Est-il plus intéressant d’être frontalier ou résident ?
De toutes les questions que me posent ceux et celles qui veulent travailler en Suisse, c’est probablement celle qui revient le plus souvent. Que ce soit à Genève, ou dans les cantons de Vaud, Neuchâtel ou Zurich, l’interrogation est la même.
La plupart du temps, il fallait entendre la question sur le plan financier, et il est vrai qu’auparavant, dans beaucoup de cas, la résidence en France l’emportait.
La lecture d’un très bon article du quotidien suisse « Le Temps » m’a donné envie d’écrire ce sujet. Je me suis permis de reprendre quelques éléments de l’article en question (note : malheureusement, il n’existe plus de version électronique).
La dépréciation du franc suisse face à l’euro déstabilise le pouvoir d’achat des frontaliers
Depuis quelques mois donc, la donne est toute nouvelle sur la question de l’intérêt financier entre les statuts de frontaliers et résidents, notamment à cause de deux facteurs :
1 -La dépréciation du franc suisse face à l’euro qui a un impact direct sur le pouvoir d’achat des frontaliers : pour faire simple et pour donner quelques explications à ceux qui ne sont pas habitués à ce mécanisme, un frontalier perçoit un salaire en francs suisses, mais la plupart de ses dépenses quotidiennes sont en euro car il réside en France. Le montant en euro qu’il possède à la fin du mois dépend donc dans une grande partie du taux de change : plus l’euro est fort face à l’euro, plus le frontalier doit convertir de francs suisses pour avoir la même somme en euro, et il perd donc du pouvoir d’achat.
Et en ce moment, le franc suisse bat des records de baisse et est revenu à son niveau de 1997…
Un graphique vaut mille explications…
(Note : les banques françaises mettent à disposition toute une batterie de services pour limiter l’impact du taux de change, notamment les « services de garantie de change« , mais ils sont limités dans le temps et tous les travailleurs frontaliers n’y ont pas souscrit…)
Des coût immobiliers au m² équivalents entre la Suisse et la France
2 – Les coûts de l’immobilier deviennent équivalents entre la Suisse et la France. Alors évidemment, il y aura toujours des exceptions locales, mais globalement, on analyse qu’aujourd’hui, le coût au m² en France en zone frontalière est équivalent au coût en Suisse.
Concernant le locatif, on commence à trouver des locations en Suisse moins chères qu’en France…
L’article souligne à juste titre que paradoxalement, l’écart du coût moyen du panier de la ménagère entre la Suisse et la France s’est accru, et qu’un lot de 30 produits de consommation courante est désormais 24% moins cher en France qu’en Suisse (contre 21% en 2003). La réalité, également soulignée par l’article, est légèrement différente, dans la mesure où certains produits sont très nettement moins chers en France (les produits frais chez les hard discounters par exemple), alors que d’autres le sont en Suisse. Il n’y pas de règle générale.
Le « coût » de grâce des frontaliers pourrait venir de la fin de la possibilité pour eux de souscrire une assurance maladie privée, avantage qui devait prendre fin en 2009, et qui a été prolongé jusqu’en 2014 grâce à l’action à l’assemblée du Groupement transfrontalier européen.
A cette date, les frontaliers ayant pris l’option de s’assurer en France seront automatiquement affiliés à la CMU, système qui ne s’avère pas toujours avantageux car il est calculé sur le revenu fiscal du ménage.
L’article du Temps traite en conséquence de la question du devenir des frontaliers : y aura-t-il donc encore des frontaliers en 2014 (en supposant que beaucoup « migreront » vers une résidence en Suisse) ?
Je pense que bon nombre de frontaliers sont très attachés à leur région (où beaucoup d’entre-eux sont nés), et qu’il n’y aura pas d’exode massif. Cependant, il est possible que les travailleurs aux revenus les plus « modestes » changent plus volontiers, par nécessité.
De plus, les tendances sont aujourd’hui défavorables aux frontaliers, ça a été l’inverse pendant plusieurs années, il n’est pas impossible que les choses changent de nouveau, ce qui semble être le cas selon l’article, tant pour le franc suisse, jugé bas, que pour les prix de l’immobilier en France en zone frontalière, qui semblent baisser.
A titre personnel, ce ré-équilibrage des coûts entre les deux pays ne me déplaît pas, simplement parce qu’il amènera peut-être davantage les nouveaux arrivants sur le marché du travail en Suisse à se poser d’autres questions que le seul aspect financier pour le choix « frontalier / résident ». Comme je l’indique dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« , il faut absolument tenir compte d’autres facteurs dans ce choix : la qualité de vie, les transports quotidiens, la famille, la vie quotidienne de votre conjoint(e) s’il (elle) ne travaille pas etc…
Étant frontalier à Genève, il faut aussi préciser que bon nombre de frontaliers sont moins bien payés que les résidents. J’ai fait le choix de quitter mon travail pour un autre en Suisse tout en déménageant en Suisse.
Bilan, meilleur salaire, région Suisse moins chère que la zone frontalière, je suis gagnant en qualité de vie…
Autre considération importante : Il ne faut pas s’imaginer venir s’installer quelques années en Suisse pour faire des sous, puis repartir… à voir les gens que j’ai connu ou dont j’ai entendu parlé, soit on s’y fait pas et on part dans les 2 ans, soit on commence à se suissiser…
Et c’est encore plus vrai si on a des enfants. Ils finissent par se sentir suisse, et le jour qu’on voudrait repartir, ça risque d’être sans eux…
Salut,
je découvre le site (une mine d’infos!!) et me pose des questions. Je suis informaticien sur Paris et on vient de me proposer de venir bosser en Suisse (mon père est originaire du Haut Jura et mon frère est à Cruseilles).
Le choix de vivre d’un côté ou de l’autre de la frontière ne dépend t-il pas également de la situation familiale ? Si ma femme travaille en France, est-ce aussi intéressant de vivre en Suisse (je parle là uniquement de l’aspect financier)?
@+
Fabrice
Rupicapra,
Lorsqu’un des conjoints travaille en Suisse et l’autre en France, cela peut être intéressant d’un point de vue fiscal (en tous les cas plus intéressant que si les deux travaillent en Suisse).
Après, j’invite tous mes lecteurs et toutes les personnes qui assistent à mes conférences, à aller au-delà du pur aspect financier. Car au bout de quelques années, ce qui vous restera en tête, c’est tout le reste (je pense en particulier à l’aspect culturel, à l’intégration de la famille, à la facilité pour le conjoint de travailler etc…).
En bref, ne minimisez ni ne maximisez l’aspect financier par rapport aux autres critères !
Bonne chance dans vos démarches
Pour benjol,
Tout à fait d’accord. Si c’est une question d’argent (ce qui peut être tout à fait légitime), je pense qu’il est alors plus intéressant de se tourner pour l’expatriation vers un pays en développement (certains pays de l’Est par exemple). Le levier financier par rapport au coût de la vie local a de fortes chances d’être plus important qu’en Suisse. Après, il y a la qualité de vie, et là, la Suisse est tout de même bien positionnée 😉
Regardez mon commentaire sur ce post:
http://blog.travailler-en-suisse.ch/08/2007/a-propos-du-cout-de-la-vie-en-suisse.html
On peut bien habiter d’un cote de la douane et participer a la vie des deux cotes…
« J’ai habite des deux cotes de la douane longtemps et j’ai choisi de rester en France (je suis allemand d’origine, donc aucune preference a priori). L’immobilier en Suisse est tout simplement une facon de jeter son argent. Pour moi, la frontiere n’existe plus car on peut aujourd’hui choisir son lieu de residence, place de travail, assurance, ecole pour les enfants (eh oui – combien de gens habitent en France et envoyent leurs enfants a l’ecole en Suisse – comme moi meme?), sortir etc. Pour le meme prix d’une maison ‘contingue’ etroite et bruyant (avions!) sans terrain a Vernier j’ai achete une maison de ~200m2 surface PPE avec 1000m2 de terrain, avec bus TPG a cote (que j’utilise pour me rendre au travail!), a 2km de la douane. Mes voisins sont tous des suisses, des fonctionnaires internationaux, et des cadres frontaliers. Pour moi le choix est clair. Bien evidemment, on peut pas tout comparer, ex. Pays de Gex avec Annemasse… »
Bonjour,
j’habite en France. mes enfants ont du mal avec le systhème français et j’ai envie de les mettre en école privée suisse, mais j’ai peur qu’ils aient des soucis pour faire des études plus tard sur France, qu’en pensez-vous? Vous êtes vous déja posé la question?
Cordialement mel
Je suis double nationale française et suisse, je vis à Lyon. Mon mari vient de trouver un emploi à Geneve, il démarre dans une semaine. Avant qu’on ne trouve une location à long terme, il cherche une chambre chez l’habitant ou une collocation. J’ai trouvé des sites pour Geneve, mais aucun pour la frontiere côté français. Y a t il des sites spécialisés ou des bonnes adresses?
merci bien !
Bonjour David,
Bonjour a tous,
J’ai decouvert votre Blog il y a quelques jours a peine et le trouve tres interessant pour toute l’information utile qui s’y trouve.
Je vais acheter votre livre, David, car il me servira pour notre projet de venir nous etablir a Basel-Stadt ou Basel-Land.
je suis Francais expatrie depuis plus de 30 ans en Californie et je vais rentrer en Europe avec ma famille ce 28 mars prochain.
J’ai une solide experience en commerce international (import-export), mon epouse est massage therapiste professionelle avec 15 ans de pratique a son compte, notre fils a 9 ans et cherche a se faire de bons amis.
Nous ne savons pas encore si c’est plus avantageux pour nous d’etre frontaliers ou residents apres avoir obtenu un travail pour commencer.
Tous commentaires de ceux qui connaissent le secteur de Basel/Arlesheim/Dornach sont bienvenus. merci.
Merci pour ces conseils…
Je commence le 31/03 un boulot à Neuchatel pour une durée de 9 mois et je me pose la question : frontalier à Pontarlier ou résident à Neuchatel ?
Les loyers sont équivalents avec un plus pour Neuchatel au niveau de l’équipement des apparts et le cadre sympa de la ville…
Mais j’ai peur dE SOUS ESTIMER des frais annexes trop élévés : assurance santé, resp civile / auto, déménagement, imposition suisse, etc
En plus je risque d’avoir un permis L qui ne me permet pas de résider avec mon épouse…
Je vais gagner 6200 CHF brut
Qu’en pensez-vous ?
Bonjour David,
Et bien 3 ans après on peut dire le contraire, le franc suisse connait depuis quelques mois une hausse remarquable qu’on a pas connu depuis des années, du coup le pouvoir d’achat des frontaliers est en hausse, la crise de l’UE profite aux frontaliers et c’est encore le moment d’acheter en France, plus pour longtemps certains disent mais bon…
D’ailleurs pensez vous que dans 20 ou 30 ans, cela vaudra toujours le coup d’être frontalier? Y’aura t’il encore des écarts significatifs de salaire entre les 2 pays, comment voyez vous tout cela?
On peut dire que je suis un mal chanceux lol, quand j’ai commencé à travailler à Geneve, le franc suisse était au plus bas et j’ai été licencié en 2009 au moment où il reprenait des couleurs, maintenant je travail en France mais ne désepère pas retourner en Suisse, si possible avant que le franc baisse 🙂
@Le penseur : merci pour votre contribution. Je pense que d’ici une petite dizaine d’année, le coût de la vie en Suisse sera le même qu’en France, mais pas le niveau des salaires…
bonjour à tous,
je découvre ce site super intéressant car il fournit beaucp d’éclaircissements,
je suis infirmière en france et fonctionnaire,suite à des problèmes personnels (divorce) j’ai envie de recommencer une nouvelle vie ailleurs
ayant ses amis installés en suisse et iIDE comme moi, je suis de plus en plus attirée à l’idée d’aller y travailler
ma problématique est la suivante,dois je m’installer à la frontière ou en suisse?
j ‘ai des enfants de 11 et 13ans et un enfant à l’école d’infirmère (fin 1ère année) qu’il faudrait scolariser ,
j ai 14 ans d’expérience avec un salaire de 2300 euros net
avez-vous une idée des salaires en suisse?
j ‘envisage d’acheter un logemt à la frontière mais pour l’instant pour choix n ‘est pas définitif car tjrs à la recherche d’informations
si vous avez quelques conseils, je vous en remercie.
Cordialement.
@tatia :
Je vous invite à consulter la page sur les infirmiers et infirmières en Suisse et la page Salaires en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch : vous y trouverez des informations utiles, et je pense notamment une grande partie des réponses à ces questions.
David
David dans un commentaire plus haut vous dites que d’ici une petite dizaine d’année le coût de la vie en Suisse sera identique à celui de la France!
Avez vous connaissance des hausses exponentielles des primes maladies et des 200 000personnes ne bénéficiant plus de l’accès aux soins?
Avez vous lu ces derniers temps toutes ces personnes qui habitent les quartiers populaires ou vieux immeubles du canton de Vaux ou de Genève et qui se font mettre dehors parce que leurs propriétaires démolissent ou rénovent pour relouer deux fois plus chers?
Pensez vos vraiment qu’un futur salarié français voudrait toujours dans dix ans payer un quatre pièces sur Genève à plus de 2500CHF/Mois tout en touchant 6000 brut?
Pensez vous qu’un Français qui rêve d’acheter un bien immobilier soit suffisamment armé pour s’endetter à plus de 500 000CHF avec 200mêtres carrés de jardin (canton du Jura) pour le canton de Genève je ne citerai pas les tarifs pour léviter les attaques cardiaques. (34% de « proprios » suisses contre >65% en France)
Les propriétaires suisses n’étant jamais à 100% propriétaires au final de leur habitat, préfèrent payer les intérêts plutot que le principal, car la taxation est trop importante sans compter les loyers de crédits)
Enfin pensez vous que les français soient et veuillent devenir Suisses pour n’avoir que le mot travail à la bouche sans rien de concrêt leur appartenant?
@Ed : je connais très bien les coûts de la vie des 2 pays.
Les primes d’assurance maladie augmentent en Suisse ? C’est également le cas en France.
Quant au fait de devenir propriétaire, il est certain que les prix à Genève ou Zurich frisent la surchauffe, mais c’est par exemple bien pire à Paris, et les zones frontalières françaises, que ce soit dans le pays de Gex ou en Haute-Savoie, sont tout simplement hors de prix également.
Et puis je ne crois pas que les Suisse n’aient que le mot travail à la bouche. C’est certain, le travail a une valeur en Suisse bien différente de celle de la France, mais les Suisses ne sont pas aussi « obsédé » que cela par la valeur travail.
A titre personnel, je préfère l’approche qu’ont les Suisses du travail que celle des Français. Et je suis moi-même français.
Bonjour,
J’ai trouvé cet article tres interressant … et devant moi meme faire ce choix – resident ou frontalier hebdo – je me demande simplement s’il est encore d’actualité ?!?
J’avoue etre quelque peu perdu !
Bonjour,
Il date un peu, mais les mécanismes sont les mêmes. Je vais tenter de refaire un article plus récent, mais ce ne sera pas tout de suite.
Perdue je suis…. j’envisage de déménager en France et il semblerait que mes impôts prélevés à la source du coup, passeront du simple au double. C’est possible ça ? Finalement, il n’y aurait aucun avantage à habiter en France ?
Comment faire pour garder son lieu de résidence en Suisse et vivre en France ? Y a t il des possibilités d’avoir une résidence secondaire en France et quels sont les conditions pour y avoir accès ?
Merci de votre éclairage
Bonjour,
Pour votre 1ère année en tant que frontalière, votre barème sera fixé sur le cas le plus défavorable, ce qui expliquerait cette différence. Toutefois, il faudra l’année suivante demander une rectification et le barème devrait plus ou moins s’ajuster à ce que vous payez actuellement. Si vous souhaitez quelque chose de plus précis, je peux vous mettre en relation avec une fiduciaire qui vous calculera tout ça.