Police et Justice, les 2 institutions suisses qui inspirent le plus confiance

Une étude annuelle mesure les tendances de la population suisse sur des sujets comme les politiques de sécurité et de défense, la confiance auprès des institutions, la politique étrangère…

Cette étude, qui est passée presque inaperçu dans la presse (et vous comprendrez pourquoi), est probablement un bon indicateur de l’état d’esprit et de la culture suisse, et peut être mise en relation avec les chiffres de la criminalité en Suisse.

Pour vous donner envie de lire la suite, l’étude indique en particulier que les 2 institutions qui reçoivent l’indice de confiance la plus élevé de la part de la population sont… la Police et la Justice. Quand je regarde ce qui se passe dans mon pays, je ne suis pas certain d’obtenir les mêmes résultats.

Voici donc un petit résumé des différents points qui m’ont paru intéressants et qui, selon moi, marquent une différence très nette avec d’autres pays, dont la France :

Les Suisses sont plutôt optimistes quant à l’avenir de leur pays

Près de 70% des Suisses déclarent avoir confiance en l’avenir du pays. Ce chiffre, en recul par rapport à l’année précédente (-7%), est cependant élevé par rapport aux années précédentes. Concernant les opinions extrêmes, alors que plus de 5% des Suisses se déclarent très optimistes, seuls 2% se déclarent très pessimistes.

Sentiment de sécurité en Suisse

Près de 60% des Suisses déclarent se sentir plutôt en sécurité, et près de 30% « très en sécurité ». Au total, on estime donc que près de 90% des Suisses se déclarent en sécurité. Et ces pourcentages ont baissé par rapport aux années précédentes…

Confiance envers les différentes institutions (police, justice…)

Dans l’étude, on a demandé aux personnes de noter entre 1 et 10 la confiance qu’elles avaient chacune des institutions suivantes : Police, Justice, Economie de la Suisse, Conseil Fédéral, Parlement, Partis politiques en général, et Médias.

Les deux institutions qui ont jouissent de la meilleure confiance auprès de la population suisse sont la Police (7,2 / 10) et la Justice (6,9 / 10).

Les médias (4,9 / 10) et les partis politiques (5,1 / 10) sont pour leur part ceux qui obtiennent la plus mauvaise note de confiance. En terme d’évolution, les résultats sont globalement stables depuis 10 ans.

Volonté d’ouverture des Suisses, et souhait d’autonomie au niveau international

Plus de 70% des Suisses approuvent la mise en place des accords bilatéraux avec l’Union européenne, mais seulement un peu plus de 30% souhaiteraient une adhésion de la Suisse à l’Union européenne.

Plus de 60% des Suisses souhaitent que le pays développe des coopérations internationales sans pour autant formaliser de lien institutionnel.

Confiance et soutien envers l’armée

Près de 75% des Suisses pensent que l’armée est nécessaire, et plus de 70% pensent qu’il est utile que les militaires soient bien instruits et équipés.

Près de 50% des personnes interrogées approuvent le budget de l’armée, plus de 20% pensent qu’il faudrait l’augmenter, et 20% le diminuer. 50% des Suisses préfèrent une armée de milice (ce qui est le cas aujourd’hui), et 44% une armée professionnelle.

Enfin, 45% des Suisses souhaiteraient voir cesser les obligations militaires (les Suisses sont appelés pour exercer leurs obligations militaires).

Cette étude a été menée conjointement par l’Académie militaire et le « Center for Security Studies » à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (ETH) auprès d’un échantillon de 1200 personnes. Vous pouvez télécharger le fichier pdf de cette étude (Note du 14/02/12 : étude plus disponible).

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Flash spécial : coup dur pour les accords bilatéraux

Je n’ai pas été très inspiré : je vous annonçais un peu vite, le 24 septembre dernier, à l’occasion du discours de la Conseillère fédérale Doris Leuthard, qu’il n’y aurait probablement pas de problème pour la « validation » des accords bilatéraux et que selon toute vraisemblance, il n’y aurait pas de referendum, le principal parti nationaliste, l’UDC, n’ayant pas déposé d’initiative.
C’était sans compter sur la droite « dure », qui a fait son chemin sans l’UDC, et qui récolté – à grand peine – les 50 000 voix nécessaires. Un peu plus de 51 300 voix ont été validées, et déposées avant le délai référendaire légal, le 2 octobre… La date exacte du referendum sera communiquée ultérieurement.
Cette situation risque de fragiliser les relations entre la Suisse et l’Union européenne, et c’est maintenant au peuple suisse de décider de l’avenir des accords bilatéraux.
Je ne crois pas à un « non » du peuple suisse pour plusieurs raisons, et en particulier économiques, mais tout de même, le risque existe à présent.
A mon sens, seule une situation « catastrophe » (comme une crise économique majeure qui toucherait durablement le marché intérieur suisse) pourrait donner naissance à un « oui ».

C’est à présent le devoir de chacun de nous, travailleurs étrangers en Suisse, d’avoir une attitude exemplaire, et d’expliquer à nos amis et collègues suisses pourquoi les accords bilatéraux sont une bonne chose, pour l’Union européenne et la Suisse.

Pourquoi la Suisse s’en tire-t-elle aussi bien ?

En visite officielle au Comptoir suisse à Lausanne, la conseillère fédérale Doris Leuthard a tenu un discours dont le contenu est très intéressant à analyser : il met en lumière certaines valeurs du travail en Suisse, et donne des indications sur le sens du vent quant aux relations entre la Suisse et l’Union européenne.

Petits extraits commentés :

« Pour un philosophe, le commerce se définit comme un échange de marchandises ET un pourvoyeur de prospérité et d’emploi. Et ceci, dans une optique d’ouverture d’esprit et d’amélioration des conditions de vie. »

Le travail n’est pas une fin en soi : il profite à la collectivité. Cette valeur « collective » est une des valeurs fortes de la Suisse.

« Mais à quoi devons-nous aujourd’hui, en tant que peuple et pays, d’être parvenus là où nous en sommes ? Au fait que contrairement à ce que l’on nous reproche, nous n’avons pas vécu en autarcie mais sommes toujours restés ouverts et curieux face aux étrangers.

– Sans Gallus , il n’y aurait aujourd’hui ni abbaye ni canton de St-Gall.
– Sans les Huguenots , il n’y aurait pas d’industrie horlogère.
– Henri Nestlé , le pharmacien de Francfort, a exporté le « Swissness » depuis Vevey vers le monde entier.
– Enfin, Albert Einstein laisse aujourd’hui encore des traces au CERN à Genève et le footballeur Hakan Yakin sur les pelouses suisses. »

Références plutôt intéressantes je trouve, même si mettre au même niveau Albert Einstein et Hakan Yakin me surprend tout de même un peu ;-) Effectivement, la Suisse est fière de ses réussites, et il y a tout de même de quoi. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le pays n’a pas toujours connu la prospérité, et les suisses ont dû très tôt dans leur histoire exploiter au maximum les ressources qu’ils avaient… Et comme le pays n’avait aucune richesse minière, il a fallu être malin.

« Toutes ces personnes ont contribué, par leur grande ouverture d’esprit, à faire de la Suisse l’un des pays les plus innovants au monde . Elles ont attisé notre curiosité et nous ont motivé. C’est ainsi que nous avons investi dans la formation et dans la recherche. Nos collaborateurs sont bien formés et très motivés.

Nous avons mis en place d’excellentes infrastructures. Nos clients bénéficient de conditions d’approvisionnement en énergie, en eau et de liaisons ferroviaires exceptionnelles et peuvent s’appuyer sur des institutions politiques et financières offrant une grande stabilité. »

Vous avez ici, résumé en 3 paragraphes, l’argumentaire avancé par les promotions économiques suisses lorsqu’elles démarchent les entreprises étrangères qui veulent s’implanter en Suisse.

La fomation et la motivation des employés suisses, c’est une référence à la stabilité (il y a peu de grèves en Suisse) et à la qualité de la main d’oeuvre.

Des institutions politiques et financières stables, c’est également un des arguments majeurs avancés par la Suisse à l’extérieur. Et objectivement, c’est plutôt vrai, surtout pour les institutions politiques, où l’approche consensuelle du Conseil fédéral évite que le pays ne soit pris de schizophrénie à chaque changement de gouvernement, comme on peut le voir en France par exemple.

« Nous avons travaillé dur pour devenir une puissance économique moyenne. Malgré sa petitesse géographique, la Suisse est un acteur important sur le marché mondial. Les entreprises suisses emploient 2,2 millions de personnes à l’étranger. »

Les Suisses n’aiment pas qu’on dise de leur pays qu’il est petit, mais lorsqu’on met de tels chiffres à côté, ce n’est plus la même histoire…

« Toutes ces raisons font que de grandes entreprises suisses tiennent à rester en Suisse et que des entreprises étrangères de renom choisissent de s’y implanter. Toutes ces raisons font que nous sommes l’un des pays les plus compétitifs au monde. »

Et oui, c’est bien vrai : selon le World Economic Forum, la Suisse est en 2ème position des pays les plus compétitifs.

« Sur le marché intérieur, [...] de nombreux secteurs ont encore besoin d’être réformés. En révisant la loi sur les entraves techniques au commerce, j’entends éliminer les prescriptions techniques inutiles et introduire le principe « Cassis de Dijon ». Nous gagnerons ainsi en pouvoir d’achat. »

Le principe du « Cassis de Dijon », c’est un peu l’arlésienne : la Suisse est un îlot de cherté, et certaines mesures protectionnistes de son marché intérieur ne facilitent pas l’importation de certains biens européens sur le marché suisse, ce qui de fait limite la concurrence intérieure, ce qui contribue aux prix élevés en Suisse. La conseillère fédérale lance un pavé dans la marre, car nombreuses sont les entreprises suisses qui font du lobbying pour que ce projet n’aboutisse pas.

Et je vous ai gardé le meilleur pour la fin :

« Nous devons résolument poursuivre dans la voie bilatérale avec l’UE. Concrètement, avec la reconduction et l’extension de la libre circulation des personnes, mais aussi en ouvrant le marché dans le secteur agroalimentaire. Grâce à la libre circulation des personnes, nos entreprises peuvent exploiter pleinement leur potentiel de croissance. Elles n’ont pas dû – comme ce fut le cas lors de précédentes phases de croissance – renoncer à développer leur production par manque de main-d’oeuvre en Suisse. Au contraire ! Ces deux dernières années, quelque 180 000 emplois ont été créés et nous avons pu tirer pleinement profit de la conjoncture favorable grâce aux meilleures possibilités de recrutement. De plus, la peur de l’autre était exagérée et sans fondement : il n’y a eu ni dumping salarial ni tourisme social. »

Alors là, Doris Leuthard fait très fort : le maintien des accords bilatéraux a été longuement discuté, et la date d’expiration du délai référendaire est fixée au 2 octobre 2008. Il ne devrait pas y avoir de problème sur sujet. D’ailleurs, si vous êtes un lecteur fidèle, vous l’auriez su avant, je l’avais annoncé au début de l’année ;-)
La conseillère fédérale met en avant les arguments irréfutables de l’apport des travailleurs étrangers à la croissance économique du pays : sans étrangers, pas de croissance pour la Suisse ! C’est en substance ce qu’elle dit, et ce que les institutions suisses répètent depuis plusieurs années déjà.
Par contre, l’ouverture du marché agricole n’est, à mon sens, pas acquise, et il va y avoir des grincements de dents. Le sujet est très chaud.

On continue, encore plus fort :

« Nous voulons donner à nos entreprises un accès aisé et sans discrimination à l’économie mondiale. Malheureusement, cet objectif est retardé par les atermoiements du cycle de Doha. Mais il y a plus grave : je constate une tendance perverse. Celle du « retour au protectionnisme national » où l’on se recroqueville sur soi-même et cloisonne ses propres marchés. C’est gravissime. »

Alors là chapeau ! Venant d’un conseiller fédéral, ces mots pèsent lourds : il est très rare qu’un tel ton soit employé, et que des mots comme « gravissime » soient employés. Le message est clair : la Suisse devra s’ouvrir si elle veut bénéficier de l’économie mondiale…

Mais je garde le meilleur pour la fin :

« Mesdames et Messieurs, pourquoi la Suisse s’en tire-t-elle aussi bien ?

Parce que nous agissons à la manière des philosophes.

Nous menons une politique qui cherche à améliorer les conditions de vie dans leur ensemble, sans chercher à influer brutalement sur la conjoncture ni à remettre en cause la liberté économique. »

Difficile de mieux résumer l’approche de la Suisse. C’est simplement parfait. Maintenant, en tant que Français, nous avons du souci à nous faire car nos politiques s’emploient à faire exactement le contraire…

Lire le discours intégral.

Alors, qu’en pensez-vous ? Intéressant, non ?

Suisse et Union européenne : l’avenir des accords bilatéraux

Comme vous le savez, l’année 2009 sera cruciale pour la suite des relations entre la Suisse et l’Union européenne : c’est à cette date que le sort des accords bilatéraux sera officiellement « scellé ». Certes, les ressortissants des 15 pays « historiques » de l’Union européenne (ainsi que Malte, Chypre et les pays de l’AELE) ont aujourd’hui un avant-goût de la libre-circulation, mais tout pourrait être remis en cause en 2009 dans le cadre d’un referendum dont nous sommes quasiment certains aujourd’hui qu’il sera demandé (probablement par des sympathisants des partis nationalistes en Suisse).
Mais je pense qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, même si rien n’est acquis. Il suffit pour s’en convaincre de poser le problème sur le plan économique, d’être attentif aux différentes conférences de presse de la Confédération depuis plusieurs années, et également de lire un de ces documents édités par la Confédération (le Bureau de l’intégration DFAE/DFE) : le bulletin SuisseEurope.

Quelques morceaux choisis :

« Force est de constater que la libre circulation, comme du reste les autres accords bilatéraux à caractère économique, joue un rôle moteur dans la croissance en Suisse. Nos entreprises sont fortement dépendantes de la main-d’oeuvre étrangère. »

« …un travailleur sur quatre, ici, n’a pas la nationalité suisse. Cette proportion est même nettement supérieure parmi les cadres, puisqu’elle atteint 40 %. »

« Quatre entreprises sur dix se plaignent de difficultés à repourvoir les postes vacants, qu’il s’agisse de personnel qualifié ou moins qualifié. L’ALCP (l’accord sur la libre circulation des personnes) permet de recruter facilement cette main-d’oeuvre qui fait défaut. »

« …l’accès à un personnel suffisant et adéquat réduit le risque de délocalisation à l’étranger des entreprises suisses. Grâce à une bonne conjoncture, plus de 150 000 emplois ont été créés, ces deux dernières années, et le chômage n’a cessé de reculer« .

Je pense objectivement que tout le monde a intérêt à ce que ces accords soient acceptés. Mais il ne faut pas baisser la garde. Je reviendrai dans quelques jours avec des conseils « pragmatiques » sur ce que VOUS, en tant qu’étranger travaillant en Suisse ou sur le point d’y travailler, pouvez faire pour faire pencher la balance du bon côté en 2009.

A quels ressortissants profitent les accords bilatéraux ?

drapeau-europeen-smallEn signant en 2002 les accords bilatéraux avec les pays de l’Union européenne et de l’AELE, la Suisse a clairement annoncé ses intentions quant à sa politique d’immigration : ce sont bien aux ressortissants européens que la priorité est donnée en terme d’accès au marché du travail suisse, les ressortissants d’Etats tiers (c’est ainsi que sont nommés les pays non membres de l’Union européenne) n’étant admis que pour les postes qualifiés, et de manière très restrictive.

Cette politique se fait aujourd’hui ressentir sur la répartition de la population étrangère dans le pays : les ressortissants d’Etats tiers sont en régression par rapport à l’année précédente (- 1,1%), les ressortissants de l’Union européenne (pays historiques comme la France, l’Allemagne…) sont en légère progression de 3%, les nouveaux Etats membres (Pologne, Hongrie…) sont pour leur part en progression de 12%.

En terme de nationalité, les nationalités qui ont le plus migré vers la Suisse depuis 1 an sont :

L’Allemagne (+ 21 991), le Portugal (+ 6083), la France (+ 3445), la Grande-Bretagne (+ 1683) et la Pologne (+ 1136).
(Les chiffres indiqués représentent la différence d’immigrants du pays par rapport à l’année précédente)

En revanche, l’Italie et l’Espagne ont un solde migratoire négatif et perdent respectivement 4 527 et 4217 ressortissants.

Enfin, les nationalités les plus représentées en Suisse sont, à fin août 2007 (source : Office fédéral des Migrations) :

tableau-stat-pop-9-10-07

Consultez le communiqué détaillé de la Confédération

L’ouverture du marché du travail suisse aux ressortissants de l’Union européenne : un bilan très positif

A l’occasion de l’ouverture « complète » du marché du travail suisse aux ressortissants de 20 pays de l’Union européenne le 1er juin 2007, le SECO (Secrétariat d’Etat à l’Economie), nous propose un bilan des 5 premières années de la mise en place des accords bilatéraux. Avant de commenter ces résultats, voici un petit rappel de la situation.

Les accords bilatéraux sur la libre circulation des personnes : faciliter la mobilité professionnelle entre la Suisse et les pays de l’Union européenne

Mais à quoi servent les accords bilatéraux (pour les retardataires) ? En 1992, les suisses ont refusé par referendum l’adhésion du pays à l’Union européenne. Pour faciliter tout de même les échanges entre les pays de l’Union et la Suisse, des accords ont été signés.

Ces mesures, ou « accords bilatéraux » concernent de nombreux domaines (le transport, la recherche…). Nous nous intéressons ici à la libre circulation des personnes, dont l’objectif est de supprimer autant que possible les obstacles techniques pour que les travailleurs européens puissent travailler en Suisse (et inversement d’ailleurs, on oublie souvent de le dire).

Ces accords sur la libre circulation sont planifiées dans le temps, ont démarré en juin 2002 avec l’entrée en vigueur de l’accord, pour s’achever en 2014, date effective de la libre circulation des personnes.

Le 1er juin 2007 est une date importante, car elle marque la fin des quotas de permis de résident, ainsi que des aménagements du permis de travail pour les frontaliers qui leur facilitera à l’avenir la mobilité géographique et professionnelle sur le territoire suisse.

Cependant, le parlement suisse pourra, par le biais d’un referendum consultatif, remettre en question ces accords en 2009. L’UDC (la droite radicale en Suisse) a d’ailleurs déjà annoncé qu’elle lancerait le referendum sur ce sujet.

En bref, en établissant ces accords, la Suisse a « choisi » ses travailleurs immigrés, et en l’occurrence ils seront issus de l’Union européenne. Et très concrètement, le permis de travail est attribué aujourd’hui de façon automatique aux ressortissants de l’UE, pour autant qu’ils aient un contrat de travail ou une promesse d’embauche.

Quels sont les pays concernés par ces accords ? Les 15 premiers pays membres de l’Union européenne, l’Islande, la Norvège, le Liechtenstein, Malte et Chypre.

Pour plus d’informations sur les différents permis, consultez le site « Travailler-en-suisse.ch« .

Les accords bilatéraux : un bilan très positif pour l’emploi en Suisse

Une chose ressort de façon très nette du rapport du SECO : les travailleurs étrangers ont fortement contribué à la croissance économique du pays ces dernières années, et contrairement à ce que certains pourraient croire, les étrangers ont en majorité pris des postes qualifiés (professions universitaires, fonctions dirigeantes et fonctions techniques dans une moindre mesure), fonctions qui ont elles aussi été occupé en bonne proportion par des travailleurs locaux.
Les grandes craintes (chômage accru à cause des étrangers et baisse du niveau des salaires à cause du dumping salarial) ne se sont quant à elles pas avérées.

Des frontaliers plus libres, et des permis de résident plus facile à obtenir

Concrètement, le 1er juin va permettre aux frontaliers d’être plus mobiles, professionnellement et géographiquement : avec la disparition de la zone frontalière disparait également l’obligation d’habiter dans cette zone pour un frontalier. De plus, si une opportunité professionnelle se présente à Lucerne à un frontalier qui travaille aujourd’hui à Genève, celui-ci pourra accepter sans qu’une nouvelle demande de permis soit soumise à la condition d’obtention.
Pour leur part, les demandes de permis des futurs résidents ne dépendront plus des quotas : auparavant, les quotas de permis B ne permettaient pas de répondre à la demande, contrairement aux quotas de permis L (permis de résident courte durée). Pour « contrer » cette situation, les administrations cantonales se sont adaptées, en délivrant des permis L (habituellement réservés aux ressortissants s’établissant en Suisse pour moins d’un an) qu’elle renouvellait jusqu’à 30 mois, date à partir de laquelle était enfin délivré un permis B. Le « hic » pour les étrangers dans cette situation, c’est qu’il était par exemple, beaucoup plus difficile d’obtenir un logement avec un permis L, un prêt etc… A présent les choses seront donc plus simples.

Plus d’informations sur le rapport du SECO : http://www.seco.admin.ch/aktuell/00277/01164/01980/index.html?lang=fr&msg-id=12824

Des inquiétudes pour la suite ?

Même si, comme je l’indiquais avant, l’UDC souhaite mettre en place un referendum, il est, à mon sens, peu probable que le peuple suisse remette en cause les accords bilatéraux : l’économie suisse se porte bien, et les travailleurs étrangers y contribuent. Même si on enregistre dans le canton de Genève des mouvements anti-étrangers parfois violents, il faut tout de même garder à l’esprit qu’il s’agit d’une minorité. Sur le plan social, la présence et le travail des étrangers (dont les frontaliers pour la partie prévoyance) contribuent également à l’effort de guerre suisse, par les contributions sociales.
Globalement, on peut tout de même affirmer que tout ce petit monde, étrangers et locaux, vit bien ensemble. Et puis n’oublions pas aussi une chose : plus de 20% de la population suisse est étrangère…
Tout le monde y trouve son intérêt, et tout le monde a intérêt à ce que cela fonctionne bien…