Avoir le permis de travail en Suisse c’est facile… mais pas donné à tout le monde

En discutant récemment avec des candidats qui souhaitaient trouver un job en Suisse, je me suis rendu compte de trois choses :

1/ beaucoup pensaient encore qu’il était très difficile d’avoir un permis de travail en Suisse,

2/ certains ne savaient pas qu’il fallait un permis de travail,

3/ beaucoup confondaient « visa » et « permis de travail »

Pour poser le décors, les travailleurs étrangers sont divisés en 3 catégories :

  • Si vous êtes ressortissant de l’UE (15 pays historiques, France, Allemagne, Italie…), de l’AELE, Chypre et Malte, le permis de travail est une simple formalité, et il suffit d’avoir un contrat de travail signé ou une promesse d’embauche pour l’avoir. Cependant, la demande de permis est encore obligatoire, et dans tous les cantons, il est possible de commencer à travailler à partir du moment où la demande est déposée à l’administration cantonale (le permis, vous le recevrez en général plusieurs semaines voire plusieurs mois après, c’est notamment le cas à Genève ou dans le canton de Vaud où les demandes sont importantes). Ceci est valable pour tous les permis (permis G pour  frontalier ou permis B ou L  de résident).
  • Pour les autres ressortissants (8 pays de l’Est de l’UE, Bulgarie et Roumanie), ce mécanisme ne sera fonctionnel qu’à partir de 2011. Pour l’instant, la demande de permis est soumise à restrictions (quotas, protectionnisme du travail), et il n’est pas possible de commencer à travailler tant que la demande n’a pas été acceptée. La probabilité d’essayer un refus est forte car ces candidats ne sont pas prioritaires, même avec un contrat de travail en poche. Cette situation changera à partir de 2011, ces ressortissants auront alors les mêmes droits que les ressortissants de 15 pays « historiques ».
  • Pour les ressortissants extra-communautaires (Canada, Etats-Unis, Inde…), c’est la loi sur les étrangers qui s’applique, et l’obtention d’un permis de travail en Suisse est soumise à des conditions drastiques : profil recherché, formation supérieure (type Master II, doctorat…) et concrètement, la probabilité qu’on refuse le permis de travail à un tel ressortissant est très forte, et du coup les entreprises ne recrutent que des profils très recherchés pour lesquels il n’y a personne sur le marché.

Enfin, les visa sont obligatoires pour la plupart des ressortissants extra-communautaires qui veulent venir en Suisse, alors que les ressortissants de l’Union européenne peuvent résider en Suisse 3 mois sans travailler sans avoir besoin de visa.

Retrouvez plus d’informations sur les permis de travail sur le site Travailler-en-Suisse.ch, ou mieux encore, dans la 3ème édition de mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Les impôts en Suisse pour les nuls

guide-impotsLes impôts en Suisse, ce n’est pas forcément un sujet simple ni accessible à tous. Et tout particulièrement si vous êtes étranger. Aussi, si vous rêvez de mieux comprendre le mécanisme, ne serait-ce que pour savoir ce qui va se passer pour votre situation personnelle, je vous invite à lire la suite.

Un document sur les impôts très concret et avec des exemples

L’administration fédérale des contributions (équivalent du Ministère des Finances en Suisse) vient de sortir un document pédagogique particulièrement intéressant, le « Guide du futur contribuable« , qui vous explique, de manière simple et avec des exemples concrets à l’appui, tout ce qu’il faut savoir sur les impôts en Suisse pour les résidents (pour les Suisses mais aussi pour les travailleurs étrangers qui y résident – permis de travail B, L ou C).

Vous y trouverez une présentation générale du fonctionnent des impôts en Suisse, ainsi qu’une approche très pratique qui rend ce document si intéressant.

Les questions sur les impôts que tout le monde se pose sont abordées

Voici quelques questions que vous vous posez sûrement et dont vous trouverez les réponses dans le guide :

- Que se passe-t-il au niveau des impôts lorsqu’un travailleur étranger arrive en Suisse, sur quelle base de revenus est-il taxé ?-

- Que se passe-t-il lorsque vous déménagez et  changez de canton ?

- Que se passe-t-il lorsque vous changez de job en Suisse ?

- Que se passe-t-il au niveau des impôts en cas de mariage ou de divorce, et comment son imposées les pensions alimentaires versées ?

- En cas de chômage, doit-on continuer à payer ses impôts ? Et si oui, est-il possible de faire réduire le montant d’impôt à payer ?

- Quelles sont les obligations, et quels sont les droits des contribuables en matière d’impôts ?

- Quelles sont les différentes déductions appliquées par les différents cantons (sachant qu’elles sont différentes dans les 26 cantons)

- …

Ce document n’est pas spécifiquement adressé aux travailleurs étrangers, mais il en reprend quelques exemples. Avant de le lire, n’oubliez tout de même pas que les travailleurs étrangers (permis B et L) qui ont un salaire brut annuel inférieur à 120 000 francs suisses (500 000 à Genève) sont soumis au barème d’impôt à la source, et qu’ils n’ont pas obligation de remplir de déclaration d’impôt. Vous trouverez plus d’informations sur la page « Impôts en Suisse » du site travailler-en-suisse.ch, ou dans le livre « Travailler et vivre en Suisse » où un chapitre très complet est consacré aux impôts, de la déclaration à l’optimisation (pour les résidents, expatriés et frontaliers).

Une mine d’informations à télécharger gratuitement

Bref, ce guide est une vraie mine d’informations, je vous le recommande vivement, et vous pouvez le télécharger gratuitement sur le site de l’administration fédérale des contributions. Il ne concerne cependant pas les travailleurs frontaliers.

J’en profite aussi pour informer ceux qui veulent en savoir plus, que j’aborde le sujet des impôts pour les expatriés, résidents et travailleurs frontaliers de manière approfondie et en relation directe avec la situation d’étranger dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Dénoncez les cas de travail au noir en Suisse

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L’un d’entre-vous a réagi à l’un de mes billets écrit sur le thème des conséquences du travail en Suisse en permis lorsqu’on est étranger. Le témoignage de « Télévendeuse », une Française,  est éloquent : une société à Genève lui proposait de la payer « de la main à la main » le temps que son permis de travail soit accordé.

On se trouve ici dans le cadre du travail au noir, durement sanctionné par les autorités depuis 2008.

Les risques du travail au noir, pour les entreprises et particuliers

Les risques pour les entreprises, sont les suivants :

– exclusion des marchés publics

– amende pour l’entreprise : jusqu’à 30 000 francs suisses, et jusqu’à 1 million en cas de récidive

– le coût des contrôles est à la charge de l’entreprise

– les entreprises suisses qui emploient des personnes au noir ou illégalement sont listées par les autorités suisses.

Et les sanctions touchent également les travailleurs :

Outre une interdiction de travailler en Suisse pour les étrangers, voici une liste des sanctions en cas de travail au noir en Suisse.

Que faire si on vous propose de travailler au noir ?

2 cas peuvent se présenter :

– vous n’avez pas signé de contrat, et on vous fait une telle proposition : il faut bien sûr refuser et dénoncer la pratique aux autorités (sur le site mentionné ci-dessous)

– vous travaillez déjà chez l’employeur : sensibilisez le à l’intérêt de faire les choses dans les règles. S’il refuse, il faut contacter les autorités cantonales, et discuter avec elles pour voir la meilleure solution à adopter.

Si vous voulez travailler en Suisse, il est donc primordial de le faire légalement.

Vous pouvez télécharger la brochure du SECO, ou aller sur le site officiel  « Pas de travail au noir »

La lecture de ce rapport du SECO est également très intéressante.

Consultez également les différents permis de travail en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch

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Blog d’expat #5 : Shupi, juriste

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Voici le témoignage particulièrement intéressant de Shupi, la bloggeuse du site « Une picarde chez les Helvètes« .

Son témoignage est particulier à deux égards : tout d’abord parce que le parcours de Shupi est vraiment atypique : arrivée jeune fille au pair, elle a occupé pas mal de postes (elle est maintenant juriste), et aussi parce que Française d’origine, elle s’est mariée, a obtenu la nationalité suisse et est en Suisse depuis plus de 20 ans.

On peut donc dire qu’à ce titre, elle est très bien intégrée.

Identité

Qui es-tu ? Shupi

De quel pays es-tu originaire ? De France (Picardie)

Depuis combien de temps travailles-tu en Suisse ? Depuis 1987

Frontalière ou résidente ? Permis saisonnier à l’époque en 1987 puis Suissesse par mariage dès 1989

Es-tu venu seule ou en famille ? Je suis venue seule pour vivre auprès de mon ami et me marier par la suite

Quel est ton métier ? Au début j’étais sommelière, puis vendeuse chez Globus, puis caissière dans un cinéma, puis secrétaire, puis secrétaire de direction à Expo 02 et enfin juriste.

Dans quel canton travailles-tu ? Neuchâtel

Ton recrutement en Suisse

Comment (par quel canal) as-tu trouvé ton job en Suisse ?

Au tout début j’ai répondu à une annonce pour fille au pair et la dame en question m’a proposé de bosser dans son restaurant comme sommelière. Elle s’est occupée de mon permis de saisonnière. Ensuite j’ai! fait des études et j’ai trouvé mon 1er job de juriste en répondant à une annonce du journal l’Express de Neuchâtel.

Te rappelles-tu de ta phase de recrutement ? Comment s’est-elle passée, et qu’est-ce qui t’a marqué ?

J’ai eu un entretien avec 3 personnes du service cantonal pour lequel je voulais travailler comme juriste. J’ai été rappelée le lendemain par le chef du service pour me dire que j’avais le poste et qu’il me le confirmerait par écrit d’ici quelques jours. C’était en 2001.

Ton arrivée en Suisse

Qu’est-ce qui a été le plus difficile lors de ton installation ?

Au tout début, comme je n’avais pas de permis de travail, j’ai eu du mal à trouver un emploi. J’ai bossé 6 mois au noir où j’ai été exploitée à fond en tant que commis de cuisine. Et puis j’ai postulé comme jeune fille au pair et là j’ai trouvé mon second emploi comme sommelière, 6 jours sur 7 et très mal payé. Ce n’est qu’une fois mariée et donc Suissesse (en 1989, on avait tout de suite la nationalité suisse après le mariage) que ma situation s’est éclaircie. Sinon, au niveau de l’installation, je trouvais que tout était cher en Suisse. Les parents de mon mari nous ont beaucoup aidés au début pour nous meubler.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué sur le plan culturel en arrivant en Suisse ?

En 1987-88, quand je suis arrivée, je trouvais que tout était nickel en Suisse, propre, que les gens étaient tous riches et surtout, il n’y avait aucune voiture rouillée ou épave comme en France. J’avais l’impression d’arriver dans un petit paradis de tranquillité, un pays de vacances, un pays pour y passer une retraite tranquille.

Vie au travail

Comment s’est passée ton intégration dans l’entreprise suisse ?

Quand j’ai commencé en tant que juriste, j’étais déjà Suissesse depuis longtemps, donc je me suis plutôt bien intégrée.

T’a-t-on fait ressentir que tu étais étranger(gère) ?

Au début, la plupart de mes collègues ne connaissaient pas mes origines françaises et blaguaient sur les Français grande-gueule, etc…. Je trouvais ça plutôt drôle. Toutefois, j’ai vite remarqué que pour les promotions, en tant que non-suissesse d’origine, j’aurais de la peine à y arriver. Dans le service cantonal où je travaille, il n’y a que de vrais neuchâtelois qui gradent, ils se connaissent et tout marche au copinage. On a beau être suisse depuis 20 ans, on est toujours « la Suissesse d’origine française ».

Tes relations avec les Suisses

Comment juges-tu tes relations avec les Suisses (au travail et dans la vie de tous les jours) ?

J’étais mariée à un suisse-allemand en 1989 et aujourd’hui divorcée, mon ami est Jurassien. Je n’ai pas de problème relationnel avec les Suisses. Toutefois, j’ai aussi pas mal d’amis étrangers (turcs, kosovars, espagnols, portugais) et je trouve que les étrangers sont plus chaleureux, plus « bons vivants » que les Suisses.

As-tu des amis suisses ? Français ? Étrangers ?

Oui, mais je ne mélange pas mes collègues de travail et mes amis. Pour moi, ça a toujours été 2 mondes bien distincts.

L’heure du bilan

Te sens-tu intégrée ?

Oui! Je suis quand même suissesse depuis 20 ans! Parfois on me dit même que j’ai une mentalité de suisse allemande! Je ne sais pas si je dois le prendre comme un compliment ;-)

Comment juges-tu ta vie actuelle (par rapport à ta vie avant de venir travailler en Suisse) ?

J’en ai bien bavé au début (petits jobs mal payés, études, etc…) mais aujourd’hui, comparé au niveau de vie de mes anciens camarades de bac en France, je me sens privilégiée. J’ai un bon job, je peux partir régulièrement en vacances, je n’ai pas de fins de mois difficiles, je vis dans un bel endroit avec vue sur le lac. En France je n’aurais jamais pu faire tout ça avec seulement une licence en droit.

As-tu la nostalgie du pays ?

Jamais! Je retourne rarement en Picardie et rarement plus de 3 jours d’affilée. Je vais souvent à Paris par contre.

Consultez le blog de Shupi « Une picarde chez les Helvètes »

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A Genève, certaines entreprises ne recrutent plus de « nouveaux » travailleurs étrangers

Voici une information »off » très intéressante qui me vient de mon réseau : certaines grandes entreprises du canton de Genève ont clairement annoncé aux agences de placement (les entreprises de recrutement) avec qui elles travaillent qu’elles ne souhaitent temporairement plus embaucher de candidats étrangers n’ayant jamais travaillé en Suisse. En clair, elles ne souhaitent plus faire de nouvelles demandes de permis de travail, mais continueront d’embaucher des profils, suisses ou étrangers, ayant déjà une expérience dans une entreprise suisse.

La raison invoquée : dans la mesure où le canton connaît des difficultés liées au chômage (Genève est le canton qui a le plus fort taux de chômage en Suisse, voir les chiffres de septembre sur le site Travailler-en-Suisse.ch), il leurs a été « suggéré » par l’administration cantonale qu’il serait de bon ton de faire preuve d’un peu de solidarité.

Une telle situation a été récemment rencontrée dans le canton de Neuchâtel avec les travailleurs frontaliers.

Bien sûr, cela ne concerne pas les profils spécialisés qui sont toujours autant recherchés.

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10 idées reçues sur la Suisse

Drapeau suisseJ’aime bien dire que la Suisse est une usine à fantasmes. Pourquoi ? Parce que c’est précisément ceux qui connaissent le moins bien le pays qui colportent le plus d’idées reçues.

Alors si vous envisagez de travailler en Suisse ou d’y vivre, autant éviter ces clichés, vous gagnerez du temps… et de la considération de la part des gens qui vous entourent. Voici donc le palmarès des idées reçues sur la Suisse (il n’y a pas d’ordre d’importance) :

1 – En Suisse, on paie peu ou pas d’impôts

Faux

Contrairement à une croyance populaire très largement répandue, on paie des impôts en Suisse, et le taux d’imposition sur le revenu est en moyenne le même le même qu’en France (environ 40%, avec des nuances parfois importantes selon les cantons). Vous trouverez plus d’informations sur ce sujet sur la page  « Comparaison internationale de la fiscalité en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch.

2 – En Suisse, mon employeur peut me licencier sans me donner de motif

Vrai

Effectivement, le droit du travail suisse (le code des obligations et la loi sur le travail) permet aux employeurs de licencier un employé sans qu’il soit obligé d’en donner la raison, sauf dans le cas où il s’agit d’un licenciement avec effet immédiat (et dans ce cas, la personne doit partir sur le champ de son lieu de travail, elle est d’ailleurs souvent encadrée par des personnes de la sécurité qui l’aident à mettre ses affaires personnelles dans son petit carton – je caricature à peine). Ce n’est pas très « classe » de la part de l’employeur de licencier sans motif mais il peut le faire.

3 – En Suisse, on n’embauche que des spécialistes

Faux, mais plutôt vrai en période de crise

Il est probablement plus facile de trouver du travail en Suisse lorsqu’on est un spécialiste, et en particulier on peine à recruter certains profils (personnel de santé, chercheurs…). Mais cette logique répond avant tout à une logique de marché : en temps de crise, moins on spécialisé, plus il est plus difficile de se placer. Et comme vous pourrez le constater, cette logique vaut pour la France comme pour la Suisse et tous les pays.

4 – Les étrangers ne sont pas les bienvenus en Suisse

Faux, et même archi faux

Plus de 20% de la population résidente en Suisse est étrangère, et si vous rajoutez le nombre de travailleurs frontaliers cela fait beaucoup d’étrangers. Il est très clair que la Suisse n’aurait pas pu avoir la croissance économique qu’elle a eu ces dernières années sans le travail des étrangers. Globalement, les travailleurs étrangers sont donc très bien acceptés, à condition qu’ils respectent la culture locale, tant au travail que dans la vie de tous les jours (la Suisse ce n’est pas la France, et il ne faut pas oublier que l’étranger, c’est vous !).

5 – En tant que travailleur frontalier habitant en France, je peux conserver mon assurance santé française

Faux… et dangereux

Dès votre premier jour de travail en Suisse, vous n’êtes plus assurés en France au régime général de la Sécurité sociale (la Sécu). Vous alors, tout comme les résidents, l’obligation de vous assurer selon l’un des 3 régimes prévus pour les frontaliers (Assurance privée, CMU ou LAMal pour frontaliers). Sur le plan pratique, il arrive que la Caisse primaire d’assurance maladie ne fasse pas le ménage dans ses bases de données et continue à vous rembourser même si vous travaillez en Suisse : sachez que si vous êtes dans ce cas vous êtes en infraction et que vous risquez gros, les autorités françaises étant actuellement en train de faire des contrôles. Vous pouvez passer par notre service de demande de devis gratuit pour une assurance santé frontalier (sur le site Travailler-en-Suisse.ch).

6 – Il n’existe pas de salaire minimum en Suisse

Vrai et faux

Dans la loi sur  le Travail et le code suisse des obligations, il n’existe pas de mention d’un salaire minimum comme c’est le cas en France avec le SMIC. En revanche, selon les accords de branches et les conventions collectives de travail (CCT), des salaires minima peuvent être fixés. Cela concerne principalement l’industrie. Pour estimer son salaire, trouver des informations, consultez la page « Salaires en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch.

7 – En Suisse, mon salaire sera multiplié par 2, 3 ou plus par rapport à mon pays d’origine

Vrai et faux

En fait, cela dépend de votre secteur d’activité, de votre métier, de votre spécialisation, de votre profil etc… Il est vrai que les salaires sont en moyenne pratiquement deux fois plus élevés en Suisse qu’en France, mais il ne faut pas ressortir cette vieille règle de calcul qui ne veut rien dire car elle n’est pas adaptée à toutes les situations. Il est important de bien connaître ce que vous voulez sur le marché suisse, de ne pas accepter n’importe quel poste à n’importe quel tarif, et après c’est la loi de l’offre et de la demande qui fait toute la différence. Retrouver sur ce blog des conseils pour bien négocier son salaire en Suisse lorsqu’on est étranger, et un lien vers un service qui permet de calculer son salaire net et sa future feuille de salaire.

8 – Grâce à la libre circulation des personnes et aux accords bilatéraux, les travailleurs étrangers ressortissants de l’Union européenne et de l’AELE n’ont plus besoin de permis pour travailler en Suisse

Faux

Même si la libre circulation des personnes a considérablement faciliter les démarches administratives et l’obtention du permis de travail, ce dernier reste obligatoire. Plus d’informations sur les permis de travail suisses et les démarches administratives en fonction de votre nationalité.

9- Les frontaliers à Genève ne peuvent réduire le montant de leur impôt

Faux

Une des caractéristiques de l’imposition des travailleurs frontaliers à Genève est la suivante : ils payent leurs impôts à Genève, sur la base du barème d’impôt à la source, mais ne font pas déclaration en Suisse, alors qu’ils en feront une en France ! Sans rentrer dans le détail, sachez que vous pouvez réduire le montant de votre imposition en Suisse en souscrivant un 3ème pilier ou en rachetant une partie de votre 2ème pilier. En agissant ainsi, vous ferez baisser votre fiscalité en Suisse, mais devrez remplir une déclaration (plus simple que la déclaration « ordinaire »). Plus d’informations sur le 2ème et le 3ème pilier et sur la fiscalité en Suisse.

10 – En Suisse, tous les travailleurs étrangers sont soumis au même barème d’impôts, le barème d’impôt à la source

Faux

Le barème d’impôt à la source ne concerne que certains travailleurs frontaliers (dans les cantons de Genève, Zurich et d’Argovie), et certains travailleurs étrangers qui résident en Suisse (permis L ou B) gagnant moins d’un certain montant. D’autres seront soumis au barème d’impôt ordinaire (comme les Suisses ou les travailleurs étrangers titulaires d’un permis C). Attention de ne pas confondre « barème d’impôt à la source » et « impôt à la source » qui est l’acte de se faire prélever sur son salaire l’impôt. Vous trouverez sur le site Travailler-en-Suisse.ch un tableau récapitulatif des différents cas d’imposition en Suisse.

Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les indiquer en commentaires. De toute façon, il est certain que je publierai un autre billet sur ce sujet, j’ai encore pas mal de chose à dire sur ce thème.