Les billets qui vous ont le plus faits réagir en 2009

patchwork-suisseLoin devant tous les autres billets, c’est l’affaire HSBC / Falciani qui a suscité le plus de commentaires. Viennent ensuite les affaires fiscales, et en particulier lorsqu’elles concernent les Français qui ont procédé à de l’évasion fiscale.

Les affaires politiques, et notamment les affaires en relation avec le MCG et l’affaire des minarets sont également en bonne place.

Sans grande surprise, je constate que ce sont les affaires d’argent qui suscitent le plus de réactions sur ce blog, que ce soit la fiscalité ou le racisme.

Probablement des relents de ce que j’appelle « les grands fantasmes suisses » et qui ont été très présents dans les médias en 2009.

Voici donc la liste des 10 articles les plus commentés du blog de Travailler en Suisse :

1 – Hervé Falciani : le messie du secret bancaire suisse

2 – Le soutien de Tony Musulin : la honte française

3 – 10 000 euros d’amende par compte suisse non déclaré

4 – Le MCG : le parti genevois anti-frontaliers

5 – Comment dénoncer un chauffard en Suisse

6 – Comment tuer le syndicalisme à la française en appliquant le modèle suisse

7 – L’anecdote qui a accéléré mon expatriation en Suisse

8 – Fiscalité Suisse-France : les conséquences de l’accord sur la double imposition

9 – A Genève, toutes les coiffeuses roulent-elles en Audi ? (reportage 66 minutes de M6 sur les frontaliers à Genève)

10 – Minarets en Suisse : les Suisses sont si intolérants…

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Pourquoi Johnny ne rentrera pas en France

Les exilés fiscaux français risquent de le rester encore longtemps

J’ai récemment lu un article très intéressant sur les exilés fiscaux français qui, malgré le bouclier fiscal mis en place par le fisc français, tardaient à revenir. Bien sûr, la Suisse fait partie des destinations « attendues » au tournant.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, l’hémorragie d’exilés fiscaux français est de plus en plus forte : environ deux ménages par jours ont quitté la France en moyenne, et aujourd’hui ce sont quatre ménages par jour qui « s’évadent » vers des pays à la fiscalité plus clémente. Mais alors pourquoi, malgré le bouclier fiscal qui, promis juré, leur épargnera une mise à mort fiscale, les riches contribuables continuent-ils, comme Johnny, de partir ?

Une fiscalité française instable, au contraire de la fiscalité suisse

La réponse est finalement assez simple : les contribuables n’ont plus confiance dans cette fiscalité qu’ils jugent instable : en 2009 le bouclier fiscal est effectif, en 2010 il peut disparaître, et personne ne peut rien dire.

La fiscalité suisse est, pour sa part, beaucoup plus stable, et propose encore son fameux forfait fiscal qui permet aux contribuables les plus riches de ne pas payer d’impôts sur la fortune ou le revenu, mais sur les dépenses. Un système fiscal particulièrement intéressant pour les très riches, mais qui commence a être critiqué en Suisse pour son côté très inégalitaire (la particularité de ce forfait fiscal, c’est que seuls les étrangers peuvent en bénéficier). Du coup, certains cantons comme Zurich ont décidé de l’abolir.

Finalement, Johnny qui avait promis à Nicolas Sarkozy de revenir en France s’il mettait en place le bouclier fiscal tiendra-t-il sa promesse ? S’il n’a qu’un raisonnement mathématique, il est peu probable qu’on le voit revenir.

Plus d’informations sur le forfait fiscal sur le site « Travailler-en-Suisse.ch« , et dans le livre « Travailler et vivre en Suisse » où un large chapitre lui est consacré.

Classement des cantons pour implanter son entreprise en Suisse

Chaque année, les analystes du Crédit Suisse éditent le classement des cantons les plus attractifs pour la création d’entreprises en Suisse.
Par ses promotions économiques, véritables forces de vente de la Suisse en dehors de ses frontières, la Suisse attire chaque année de plus en plus d’entreprises étrangères qui s’implantent dans le pays.
Une des caractéristiques inédites du pays, c’est que chaque canton a ses propres avantages, et chaque canton fait donc sa promotion. En particulier, on sait que la fiscalité d’entreprise est un des critères mis en avant par les cantons (et les communes) et que c’est précisément LE sujet de discorde avec l’Union européenne.

L’étude du Crédit Suisse reprend des éléments objectifs en se basant sur 5 critères : imposition des personnes physiques et des personnes morales, niveau de formation de la population, présence de personnel hautement qualifié et axes de communication.

Deux cantons alémaniques occupent le haut du classement : Zoug et Zurich, alors que le premier canton roman, Genève, est quatrième.

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Il me semble tout de même qu’il manque à ce classement un critère fondamental : on sait aujourd’hui que la capacité d’implantation des entreprises est limité dans certains canton à cause d’une offre immobilière limitée. Que dire d’un canton hyper attractif qui ne peut accueillir votre unité de production ? Or, on sait par exemple que des cantons comme Zoug ou Genève, très bien positionnés dans le classement, ne peuvent répondre à tous les types d’implantation, faute de place…

Plus d’informations sur les promotions économiques sur le site Travailler-en-Suisse.ch

Suisse et Union européenne : je t’aime moi non plus

Je vous conseille la lecture d’une interview du Conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz (équivalent d’un Ministre en France) dans le magazine l’Hebdo : il reprend toute les questions politiques et sujets « chauds » du moment, notamment ceux que la Suisse et l’Union européenne ont en commun (l’intégration des étrangers et les résultats des élections, et les discussions sur la fiscalité des entreprises…) : c’est une excellente photographie des sujets d’actualité.

Dans les grandes lignes, le conseiller commente les résultats des élections fédérales. Le pays serait mal à l’aise avec cette montée de la droite nationaliste, et je pense que le fait que la presse internationale ait associé la Suisse à la xénophobie ne fait pas plaisir à tout le monde ici… et c’est plutôt rassurant.

Le problème de l’intégration plus présent en Suisse alémanique

Concernant l’intégration des étrangers, il semblerait que le problème de l’intégration soit plus présent en Suisse alémanique. Ce qui est intéressant, c’est l’attention portée à ce sujet (et qui ne date pas d’aujourd’hui, voir un de mes précédents billets sur l’intégration en Suisse), preuve que les étrangers (et leur rôle majeur dans la croissance de l’économie du pays) comptent.

La fiscalité des entreprises : l’éternel conflit entre la Suisse et l’UE

Le sujet le plus intéressant, c’est probablement la position de la Suisse vis-à-vis de l’Union européenne : sur le sujet du différend concernant la fiscalité des entreprises (pointée du doigt par l’Union européenne qui prétend que le pays mène une politique fiscales jugée déloyale en accordant des subventions détournées) qui est, rappelons-le, LE principal sujet de discorde avec l’Union européenne, la position du conseiller est très claire : la Suisse est un État indépendant, qui ne fait pas partie de l’Union. Il n’est pas question de négocier, mais de discuter. En langage suisse, c’est une manière courtoise de dire que le pays ne changera pas sa position sous la contrainte de l’Union européenne.
Les députés et le gouvernement européen devraient le savoir : la Suisse n’est pas un pays à qui on dicte, ni qui se laisse diriger. C’est vrai en politique extérieure, mais également en politique intérieure.

Cette volonté d’indépendance est renforcée par le communiqué de presse de la Chancellerie sorti aujourd’hui : selon elle le titre de l’article « Face à Bruxelles, nous devons changer » est erroné et n’indique pas la position du Conseiller fédéral (sacrés journalistes).

Enfin, selon le Conseiller fédéral, « Les accords bilatéraux profitent aussi bien à l’UE qu’à la Suisse. Il n’est donc pas question de les remettre en cause« .

La Suisse et l’Union européenne, c’est un peu comme un vieux couple : on se chamaille pour des sujets qu’on traîne comme des casseroles depuis des années, parfois, on casse un peu de vaisselle pour montrer qu’on existe, mais dans le fond, on s’aime toujours et on a besoin l’un de l’autre.