Avoir le permis de travail en Suisse c’est facile… mais pas donné à tout le monde

En discutant récemment avec des candidats qui souhaitaient trouver un job en Suisse, je me suis rendu compte de trois choses :

1/ beaucoup pensaient encore qu’il était très difficile d’avoir un permis de travail en Suisse,

2/ certains ne savaient pas qu’il fallait un permis de travail,

3/ beaucoup confondaient « visa » et « permis de travail »

Pour poser le décors, les travailleurs étrangers sont divisés en 3 catégories :

- Si vous êtes ressortissant de l’UE (15 pays historiques, France, Allemagne, Italie…), de l’AELE, Chypre et Malte, le permis de travail est une simple formalité, et il suffit d’avoir un contrat de travail signé ou une promesse d’embauche pour l’avoir. Cependant, la demande de permis est encore obligatoire, et dans tous les cantons, il est possible de commencer à travailler à partir du moment où la demande est déposée à l’administration cantonale (le permis, vous le recevrez en général plusieurs semaines voire plusieurs mois après, c’est notamment le cas à Genève ou dans le canton de Vaud où les demandes sont importantes). Ceci est valable pour tous les permis (permis G pour  frontalier ou permis B ou L  de résident).

- Pour les autres ressortissants (8 pays de l’Est de l’UE, Bulgarie et Roumanie), ce mécanisme ne sera fonctionnel qu’à partir de 2011. Pour l’instant, la demande de permis est soumise à restrictions (quotas, protectionnisme du travail), et il n’est pas possible de commencer à travailler tant que la demande n’a pas été acceptée. La probabilité d’essayer un refus est forte car ces candidats ne sont pas prioritaires, même avec un contrat de travail en poche. Cette situation changera à partir de 2011, ces ressortissants auront alors les mêmes droits que les ressortissants de 15 pays « historiques ».

- Pour les ressortissants extra-communautaires (Canada, Etats-Unis, Inde…), c’est la même chose que pour les ressortissants des 8 pays de l’Est de l’UE décrit ci-dessus, à la différence qu’aucun accord ne prévoit que la situation change.

Enfin, les visa sont obligatoires pour la plupart des ressortissants extra-communautaires qui veulent venir en Suisse, alors que les ressortissants de l’Union européenne peuvent résider en Suisse 3 mois sans travailler sans avoir besoin de visa.

Retrouvez plus d’informations sur les permis de travail sur le site Travailler-en-Suisse.ch, ou mieux encore, dans la 3ème édition de mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Les impôts en Suisse pour les nuls

guide-impotsLes impôts en Suisse, ce n’est pas forcément un sujet simple ni accessible à tous. Et tout particulièrement si vous êtes étranger. Aussi, si vous rêvez de mieux comprendre le mécanisme, ne serait-ce que pour savoir ce qui va se passer pour votre situation personnelle, je vous invite à lire la suite.

Un document sur les impôts très concret et avec des exemples

L’administration fédérale des contributions (équivalent du Ministère des Finances en Suisse) vient de sortir un document pédagogique particulièrement intéressant, le « Guide du futur contribuable« , qui vous explique, de manière simple et avec des exemples concrets à l’appui, tout ce qu’il faut savoir sur les impôts en Suisse pour les résidents (pour les Suisses mais aussi pour les travailleurs étrangers qui y résident – permis de travail B, L ou C).

Vous y trouverez une présentation générale du fonctionnent des impôts en Suisse, ainsi qu’une approche très pratique qui rend ce document si intéressant.

Les questions sur les impôts que tout le monde se pose sont abordées

Voici quelques questions que vous vous posez sûrement et dont vous trouverez les réponses dans le guide :

- Que se passe-t-il au niveau des impôts lorsqu’un travailleur étranger arrive en Suisse, sur quelle base de revenus est-il taxé ?-

- Que se passe-t-il lorsque vous déménagez et  changez de canton ?

- Que se passe-t-il lorsque vous changez de job en Suisse ?

- Que se passe-t-il au niveau des impôts en cas de mariage ou de divorce, et comment son imposées les pensions alimentaires versées ?

- En cas de chômage, doit-on continuer à payer ses impôts ? Et si oui, est-il possible de faire réduire le montant d’impôt à payer ?

- Quelles sont les obligations, et quels sont les droits des contribuables en matière d’impôts ?

- Quelles sont les différentes déductions appliquées par les différents cantons (sachant qu’elles sont différentes dans les 26 cantons)

- …

Ce document n’est pas spécifiquement adressé aux travailleurs étrangers, mais il en reprend quelques exemples. Avant de le lire, n’oubliez tout de même pas que les travailleurs étrangers (permis B et L) qui ont un salaire brut annuel inférieur à 120 000 francs suisses (500 000 à Genève) sont soumis au barème d’impôt à la source, et qu’ils n’ont pas obligation de remplir de déclaration d’impôt. Vous trouverez plus d’informations sur la page « Impôts en Suisse » du site travailler-en-suisse.ch, ou dans le livre « Travailler et vivre en Suisse » où un chapitre très complet est consacré aux impôts, de la déclaration à l’optimisation (pour les résidents, expatriés et frontaliers).

Une mine d’informations à télécharger gratuitement

Bref, ce guide est une vraie mine d’informations, je vous le recommande vivement, et vous pouvez le télécharger gratuitement sur le site de l’administration fédérale des contributions. Il ne concerne cependant pas les travailleurs frontaliers.

J’en profite aussi pour informer ceux qui veulent en savoir plus, que j’aborde le sujet des impôts pour les expatriés, résidents et travailleurs frontaliers de manière approfondie et en relation directe avec la situation d’étranger dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Infirmières et infirmiers français, venez travailler en Suisse !

infirmieres-suisseChaque année je lis les mêmes informations dans la presse française : les infirmières et personnel de soin en France sont mal payés, ont de mauvaises conditions de travail… et le secteur peine à recruter.

Aujourd’hui, une nouvelle étude montre que les patients sont de plus en plus maltraités dans les hôpitaux français, mettant en cause le personnel soignant et très souvent son indisponibilité, faute de moyens humains et matériels.

La Suisse propose de meilleures conditions de travail pour le personnel de santé que la France

Le temps que les mesures soient prises et France, et que les autorités se rendent compte que payer une misère des infirmières pour une responsabilité très importante, et que la réduction des moyens et du personnel ne risquent pas d’améliorer la situation, je propose aux infirmières et infirmiers français de venir travailler en Suisse : ils y trouveront de meilleures conditions de travail, avec du personnel plus nombreux et des tâches médicales plus élargies, ainsi qu’un salaire plus que décent.

Des opportunités en Suisse pour les infirmières et personnel de santé français, et de bonnes conditions de travail

En Suisse comme en France, on peine à recruter, et les opportunités d’emploi sont très importantes (voir l’article du site Travailler-en-Suisse.ch : « Personnel de santé en Suisse : la grande pénurie« .

Selon le couple d’infirmiers interviewés dans mon guide « Travailler et vivre en Suisse« , il semblerait que le nombre de patients dont les infirmières ont la responsabilité en Suisse est moins important qu’en France, et que la prise en charge des patients est plus globale (et englobe notamment une partie du travail des aides-soignants en France).

Par ailleurs, le permis de travail n’est plus un problème pour les ressortissants de l’Union européenne.

Quelques informations pour travailler en Suisse en tant qu’infirmière ou professionnel de santé

Bref, qu’attendez-vous pour améliorer votre qualité de vie ?

Pour en savoir plus, consultez la page « Infirmières et professions de santé en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch, vous y trouverez des liens vers des sites proposant des offres d’emploi, ainsi que la page « Salaire en Suisse« .

S’il y a parmi vous des infirmières ou infirmiers, je serai heureux d’avoir votre témoignage en commentaire, et notamment pour voir comment vous jugez les différences entre le métier d’infirmière en France et en Suisse.

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Dénoncez les cas de travail au noir en Suisse

ban-travail-au-noir

L’un d’entre-vous a réagi à l’un de mes billets écrit sur le thème des conséquences du travail en Suisse en permis lorsqu’on est étranger. Le témoignage de « Télévendeuse », une Française,  est éloquent : une société à Genève lui proposait de la payer « de la main à la main » le temps que son permis de travail soit accordé.

On se trouve ici dans le cadre du travail au noir, durement sanctionné par les autorités depuis 2008.

Les risques du travail au noir, pour les entreprises et particuliers

Les risques pour les entreprises, sont les suivants :

- exclusion des marchés publics

- amende pour l’entreprise : jusqu’à 30 000 francs suisses, et jusqu’à 1 million en cas de récidive

- le coût des contrôles est à la charge de l’entreprise

- les entreprises suisses qui emploient des personnes au noir ou illégalement sont listées par les autorités suisses.

Et les sanctions touchent également les travailleurs :

Outre une interdiction de travailler en Suisse pour les étrangers, voici une liste des sanctions en cas de travail au noir en Suisse.

Que faire si on vous propose de travailler au noir ?

2 cas peuvent se présenter :

- vous n’avez pas signé de contrat, et on vous fait une telle proposition : il faut bien sûr refuser et dénoncer la pratique aux autorités (sur le site mentionné ci-dessous)

- vous travaillez déjà chez l’employeur : sensibilisez le à l’intérêt de faire les choses dans les règles. S’il refuse, il faut contacter les autorités cantonales, et discuter avec elles pour voir la meilleure solution à adopter.

Si vous voulez travailler en Suisse, il est donc primordial de le faire légalement.

Vous pouvez télécharger la brochure du SECO, ou aller sur le site officiel  « Pas de travail au noir »

La lecture de ce rapport du SECO est également très intéressante.

Consultez également les différents permis de travail en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch

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Blog d’expat en Suisse #7 : Eric, Mandataire en brevets européens

vignette-blog-ericÉric est notre 7ème portrait de blogger expat en Suisse.

Arrivé en Suisse il y a presque deux ans, il a intégré Nestlé, l’une des entreprises multinationales les plus connues au monde, et qui a son siège à Vevey. C’est donc dans le canton de Vaud qu’il s’est installé, et l’expérience de son arrivée qu’il nous relate, que ce soit dans l’entreprise ou le canton, est très intéressante.

Son blog, Tribulations helvètes était initialement un journal de bord de son arrivée et de son installation en Suisse, à l’attention de sa famille et de ses amis : un moyen de leur faire part de ses impressions en somme, ainsi que les surprises et les étonnements. Au fil du temps, le blog est devenu pour lui un outil pratique pour donner des nouvelles.

Identité

Qui es-tu ? Eric

De quel pays es-tu originaire ? France

Depuis combien de temps travailles-tu en Suisse ? Depuis janvier 2008

Frontalier ou résident ? Résident (permis B-CE/AELE)

Es-tu venu seul ou en famille ? Seul

Quel est ton métier ? Mandataire en brevets européens

Dans quel canton travailles-tu ? Le canton de Vaud

Ton recrutement en Suisse

Comment (par quel canal) as-tu trouvé ton job en Suisse ?

Chasseur de tête et une annonce dans un journal professionnel

Te rappelles-tu de ta phase de recrutement ? Comment s’est-elle passée, et qu’est-ce qui t’a marqué ?

J’ai été étonné par la rapidité, l’efficacité et la flexibilité du processus de recrutement. J’ai d’abord complété une évaluation psychologique « on-line » pour préparer des entretiens la semaine suivante, avec une personne des RH, mon futur patron et futur collègue. Mon employeur (Nestlé) m’a entièrement défrayé sans que j’aie besoin de le demander (contrairement à certaines entreprises en France). Puis les RH voulaient que je revienne pour une seconde série d’entretiens. Comme je ne pouvais pas me libérer, les entretiens ont eu lieu par téléphone. J’ai reçu la proposition d’embauche dans la semaine ! Ma démission n’arrangeait pas mon ancien employeur et j’ai accepté de prolonger mon préavis, après en avoir discuté avec mon futur chef de département, qui n’y voyait pas d’inconvénient. A mon arrivée, tout était prêt : PC, bureau, journée d’accueil, rende-vous organisés pour déjeuner avec mes nouveaux collègues…

Quels conseils (en terme d’emploi) donnerais-tu à ceux qui veulent travailler en Suisse ?

Vu sa dimension internationale, je ne pense pas que Nestlé reflète vraiment l’entreprise suisse. J’ai de la peine à donner un conseil sur ce point. Évidemment, il est essentiel de maîtriser plusieurs langues, dont l’anglais (langue de travail). Les démarches au moment de l’arrivée sont un peu complexes, mais probablement pas plus que pour un étranger qui débarque en France… Une chose tout de même, ne pas oublier que les charges sociales en Suisse sont relativement faibles pour l’employeur comme pour l’employé, par rapport à la France. Par conséquent, pour estimer son salaire en Suisse, il faut au moins intégrer au salaire brut français les charges que l’employeur paie en France. Il faut aussi se renseigner sur les primes d‘assurance maladie. Cela permet de calculer un « package » qui permettra de cotiser plus facilement aux 2ème et 3ème piliers.

Ton arrivée en Suisse

Qu’est-ce qui a été le plus difficile lors de ton installation ?

Trouver un appartement. Heureusement, j’ai pu sous-louer un studio pendant quelques mois et Nestlé m’a offert les services d’une agence de recherche d’appartement. J’imagine que c’est le genre de chose à évoquer lors des entretiens d’embauche.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué sur le plan culturel en arrivant en Suisse ?

D’abord, le changement d’horaire. Tout est décalé de 2 à 3 heures : l’ouverture et la fermeture des commerces, des bureaux… J’ai aussi été surpris par la sollicitude de mes interlocuteurs dans l’administration (commune, canton) ou les assurances et les différents services industriels (eau, tél, électricité…). Le plus souvent, les gens sont prêts à expliquer les démarches et à offrir leur aide, alors qu’en France j’ai rarement reçu une aide claire et complète sans avoir l’impression de déranger avec mes questions. Enfin, la coupe d’Europe l’an dernier a été une sorte de révélateur de l’impressionnante multiculturalité de ce pays.

Vie au travail

Comment s’est passée ton intégration dans l’entreprise suisse ?

Comme je le mentionne plus haut, je travaille dans une entreprise multinationale. Elle est habituée à recevoir des employés de tous horizons et a mis en place un processus d’intégration efficace. J’ai eu l’occasion de rencontrer mes interlocuteurs et collègues, pour me présenter et connaître leurs attentes. J’ai aussi suivi des formations de présentation de l’entreprise.

T’a-t-on fait ressentir que tu étais étranger(gère) ?

Non. En fait, il y a plus de non-Suisses que de Suisses dans le département où je travaille.

Tes relations avec les Suisses

Comment juges-tu tes relations avec les Suisses (au travail et dans la vie de tous les jours) ?

Excellentes. Mes collègues suisses sont très ouverts aux étrangers et nous organisons régulièrement des sorties. Comme je suis musicien, j’ai intégré plusieurs sociétés (i.e. associations), et je fais même partie du comité (i.e. le bureau) de l’une d’elles depuis plus d’un an. J’ai vite adopté certaines expressions qu’on ne trouve pas en France, et en arrivant, j’ai lu un bouquin sur l’histoire de la Suisse (la Suisse pour les Nuls, pour ne pas le citer). Des amis suisses (j’anticipe sur la question suivante…) plaisantaient même en disant que j’étais presque prêt pour passer l’examen de naturalisation ! L’intégration s’est donc bien déroulée.

As-tu des amis suisses ? Français ? Étrangers ?

Oui, oui et oui. Entre autre grâce à la Fille, j’ai rencontré de nombreux Français à Lausanne et alentours. Elle m’a transmis la responsabilité d’organiser les mercredis Frouzes, ce qui me donne une occasion supplémentaire de rencontrer du monde. J’ai rencontré quelques personnes via mon blog. Évidemment, le travail permet aussi de rencontrer des amis, essentiellement des non-Suisses.

L’heure du bilan

Te sens-tu intégré ?

Tout à fait.

Comment juges-tu ta vie actuelle (par rapport à ta vie avant de venir travailler en Suisse) ?

Je bénéficie d’une bien meilleure qualité de vie, et le travail est aussi intéressant. Je trouve la vie culturelle très riche, je profite de la montagne et du lac. Le changement d’atmosphère m’a probablement obligé à sortir de ma coquille et reprendre des activités que j’avais plus ou moins laissées de côté.

As-tu la nostalgie du pays ?

Non, je le vois tous les jours, de l’autre côté du lac ! Évidemment la famille et les amis « restés » en France me manquent, mais le téléphone et le train font des miracles de nos jours.

Consultez le blog d’Eric, Tribulations helvètes

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Blog d’expats #6 : Doremi, conseiller pédagogique

doremiNotre 6ème portrait de bloggers expats en Suisse est belge et s’appelle Amaury.

Il est conseiller pédagogique à l’Université de Lausanne, au Centre de Soutien à l’Enseignement. Sa femme, « Madame Doremi » avec qui il est marié depuis 12 ans est éducatrice à Vevey dans une résidence pour personnes adultes handicapées mentales. Ils se sont connus pendant leurs études d’éducateur à Liège, et ont eu 3 enfants de 5, 7 et 10 ans.

Après plusieurs années passées en Belgique (près de Maastricht, Liège et Aachen) ils ont décidé en 2006 de venir s’installer en Suisse.

Le blog de Doremi, c’est le blog d’un petit belge qui est devenu petit suisse. C’est surtout un blog où il raconte ce qu’il fait et ce qu’il vit en Suisse avec sa famille, et sa femme y occupe d’ailleurs une place importante.

Amaury me raconte que son blog a été un bon vecteur d’intégration en Suisse, et qu’il lui a permis de rencontrer pas mal de personnes de tous âges et de toutes conditions avec qui il garde des contacts.

De son propre aveux, son blog, c’est aussi son défouloir, son confident, l’endroit où il note toutes les bêtises qu’il ne faut pas qu’il oublie. Comme vous pourrez le constater, son témoignage est plein d’humour.

Identité

Qui es-tu ? Doremi aka Amaury… à moins que ça ne soit le contraire.

De quel pays es-tu originaire ? Belgium… twelve points

Depuis combien de temps travailles-tu en Suisse ? Depuis mars 2006. J’ai fait les trajets en train toutes les semaines jusqu’en juillet 2006, le temps de trouver un appartement pour toute la famille, que notre aîné finisse sa première primaire et que Madame Doremi finisse sa formation d’enseignante.

Frontalier ou résident ? Résident (permis B)

Es-tu venu seul ou en famille ? Les deux, mais pas en même temps. Euh… donc d’abord seul puis en famille.

Quel est ton métier ? Conseiller pédagogique, spécialisé en pédagogie universitaire.

Dans quel canton travailles-tu ? Vaud actuellement mais j’ai travaillé dans le canton de Fribourg pendant 3 ans.

Ton recrutement en Suisse

Comment (par quel canal) as-tu trouvé ton job en Suisse ?

Ah, ça c’est la Belgian connection. Je veux dire, il y a tellement de belges en Suisse qu’il se fait que j’en connaissais une en particulier qui m’a proposé un contrat de 3 ans de recherche à l’Université de Fribourg. C’est en fait une ancienne collègue de Namur avec qui j’avais gardé des contacts parce qu’elle était ma directrice de thèse (c’est une bonne raison pour garder des contacts d’ailleurs). C’était une recherche européenne et je coordonnais une équipe de 30 personnes réparties dans 5 pays. Une expérience géniale.

Te rappelles-tu de ta phase de recrutement ? Comment s’est-elle passée, et qu’est-ce qui t’a marqué ?

Il n’y a donc pas eu vraiment de recrutement en ce qui me concerne. Ce qui m’a marqué, c’est l’organisation. Tout était prêt quand je suis arrivé: logement provisoire dans une résidence d’étudiants, permis de séjour, contrat, bureau, ordinateur, un demi-tarif, etc. Et je n’avais encore rien vu! Mes deux premières collègues n’étaient même pas suisses mais belge et portugaise. Je connaissais déjà Fribourg car j’y donnais un cours depuis 2 ans dans le cadre d’une formation en pédagogie universitaire.

Quels conseils (en terme d’emploi) donnerais-tu à ceux qui veulent travailler en Suisse ?

- Avoir un diplôme reconnu. Notamment pour les enseignants, ce n’est vraiment pas évident : le diplôme d’éducatrice de ma femme a facilement été reconnu (quoiqu’il n’y ait pas vraiment d’équivalent ici en Suisse puisque la formation d’éducateurs est de niveau universitaire ou en tout cas dure plus longtemps qu’en Belgique), mais pas son Certificat d’Aptitude Pédagogique belge pour enseigner.
- Connaître les langues : en étant francophone, l’anglais est un minimum, l’allemand ou l’italien, un vrai plus, surtout à Fribourg qui est une ville complètement bilingue.
- Avoir plusieurs compétences différentes dans sa besace. La variété, la flexibilité et la capacité à s’intégrer à une équipe sont primordiaux pour moi.
- Si on a un conjoint, c’est vraiment important qu’il ou elle cherche du travail aussi. Avec un permis B (mais il faut être marié et européen pour profiter du regroupement familial), c’est très facile.

Ton arrivée en Suisse

Qu’est-ce qui a été le plus difficile lors de ton installation ?

Rien. Tout s’est passé vraiment comme sur des roulettes. J’ai rencontré beaucoup de compréhension, d’aide, d’accueil.
Bon allez, il y a bien cette employée de la Poste qui m’a un peu énervé à traîner pour m’ouvrir un compte en banque, mais c’est tout. Il y a aussi le proprio d’un appartement que j’ai visité qui m’a demandé de lui fournir des preuves que je n’avais pas de dettes en Suisse. J’ai donc été cherché un document à l’Office des poursuites.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué sur le plan culturel en arrivant en Suisse ?

C’est beaucoup plus multiculturel et riche qu’en Belgique. Fribourg est une ville de 350 00 habitants avec une université de 10 000 étudiants (la moitié de Verviers). Il y a des cinémas, des théâtres, des salles de concert, des festivals internationaux de films, de danses folkloriques, d’art contemporain, etc. (pour moi qui habitais à Verviers, c’était obligatoire d’aller à Liège, une ville de 200 000 habitants, pour avoir l’équivalent). Et avec environ 20% d’étrangers en moyenne sur la Suisse (2 fois plus qu’en Belgique), on a tout le temps l’impression d’entendre des langues différentes: allemand, portugais, anglais, russe… et bien sûr le suisse allemand :-) Une langue affreuse à l’audition mais en fait très cool :-)
J’ai trouvé aussi les gens très ouverts (mes amis proches sont pour la plupart suisses allemands), avec une envie de découvrir la Belgique par exemple, ce qui m’a étonné car on m’avait dit que les suisses étaient plutôt renfermés. Ceci s’est révélé totalement faux, en tout cas de mon point de vue.

Vie au travail

Comment s’est passée ton intégration dans l’entreprise suisse ?

C’était une équipe de base que je connaissais déjà à laquelle se sont ajoutés plusieurs autres collègues, suisses, mais aussi roumains, tunisiens et allemands. Franchement, tout s’est très bien passé. On s’est très vite invités l’un chez l’autre.

T’a-t-on fait ressentir que tu étais étranger(gère) ?

Jamais. Sauf pour me taquiner. Mais je le leur rendais bien :-)

Tes relations avec les Suisses

Comment juges-tu tes relations avec les Suisses (au travail et dans la vie de tous les jours) ?

Franchement très bonnes. L’intégration ne s’est pas faite que par le boulot mais aussi beaucoup par les enfants, via l’école ou les clubs de sport. En arrivant, ma femme a travaillé plusieurs mois comme maman de jour. Ca nous a fait rencontrer pas mal de gens du quartier avec qui nous avons gardé des liens.

As-tu des amis suisses ? Français ? Étrangers ?

Suisses oui. Français, bof j’évite (mais nooon, j’décoooonne). Étrangers oui, de toutes nationalités ou à peu près (je ne connais pas encore de Fidjien par exemple. Ni de Turkmène).

L’heure du bilan

Te sens-tu intégré ?

Oui pas mal. Par exemple: il y a une sorte de principe ou de rituel chez les suisses (surtout les suisses allemands) qui est de passer son dimanche à la campagne ou en montagne à découvrir des endroits inconnus. A présent, c’est moi qui renseigne des chouettes balades à faire à mes amis suisses.

Comment juges-tu ta vie actuelle (par rapport à ta vie avant de venir travailler en Suisse) ?

Très intéressante et épanouissante. Tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. Je n’aurais jamais eu autant d’opportunités de développement professionnel en Belgique. Et je n’aurais jamais connu autant de diversité culturelle en restant en Belgique.

As-tu la nostalgie du pays ?

Non. Pas vraiment. Il y a évidemment un peu la famille et les amis mais que je revoie régulièrement (Verviers n’est qu’à 600 kilomètres ou 7 heures de route…). Il y a aussi 2-3 trucs culinaires: la variété des bières, la sauce andalouse, les boulettes sauce lapin, les chocolats Galler, le pain (aaah un bon gros carré blanc coupé…), les moules, les crevettes, la mer à Pâques… Mais c’est pas mal compensé par les vins, la moutarde de Bénichon, les meringues à la crème double, les montagnes absolument magnifiques, de la vraie neige (pas juste 3 flocons tous les 5 ans), la fondue moitié-moitié…
Ma femme m’a déjà dit plusieurs fois que ça ne la dérangerait pas de rentrer « un jour » en Belgique. Mais moi, j’imagine vraiment ça très mal. Émigrer dans un autre pays, pourquoi pas. Avec encore plus de soleil tiens (tiens en passant, il fait vachement moins humide en Suisse qu’en Belgique !). Mais revenir en Belgique, bwaarf.

Consultez le blog de Doremi, Doremi’s blog

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