proposera pas de majoration d’honoraire. Le seul inconvénient de cette méthode est qu’elle ne vous permet pas de bénéficier d’un éventuel tiers payant de la part de votre compagnie d’assurance.

Je conseille également pour les plus courageux de dénoncer ces pratiques à la DGCRF. A ma connaissance, l’ordre des médecins n’a pour sa part jamais été saisi.

Enfin, pour que les choses soient claires, je distingue très clairement ce mécanisme honteux et discriminatoire du système de santé en lui-même qui fonctionne malgré tout très bien et propose une couverture très intéressante aux travailleurs frontaliers.

Et vous ? Avez-vous été victime de telles pratiques ?

PARTAGEZ
banniere-tes-after-entryjpg

Commentaires

  1. DANGELSER Céline a écrit

    Je viens tout juste de passer au statut frontalier et ai donc dû choisir une assurance privée frontalier. Pour ce faire, j’ai demandé conseil à un médecin français. Il m’a conseillé de prendre une assurance française, de partir sur une base de remboursement de 150% car effectivement les honoraires demandées aux frontaliers sont plus élevées; son explication est la suivante : la sécu paye apparemment les charges de ces médecins, ce que les assurances privées ne font aps, d’où la répercussion. Alors, info ou intox, je ne sais pas!

  2. kiki a écrit

    Ca me rappelle une émission radio de la RSR il y a qqs années où une journaliste demandait à un fabricant allemand pourquoi ses machines à laver coutaient 20% à 30% plus cher en Suisse qu’en Allemagne. Réponse du gars: Ben, euh, c’est comme ça pour la Suisse, vous gagnez plus, donc on adapte les prix..

  3. Legret Julien a écrit

    Bonjour.
    Dans le pays de gex depuis un certain temps je constate qu’il est de plus en plus difficile de trouver des tres bon spécialistes dans la région. Et oui bon nombre d’entre eux s’expatrie en suisse tout comme nous attisés par l’appat du gain. Je me suis permis de consulter un ophtalmo en suisse et je vous assure que le cout de la consultation est nettement suppérieur a l’honoaire majorée pratiquée en france. Je ne me permettrais donc pas de leur demander de baisser d’avantage leur tarifs…
    Si on y regarde de plus prêt, le cout de l’assurance privée est moins cher en france qu’en suisse et le cout des consultations est moins cher aussi en france qu’en suisse. Ne sommes nous pas gagnant sur tous les plans? Alors souhaitons nous vraiment pousser les medecin a s’expatrier?

    • David Talerman a écrit

      C’est un point de vue intéressant quand on intègre effectivement la question transfrontalière. Pour ma part, ce qui me pose un vrai problème, c’est la différence de traitement entre un frontalier et un non frontalier.

  4. Gaya a écrit

    « Si les tarifs de l’assurance santé privée sont si compétitifs, est-ce à cause de ce phénomène de surfacturation ? »

    Les primes du système privé seraient moins chères car ce système assoit sa rentabilité sur les surfacturations faites aux frontaliers?!
    Ça me semble hautement illogique :D

    • David Talerman a écrit

      Bonjour Gaya,

      Bon ok, la formulation est malheureuse. L’idée est la suivante : les assurés paient un surcoût, mais ils pourraient payer bien moins. Je suis d’accord, ce paragraphe n’est pas clair.

  5. svb a écrit

    Bonjour,
    Je réside actuellement en Suisse et vais déménager en France dans quelques mois et donc devenir frontalière. Je suis en train de me renseigner sur les assurances maladie et j’avoue que je ne sais pas du tout quoi faire avec ce probable basculement de l’assurance privée en CMU en 2014 car cela triplerait ma cotisation annuelle! J’ai cru comprendre que le choix est en plus irréversible et qu’il ne sera donc plus possible de choisir Lamal après 2 ans d’assurance privée frnaçaise. L’unique solution est-elle de souscrire directement à Lamal pour être sur de ne pas avoir de mauvaise surprise dans 2 ans ? Merci.

    • David Talerman a écrit

      Bonjour,

      Même à ce stade, où la reconduction du système privé d’assurance frontalier est incertaine, je conseille de souscrire le régime privé car la LAMal frontalier, ce sont des primes qui non seulement sont hors de prix, mais qui en plus peuvent augmenter de manière complètement délirantes (50 voire 100% d’augmentation des primes par certaines caisses d’une année à l’autre)…

  6. Stéphane a écrit

    Bonjour, ce qui est préoccupant c’est que les frontaliers devront souscrire obligatoirement à la CMU en 2014 !
    Parceque 8% (j’ai entendu que ça pourrait monter à 12%) du revenu fiscal auquel on a déduit 9000 euros, risque de multiplier par 4 le coût de l’assurance santé comparé à une sécu privée !
    Est-ce qu’on sait si il y a une chance que ce soit de nouveau repoussé ?
    Merci

  7. Comte a écrit

    Bonjour Mr talerman

    Si les tarifs augmentent chez les médecins , ce n’est pas qu’ils veulent se faire du blé sur le dos des frontaliers mais parce qu’ils sont eux même  » plus taxé » par l’ursaff sur les consultations « frontaliers » car considérées comme étant non conventionnées secteur 1 … Voilà .. Naccusez pas trop vite sans prendre les bons renseignements et casser du sucre sur le dos des médecins…par ailleurs, il faut bien noter que , pour ces mêmes personnes, si elles consultent en suisse, le tarif est très différent ( la consultation est loin d’être à 23 euros) et elles sont tres bien remboursées ..

    • David Talerman a écrit

      Bonsoir,

      Heureusement, je ne mets pas tous les médecins dans le même panier, seulement ceux qui font des abus.
      La vraie question est surtout : quelle est la part supplémentaire payée par les médecins (ou le manque à gagner pour la cotisation retraite) ? Est-elle répercutée au plus juste sur la cotisation des frontaliers ?
      Quand une consultation est facturée 30% plus chère à un frontalier, cela signifierai donc que ce « manque » est de l’ordre de 30% ? Je demande à voir les chiffres…

  8. Leparoux a écrit

    Bonjour

    Je souhaiterais avoir un petit complément par rapport a notre future situation.

    Nous envisageons de nous installer en France en Alsace et mon mari continuera de travailler en Suisse.
    Mais moi je ne travaille pas je reste a la maison avec mes deux enfants de 15 et 1 mois.
    Est ce que que mes enfants et moi devons prendre un statut de frontalier ou pas? Et qu est ce qui serait le plus avantageux pour nous rapport qualité prix dans notre situation?

    Merci

  9. Martinez a écrit

    Vous pouvez essayer de dénoncer ce que vous voulez à la DGCCRF cela ne servira à rien, elle n’est pas compétente pour cela. Les médecins français adhérent à une convention de secteur pour les assurés FRANCAIS cotisants, rien ne les empèche de facturer ce qu’il veulent aux assurés d’un autre pays. Pour profiter de ce système il faut travailler et payer ses charges sociales en France on ne peut pas tout avoir, ou alors travailler et résider en Suisse.
    Les médecins francais font beaucoup d’effort pour les assurés francais, résidents et cotisants français, aucunes raisons de l’appliquer pour les autres, ce n’est pas une raison de morale c’est un choix personnel des médecins et de législation des différents états, vous n’avez pas de droit de regard sur les revenus des médecins, tout comme on ne vous demande pas des comptes sur la baisse des recettes fiscales de l’état francais que vous favorisez en encourageant les gens à travailler en Suisse, c’est pareil.
    C’est un peu facile de chercher à améliorer son niveau de vie en doublant son salaire (et je n’ai pas de problème avec ça, loin de là même) et de la jouer communiste si le médecin français qui travaille toute la journée demande 20 euros de plus.

    • David Talerman a écrit

      Très bien.
      On ne m’a toutefois toujours pas expliqué pourquoi la différence de coût des prestations était aussi importante… Qu’il y ait une augmentation, pourquoi pas. Qu’elle soit si importante : c’est un problème. Que les médecins la justifient par des « non-cotisations » : c’est prendre les frontaliers pour des ânes.
      Je suis, pour ma part, bien plus agacé par cette hypocrisie que par la réalité économique de cette situation. Un peu de courage !

      • Martinez a écrit

        Il n’y a ni hypocrisie, ni de volonté de prendre les frontaliers pour des ânes, c’est un droit des médecins, et un droit des patients de payer très largement plus de charges sociales pour avoir des soins « moins chers », ce qui n’est valable en fait que pour les salariés, car pour les professions libérales il vaut mieux se faire soigner en Suisse en privé que de payer des URSAFF tous les mois.
        C’est un débat que vous ne pourrez clore, le tact et mesure du code de déontologie et du CSS ne s’applique qu’aux assurés français, point.
        Face à un patient qui ne reléve pas ce système le médecin sur le plan de la facturation n’est qu’un consultant, donc libre de ses honoraires, c’est la loi du marché.. et franchement la majorité des médecins français ne sont pas méchant.

        • David Talerman a écrit

          Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il ne s’agit que d’une minorité de médecins, et c’est bien ainsi que je le précise dans mon billet.
          Comme vous le dites, c’est la loi du marché, et chacun se forgera son opinion.

  10. Martinez a écrit

    Enrichir les médecins, logique mercantile… franchement c’est du copier coller de mauvais articles, je pense que vous êtes aussi là pour vous enrichir, et je demande ce qui est le plus noble, ce que vous faites ou le métier de médecin.
    En fait, vous encouragez les gens à gagner plus par vos techniques, car ils en ont le droit, et à bloquer les médecins(qui en ont aussi le droit rappelons le) en mentant pitoyablement (j’ai oublié ma carte, j’ai déménagé….), j’espére que vous voyez le ridicule de la chose

    • David Talerman a écrit

      Je perçois beaucoup de haine dans votre message.
      Pour ma part, j’ai beaucoup de respect pour les médecins. Mais peu pour ceux qui abusent, et c’est bien de ceux-là dont il est question dans ce billet.
      Vous parlez de droit, moi je vous parle de morale.
      Par ailleurs, si vous preniez la peine de lire correctement mes articles, vous pourriez comprendre que je n’encourage personne à gagner plus ni à travailler en Suisse, mais plutôt à le faire dans de bonnes conditions, car fort heureusement les frontaliers ne m’ont pas attendu pour travailler en Suisse.
      Concernant ces médecins qui abusent, chacun est libre de se faire une opinion. Et ce n’est pas parce que nous avons des avis différents qu’il faut être aussi agressif !

  11. Martinez a écrit

    Et du courage en Médecine il en faut croyez moi!!
    Vous pourrez aussi faire ce raisonnement pour un avocat, dans ce cas ne prenez pas conseil à la frontière, dans le Larzac il sera moins cher..

  12. Martinez a écrit

    Je n’ai pas de haine ou d’agressivité, j’ai passé ce stade depuis bien longtemps, mais les attaques contre les médecins m’horripilent, quand vous parlez d’hypocrisie par exemple. On voit que vous ne le faites pas ce métier.
    Acheter une maison à Dyvonne coute plus cher pour bcp de raisons que vous connaissez car bcp de gens qui y habitent travaillent en Suisse, mais les médecins qui achétent ces même maisons plus chères ne peuvent pas augmenter leur tarifs?? tout comme le font toutes les autres professions libèrales ? si un médecin vous parait trop cher il ne faut pas aller le voir c’est aussi simple, ou demander le prix avant de manière responsable et ne pas mentir et le prendre pour le coup pour un âne! vous reconnaitrez.! malgrè tout, le régulation se fera facilement et il baissera ses prix pour augmenter sa consultation, parceque dans l’ensemble les médecins qui travaillent avec des prix elevés et qui tiennent sont ceux qui ont du talent, et avoir du talent en Médecine demande beaucoup de temps de travail et de sacrifices, si ce métier était si honorifique ce jour, il y aurait bcp plus de vocations.
    Alors je pense que vous auriez pu tourner votre phrase dans ce genre:

    N’oubliez pas que vous n’êtes pas assurés Français, les médecins ont donc une liberté tarifaire, pensez à demander les tarifs avant de consulter un médecin.
    Vous éviterez de rentrer dans un débat que vous ne maitrisez pas assez, sans reproches aucun.

  13. Martinez a écrit

    Pour clore le débat qui peut être dépasse le cadre de ce site, mais j’aimerai tout du moins que vous compreniez le message.
    En fait vous êtes expatrié en Suisse, issu du secteur bancaire et de la finance, connu pour son philantropisme, et parlez de morale et d’enrichissement de médecins de zone frontalière qui gagne moins bien souvent que les expatriés qui franchissent leur portes.
    Exemple sur Dyvonne, pas assez de Médecins pour couvrir un garde complète de nuit qui s’ arréte à 22 heures, curieux pour ces nantis de mèdecins?
    Avec le genre de discours que vous tenez et si les gens ne donnent plus ce genre d’avantages au mèdecins qui s’installent dans ces zones frontalières au final peu attractives et bien dans quelques années il n’y en aura plus comme cela tout le mode sera content. Vous en Suisse ça ne changera pas grand chose au final, vous ne verrez même pas le mal que vous aurez contribué à faire.
    Vous voulez des réponses, que l’on vous explique..vous voulez voir les chiffres, charité bien ordonnée commence par soir même, publiez donc votre comptabilité..vous êtes sur facebook, il y a un groupe « les médecins ne sont pas de pigeons » comprenant 25000 membres, postez donc votre question en expliquant qu’avec une formation de financier vue de la Suisse vous ne comprenez pas que les médecins ne soignent pas au tarif normal les ressortissants d’autres pays étrangers et ceux ne relevant pas de la sécurité sociale, vous allez avoir des réponses et allez pouvoir tester votre répartie.
    Les dépassements d’honoraires et les revenus des médecins sont un sujet sensible en ce moment, et au vu de votre profil et des conseils que vous donnez (faites comme si vous avez oubliè que vous ne travaillez pas en France, dites que vous avez perdu votre vitale,mais alors zut pas de tiers payant!!, ne dites jamais que vous travaillez en Suisse(celle là c’est la meilleure, mentir à son médecin: pitoyable, vous ne pouvez pas respecter les médecins comme vous dites en disant ça, ce n’est pas vrai, ou alors je ne vous le souhaite pas, vous n’avez jamais vraiment été malade)) vous pouvez comprendre que cela puisse un peu enflammer les passions.
    Je suis médecin en Suisse, il est 3H40 du matin et je travaille depuis ce matin 7H et jusqu’à demain 20H ,j’ai effectuée pas loin de 1800 gardes d’urgences en 11 ans, et je comprends aussi les revendications de mes anciens collégues français qui n’arrivent plus à supporter les commentaires de ce type, car c’est dédaigneux de dire « CES professionnels de la santé » en parlant des médecins que vous devriez un peu plus respecter à mon gout, surtout vu de la Suisse parceque d’abord vous n’êtes pas en position, pas plus que de critiquer les médecins allemands ou anglais.
    Peut être cela va vous sembler facile, mais quand vous aurez fait 12 ans d’étude et reanimé un gamin écrasé dans une voiture en se « pissant » (pas d’autres mots) dessus de trouille, vous me direz combien vous pensez que cela vaut..L’argument est facile, mais être médecin quelques fois c’est ça, et aux urgences c’est plus souvent qu’on a du sang sur les mains et sous les ongles aussi, et on a de la peine de perdre nos patients.
    Alors revoyez votre copie sans rancunes, et dispensez des conseils efficaces, si vous vous voulez vos réponses allez voir ces médecins dont vous parlez, vous verrez que c’est plus difficile que de poster des diatribes ou l’on s’offusque des comportements mercantiles que le secteur dont vous venez a poussé à son paroxysme.
    Les médecins aujourd’hui en ont marre des justiciers avec des phrases toutes faites et invoquant les conseils de l’ordre, en recommandant en plus aux gens de dénoncer ces pratiques…( ce qui les fera passer pour des idiots en plus, ou des ânes comme c’est un mot que vous sembler aimer utiliser).
    Si vous aviez été Médecin, après vos études, vous ne seriez probablement pas allé vous installer toute votre vie dans un petit cabinet dans le pays de GEX dont vous parlez, alors ne raisonnez pas ceux qui l’ont fait, au prix de dépassements, et qui maintiennent un maillage médical du territoire, surement plus bénéfique que vos conseils en nature de rapport Médecin patient qui est basé sur beaucoup de choses mais surtout pas sur le mensonge et c’est exécrable de votre part de dire des choses pareilles.
    Mon discours n’est pas du tout agressif, et je suis prêt à vous le dire en face sans animosité aucune.

  14. Martinez a écrit

    quel courage, c’est sur qu’avec les arguments que vous rapportez il vaut mieux tout effacer, c’est dommage de ne pas chercher à évoluer, vous gardez vos reflexes de petit français , le portefeuille à droite mais on casse du sucre sur le dos des médecins comme les gauchistes pour faire bonne figure

  15. Martinez a écrit

    il vaut mieux en fait ne rien mettre en ligne de notre discussion, car mon but n’est pas de déclarer la guerre mais que vous corrigiez les inepties que vous écrivez pour garder un peu de sérieux.
    Sur le cas de l’ophtalmologue: je vous explique
    Les hôpitaux publics prennent aussi souvent des dépassements mais vous ne le voyez pas car dans le cadre d’accords européens il y a un tiers payant sous réserve d’avoir la carte d’assuré internationale.
    Les ophtalmo que vous voyez dans les hôpitaux ne sont souvent jamais des praticiens hospitaliers, ce sont des praticiens libéraux en secteur 2 qui participent à la permanence de soins (ce que vous en ferez jamais c’est à dire être de garde mais gratuitement)
    Il s’engage dans le cadre des urgences à voir les patients aux tarifs conventionnels car le recouvrement des honoraires est assuré directement par la cpam. S’il doit revoir la patiente non dans un cadre d’urgence cela se fait toujours au cabinet en secteur privé, donc en secteur 2 donc avec dépassements vous ne referez pas la loi.
    Vous voyez que les choses ne sont pas si simples et que si vous voulez rester sérieux n’affichez que des choses dont vous êtes sur.
    FIN

    • David Talerman a écrit

      Bonjour,

      C’est bien un procès en bonne et due forme que vous me faites. Pour autant, vous êtes tellement aveuglé par votre énervement que vous n’avez pas lu correctement mon message : quand je parle de CES médecins c’est précisément une différence très nette que je fais. Je n’en veux pas aux médecins en général, juste à ceux qui proposent des tarifs fortement différenciés aux frontaliers.
      Ne vous en déplaise, ce n’est pas parce que vous avez fait 8 ou 10 ans d’études, que vous avez sauvé des enfants et faits des gardes que nous devons dire « amen ». Personne ne remet en cause la dureté de votre métier, et personnellement je pense même que les médecins français sont sous-payés. Ce que trouve en revanche scandaleux, c’est le fait de différencier les honoraires de manière significative.
      Effectivement, j’entends votre discours, ces médecins ont peut être le droit de doubler leurs honoraires dans certains cas pour les frontaliers, pour autant je vous parle de morale. Si vous trouvez ça normal, vous me permettrez d’avoir un avis différent du vôtre (c’est notamment sur ce type de détail qu’on fait la différence entre la Suisse et la France).
      Enfin, j’ai vraiment eu l’impression de prendre un cours avec vos commentaires : merci monsieur le professeur. Vous m’avez appris de choses, mais pour autant la condescendance de votre ton est tellement magistrale que rien dans ce que vous dites n’appelle au dialogue. Et je n’ai pas franchement envie de faire un pas dans votre sens.
      Maintenant la vraie question que j’ai envie de vous poser est la suivante : avez-vous conscience qu’en tant que Médecin formé en France et exilé en Suisse dans le canton de Fribourg vous avez coûté un saladier aux contribuables français pour finalement aller proposer vos services dans un autre pays ? En clair, vous avez été une charge pour votre pays, et aujourd’hui vous tirez vos bénéfices ailleurs : alors finalement votre beau discours moralisateur prend tout à coup une toute autre dimension…
      Au plaisir de vous revoir sur ce blog.

  16. martinez a écrit

    Vous pouvez même publier mon adresse en gras, j’assume mes arguments,
    je n’ai rien couté aux contribuables français, je vous renvoie aux sources adéquates relatives aux couts des étudiants par secteurs, sources adéquates dont vous manquez régulièrement d’ailleurs…argument socialiste comme toujours…mais pour le coup en fait, le monde est petit, vous n’avez pas étudié asse longtemps pour comprendre ce genre d’arguments financiers..sur que vous avez couté moins cher à la France. Au plaisir de vous revoir aussi,

  17. Sébastien Blisson a écrit

    Bonjour,
    Frontalier depuis peu j’ai récemment été confronté à cette situation. Le médecin que j’ai consulté m’a clairement annoncé un prix de la consultation a 30 euros pour les frontaliers. Prix qu’il a ramené à 23 € quand il a vu que mon assurance frontalier ne remboursait que 100 % du tarif de la sécu.
    J’ai d’abord été choqué par cette pratique mais après réflexions et discussions avec d’autres frontaliers je la comprends très bien. Effectivement comme le dis Julien plus haut (il y a plus d’un an) c’est assez compliqué de trouver un médecin dans la région puisqu’ils sont comme nous attirés par de meilleures rémunérations de l’autre côté de la frontière. C’est pour moi un très bon moyen d’encourager quelques médecins à rester chez nous car même si notre assurance frontalier couvre aussi des soins en Suisse ce n’est pas le cas pour les gens de la région qui travaillent en France.
    Je veux vous expliquer le cas personnel de ma compagne et des ses filles qui viennent de me rejoindre dans la région. Ma compagne travaille en France et dépend de la CPAM. Ses deux filles de 10 ans (des jumelles) sont malades depuis 3 jours et nous avons énormément de mal à trouver un bon médecin qui veut bien les prendre en consultation car il y a clairement un pénurie dans la région. La majorité annonce simplement qu’ils sont débordés et qu’ils n’acceptent plus de nouveaux patients. Pourquoi sont-ils autant débordés ? Simplement car la majorité des médecins passent la frontière…. donc encore une fois je pense que les consultations majorés pour ceux qui ont des remboursements supérieurs est une bonne chose.

    Je vais même aller plus loin. Je pense que la sécu devrait prévoir des consultation à un tarif règlementée de 27 ou 28 € pris en charge par la CPAM pour des régions médicalement sinistrée car la notre de façon a attiré un peu des praticiens.

    Je me pose encore plein de questions à ce sujet. Quand nous serons tous à la CMU volontaire que va-t-il se passer ? Nous n’aurons plus la possibilité de nous faire soigner en Suisse. Va-t-il y avoir à ce moment une baisse de la fréquentation avec des cabinets Suisse et donc un potentiel retour de certains praticiens ? Les praticiens en France vont-ils du coup gagner moins ou en tout cas pas plus que dans n’importe quelle autre région de France ? Et du coup ne vont ils pas avoir tendances à vouloir s’installer dans des endroits où le coup de la vie est moins cher ? Autant de questions auquel le futur nous répondra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *