L’entreprise qui investit le plus en R&D dans le monde est suisse

La crise n’a pas empêché les entreprises dans le monde d’investir en Recherche & Développement, puisque les dépenses en R&D sont en hausse de 5,7% (532 milliards de dollars) : c’est ce qui ressort d’une étude mondiale sur les investissements en R&D des entreprises les plus innovantes.

Les entreprises suisses, déjà bien positionnées l’an passé dans le classement R&D, ont encore augmenté leurs dépenses en Recherche & Développements. D’ailleurs, l’entreprise qui investit le plus en R&D dans le monde est une entreprise suisse : il s’agit du laboratoire pharmaceutique Roche (9,12 milliards de dollars investis, ce qui lui permet de passer de la 3ème à la 1ère place du classement). L’autre entreprise suisse qui se situe dans le top 20 des entreprises qui investissent le plus en R&D est Novartis. Le laboratoire pharmaceutique a également augmenté ses investissements en R&D (7,469 milliards de dollars), ce qui lui a permis de passer de la 9ème à la 6ème place.

Un investissement plus important que la moyenne pour Roche

Alors que les 1000 entreprises du classement ont augmenté en moyenne leurs dépenses en R&D de 5,7% d’une année à l’autre, Roche holding a augmenté ses investissement de 11,6%. Seuls Merck et GlaxoSmithKline font mieux.
Pour Novartis, l’investissement en R&D a été plus faible que le moyenne, de « seulement » 3,5%.

Une intensité d’investissement plus importante pour les laboratoires pharmaceutiques suisses

L’intensité de l’investissement des entreprises se mesure selon le pourcentage que représentent ces investissements en fonction du chiffre d’affaires de la société. C’est dans le secteur de la santé que les entreprises consacrent la part la plus importante : 12% du chiffre d’affaires de ces sociétés, en moyenne, est investi en R&D.

Le laboratoire Roche a pour sa part investi plus de 20% de son chiffre d’affaires dans la Recherche, et Novartis presque 17%, confirmant notamment la volonté des entreprises suisses d’être des références dans le domaine de la Recherche.

Concernant les entreprises des autres secteurs d’activité, on notera la remonté dans le classement de STMicroelectronics, dont le siège est basé à Genève, et qui est passé de la 66ème à la 57ème position dans le classement. Nestlé, qui a réduit ses investissements en R&D, est passé de la 71ème à la 87ème place. La société ABB est pour sa part tout juste dans les 100 premières entreprises au niveau mondial.

Au total, 29 entreprises ayant leur siège en Suisse font partie des 1000 entreprises qui investissent le plus dans le monde, et les investissements de ces entreprises représentent 5% des investissements en R&D de ces 1000 entreprises.

Comparaison internationale pour les investissements R&D : la Suisse en 3ème position mondiale

Pour comparaison, la 1ère entreprise française, Sanofi Aventis, est en 10ème position du classement, et la 2ème à la 30ème position. En revanche, tous investissements confondus, la Suisse occupe la 3ème place au niveau mondial, la France la 4ème (en première position, on trouve les Etats-Unis, suivi du Japon).

Si on compare le nombre d’entreprises de chacun des pays, on remarquera que les entreprises font un effort considérable en Recherche & Développement, puisqu’elles permettent au pays de se placer, en montant d’investissement R&D, dans le top 3 au niveau mondial.

Retrouvez l’étude complète « Global Innovation 1000 »(pdf)

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L’industrie pharmaceutique recrute des étrangers. Oui mais…

© iStockphoto

L’industrie pharmaceutique en Suisse peine à trouver des profils qualifiés dans le pays, et doit donc se tourner vers l’étranger, et particulièrement vers les candidats européens. Rien de nouveau sous le soleil, on le savait déjà, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour les étrangers qui veulent travailler en Suisse.

Malheureusement, ces recrutements ne sont pas toujours aussi simples, et d’autres paramètres que la formation rentrent en jeu, notamment la capacité d’adaptation, la connaissance de la culture locale et la maîtrise des langues.

C’est en gros ce qui ressort d’un très bon article du quotidien genevois Le Temps paru hier, qui met également en avant les limites du système de formation en Suisse.

Shire, une société qui peine à recruter dans le canton de Vaud

Shire, une société irlandaise de ce secteur (et dont nous vous avions parlé il y a quelques jours sur Travailler-en-Suisse.ch dans un article intitulé « Opportunités dans l’industrie pharmaceutique dans le canton de Vaud« ) est un bon exemple : en recherche d’une centaine de postes en Suisse, notamment dans la recherche médicale et le marketing, elle devra recruter plus de la moitié des candidats à l’étranger, principalement en provenance des États-Unis ou du Royaume-Uni.

Même au pire de la crise, le secteur ne trouvait pas de candidats hautement qualifiés. A présent que le marché devient plus ouvert, c’est encore plus difficile.

Les DRH de l’industrie pharmaceutique : ce qu’ils recherchent et attendent

Dans l’article, quelques directeurs des ressources humaines de ce secteur ont été interviewés, et leurs remarques sont sans appel :

- Les entreprises de l’industrie pharmaceutique recherchent des profils ayant une double formation « docteurs en pharmacie ou en médecine + MBA », avec de l’expérience. Du coup, ça réduit pas mal le nombre de candidats.

- Chez Roche, l’un des leaders du secteur, la plupart des chercheurs sont étrangers, les Suisses étant davantage sur des postes juridiques ou financiers.

- Toujours selon le géant bâlois, pour les profils de postes moins « high level » comme les techniciens de laboratoire, les candidats français et allemands sont bien positionnés, et plus nombreux que les Suisses. De l’aveu même du DRH de Roche, et selon le quotidien Le Temps, « Pour le même prix, nous avons des candidats mieux formés, au cursus plus poussé« .

- Le système de formation en Suisse serait incomplet pour ces métiers, car les masters en pharmacie restent généralistes : d’après la DRH de Sanofi-Aventis, il faudrait que se développent en Suisse des filières de formation de type master spécialisées dans ce secteur, comme c’est par exemple le cas en France.

- Les docteurs suisses dans ce domaine ne sont pas suffisamment mobiles : dès lors qu’ils ont un poste, la plupart le gardent et ne souhaitent pas forcément changer.

- Les professionnels RH plébiscitent des formations en bioinformatique : ces profils sont très demandés, et restent très rare. Selon le DRH de Roche, la Suisse devrait se doter d’un solide système de formation dans ce domaine, et devenir une référence.

- La DRH de chez Eli Lilly à Genève préfère recruter des profils locaux lorsque cela est possible, pour d’évidentes raisons liées au risque d’inadaptation culturelle.

Les offres d’emploi des sociétés citées

- Offres d’emploi chez Shire

- Offres d’emploi chez Roche en Suisse

- Offres d’emploi chez Sanofi Aventis en Suisse

- Offres d’emploi chez Eli Lilly en Suisse

- Kelly Scientific Resources : site spécialisé dans le recrutement de profils scientifiques par l’agence de placement Kelly Services

Quelques ressources pour vous aider à trouver un emploi dans ce secteur

- annuaire des entreprises pharmaceutiques et chimiques en Suisse

- un bilan du secteur de l’industrie pharmaceutique en Suisse, les principaux acteurs, les chiffres clés dans une étude de l’association suisse interpharma

- R&D : les entreprises suisses dans le top 10 des entreprises les plus innovantes au monde

- Ingénieurs, informaticiens, scientifiques en Suisse : des opportunités d’emplois

- Industrie pharmaceutique en Suisse : perspectives et état des lieux sur le site Travailler-en-Suisse.ch

- Les pages CV et lettres de motivation et salaires sur le site Travailler-en-Suisse.ch

Si vous êtes un professionnel de ce secteur, faites-nous part de votre expérience de recrutement en Suisse.

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Tout savoir sur les clusters en Suisse

J’anticipe déjà la question que (presque) tout le monde se pose : « Qu’est ce qu’un cluster ? »

Pour faire court, un cluster est une concentration géographique d’activités très précises et d’entreprises et institutions indépendantes entre-elles, avec pour objectif de développer les liens entre toutes ces entités. La Suisse, notamment par le biais de ses promotions économiques, développe fortement ce type d’activité, notamment pour attirer des entreprises étrangères.

Des exemples de clusters : l’industrie pharmaceutique dans la région de Bâle ou l’horlogerie à la Chaux de Fonds. Selon les sources et la classification choisie, on comptabilise entre 25 et 70 clusters différents en Suisse.

Les clusters touchent souvent des activités de pointe, génèrent des emplois qui sont souvent de haut niveau, comme les métiers de la recherche. Ces entreprises recrutent très souvent des travailleurs étrangers, frontaliers ou expatriés.

Selon les sources, on estime à 226 000 le nombre d’employés qui travaillent dans des entreprises en clusters en Suisse.

Je vous ai trouvé plusieurs ressources très intéressantes sur le sujet – dont des annuaires de clusters – , qui vous permettront, si vous avez un métier un peu technique, d’identifier les zones géographiques où il sera pour vous le plus pertinent de postuler, ce qui devrait augmenter vos chances de trouver un job en Suisse.

Quelques clusters en Suisse

Le tableau ci-dessous nous donne une indication, pour quelques clusters, du nombre d’emplois, des secteurs et des régions, et de la compétitivité par rapport à l’ensemble des pays européens :

clusters-suisses

source : Eco' Diagnostic et "Les clusters dans la promotion économique"

Concentration : mesure l’importance du cluster par rapport à l’ensemble de la branche au niveau européen

Spécialisation : ratio entre le nombre d’emplois du cluster en % des emplois de la région, et le nombre d’emplois dans les branches équivalentes au niveau européen

Cartographie des clusters en Suisse

carte-clusters-suisse

source : Eco' Diagnostic et "Les clusters dans la promotion économique"

Ce que je trouve très étonnant dans cette carte qui présente les différents clusters dans le pays, c’est que beaucoup d’entre-eux sont positionnés dans des zones frontalières.

Quelques ressources très utiles sur les clusters suisses

Annuaire des clusters en Suisse (et en Europe) : fichier pdf à télécharger

Analyse sur les clusters suisses, incluant des liens vers des sites et des explications très intéressantes (en anglais), par the European Cluster Observatory

Les clusters dans la promotion économique (fichier pdf) : un rapport officiel plutôt complet du paysage des clusters en Suisse. Une bonne synthèse de beaucoup de sujets.

Nanotechnologies : la Suisse veut créer un centre de compétences (sur le site Travailler-en-Suisse.ch)

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R&D : les entreprises suisses investissent massivement

recherche-developpementPour ceux d’entre-vous qui travaillent dans une activité en relation avec la R&D, la Suisse peut être une destination professionnelle intéressante, les entreprises du pays étant réputées pour leurs investissements dans la recherche :

En 2008, les entreprises privées suisses ont investi environ 12 milliards de francs suisses dans la Recherche et Développement (sur le sol Suisse), en augmentation de 24% par rapport à 2004.

Si on rapporte cet investissement en % du PIB,  la Suisse occupe la 6ème position au niveau mondial, derrière Israël (1ère position), le Japon, la Suède, la Corée du Sud et la Finlande.

Les secteurs qui investissent le plus en R&D en Suisse

chiffres exprimés en millions de francs suisses (emplois équivalent plein temps entre parenthèses)

- Pharmacie – industrie pharmaceutique : 4 628 (8 463)

- Industrie des machines : 1 378 (6 997)

- Technologies de l’Information et des Communications TIC – fabrications : 1 102 (4 856)

- Instruments de Haute Technologie : 701 (2 524)

Au total, la Recherche & Développement emploie en Suisse plus de 39 000 personnes (en équivalents plein temps).

Des salaires beaucoup plus élevés en Suisse qu’en France pour la Recherche

Côté salaire, le salaire moyen brut mensuel dans l’activité R&D se situe à 8 055 francs suisses… Ce qui apparaît comme l’un des problèmes majeurs en France (la rémunération des chercheurs) est en Suisse parfaitement intégré à la stratégie des entreprises qui savent bien que si elles veulent attirer de bons profils, elles doivent y mettre le prix. C’est d’ailleurs, à l’échelle européenne, et récemment en Allemagne, un problème important qui a été montré du doigt, les Allemands se plaignant de voir leurs cerveaux s’exiler en Suisse.

Les chercheurs européens pourront donc se poser les questions suivantes : votre patriotisme est-il sans faille ? Êtes-vous prêts à rester  en France, avec un faible salaire et des équipements vieillissants dans une équipe qui l’est tout autant, ou souhaitez-vous faire  partie d’une équipe et d’une entreprise qui vous donnera les moyens d’exercer votre discipline ? Je vous laisse commenter.

source : OFS et Travailler-en-Suisse.ch (page « Salaires en Suisse« )

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Quand la Suisse infiltre les Etats-Unis… au plus haut niveau

Cette semaine, la Suisse a fait trembler le Sénat américain à Washington.

Avec plus de 90 millions de dollars versés  à des sociétés de lobbying et pour les campagnes présidentielles américaines depuis l’année 2001, les deux multinationales Roche et Novartis sont parmi les entreprises suisses les plus « actives ». Il faut dire que le marché américain est juteux : les prix des médicaments sont plus élevés (parfois jusqu’à 60%) et la population est nombreuse.

Le lobby pharmaceutique : un influenceur de lois

Pour ceux qui ne le sauraient pas, les lobbyistes sont les hommes de l’ombre qui influencent les parlementaires qui s’apprêtent à voter telle ou telle loi, l’objectif étant de les influencer dans leurs choix en leur soumettant par exemple des rapports qui pourraient les inciter à voter telle ou telle loi ou à en abandonner une autre. Bref, c’est un peu l’économie qui s’invite à la table de la politique, de manière discrète. Et presque tous les grands groupes y ont recours, dans tous les pays développés.

Plus de 40 sénateurs influencés par le laboratoire pharmaceutique

Mais cette semaine, cette belle machine à influencer s’est grippée : le New-York Times a repris les argumentaires préparés par le laboratoire Roche, et le compte rendu officiel des débats au Sénat : plus de 40 sénateurs ont repris les argumentaires du géant pharmaceutique, parfois au mot près. La filiale de Roche, Genentech, a même été citée par les sénateurs, ce qui est rare car cela se fait en général de manière assez discrète, sans qu’on puisse remonter la source. Malaise dans la classe politique américaine.

La décision de Barrack Obama de réformer le système de santé américain vient-il des labo pharma suisses ?

Moi, ce qui m’amuse, c’est de voir qu’un pays comme la Suisse, grand comme une ville de taille moyenne aux États-Unis, est capable d’influencer une telle puissance jusqu’au plus haut niveau : on peut en effet se demander jusqu’à quel point Barrack Obama, qui a décider de réformer le système de santé aux Etats-Unis, ne l’a pas été par la Suisse.

Quand je vous disais que les Suisses étaient malins en affaires…

Et vous ? Que pensez-vous de cette affaire ?

source : Le Temps

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Annuaire des entreprises pharma et chimiques en Suisse

blue tubesLe secteur de l’industrie chimique et pharmaceutique en Suisse représente près de 4% du PIB, est un gros exportateur et emploie environ 65 000 personnes.

La plupart des entreprises sont présentes en Suisse alémanique, avec une forte concentration autour des cantons de Bâle ville et Bâle campagne, mais elles sont également présentes en Suisse romande, notamment à Genève.

Pour les spécialistes du secteurs qui veulent travailler en Suisse, c’est une véritable opportunité.

Les entreprises suisses de ce secteur, et particulièrement les entreprises pharmaceutiques,  sont régulièrement classées dans les entreprises les plus innovantes, avec un tissu économique composé de grands groupes comme Roche,  Novartis, ou Merck Serono, des entreprises de taille plus modeste comme Actelion, mais aussi un nombre très important de sous-traitants.

Quelques ressources utiles pour ceux qui veulent travailler en Suisse dans le secteur de l’industrie chimique et pharmaceutique

- Annuaire des entreprises suisses de ce secteur sur le site de SGCI Chemie.

- Étude qui fait un état des lieux du secteur de l’industrie pharmaceutique

- Perspectives et état des lieux de l’industrie pharma en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch

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