Le top 10 des nationalités étrangères les plus présentes en Suisse

Les autorités suisses sortent très régulièrement des statistiques sur l’immigration dans le pays.

Dans beaucoup de pays, l’immigration est un thème sensible, et qui fait parfois « fantasmer », et le fait d’avoir des chiffre permet est indispensable.

En Suisse, l’immigration est nécessaire, et reste contrôlée. Les chiffres que je vous propose de regarder son ceux des travailleurs étrangers qui possèdent un permis de résident (permis B, L ou C), et n ‘incluent pas les chiffres des travailleurs frontaliers.

Je vous propose de jeter un oeil sur des chiffres qui parfois surprennent, ceux des étrangers les plus présents en Suisse, par nationalité.

NationalitéNombre d'étrangers (avril 2010)%
Italie288'96217.1
Allemagne254'19215.0
Portugal208'34212.3
Serbie136'2498.0
France91'8155.4
Turquie70'8364.2
Espagne64'1673.8
Macédoine59'8583.5
Kosovo42'5352.5
Autriche36'5812.2

Je me permets juste un bémol pour les expatriés français : les chiffres proposés ne semblent pas tenir comptes des binationaux, ceux-ci étant comptabilisés par les autorités comme des Suisse, et non comme des étrangers. Cela concerne environ 80 000 personnes supplémentaires (je ne suis pas tout à fait certain du chiffre, mais c’est cet ordre d’idées).

On remarque qu’il y a pas mal de ressortissants de pays de l’ex Yougoslavie : pendant de nombreuses années, la Suisse a accueilli de très nombreux étrangers de ces pays avec le statut d’asile politique (avant d’être plus restrictif et de se faire injustement pointer du doigt à l’époque par l’opinion internationale).

source du tableau : Office fédéral de la Statistique « Statistique des étrangers, à fin avril 2010″. Plus d’informations sur le site Travailler-en-Suisse.ch

Alors, c’est plutôt surprenant non ?

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Avoir le permis de travail en Suisse c’est facile… mais pas donné à tout le monde

En discutant récemment avec des candidats qui souhaitaient trouver un job en Suisse, je me suis rendu compte de trois choses :

1/ beaucoup pensaient encore qu’il était très difficile d’avoir un permis de travail en Suisse,

2/ certains ne savaient pas qu’il fallait un permis de travail,

3/ beaucoup confondaient « visa » et « permis de travail »

Pour poser le décors, les travailleurs étrangers sont divisés en 3 catégories :

  • Si vous êtes ressortissant de l’UE (15 pays historiques, France, Allemagne, Italie…), de l’AELE, Chypre et Malte, le permis de travail est une simple formalité, et il suffit d’avoir un contrat de travail signé ou une promesse d’embauche pour l’avoir. Cependant, la demande de permis est encore obligatoire, et dans tous les cantons, il est possible de commencer à travailler à partir du moment où la demande est déposée à l’administration cantonale (le permis, vous le recevrez en général plusieurs semaines voire plusieurs mois après, c’est notamment le cas à Genève ou dans le canton de Vaud où les demandes sont importantes). Ceci est valable pour tous les permis (permis G pour  frontalier ou permis B ou L  de résident).
  • Pour les autres ressortissants (8 pays de l’Est de l’UE, Bulgarie et Roumanie), ce mécanisme ne sera fonctionnel qu’à partir de 2011. Pour l’instant, la demande de permis est soumise à restrictions (quotas, protectionnisme du travail), et il n’est pas possible de commencer à travailler tant que la demande n’a pas été acceptée. La probabilité d’essayer un refus est forte car ces candidats ne sont pas prioritaires, même avec un contrat de travail en poche. Cette situation changera à partir de 2011, ces ressortissants auront alors les mêmes droits que les ressortissants de 15 pays « historiques ».
  • Pour les ressortissants extra-communautaires (Canada, Etats-Unis, Inde…), c’est la loi sur les étrangers qui s’applique, et l’obtention d’un permis de travail en Suisse est soumise à des conditions drastiques : profil recherché, formation supérieure (type Master II, doctorat…) et concrètement, la probabilité qu’on refuse le permis de travail à un tel ressortissant est très forte, et du coup les entreprises ne recrutent que des profils très recherchés pour lesquels il n’y a personne sur le marché.

Enfin, les visa sont obligatoires pour la plupart des ressortissants extra-communautaires qui veulent venir en Suisse, alors que les ressortissants de l’Union européenne peuvent résider en Suisse 3 mois sans travailler sans avoir besoin de visa.

Retrouvez plus d’informations sur les permis de travail sur le site Travailler-en-Suisse.ch, ou mieux encore, dans la 3ème édition de mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Les impôts en Suisse pour les nuls

guide-impotsLes impôts en Suisse, ce n’est pas forcément un sujet simple ni accessible à tous. Et tout particulièrement si vous êtes étranger. Aussi, si vous rêvez de mieux comprendre le mécanisme, ne serait-ce que pour savoir ce qui va se passer pour votre situation personnelle, je vous invite à lire la suite.

Un document sur les impôts très concret et avec des exemples

L’administration fédérale des contributions (équivalent du Ministère des Finances en Suisse) vient de sortir un document pédagogique particulièrement intéressant, le « Guide du futur contribuable« , qui vous explique, de manière simple et avec des exemples concrets à l’appui, tout ce qu’il faut savoir sur les impôts en Suisse pour les résidents (pour les Suisses mais aussi pour les travailleurs étrangers qui y résident – permis de travail B, L ou C).

Vous y trouverez une présentation générale du fonctionnent des impôts en Suisse, ainsi qu’une approche très pratique qui rend ce document si intéressant.

Les questions sur les impôts que tout le monde se pose sont abordées

Voici quelques questions que vous vous posez sûrement et dont vous trouverez les réponses dans le guide :

– Que se passe-t-il au niveau des impôts lorsqu’un travailleur étranger arrive en Suisse, sur quelle base de revenus est-il taxé ?-

– Que se passe-t-il lorsque vous déménagez et  changez de canton ?

– Que se passe-t-il lorsque vous changez de job en Suisse ?

– Que se passe-t-il au niveau des impôts en cas de mariage ou de divorce, et comment son imposées les pensions alimentaires versées ?

– En cas de chômage, doit-on continuer à payer ses impôts ? Et si oui, est-il possible de faire réduire le montant d’impôt à payer ?

– Quelles sont les obligations, et quels sont les droits des contribuables en matière d’impôts ?

– Quelles sont les différentes déductions appliquées par les différents cantons (sachant qu’elles sont différentes dans les 26 cantons)

– …

Ce document n’est pas spécifiquement adressé aux travailleurs étrangers, mais il en reprend quelques exemples. Avant de le lire, n’oubliez tout de même pas que les travailleurs étrangers (permis B et L) qui ont un salaire brut annuel inférieur à 120 000 francs suisses (500 000 à Genève) sont soumis au barème d’impôt à la source, et qu’ils n’ont pas obligation de remplir de déclaration d’impôt. Vous trouverez plus d’informations sur la page « Impôts en Suisse » du site travailler-en-suisse.ch, ou dans le livre « Travailler et vivre en Suisse » où un chapitre très complet est consacré aux impôts, de la déclaration à l’optimisation (pour les résidents, expatriés et frontaliers).

Une mine d’informations à télécharger gratuitement

Bref, ce guide est une vraie mine d’informations, je vous le recommande vivement, et vous pouvez le télécharger gratuitement sur le site de l’administration fédérale des contributions. Il ne concerne cependant pas les travailleurs frontaliers.

J’en profite aussi pour informer ceux qui veulent en savoir plus, que j’aborde le sujet des impôts pour les expatriés, résidents et travailleurs frontaliers de manière approfondie et en relation directe avec la situation d’étranger dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Riches, pauvres et étrangers à Genève : mais où habitent-ils ?

carte-ocstat-geneveChaque année, l’office statistique du canton de Genève  sort une statistique permettant de cartographier les contribuables à hauts et bas revenus. Cela permet notamment de détecter les communes supposées huppées et celles plus populaires.

Une information très utile pour les nouveaux arrivants qui veulent s’installer à Genève, et qui voudraient choisir une commune ou un quartier en fonction de leurs aspirations ou de leur style de vie. Bien sûr, en partant du principe que vous aurez le choix pour votre logement, ce qui est loin d’être certain compte tenu des difficultés à trouver un logement à Genève, depuis des années.

Les communes et quartiers de Genève où on trouve la plus forte concentration de hauts revenus

– Les contribuables ayant les revenus les plus importants se trouvent sans surprise autour du lac, ainsi que dans les parties sud et est du canton. Et ce sont principalement des zones où les villas sont majoritaires (zones en périphérie de Genève ou rurales) :

Céligny, Hermance, Corsier, Colonge-Bellerive, Coligny, Vandoeuvres, Thonex

– Concernant la ville elle-même, les quartiers de Genève où les habitants ont les plus hauts revenus : Champel, Florissant, Malagnou

Les communes et quartiers de Genève où les revenus sont les plus faibles

– Les communes de Genève où les revenus sont les plus faibles sont :

Onex, Genève, Vernier (une partie seulement), Bernex

– Les quartiers de Genève où les habitants ont les revenus les plus faibles : Les Pâquis, les Grottes, les Accacias, Jonction et Plainpalais.

L’étude classifie les revenus de la manière suivantes :

Hauts revenus : revenus supérieurs à 187 938 francs suisses pour les contribuables mariés, 91 609 francs suisses pour les célibataires.

Bas revenus : revenus inférieurs à 89 134 francs suisses pour les contribuables mariés, 37 447 francs suisses pour les célibataires.

Si on vous propose un emploi à Genève, au moins vous saurez avec cette classification si vous faites parti du quart de contribuables ayant les plus hauts revenus… ou bien les plus bas.

Vous pouvez voir toutes ces informations directement sur une carte (sur le site de l’OCSTAT).

La répartition des étrangers dans le canton de Genève

La question que vous vous posez probablement tous est la suivante : mais où s’installent les travailleurs étrangers (permis B et permis L) dans le canton de Genève ? C’est ce que nous révèle une autre étude, en nous indiquant les communes où on trouve le plus de travailleurs étrangers :

Hermance, Chambésy, Cologny, Genève.

Et vous, où habitez-vous, et êtes-vous content de votre commune ?

sources : OCSTAT

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Dénoncez les cas de travail au noir en Suisse

ban-travail-au-noir

L’un d’entre-vous a réagi à l’un de mes billets écrit sur le thème des conséquences du travail en Suisse en permis lorsqu’on est étranger. Le témoignage de « Télévendeuse », une Française,  est éloquent : une société à Genève lui proposait de la payer « de la main à la main » le temps que son permis de travail soit accordé.

On se trouve ici dans le cadre du travail au noir, durement sanctionné par les autorités depuis 2008.

Les risques du travail au noir, pour les entreprises et particuliers

Les risques pour les entreprises, sont les suivants :

– exclusion des marchés publics

– amende pour l’entreprise : jusqu’à 30 000 francs suisses, et jusqu’à 1 million en cas de récidive

– le coût des contrôles est à la charge de l’entreprise

– les entreprises suisses qui emploient des personnes au noir ou illégalement sont listées par les autorités suisses.

Et les sanctions touchent également les travailleurs :

Outre une interdiction de travailler en Suisse pour les étrangers, voici une liste des sanctions en cas de travail au noir en Suisse.

Que faire si on vous propose de travailler au noir ?

2 cas peuvent se présenter :

– vous n’avez pas signé de contrat, et on vous fait une telle proposition : il faut bien sûr refuser et dénoncer la pratique aux autorités (sur le site mentionné ci-dessous)

– vous travaillez déjà chez l’employeur : sensibilisez le à l’intérêt de faire les choses dans les règles. S’il refuse, il faut contacter les autorités cantonales, et discuter avec elles pour voir la meilleure solution à adopter.

Si vous voulez travailler en Suisse, il est donc primordial de le faire légalement.

Vous pouvez télécharger la brochure du SECO, ou aller sur le site officiel  « Pas de travail au noir »

La lecture de ce rapport du SECO est également très intéressante.

Consultez également les différents permis de travail en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch

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Blog d’expat #5 : Shupi, juriste

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Voici le témoignage particulièrement intéressant de Shupi, la bloggeuse du site « Une picarde chez les Helvètes« .

Son témoignage est particulier à deux égards : tout d’abord parce que le parcours de Shupi est vraiment atypique : arrivée jeune fille au pair, elle a occupé pas mal de postes (elle est maintenant juriste), et aussi parce que Française d’origine, elle s’est mariée, a obtenu la nationalité suisse et est en Suisse depuis plus de 20 ans.

On peut donc dire qu’à ce titre, elle est très bien intégrée.

Identité

Qui es-tu ? Shupi

De quel pays es-tu originaire ? De France (Picardie)

Depuis combien de temps travailles-tu en Suisse ? Depuis 1987

Frontalière ou résidente ? Permis saisonnier à l’époque en 1987 puis Suissesse par mariage dès 1989

Es-tu venu seule ou en famille ? Je suis venue seule pour vivre auprès de mon ami et me marier par la suite

Quel est ton métier ? Au début j’étais sommelière, puis vendeuse chez Globus, puis caissière dans un cinéma, puis secrétaire, puis secrétaire de direction à Expo 02 et enfin juriste.

Dans quel canton travailles-tu ? Neuchâtel

Ton recrutement en Suisse

Comment (par quel canal) as-tu trouvé ton job en Suisse ?

Au tout début j’ai répondu à une annonce pour fille au pair et la dame en question m’a proposé de bosser dans son restaurant comme sommelière. Elle s’est occupée de mon permis de saisonnière. Ensuite j’ai! fait des études et j’ai trouvé mon 1er job de juriste en répondant à une annonce du journal l’Express de Neuchâtel.

Te rappelles-tu de ta phase de recrutement ? Comment s’est-elle passée, et qu’est-ce qui t’a marqué ?

J’ai eu un entretien avec 3 personnes du service cantonal pour lequel je voulais travailler comme juriste. J’ai été rappelée le lendemain par le chef du service pour me dire que j’avais le poste et qu’il me le confirmerait par écrit d’ici quelques jours. C’était en 2001.

Ton arrivée en Suisse

Qu’est-ce qui a été le plus difficile lors de ton installation ?

Au tout début, comme je n’avais pas de permis de travail, j’ai eu du mal à trouver un emploi. J’ai bossé 6 mois au noir où j’ai été exploitée à fond en tant que commis de cuisine. Et puis j’ai postulé comme jeune fille au pair et là j’ai trouvé mon second emploi comme sommelière, 6 jours sur 7 et très mal payé. Ce n’est qu’une fois mariée et donc Suissesse (en 1989, on avait tout de suite la nationalité suisse après le mariage) que ma situation s’est éclaircie. Sinon, au niveau de l’installation, je trouvais que tout était cher en Suisse. Les parents de mon mari nous ont beaucoup aidés au début pour nous meubler.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué sur le plan culturel en arrivant en Suisse ?

En 1987-88, quand je suis arrivée, je trouvais que tout était nickel en Suisse, propre, que les gens étaient tous riches et surtout, il n’y avait aucune voiture rouillée ou épave comme en France. J’avais l’impression d’arriver dans un petit paradis de tranquillité, un pays de vacances, un pays pour y passer une retraite tranquille.

Vie au travail

Comment s’est passée ton intégration dans l’entreprise suisse ?

Quand j’ai commencé en tant que juriste, j’étais déjà Suissesse depuis longtemps, donc je me suis plutôt bien intégrée.

T’a-t-on fait ressentir que tu étais étranger(gère) ?

Au début, la plupart de mes collègues ne connaissaient pas mes origines françaises et blaguaient sur les Français grande-gueule, etc…. Je trouvais ça plutôt drôle. Toutefois, j’ai vite remarqué que pour les promotions, en tant que non-suissesse d’origine, j’aurais de la peine à y arriver. Dans le service cantonal où je travaille, il n’y a que de vrais neuchâtelois qui gradent, ils se connaissent et tout marche au copinage. On a beau être suisse depuis 20 ans, on est toujours « la Suissesse d’origine française ».

Tes relations avec les Suisses

Comment juges-tu tes relations avec les Suisses (au travail et dans la vie de tous les jours) ?

J’étais mariée à un suisse-allemand en 1989 et aujourd’hui divorcée, mon ami est Jurassien. Je n’ai pas de problème relationnel avec les Suisses. Toutefois, j’ai aussi pas mal d’amis étrangers (turcs, kosovars, espagnols, portugais) et je trouve que les étrangers sont plus chaleureux, plus « bons vivants » que les Suisses.

As-tu des amis suisses ? Français ? Étrangers ?

Oui, mais je ne mélange pas mes collègues de travail et mes amis. Pour moi, ça a toujours été 2 mondes bien distincts.

L’heure du bilan

Te sens-tu intégrée ?

Oui! Je suis quand même suissesse depuis 20 ans! Parfois on me dit même que j’ai une mentalité de suisse allemande! Je ne sais pas si je dois le prendre comme un compliment 😉

Comment juges-tu ta vie actuelle (par rapport à ta vie avant de venir travailler en Suisse) ?

J’en ai bien bavé au début (petits jobs mal payés, études, etc…) mais aujourd’hui, comparé au niveau de vie de mes anciens camarades de bac en France, je me sens privilégiée. J’ai un bon job, je peux partir régulièrement en vacances, je n’ai pas de fins de mois difficiles, je vis dans un bel endroit avec vue sur le lac. En France je n’aurais jamais pu faire tout ça avec seulement une licence en droit.

As-tu la nostalgie du pays ?

Jamais! Je retourne rarement en Picardie et rarement plus de 3 jours d’affilée. Je vais souvent à Paris par contre.

Consultez le blog de Shupi « Une picarde chez les Helvètes »

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