Nouvel arrivant en Suisse, est-il possible d’échapper à l’assurance maladie suisse ?

Philippe, un futur résident en Suisse, m’a écrit récemment pour me demander s’il était absolument obligatoire d’être affilié au régime suisse d’assurance maladie (LAMal). Je tiens à préciser que Philippe a souscrit une assurance internationale de type CFE avec une complémentaire avant de venir

Pour répondre à la question de Philippe de manière brutale, il n’est pas possible, selon la loi, de se soustraire à l’obligation d’assurance maladie en Suisse… MAIS il existe quelques cas et solutions, que je mentionne dans mon livre.

Il est possible d’être dispensé de s’assurer en Suisse, mais sous certaines conditions

En fait, si la loi ne le permet pas, elle prend en compte quelques situations, ce que peu de personnes savent, et ce qui est peu communiqué par les autorités. En particulier, les soins et médicaments en Suisse étant très coûteux, si votre état de santé n’est pas très bon (si par exemple, vous avez un traitement à vie), vous ne serez pris en charge par aucune assurance maladie complémentaire suisse pour les soins relatifs à votre maladie, et l’assurance de base ne couvrira vraisemblablement pas les frais. Dans ce cas, la note pour les frais médicaux ou de médicaments risque d’être très salée, et il vous est alors possible de demander une exemption ou une dispense de l’obligation de s’assurer.

Dans la pratique, les cantons sont plus ou moins souples

Cette exemption se fait auprès de l’Office cantonal compétent (en général l’Office cantonal qui se charge de vérifier que vous êtes bien affilié à la LAMal), dont vous trouverez quelques coordonnées sur la page « assurance maladie en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch (vous y trouverez également des informations sur le fonctionnement de l’assurance maladie en Suisse). Parmi les conditions de cette dispense, il faut être au bénéfice d’une assurance internationale AVANT l’arrivée en Suisse. Enfin, certains cantons accordent relativement facilement cette dispense, d’autres sont un peu plus raides.

Pour l’assurance santé des travailleurs frontaliers, la loi est différentes, et ceci ne s’applique pas.

Si vous êtes dans ce cas, je suis très intéressé d’avoir votre témoignage en commentaire (et votre canton d’habitation).
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Trouver un médecin en Suisse… qui parle votre langue

Voilà qui n’a rien de révolutionnaire mais qui pourra vous aider si vous vous installez en Suisse, et particulièrement si vous vous installez en Suisse alémanique ou italophone.

Si vous ne parlez pas la langue principalement parlée dans le canton, vous trouverez peut-être agréable de trouver un médecin qui parle la vôtre. Pour cela, vous pouvez consulter le site de la fédération des médecins suisses, qui propose un moteur de recherche des médecins en Suisse, par discipline médicale, spécialisation (généraliste ou spécialiste), commune et canton. Vous y trouverez surtout un critère de recherche par langue parlée par le praticien.

La recherche peut se faire auprès des médecins libéraux et des médecins hospitaliers.

Plus étonnant encore, le site vous donnera l’année de naissance du médecin, sa carrière professionnelle (dans quelles université il a obtenu son diplôme et à quelle date), les différentes prestations qu’il propose, ainsi que son site web s’il en a un. Bref, c’est un excellent outil que je vous conseille.

Par exemple, sur Zurich, le site nous permet de voir que 392 médecins parlent le Français. Compatriotes malades exilés en Suisse alémanique, vous ne serez plus jamais seul…

Je vous rappelle au passage que vous trouverez plus d’informations sur les aspects médicaux et l’assurance maladie des expatriés et résidents en Suisse sur le site Travailler-en-Suisse.ch ainsi que dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Et vous ? Connaissez-vous d’autres outils en relation avec la médecine qui pourrait être utile ?

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Assurance santé des expats et résidents en Suisse : 5 conseils pour faire le bon choix

Choisissez la bonne assurance santé en SuisseL’assurance maladie pour les expatriés en Suisse n’est pas une chose simple, surtout si vous venez d’arriver.

Comment s’assurer pour la santé quand on est étranger en Suisse ? Comment éviter les pièges ? Comment dialoguer avec le professionnel de l’assurance ?

Nous vous proposons de répondre à ces quelques questions à travers quelques conseils :

1 – Assurance obligatoire et complémentaire : attention, ce n’est pas du tout la même chose !

Le régime suisse d’assurance santé est constitué de deux parties très différentes : l’assurance obligatoire (LAMal) de base et l’assurance complémentaire.

L’assurance obligatoire est régie par des lois fédérales et est, comme son nom l’indique obligatoire pour la plupart des résidents en Suisse. Les prestations prises en charge, les remboursements, les niveaux de franchises sont les mêmes pour tous les produits d’assurance, ce qui les rend donc comparables entre eux. Seuls le tarif et les modalités de remboursement des soins changent d’une compagnie à l’autre. Vous avez donc en général intérêt à prendre la moins chère.

L’assurance complémentaire est pour sa part régie par des lois privées, et vous permet de choisir un meilleur remboursement pour tel ou tel type de prestation. Ce sont donc des assurances à la carte, et elles ne sont absolument pas obligatoires. Ce serait l’équivalent de ce qu’on appelle mutuelle en France, à l’échelle suisse et avec des modalités différentes.

De fait, vous n’êtes absolument pas tenu de souscrire dans la même compagnie d’assurance votre assurance maladie obligatoire de base et votre complémentaire, car en pratique si vous trouvez une assurance santé obligatoire peu chère, il est assez rare que l’assurance complémentaire soit aussi la moins chère dans cette compagnie.

2 -Le questionnaire de santé pour l’assurance maladie obligatoire : interdit !

Le professionnel de l’assurance avec qui vous discutez ne peut pas vous demander de remplir un questionnaire de santé pour une assurance obligatoire de base. Ainsi, quel que soit votre état de santé, la compagnie est obligée de vous assurer.

3 – Demandez au professionnel de l’assurance de bien se présenter

Si un l’agent d’assurance ou un courtier vous démarche, demandez lui de se présenter et de vous indiquer pour quelle(s) compagnie(s) il travaille, ainsi que les modalités de rémunération (comment il gagnera sa vie en vous vendant ce produit en somme). Attention, certains professionnels peu scrupuleux se présentent en disant qu’ils travaillent pour des organes officiels (comme par exemple Santé Suisse). Si vous avez un doute sur votre interlocuteur, vous pouvez vérifier son statut sur le site de la FINMA

4 – Ne vous précipitez pas pour souscrire votre assurance et n’annulez rien

Prenez votre temps (si vous le pouvez), et faites le tour de la concurrence, surtout si vous choisissez une assurance complémentaire.Ou passez par un courtier.

Je mets en garde les expats qui négligent souvent l’assurance obligatoire et qui doivent ensuite s’assurer dans l’urgence parce que les 3 mois de délai sont dépassés. Anticipez si vous  ne voulez pas faire des erreurs.

Enfin, si vous avez déjà un contrat d’assurance surtout n’annulez rien tant que vous n’avez pas eu la déclaration formelle de la nouvelle compagnie : ce serait dommage d’annuler son précédent contrat et de ne pas en avoir un nouveau, notamment pour l’assurance complémentaire.

5 – Vers quel(s) professionnel(s) de l’assurance se tourner pour signer un contrat d’assurance santé ?

Comme pour l’assurance santé des travailleurs frontaliers, nous vous conseillons de passer par un courtier : vous gagnerez du temps (il fera le tour de la concurrence à votre place), leur approche est en général objective (ils ont du choix parmi de nombreux produits)  et leurs services sont gratuits. Certains courtiers ont par ailleurs des conditions préférentielles avec certaines compagnies d’assurance.

Ce sont d’ailleurs avec courtiers que nous travaillons dans le cadre du service gratuit de demande de devis que nous proposons sur le site Travailler-en-Suisse.ch.

Enfin, méfiez-vous des sites web de comparaison : selon la Fédération romande des consommateurs, ils ne sont pas objectifs (interview du 27/05/09 sur la Radio Suisse Romande). De fait, nous vous conseillons d’aller sur le site de l’Office fédéral de la santé publique, vous y trouverez l’ensemble des produits d’assurance et les primes, avec une objectivité garantie.

Pour en savoir plus sur l’assurance santé en Suisse des expats :

Et vous ? Avez-vous d’autres conseils à nous proposer ?

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10 bonnes idées suisses à appliquer en France

De plus en plus de Français qui s’installent en Suisse me disent : « Quitter la France ne me pose aucun problème, je ne supporte plus ce pays, et puis la manière dont évolue la société  française m’inquiète ».

Alors voici quelques bonnes idées suisses que nous pourrions appliquer en France :

Idée n°1 – Unifier le système de retraite

En Suisse, l’âge de la retraite est le même pour tout le monde (65 ans pour les hommes, et 64 pour les femmes). Il n’existe pas de traitement de faveur pour les personnes travaillant dans la fonction publique, alors qu’on France les différences sont énormes (les fonctionnaires partent plusieurs années avant tout le monde).

Idée n° 2 – Abolir le statut de fonctionnaire

Les Suisses l’ont bien compris et depuis longtemps : pour qu’un fonctionnaire soit pleinement efficace dans sa fonction, il doit être motivé. Et pour être motivé, il faut qu’il puisse progresser dans une structure, être évalué etc… ce que ne permet pas le statut de fonctionnaire. En France, lorsque vous rentrez dans la fonction publique, vous savez quel type de poste et de salaire vous serez susceptible d’avoir juste avant la retraite. Alors une loi a supprimé définitivement le statut de fonctionnaire en Suisse il y a plusieures années.

Mais le plus incroyable, c’est que c’est le peuple suisse lui-même qui a voté cette loi, grâce à la démocratie directe (ou plus exactement semi-directe).

Idée n° 3 – Redonner le pouvoir au peuple et instaurer la démocratie directe

En Suisse, point de députés qui prennent le peuple en otage en votant des lois parfois contraire à l’idée que s’en fait le peuple. Car en Suisse, le peuple est souverain, et grâce à un système démocratique semi-directe, il a notamment la possibilité de faire modifier la Constitution.

Idée n° 4 – Assouplir le droit du Travail

Pourquoi le taux de chômage en Suisse est-il inférieur à 5% depuis des décennies (ce qui correspond au plein emploi), alors qu’en France nous tangentons les 10% ? Vous trouverez un des éléments de réponse dans la souplesse du droit du travail : les indemnités de départ ici n’existent pas ou sont très rares, le syndicalisme est responsable et considère la manifestation comme un échec, et le licenciement est relativement souple. Du coup, on craint moins d’embaucher. Est-il nécessaire que je vous parle du droit du travail français, mondialement connu, mais pas pour ses vertus  ?

Idée n° 5 – Proposer des amendes sur la route en fonction du revenu annuel

Cette mesure n’est pas inscrite dans la loi suisse au sens strict mais est laissée à l’appréciation des juges qui l’appliquent parfois. 20% de votre revenu annuel peut vous être réclamé en cas de récidive pour des délits jugés graves (comme par exemple rouler en état d’ivresse avec un taux d’alcoolémie supérieur à 0,8 g/l).

Idée n° 6 – Remplacer les péages par une vignette autoroutière

Je ne vois que des avantages : en Suisse il y a parfois des bouchons, mais pas à cause de péages autoroutiers, qui n’existent pas. Par ailleurs, vous payez 40 francs suisses et pouvez circuler sur toutes les autoroutes en Suisse. Essayez de voir à quelle distance sur autoroute en France correspondent les 40 francs suisses (environ 25 euros)…

Idée n° 7 – Donner aux forces de Police les moyens d’être au service des habitants

En Suisse, lorsque vous voulez déposer une plainte, on vous écoute, on vous reçoit, on prend votre plainte, et si elle est jugée recevable on mène une enquête. Petite anecdote vécue : des amis se sont fait casser leur voiture sur un parking à Vevey. Après le dépôt de plainte, la police a relevé des échantillons de peinture, les ont analysés, ont retrouvé le modèle de la voiture, lancé un avis de recherche chez les carrossiers du coin, et ont retrouvé l’auteur des faits qu’ils sont allé cueillir chez lui menottes aux poignets. Si quelqu’un a un exemple identique en France, qu’il se manifeste !

Sur un plan plus analytique, je pense que si la police en France avait les moyens de faire face à toutes les demandes, les fonctionnaires de police se plieraient très probablement à nos bonnes grâces, c’est certain.

Idée n° 8 – Mettre l’assurance santé à la charge des habitants

Le « trou de la sécu » en France ça vous dit quelque chose ? Quoi de plus impalpable en France que l’assurance maladie : retirée du salaire, elle est quasi indolore, du moins pas perçue comme une charge. Et dans l’esprit de nous autres Français : « Puisque je cotise j’y ai droit (un peu comme le chômage) ». Donc on ne fait pas attention, on dépense, même si les comportements se sont un peu calmés ses dernières années. En Suisse, votre assurance santé, vous la sentez passer en général. Alors le comportement est souvent plus responsable. Et comme ce sont des caisses privées, l’État n’est pas endetté.

Idée n° 9 – Développer le syndicalisme pour le rendre plus responsable

Pour exister et se faire entendre, un syndicat Français n’a qu’une seule solution : l’action coup de poing, les bien nommées manifestations (de violence sociale). Forcément, seuls 5% des salariés français sont syndiqués, ce qui ne leur donne aucune légitimité. Il faudrait donc faire comme en Suisse et arriver à un taux de syndication de 20%. Là, les syndicats ont une responsabilité, et doivent dialoguer. Ce qui se passe effectivement.

Idée n° 10 – Réduire le pouvoir des diplômes et développer les compétences

En France, sans diplôme on n’existe pas au sein de l’entreprise. Du moins a-t-on tout au plus de faibles perspectives de développement, même si on est un professionnel de qualité.

En Suisse, on va s’attacher à ce que vous savez faire, à vos compétences, à votre expérience. Et si vous avez fait vos preuve, on vous fera confiance. Plusieurs de mes amis qui ont démarré en apprentissage sont à présent cadres supérieurs. Bref, on accorde de l’importance à la valeur professionnelle. En France, on n’en est pas tout à fait à ce stade.

Et vous, en voyez-vous d’autres ?

Et puis trouvez-moi 10 bonnes idées Françaises à appliquer en France et s’est promis j’en fais un billet.

Et pour ceux qui veulent aller plus loin encore dans les différences entre la Suisse et la France, je conseille la lecture du livre « le modèle suisse : pourquoi ils s’en sortent beaucoup mieux que les autres« , une référence sur ce sujet.