Proposition de salaire en Suisse : 10 réflexes à adopter avant de dire oui

Une entreprise suisse vient de vous faire une proposition de poste et vous propose un salaire. C’est plutôt une bonne nouvelle, mais ce n’est pas le moment de baisser la garde, car un salaire suisse est souvent difficile à estimer lorsqu’on est étranger.

En effet, cette étape reste LA grande inconnue pour beaucoup d’entre-vous, et certains avouent n’avoir absolument aucune idée de ce à quoi ils peuvent prétendre ni de la manière de juger l’offre qu’on leur fait. Pour éviter la pire des situations qui consisterait à accepter un salaire plus bas que ce que le marché propose (et peut-être se retrouver ensuite dans une situation financière qui ne vous permet pas de vivre correctement en Suisse ou aux alentours), je vous propose 10 règles à suivre avant de dire oui et de signer le contrat de travail.

1 – Savoir si l’entreprise dépend d’une Convention Collective de Travail (CCT) ou non

Si l’entreprise avec laquelle vous êtes en discussion dépend d’une Convention Collective de Travail (CCT), alors vous trouverez dans cette convention collective le salaire minimum correspondant à la plupart des métiers. Cela vous permettra de situer la proposition que l’entreprise vous fait par rapport au minimum. Pour savoir si l’entreprise dépend d’une CCT, le plus simple est à mon sens de demander au professionnel RH avec qui vous êtes en relation. Vous trouverez ici une définition des différentes Conventions Collectives de Travail (CCT), et sur le site du SECO une définition plus formelle des CCT.

Si l’entreprise n’est soumis à aucune CCT, alors vous n’aurez pas de point de repère minimum « officiel ».

2 – Consulter les calculateurs de salaires officiels

Les syndicats et les autorités suisses proposent des calculateurs de salaire qui permettent, à partir de vos informations, de faire une estimation du salaire que vous pourriez demander pour un poste. Ces calculateurs se basent sur les enquêtes officielles menées auprès des entreprises suisses qui communiquent les salaires de leurs employés à des fins statistiques. Ce sont donc des outils incontournables si vous voulez faire une estimation au plus juste de votre futur salaire en Suisse. Il existe des calculateurs de différentes sortes (pour certains cantons notamment), et nous avons regroupé l’ensemble des calculateurs de salaires sur notre page « salaire suisse« .  Le Syndicat Unia propose également un site très intéressant et pratique pour calculer son salaire minimum.

3 – Activer son réseau pour récupérer de l’information sur les salaires

L’un des meilleurs moyens de savoir si l’offre qu’on vous fait est dans le marché, est de consulter des professionnels du secteur concerné. Si dans votre réseau proche il n’y a personne qui peut vous renseigner, peut-être que ces personnes connaissent quelqu’un qui pourrait vous renseigner (c’est le principe du réseau…). Si le salaire reste toujours un sujet déliquat à aborder, vous devriez pouvoir a minima vous faire confirmer qu’un salaire est ok ou pas.

4 – Sonder la réputation de l’entreprise

Une autre possibilité de se faire une idée de la « justesse » de la proposition de salaire qu’on vous fait est de chercher à savoir quelle réputation l’entreprise dans laquelle vous allez travailler a en matière de conditions de salaires. Utilisez les moteurs de recherches, recherchez sur les forums, bref, utilisez toutes vos compétences en recherche d’informations sur le Web pour voir si une information peut ressortir. Téléchargez notre conférence « Comment utiliser Internet pour sa recherche d’emploi » pour avoir quelques informations complémentaires sur ce sujet.

 

5 – Par rapport au seuil de pauvreté, où est-ce que je me situe ?

Ce n’est bien sûr pas ce qu’il faut viser, mais le seuil de pauvreté est un indicateur qui permet de situer la proposition de salaire qu’on vous fera. Certains secteurs d’activité en Suisse sont connus pour proposer des salaires particulièrement bas (par exemple, le salaire moyen proposé dans le secteur bancaire est le double du salaire moyen proposé dans le secteur de l’hôtellerie), et il faut s’assurer qu’avec ce salaire, on pourra vivre de manière décente en Suisse ou en zone frontalière.

Aussi, pour fixer les idées, le seuil de pauvreté en Suisse est à 2300 francs suisses par mois pour une personne célibataire (soit 27 600 CHF bruts par an). Pour plus de détails et d’informations, consultez ce billet sur les travailleurs pauvres en Suisse.

 

6 – Demandez le montant de votre salaire en net, ou calculez-le vous-même

Certains employeurs suisses vous proposeront une estimation de votre futur salaire net (car en général, la négociation se fait en brut), mais beaucoup ne le font pas. Pour répondre à ce besoin, nous avons mis en place depuis 2008 sur le site Expatwire un calculateur de feuille de salaire, et depuis cet été ce calculateur de salaire est disponible directement sur le site Travailler-en-Suisse.ch. Avec ce service, vous aurez une estimation du salaire net (pour les salariés qui y sont assujettis, nous ne calculons en revanche pas le montant d’impôt à la source).

7 – Intégrez tous les éléments de coûts dans votre décision

Ce n’est pas faute de l’avoir répété : le coût de la vie en Suisse est très élevé, parmi les plus élevé au monde. Mais le coût de la vie ne s’arrête pas à la frontière, et dans les zones frontalières (françaises notamment), le coût de la vie est l’un des plus élevés en France. Par ailleurs, que vous soyez frontalier ou résident en Suisse, vous devrez ajouter notamment les frais d’assurance maladie, qui prennent l’ascenseur depuis plusieurs années, et qui représentent par personne un budget mensuel compris minimum de 100 EUR environ (pour une couverture minimale dans le cadre d’une assurance santé frontalier), et de 200 CHF mensuel au minimum environ pour un trentenaire qui vit en Suisse (ces chiffres dépendent de nombreux facteurs, dont l’âge et la franchise) dans le cadre d’une assurance maladie obligatoire LAMal. Et ces couvertures proposent des prestations franchement minimales, et donc insuffisantes pour couvrir beaucoup de soins).

 

8 – Ne convertissez pas le montant de votre salaire suisse en euro et ne le comparez pas avec un salaire en euro perçu en France

Je le mentionne encore, mais j’espère que plus personne ne fait cette erreur : ne convertissez pas votre salaire en francs suisses en euro pour le comparer avec ce que vous gagnez en France ou en Europe, cela n’a aucun sens. Ce qui est important, c’est de savoir combien vous valez sur le marché du travail en Suisse. Car le cas de figure suivant peut apparaître :

  1. le salaire en francs suisses converti en euros est supérieur à votre salaire en euro en France
  2. mais le salaire qu’on vous propose en francs suisses est largement inférieur à ce qu’on devrait normalement vous proposer en Suisse (pour un tel poste)
  3. Conclusion : vous vous faites avoir et alimentez malgré vous le dumping salarial qui consiste à recevoir un salaire moins cher parce qu’on est étranger.

 9 – Il n’y a pas que le salaire fixe dans la vie…

Le salaire fixe cristallise en général toutes les attentions. Mais dans une proposition de salaire, il y a également tous les « à côté ». Il faut notamment savoir :

  • si vous toucherez un salaire variable et/ou un bonus (pratiques qui ne sont pas, selon les secteurs, uniquement réservées aux membres de la direction. Par exemple, 70% des informaticiens en Suisse touchent un salaire variable)
  • si vous bénéficierez d’avantages en nature : véhicule, participation au logement, à l’assurance maladie… Ces pratiques ne sont pas courantes mais doivent bien sûr être valorisées dans la proposition de salaire qu’on vous fait
  • si la caisse de pension est intéressante : entre une bonne et une « moins bonne » caisse de pension, la différence après quelques années de travail peut être de plusieurs dizaines de milliers de francs suisses. A vous de voir si vous souhaitez intégrer ce paramètre qui tient plus de la prévoyance que du salaire à proprement parler.

10 – C’est avant qu’il faut négocier, après c’est trop tard

Ce dernier point est un petit rappel à l’usage de ceux qui négocient leur salaire et leurs conditions et qu’il me semble bon d’avoir en tête le moment venu.
Certains de mes amis recruteurs me font régulièrement part d’un trait de caractère (qu’ils attribuent principalement aux Français) qui consiste à revenir sur la négociation alors que le contrat est édité et prêt à être signé. En suisse (comme dans beaucoup de pays d’ailleurs), la phase de négociation de salaire a un temps, et une fois que tout le monde est d’accord, il n’est en général pas question de revenir sur des points du contrat. Assurez-vous donc, avant de dire « ok je suis d’accord« , que tout est bien en ordre pour vous.
Et si jamais vous voulez plus d’informations et de conseils, vous pouvez aussi consulter le guide que j’ai co-écrit avec Laurent Schütz « Décrocher un emploi en Suisse« , qui traite notamment de ces questions.
Et vous, quelles sont vos expériences dans ce domaine ?

5 bonnes raisons de refuser un salaire trop bas

Vous avez passé le cap du CV et des entretiens avec succès, et une entreprise suisse vous propose un poste. Seulement, après avoir fait quelques vérifications, vous vous rendez compte que la proposition de salaire suisse qu’on vous fait est bien en dessous de ce qui se pratique sur le marché. Bref, en acceptant, vous risquez d’être sous-payé. Alors que faire ?

Que signifie « Etre moins bien payé que ce que propose le marché » ?

Avant de commencer, il me semble important d’indiquer ce que j’entends par être moins bien payé que ce que propose le marché. Si vous êtes un ingénieur en informatique, un commercial spécialisé dans la vente de produits médicaux ou encore un coiffeur, votre poste a un prix, déterminé par ce que les entreprises sont prêtes à donner pour ces postes, et par ce que les candidats sont prêts à accepter. C’est une bête loi de l’offre et de la demande.

Si avez une expérience en Suisse, vous savez probablement ce que vous valez sur le marché du travail. Si ce n’est pas le cas, je vous invite à vous renseigner rapidement sur les niveaux de salaires, dont vous trouverez quelques ressources sur notre page « salaire suisse » (notamment les calculateurs officiels proposant des données cantonales). Gardez bien à l’esprit que pour un même métier, les secteurs d’activité peuvent proposer des niveaux de salaire très différents. Même chose d’un canton à l’autre : par exemple, les différences de salaires, pour un même poste, entre Zurich et le Tessin sont parfois importantes.

Prenons le cas concret d’un programmeur dans le secteur informatique, ayant une formation universitaire supérieur, 5 ans d’expérience souhaitant travailler dans le canton de Fribourg. Le calculateur de salaire nous donne une estimation des résultats suivants :

source : Observatoire Fribourgeois du marché du travail

Avec ce type d’informations, vous avez une estimation de ce à quoi vous pouvez prétendre, sachant que 25% des personnes qui ont votre profil sont payées 7 520 francs suisses brut par mois ou moins, 50% perçoivent un salaire de plus de 8 490 francs suisses, et 25% touchent un salaire de plus de 9 260 francs suisses bruts par mois.

Si d’aventure la proposition qu’on vous faisait était en dessous du 1er seuil (7 520 francs suisses bruts par mois), alors c’est ce que j’appelle un salaire qui est objectivement en dessous du marché. C’est ce qu’on appelle du dumping salarial. Attention toutefois à intégrer tous les paramètres : certains employeurs proposent des salaires plus bas, mais en contrepartie proposent des avantages qu’il faut intégrer dans le salaire (comme par exemple la prise en charge d’une partie des frais de logement).

Le décor étant planté, je vous propose à présent d’aborder les 5 raisons qui me permettent d’affirmer qu’il vaut mieux refuser un poste sous-payé.

1 – Vous risquez de ne pas vivre correctement en Suisse (ou dans la région si vous êtes frontalier)

Ce premier conseil s’adresse aux travailleurs étrangers qui n’ont jamais travaillé en Suisse et qui sont probablement les « proies » les plus faciles. Certains salaires sont non seulement trop bas par rapport à ce que vaut un tel profil sur le marché, mais trop bas tout court : dans ce cas, cela signifie que vous risquez de ne pas pouvoir vivre correctement sur place (que ce soit en Suisse ou en France, car le coût de la vie élevé ne s’arrête pas à la frontière), et peut-être même vous mettre en situation de pauvreté. Pour information, le seuil de pauvreté pour un couple avec 2 enfants vivant en Suisse est de 4 800 francs suisses par mois…

2 – Un bas salaire risque de vous suivre pendant toute votre carrière

En acceptant à votre entrée en Suisse un salaire bas, il vous sera très difficile de négocier une augmentation de salaire une fois dans l’entreprise. Même chose si vous changez de job : certes, beaucoup d’entreprises, notamment les moyennes et grandes entreprises suisses, proposent des grilles de salaires (en fonction de la qualification, de l’expérience etc.), ce qui permet de limiter le risque d’être franchement sous-payé. Mais toutes ne sont pas dans ce cas, et si l’employeur vous demande votre salaire, que vous lui direz-vous ? Lui mentirez-vous ? Quelle que soit la réponse, vous serez mis(e) en difficulté.

3 – A cause de vous, les salaires des autres employés baissent

Le marché du travail fonctionne grâce à un équilibre subtil entre l’offre et la demande, ces 2 paramètres devant être « sains ». En acceptant de faire un job pour un salaire très faible, vous déséquilibrez toute cette harmonie, ce qui a pour conséquence d’entraîner l’ensemble des salaires à la baisse dans l’entreprise, et à une plus grande échelle, dans le secteur d’activité : personne n’a à y gagner, ni vous, ni les autres salariés déjà sur place, ni les travailleurs qui arriveront après vous.

4 – En acceptant un salaire anormalement bas, vous donnez raison aux entreprises

Pour ceux qui ne le savent pas, il n’y a pas comme en France de salaire minimum obligatoire « général » en Suisse, seulement des entreprises et secteurs d’activité qui sont soumis, via leur CCT (Convention Collective de Travail), à des salaires minimum. Dans ce contexte, une entreprise qui n’est soumise à aucune CCT  n’a aucune obligation de proposer de salaire minimum à un salarié. J’ai d’ailleurs eu récemment un retour d’une Française à qui on a proposé un salaire correspondant à moins de la moitié de ce à quoi elle aurait pu prétendre (la proposition qu’on lui faisait était d’environ 25 000 francs suisses inférieure au salaire moyen en Suisse). Ces entreprises, sans scrupule, exploitent le système et se disent, malheureusement à raison, qu’un candidat (désespéré ?) finira bien par accepter. Autant le dire : à ce tarif là, c’est de l’exploitation, et il vaut mieux renoncer plutôt que d’alimenter un système malsain.

5 – Vous faites baisser le montant de votre future et éventuelle indemnité chômage

Supposons enfin qu’après avoir accepté de prendre un poste sous-payé en Suisse, vous vous retrouviez au chômage : que ce soit en France (pour les frontaliers) ou en Suisse, le montant de l’indemnité chômage que vous toucherez est directement lié au salaire que vous touchiez. Donc qui dit salaire bas, dit indemnités chômage encore plus basses.

Et la réalité du marché dans tout ça ?

J’entends certains me dire que pour certaines situations, il vaut mieux prendre un poste, même sous payé, notamment lorsqu’on est au chômage depuis longtemps par exemple. C’est  vrai dans certains cas, et le fait de retravailler permet de se réinsérer dans la vie professionnelle, de se remettre dans la boucle en quelque sorte. Mais je prétends qu’il faut regarder l’offre à 2 fois avant de dire oui, tant les conséquences de ce choix peuvent être problématiques. Par ailleurs, même si la négociation du salaire est toujours possible, ne rêvons pas : les employeurs qui rentrent dans de telles logiques camperont en général sur leur position.

Malheureusement, les études montrent que ce sont les personnes ayant les plus faibles qualifications qui sont le plus exposées à ce type de problème, et probablement les personnes qui ont le moins d’arguments à faire valoir face à un employeur. Au risque de me faire détester de la communauté, je maintiens toutefois mon conseil de ne pas accepter un mauvais deal, car s’en est un. Vous n’êtes pas une fin de série, vous n’êtes pas non plus modèle d’exposition, alors ne vous soldez pas.

Et avec un franc suisse qui devient de plus en fort par rapport à l’euro, les propositions de certains employeurs suisses risquent à mon sens de se multiplier, notamment auprès des frontaliers puisqu’un salaire en francs suisses, même bas par rapport au marché, pourrait aujourd’hui sembler plus attractif pour quelqu’un qui vit en France.

Enfin si vous êtes « victime » d’une telle offre (ou l’avez été), je vous invite à m’en faire part de manière anonyme, soit en commentaire sur ce blog, soit sur la page Facebook de Travailler en Suisse. Je prendrai alors contact avec vous pour en savoir un peu plus, et vous aider à y voir plus clair.

L’application iPhone qui vous permet de comparer les prix et salaires entre les différentes villes du monde

Tous les 3 ans (avec une mise à jour annuelle), l’étude UBS « Prix et salaires » compare entre-eux les niveaux de prix, de salaires, de charges sociales (et bien d’autres critères) dans plus de 70 villes dans le monde, incluant notamment Genève, Zurich, Paris, Lyon, New-York, Luxembourg, Montréal.

Pour un étranger qui veut travailler en Suisse, c’est un outil très pratique, et si j’ai parfois quelques réserves sur certains chiffres (notamment ceux en relation avec le loyer, qui me paraissent relativement bas dans les villes suisses), la comparaison d’indicateurs ou de salaires entre 2 villes dans le monde est toujours une source d’information intéressante, et permet de se faire une idée du différentiel. Si vous souhaitez en savoir plus sur la mise à jour de l’étude sortie il y a quelques jours,  cliquez sur le lien ci-dessus.

Dans ce billet, je voudrais vous parler non pas de l’étude elle-même mais de l’application iPhone qui est sortie et qui permet de manipuler ces informations de manière plutôt confortable.

Une application qui permet de comparer de nombreux critères entre différentes villes dans le monde

  • Vous voulez connaître la différence de prix entre le même panier de denrées alimentaires à Genève et Paris ?
  • Vous voulez connaître la différence de coût entre un hôtel 3 étoiles à Zurich et Lyon ?
  • Vous voulez savoir si un appartement de 3 pièces de milieu de gamme est plus cher à Genève qu’à New-York ?

L’application iPhone de l’UBS vous permet très simplement de calculer tout ceci, en sélectionnant simplement les 2 villes dont vous voulez comparer les informations, et l’indicateur souhaité : salaire, indicateur de coût ou autre information, comme par exemple le nombre de jours de congés.

Des scénarios « tout faits » très pratiques

Cette application iPhone vous permet également de choisir des scénarios pré-établis. Parmi ceux-ci, certains sont vraiment très pratiques, et vous permettent de répondre aux questions suivantes :

  • Quels produits sont plus attractifs à Genève qu’à Paris ? (ou toute autre ville parmi les 73 présentes dans la base de données)
  • Dans quelles villes de l’Europe de l’Ouest le revenu annuel net d’un chef de département est-il le plus élevé ?
  • Dans quelles villes de l’Europe de l’Ouest le loyer d’un appartement vide de 3 pièces est-il le moins élevé ?

L’application effectue alors un tri et vous restituera une liste de villes, avec les pourcentages présentant les différences, ce qui vous permettra de situer notamment les villes suisses par rapport à celles où vous résidez actuellement par exemple.

Un convertisseur de devises en temps réel

Pour finir, l’application propose un convertisseur de devises très pratique, qui permet de comparer pratiquement en temps réel les valeurs d’une cinquantaine de devises étrangères, dont, bien sûr, les plus importantes : euro, franc suisse, dollar, livre sterling.

Je vous recommande cette application Prix et Salaire de l’UBS qui a en plus le bon goût d’être gratuite.

Vous pouvez la télécharger sur l’AppStore.

Et vous, l’avez-vous testé ? Qu’en pensez-vous ?

 

Rémunération des hauts fonctionnaires des entreprises publiques suisses : le document qui vous dit tout

Vous avez toujours voulu connaître le salaire suisse des hauts fonctionnaires de votre pays comme par exemple, le président de la Poste ? Vous voudriez connaître son salaire fixe, et son éventuel bonus annuel ? Vous voudriez savoir s’il bénéficie, dans l’exercice de sa fonction, d’un téléphone mobile à usage privé ? Vous voudriez savoir si l’assurance maladie obligatoire lui est payée, y compris lorsqu’il est en retraite ?

En Suisse, les informations sur les salaires des hauts fonctionnaires sont transparentes

Toutes ces questions, la plupart des citoyens de tous les pays se les posent, mais tous n’ont pas les mêmes réponses. Je prendrai l’exemple de 2 pays que j’aime bien, la France, et la Suisse. Pour connaître ces informations pour le président de la Poste française, il faut s’armer de courage, de patience, taper aux bonnes portes, avoir de la chance ou être journaliste : la transparence sur ces sujets n’est pas une seconde nature, l’Intelligencia française n’aimant décidément pas que le « peuple » prenne conscience des privilèges dont elle jouit.

Le rapport sur le salaire des cadres : la bible des salaires des hauts fonctionnaires de la fonction publique

En Suisse, vous pouvez très facilement avoir une vue d’ensemble et de détail sur les rémunérations de la plupart des hauts fonctionnaires de la fonction publique. Il suffit simplement pour cela de consulter le Rapport sur le salaire des cadres, édité chaque année par la confédération. On y apprend, notamment, que le président de la Poste suisse touche une rémunération totale de près de 255 000 francs suisses annuels, dont 225 000 de salaire fixe. Vous pourrez vous apercevoir ci-dessous que je ne me moque pas de vous et que tout est détaillé.

C’est aussi quelque chose que j’aime bien en Suisse : l’argent public est, dans tous les esprits, une propriété commune. Il est donc normal de rendre des comptes et d’être le plus transparent possible. Vous tous les détails dans le rapport sur le salaire des cadres (pdf). Je vous souhaite une bonne lecture.

Le classement des dirigeants en Suisse qui gagnent au moins 100 fois plus que leurs collaborateurs

Chaque année depuis 8 ans, le syndicat Travail.Suisse épingle les salaires des dirigeants des entreprises suisses. D’ailleurs, je vous en parlais déjà en 2008 sous  le titre « Salaire des dirigeants et crise financière en Suisse : pas facile d’être un requin« .

En 2010, après une brève accalmie de 2 ans où les écarts se sont réduits ou stabilisés, ce que le syndicat qualifie d’abus ont reprise de plus belle, puisque :

  • en Suisse, l’écart entre le salaire le plus ba et le salaire le plus haut a augmenté dans 16 entreprises sur les 27 analysées
  • le nombre de managers et cadres dirigeants qui gagnent plus de 100 fois le plus petit salaire de l’entreprise a augmenté en 2010, et comporte à présent 46 personnes
  • sur les 46 personnes qui composent la liste des dirigeants gagnant plus de 100 fois plus que le plus petit salaire, on trouve notamment 33 banques, 1 compagnie d’assurance, et 7 entreprises de l’industrie pharmaceutique.

La question des salaires des dirigeants en Suisse est un sujet épineux, épinglé par l’initiative de Thomas Minder, qui visiblement, peine à se faire une place sur le chemin parlementaire (l’initiative de Thomas Minder sur les salaires abusifs a été mise en suspens jusqu’à mi 2012).

Et puis si les conditions de salaire sont aussi bonnes pour les dirigeants, c’est peut-être une des raisons pour laquelle la Suisse est la destination professionnelle préférée de pas mal de managers européens…

Source : Travail.Suisse

Plus d’informations sur le site du syndicat Travail.Suisse.

Franc suisse fort : un frontalier peut-il décemment demander une augmentation ?

Les travailleurs frontaliers en Suisse sont payés en francs suisses, et la grande majorité de leurs dépenses se fait en euro : ils sont donc exposés au risque de change, qui leur est parfois très défavorable, parfois très favorable. Et actuellement, c’est plutôt une bonne opération pour les frontaliers. Par exemple, il y a un an, un frontalier du canton de Genève, avec un salaire net de 4 000 francs suisses (impôt à la source déduit) percevait en réalité 2 842 euros sur son compte bancaire français. Aujourd’hui, alors que le franc suisse est fort, ce même frontalier, avec le même salaire, percevra 3 275 euros.

A salaire constant, un pouvoir d’achat qui augmente de 15% d’une année à l’autre

En d’autres termes, les frontaliers dont le salaire a stagné ont vu en un an leur pouvoir d’achat augmenter de 15 %. On pourrait donc se demander si les frontaliers peuvent légitimement obtenir de leur employeur suisse une augmentation de salaire. La réponse n’est pas si simple.
J’aurais tout d’abord une tendance naturelle à dire que le travail d’un salarié (et sa contrepartie, le salaire) ne doit en aucun cas être relié à un phénomène qu’il ne maîtrise pas, en l’occurrence le taux de change. Si un salarié est bon et mérite d’être récompensé, qu’il soit frontalier, résident étranger ou suisse ne devrait pas avoir d’influence sur la décision de l’augmenter ou non.

Invoquer l’esprit collectif

La situation n’est en revanche pas aussi tranchée si l’entreprise dispose d’un budget « significativement restreint » pour les augmentations (ce qui est probablement le cas de beaucoup d’entreprises, même si les perspectives économiques en Suisse sont bonnes pour 2011). On pourrait alors évoquer la solidarité, et l’esprit collectif, et se dire qu’un frontalier méritant pourrait, pour cette année, « passer son tour » pour l’augmentation de salaire au profit d’un autre salarié résidant en Suisse, à condition qu’il soit bien sûr également méritant (et partant de l’hypothèse qu’il l’est tout de même moins). En espérant que les managers à l’origine de cette décision se rappelle l’année suivante qu’un employé méritant a été « écarté » au profit d’un autre. Je ne suis pas certain qu’il y ait une telle mémoire. Et par ailleurs, si cela venait à se savoir parmi les salariés, cela pourrait être perçu comme une grosse injustice.

Des entreprises suisses qui indexent les évolutions de salaires au cours de l’euro

La cherté du France suisse pose bien d’autres problèmes aux entreprises suisses, qui trouvent parfois des parades bien surprenantes, comme par exemple cette entreprise du canton de Berne, Mopac, qui a décidé d’indexer les salaires de ses employés (indépendamment de leur situation) sur le cours de l’euro. Fort heureusement, le syndicat suisse Unia a saisi la justice pour dénoncer cette situation.

Dans la pratique,il vaut mieux rester serein, car je suis prêt à parier que dans la plupart des cas, tout se fera en bonne intelligence : si parfois les décisions d’augmentations de salaire ne sont pas forcément rationnelles, elles reposent la plupart du temps sur des éléments concrets et objectifs.

Et vous, avez-vous vécu une telle situation ?

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