Standard & Poor’s ayant annoncé, en gros, que la Grèce n’était pas capable de rembourser ses emprunts, il est fort probable que le pays devra négocier sa dette avec ses débiteurs pour se sortir de cette spirale et pouvoir emprunter de nouveau à des taux corrects.
Le secteur de la Finance européenne va probablement tirer la langue, et les principaux titres des sociétés financières sont déjà mis sous pression en bourse.
La Suisse, comme souvent un peu au milieu sans être totalement concernée, compte comme tous les pays ses futurs cadavres, et observe le spectacle de la difficile cohésion de l’Union européenne.
Une délocalisation de Genève au Luxembourg qui a porté chance à la Suisse
La Suisse a eu beaucoup de chance : l’an passé encore, le pays était exposé à hauteur de 64 milliards de dollars, mais la holding grecque EFG international, fortement exposée, a déménagé l’an passé de Genève au Luxembourg, ce qui ramène la créance du pays à 3,6 milliards de dollars (3,2 milliards de francs suisses environ)… Pour comparaison, les banques françaises sont pour leur part plus de 20 fois plus exposées, avec un montant des prêts qui s’élève à 75 milliards de francs suisses, et l’Allemagne 45.
Les eurosceptiques suisses ne vont pas être rassurés par cette affaire
Mais derrière toute cette affaire bien triste pour les pays de l’Union européenne, c’est la cohésion même de la zone euro qui est remise en question : il y a quelques mois, en refusant de soutenir « moralement » la Grèce, l’Allemagne a contribué à la dégradation de la situation de la Grèce. Probablement parce que la Grèce, pour adhérer à l’Union européenne, avait à l’époque menti sur les chiffres afin de rendre sa situation économique compatible avec l’adhésion… Et si aujourd’hui les pays de l’Union européenne n’arrivent toujours pas à s’entendre, cela risque d’entraîner plusieurs pays de l’UE dans le chaos économique et de remettre en cause l’euro.
L’agence américaine S&P est-elle totalement neutre ?
Et d’ailleurs, on peut également s’interroger sur la neutralité des agences de notation comme Standard & Poor’s : elles sont toutes américaines, et comme on sait bien que l’Euro concurrence le dollar pour les échanges internationaux, je ne peux m’empêcher de penser que la subite sortie de ces agences de notation, alors que les pays de l’Union européenne s’étaient entendu, n’est pas complètement innocente.
Bon, je déborde un peu du sujet, mais je trouvais intéressant d’en parler. Quoi qu’il en soit, les eurosceptiques en Suisse doivent voir tout ceci d’un très mauvais oeil.
Et vous, que pensez-vous de cette affaire ?
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La logique aurait voulu que la Grèce soit exclue de la zone Euro. Comme il semble que ce ne sera pas fait, cela veut dire que tout le monde va payer pour les erreurs d’un tricheur qui veut vivre au-dessus de ses moyens. Quand ce sera au tour de l’Espagne ou de l’Italie d’être en défaut (et pourquoi pas de la France) et qu’il ne sera plus possible de les renflouer, ce sera la fin de l’Euro. Fin prédite par tous les économistes dignes de ce nom. L’arrogance des politiciens et leurs constructions technocratiques irréelles cèderont enfin la place à la réalité économique. Moi je m’en fiche, j’ai des lingots en sécurité au pays du chocolat !