Fiscalité Suisse-France : plus fort que le secret bancaire, le secret fiscal

Selon plusieurs sources, il semblerait qu’une partie des 3000 noms dont dispose le fisc Français proviendrait d’un ancien employé informatique de la banque HSBC à Genève. La banque confirme, mais parle d’une dizaine de noms seulement. Eric Woerth, le ministre français du Budget, jure ses grands dieux que la France n’a pas acheté les noms, mais qu’ils ont été donnés gracieusement. Ouf, on respire, car la France aurait pu être coupable de recel (…).

La banque suisse va porter plainte, et tout le monde se pose la question suivante :

La Suisse va-t-elle demander l’extradition de l’ancien employé qui vit aujourd’hui à Nice ? (toute ressemblance avec une affaire en cours…)

Le secret fiscale doit être maintenu pour permettre au fisc français de travailler efficacement

Mais le plus drôle vient de l’interview du ministre du budget sur France Info : lorsque le journaliste demande quels sont les noms, le ministre répond qu’il ne peut justement pas répondre, car il existe un secret fiscal (sic) qui permet au fisc de faire tranquillement son travail.

Les informaticiens des banques suisses vont être difficiles à recruter

Moi, je vois plusieurs conséquences à ce nouvel élément, dans une affaire déjà bien trouble :

1/ Les conditions de recrutement des informaticiens dans les banques suisses vont se durcir considérablement : comment faire confiance à ces techniciens qui mettent le nez dans les bases de données de la banque, regardent les noms de clients etc… Un casse-tête en perspective pour les entreprises, qui, je pense, va rallonger les contrats de travail.

2/ Si l’employé a le tort d’être non Suisse (Français, au hasard), on risque de voir une vindicte anti-française dans les banques à Genève et en Suisse. Et franchement, nous n’avions pas besoin de ça.

Pourquoi donner à la France ce qu’on peut vendre à l’Allemagne ?

Et pour finir, si vous êtes informaticien dans une banque suisse, et que vous avez accès à des données sensibles, pourquoi perdre votre temps à aller donner des informations à l’État français alors que vous pourriez les vendre à bon prix aux Allemands (souvenez-vous de cette affaire où un employé avait vendu à l’Allemagne une liste d’évadé aux Liechtenstein pour 4 millions d’euros) ? Si si vous êtes définitivement honnête et que cette idée ne vous a pas caressé l’esprit, alors tout n’est peut-être pas perdu : compte tenu de l’actualité, allez voir votre DRH et expliquez-lui que vous avez une terrible envie d’être augmenté, car lui comme vous êtes conscients d’une chose : ce n’est pas le moment de vous contrarier. Bref, vous l’aurez compris à mon ton sarcastique, tout ceci sent vraiment le souffre.

Pour ce billet, je serai vraiment très content d’avoir des témoignages d’informaticiens dans des banques… Vous feriez ça pour moi ?

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Commentaires

  1. a écrit

    Je suis informaticienne dans une banque, en France, pas en Suisse, mais je sais comment ça se passe en Suisse. S’il s’agit de compte numéroté, l’identité du client n’apparait dans aucun fichier informatique (elle est remplacée par un numéro). Seul le gestionnaire possède les informations personnelles permettant d’identifier un client, et elles sont rangées dans un coffre. Bon, ça suppose qu’on est dans une banque suisse bien gérée, j’ignore si HSBC prenait les mêmes élémentaires précautions que ses concurrents…

  2. a écrit

    Quant à la liste à Woerth (trésorier de l’UMP qui acceptait même l’agent suisse pendant la campagne de Sarkozy…) il y a plusieurs théories – mis à part les indélicatesses toujours possibles d’employés des banques suisses. L’une est celle qui exploiterait des virements bancaires depuis la France (pas très malin car un tel virement laisse évidemment des traces côté français – la B-A BA de l’évasion fiscale est de ne jamais faire ça) ; l’autre théorie, plus tordue et pas confirmée, serait l’exploitation de virements en euros faits en Suisse, ces virements pouvant transiter par des banques françaises pour compensation.

    Il est clair que côté français il ne s’agit que de gesticulations destinées à cacher la réalité du problème franchouillard : taxation démentielle, endettement abyssal, déficit récurrent, et la faillite quasi-sûre dans les années à venir. Il est temps de quitter le navire et la Suisse, pays plus libre, peut être une bonne option !

  3. Marc a écrit

    Je travaille dans une banque suisse en suisse.

    Ce fut deja tres difficile d’y rentrer en tant que francais car il y a longtemps de ca (dans les annees 80 ?), mais les banques ont la memoire longue, un informaticien francais de la Banque Verein actuellement UBS avait ete licencié et avait donné une liste de clients au fisc en France.

    Beaucoup de banques sont restees tres mefiantes et si elle engagent un francais il doit resider en Suisse.
    En Resumé : ca va etre tres dur pour nous malgre notre honnete et notre competence tout ca a cause d’une personne ! je suis degouté.

  4. patrice a écrit

    Bonjour,
    il ne faut pas croire que les informaticiens français soit plus à même de faire des révélations, si un informaticien suisse ce comporte de la même manière, il n’est pas certain que la suisse en fasse état.
    vous voila bien frileux….

  5. jakie a écrit

    ce monsieur falciani n’est en rien un Monsieur Propre comme il se définit, très mal d’ailleurs, devant les médias. il s’agit d’un traitre puisque dans n’importe quelle société, pas seulement des banques, on doit signer un contrat qui demande la réserve et la discrétion. lorsque quelqu’un nous paie, bien en ce qui concerne les banques suisses, on doit faire son travail sans juger ou se mettre en avant. les banques suisses me sont pas parfaites, cela va de soi, mais l’argent placé dans les banques l’est fait sur demande…..
    demande des clients.

  6. rofen a écrit

    Je travaille pas dans une banque, je suis informaticien tout cours. Si les informaticiens on acces a des informations sur les mouvements (virementes, etc…) mais pas l’identite, et qqun qqpart d’autre dans la banque (relations clients?) ont acces a des informations avec noms (ex: mr x a fait un viremement d’une somme Y), il suffit a ces deux personnes de se retrouver et comparer leurs donnees pour faire un parallele et mettre les noms sur les numeros, et du coup avoir acces a l’historique des clients et le contenu de leur compte.

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