Le MCG, le parti genevois anti frontaliers

En passant la douane de Moillesulaz aux portes de Genève, vous avez peut-être aperçue une affiche singulière, disant « Réservons les emplois aux Genevois, Frontaliers assez ! Le 11 octobre, votez MCG« .

Les manifestations de ce type, à caractère anti-frontaliers, ne sont malheureusement pas rares du côté de Genève, où plus de 65 000 frontaliers – majoritairement résidant en France – travaillent.  Forcément, cette « minorité » imposante fait parfois grincer des dents certains habitants du canton.

Ce qui choque avec ces affiches à la douane, c’est qu’elles étaient à l’intérieur du poste de douane, et visibles de l’extérieur. Elles ont donc clairement été posées par un douanier. Dans un communiqué de presse, le Groupement transfrontalier européen condamne cet acte.

Mais qu’est-ce donc que le MCG ? Qui dirige le parti ? Voici quelques informations.

Les 10 commandements du MCG ou comment les frontaliers à Genève sont devenus responsables de tous les problèmes du canton

Mais revenons au MCG, le bien nommé  « Mouvement Citoyen Genevois ».  Un parti bien propre sur lui, où, vous pouvez lire sur le site les 10 commandements du MCG. Voici quelques morceaux choisis :

1. Priorité aux résidents genevois!
Il est incontournable que les résidents genevois aient la priorité. Les frontières ne doivent pas être ouvertes à tous les demandeurs d’emploi de l’Union européenne. [...]

2. Cessons de brader l’emploi dans la fonction publique
La France exclut les citoyens suisses de l’emploi dans ses services publics. Nous demandons la réciproque. Genève doit réserver ses emplois dans la fonction publique aux citoyens helvétiques et aux résidents du canton.
Il faut faire cesser la situation actuelle: de nombreux frontaliers travaillent dans des secteurs stratégiques de l’Etat de Genève (impôts, informatique, ressources humaines, etc.). C’est un danger pour la sécurité intérieure de notre République, [...].

3. Défense du pouvoir d’achat
[...]N’oublions pas la sous-enchère des conditions salariales provoquée par l’arrivée massive des frontaliers. [...]

6. Plus d’aide pour le 3e âge, moins pour les faux réfugiés
[...] Il faut aujourd’hui stopper l’abus en faveur des faux réfugiés et autres profiteurs pour donner plus de moyens à l’aide des personnes âgées.

8. Pour une circulation qui améliore la vie
[...] il faut rendre la circulation [à Genève] plus fluide et nos quartiers plus vivables, en limitant le trafic frontalier. [...]

10. Une politique exemplaire de sécurité
Genève perd son prestige en matière de sécurité. [...]

Nous devons de toute urgence créer des centres de détention administrative pour les délinquants frappés d’une mesure de renvoi de notre pays [...]

Si on en croit 6 commandements sur 10, les frontaliers et étrangers sont responsables de tous les maux à Genève. Bravo, parce que trouver ces raisons, ce n’était déjà pas simple, mais oser les écrire…

Le MCG : un parti populiste ? xénophobe ?  anti-frontalier ? ou simplement opportuniste ?

Vous l’aurez compris, le MCG est un parti bien sous tout rapport, dont le Président, Eric Stauffer, applique à la lettre les méthodes qui ont fait le succès du français Jean-Marie Le Pen : présence sur le terrain, dénonciation des magouilles d’État,  théorie du complot et propos violents et xénophobes.

En 2008, le MCG a lutté contre l’importation des déchets napolitains à Genève, contre les dealers de drogue des Paquis, contre les salaires jugés trop élevés de certains dirigeants (dont un ancien directeur du SIG dont Eric Stauffer a été lui-même viré du conseil d’administration quelques années avant).

Je vous laisse regarder la vidéo du bilan de l’année 2008 du MCG, un grand moment.

Probablement un peu essoufflé en 2009, et à la recherche d’un nouveau thème populiste, le MCG a décidé de s’attaquer aux frontaliers du canton de Genève, devenus en peu de temps, à leurs yeux, les responsables de tous les maux. Et comme par hasard, cela coïncide avec l’arrivée de certaines difficultés économiques dans le canton en particulier et en Suisse en général.

Eric Stauffer, un homme d’affaires au CV très coloré

Selon la Tribune de Genève un jugement du Tribunal fédéral, relayée par le site Acerboros.ch, Eric Stauffer, avant de fonder le MCG, était un homme d’affaire très proche de certains membres du Gouvernement de l’Ile Maurice dans les année 90. Apporteur d’affaires pour l’établissement bancaire UEB (devenue entre temps la propriété de BNP Paribas), Eric Stauffer aurait passé des contrats avec le Gouvernement mauricien pour le compte de la banque, réclamant à cette dernière la somme de 15 millions de francs suisses de commissions. A-t-il obtenu gain de cause ? On ne sait pas. Et on ne connait pas non plus la nature des fonds récupérés. Vu de l’extérieur, cela paraît un peu trouble tout ça.

Pourquoi les partis xénophobes n’ont aucun avenir politique en Suisse

Simplement parce que sans étranger il n’y a pas de Suisse. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le résultat d’une étude relayée par l’Hebdo. Imaginons seulement les Hôpitaux de Genève sans personnel Français…

L’autre raison majeure, c’est qu’en Suisse, on écoute les minorités. Or, ce type de parti les combat, et ne favorise pas l’intégration ni le consensus. C’est notamment ce qui a provoqué le départ du gouvernement de Christoph Blocher, président d’un autre parti nationaliste, l’UDC, visé récemment par la Commission européenne pour des propos racistes jugés inquiétants.

Mais surtout, il faut bien avoir en tête qu’en aucun cas les idées du MCG ne retracent l’état d’esprit de la majorité des habitants en Suisse.

Alors ne cédons pas à la panique, et respectons la démocratie en écoutant ce que ce parti populiste a à nous dire. En espérant que ce billet vous aidera à lire entre les lignes.

Quelques statistique sur les frontaliers (OCSTA) : nombre de frontaliers à Genève (données 2008)

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A propos David Talerman

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Commentaires

  1. pat a écrit:

    Il est vrai qu’en temps de crise ce type de parti xénophobe a tendance à faire son apparition et ce, dans tous les pays. Généralement, on a affaire a des « leaders charismatiques » à la recherche de gloriole personnelle.
    Ces partis sont, le plus souvent, assez ephémères. Surtout en Suisse, voir par exemple le cas Schwarzenbach en Suisse alémanique dans les années ’70.
    Le danger est que leurs idées imprègnent les sociétés, ce qu’on appelle la lepenisation des idées.
    Un grand vecteur de ce phénomène reste le discours des partis politiques modérés qui marchent sur les plate-bandes de ces partis extrèmes en reprenant leurs thèmes afin, disent-ils, de les éliminer.
    La stratégie est soit de développer les idées xénophobes par exemple, ou encore d’ envoyer des clins d’oeil à cet electorat. Voir par exemple les propos de Georges Fraisse, pourtant socialiste et largement réélu, à propos des harkis (traités de sous-hommes) ou encore, peut-être, les « dérapages » plus ou moins controlés de Mr Hortefeux.

  2. Gander Florian a écrit:

    Tellement facile de critiquez quand on ne sait pas ce que les genevois vivent
    Je suis citoyen genevois et ma famille a subit le mobing frontaliers nous ne disont pas Frontalier dehors mais bien frontaliers assez principalement a l’état de genève qui engage sous le couvert de sociétés d’outsourcing qui engagnent des frontaliers du sud de la france ou de paris pas très frontaliers tout ca.

    Ensuite quand on dis citoyens genevois ce n’est pas citoyens suisse mais bien toutes les nationalités réunis qui font de notre canton ce qu’il est regardez plutot la liste des candidats ne confondez pas avec l’UDC qui prone la priorité Suisse.

    C’est tellement facile de mettre les partis ou l’on veut mais regardez bien ce qui a été fait depuis 4 ans
    dénonciation des abus de salaires pour les SIG
    bloquage des importations de déchets toxiques de napple
    voir http://www.mcge.ch/

    Nous disont simplement Frontaliers d’accord mais Genevois d’abord et j’en veut pour preuve que j’ai été un frontaliers pendant 4 ans avant d’entrez au MCG et pendant 4 ans j’ai été insulté en haute savoir car je suis un entrepreneur suisse et mes véhicules étais immatriculés en suisse et ca vous ne trouvez pas que c’es pas t xénophobe ma femme a été insulté et licencié après 3 ans de mobing dans l’horlogerie elle y a quand même travailler 10 ans en tout sans aucun reproche jusqu’a qu’une frontalière de 30 ans lui pourrisse la vie mobing et fini par licencier la frontalière mais pas sans laisser des séquels (une dépression) et l’on devrait accepter cela.

    Non il y a 77 000 frontaliers étrangers et 20 000 chômeurs je suis sur que l’ont peut tous vivres mais en laissant la priorité au genevois.

    Voilà c’étais mon témoignage et je ne suis pas un politicards pour le moment même si je suis candidats au grand conseil je suis un citoyen comme les autres.

    • David Talerman a écrit:

      Que les frontaliers soient très présents à Genève, et que leur nombre puisse créer certains déséquilibres, c’est un fait, et tout le monde est d’accord – moi y compris – pour dire que ce n’est probablement pas sans conséquence sur les relations entre résidents genevois et travailleurs frontaliers.
      Ce qui me gène avec le discours du MCG, c’est la radicalité des propos, il suffit pour cela de voir les 10 commandements du MCG qui attribuent aux frontaliers tous les maux pour s’en convaincre. Quelle croissance aurait eu Genève ces dernières années sans les frontaliers ? Probablement beaucoup moins. Or, peut-on accepter leur contribution pendant les moments de croissance et les rejeter pendant les moments de crise ? Ce ne serait pas très fair-play.

      Concernant les autres actions du MCG (déchets, salaires abusifs des membres du directoire du SIG…) c’est très bien et tant mieux pour les citoyens. Ceci-dit, c’est une des techniques des partis populistes que de s’emparer de problèmes visiblement « difficiles » et de faire pression. Quant à la comparaison avec l’UDC, le MCG n’est peut-être pas un parti xénophobe, mais comme l’UDC il stigmatise une minorité en lui faisant endosser tous les maux.

      Selon ma perception, le but du MCG est, comme tout parti, de rassembler un maximum d’adhérent. Or, il est aisé de fédérer en montrant du doigt un ennemi : en 2008 c’était les déchets toxiques et les abus de salaire du SIG, en 2009 il a fallu trouver quelque chose : les frontaliers !

      Sur le fond, le MCG a mon sens ne respecte pas un des fondamentaux de la culture suisse : le respect des minorités, et le « vivre ensemble » : comment voulez-vous améliorer la situation entre frontaliers et locaux si vous prônez le rejet ? Sincèrement, je ne pense pas que ce soit une solution très constructive.

      J’apprécie néanmoins votre contribution en tant que membre du MCG et le fait que vous ayez pris la peine de commenter le sujet.

  3. Gander Florian a écrit:

    Communiqué de presse officiel

    Le MCG attaqué par les ennemis de Genève

    On s’attendait aux pires attaques, tant la crainte de nos adversaires politiques est grande en vue de l’échéance du 11 octobre, mais ce à quoi nous avons assisté le matin du 2 octobre devant la boulangerie de notre député Maurice Clairet, dépasse l’imagination.

    Une poignée de communistes illuminés, à défaut d’être éclairés, sont venus, manifester (avec l’autorisation du département des Institutions) devant une boulangerie qui, à leur goût, aurait trop de frontaliers à son service, sachant que l’employeur est Député MCG. Nous remercions la gendarmerie d’avoir protéger les vitrines de la boulangerie contre les casseurs communistes.

    Comment justifier pareilles actions, d’un populisme simpliste et outrancier ? Ces pauvres manifestants qui expriment par leur comportement le totalitarisme communiste, devraient apprendre quelques règles élémentaires de démocratie, à commencer par le droit d’être entendu. Il est vrai qu’il est plus simple de condamner que d’écouter. Nous percevons d’ailleurs difficilement le but de la démarche. Faut-il que M. Clairet mette à la porte ses employés frontaliers ? Merci à ces communistes qui incitent ce qu’ils dénoncent ! Cela dit, le MCG n’a jamais dit « frontaliers dehors », mais « frontaliers assez ». La nuance est peut-être difficile à percevoir pour des personnes qui véhiculent une doctrine totalitaire.

    M. Clairet a engagé des frontaliers après avoir essayé sans succès d’engager du personnel sur le marché local. Il sied de préciser que Monsieur Clairet rétribue ses employés de manière supérieur à la moyenne. Quoi qu’il en soit, l’attitude de M. Clairet démontre que le MCG n’est pas CONTRE les frontaliers, mais POUR les résidents genevois. Que l’on sache, il n’y avait pas, parmi les manifestants, un demandeur d’emploi qui aurait postulé sans succès à la boulangerie Clairet. Ceux qui disent que M. Clairet devrait avoir honte, devraient se rendre compte qu’en affirmant cela, ils véhiculent clairement un discours xénophobe, auquel le MCG n’a jamais adhéré et n’adhérera jamais.

    Quant à Monsieur Moutinot, qui n’a rien de mieux à faire que d’autoriser une telle manifestation, dont l’intérêt public est évident, nous envisageons de lui demander d’autoriser une manifestation devant le bureau des Députés de gauche qui, soit sont propriétaires immobiliers, soit ont placé une partie de leurs avoirs dans la bourse, attitudes capitalistes typiques qu’il convient de réprouver.

    La ligne politique du MCG est sans ambigüité en faveur de la priorité de l’emploi pour les résidents Genevois, en particulier à l’Etat de Genève et pour le soutien aux artisans et aux entreprises genevoises à l’image de celle du Boulanger-Député Maurice Clairet. Il faut féliciter l’esprit d’entreprise et le travail fourni par Monsieur Clairet pour le bien de Genève et de la gastronomie genevoise.

    Il est honteux qu’une personne de la qualité de Maurice Clairet soit vilipendée par des intégristes communistes aux bras ballants, plus disposés à la fainéantise qu’au travail.

    Cela dit, carton rouge pour le journaliste de la Julie, qui a emboîté le pas des manifestants, sans aucun esprit critique, laissant de surcroît entendre que la police était présente pour protéger les manifestants des « gros bras » du MCG, dont son Président et le Maire MCG de Vernier. Lorsqu’on a une opinion politique et que l’on travaille dans les médias, il faut savoir rester objectif et ne pas écrire n’importe quoi, pour ne pas perdre sa crédibilité.

    Note : durant la rédaction du présent communiqué la Tribune de Genève à modifié l’article (http://www.tdg.ch/geneve/actu/depute-mcg-engage-83-frontaliers-2009-10-02 ) et enlever « gros bras » remplacé par « C’est pourquoi il a rameuté ses troupes » et fermé l’article à tout commentaires! Dont acte.

    • David Talerman a écrit:

      C’est bien là toute l’ambiguïté du sujet : trop de frontaliers, mais les entreprises en ont besoin car il n’y a pas de ressources locales.
      Et c’est un des enseignements que les membres du MCG devrait retenir : le chômage n’est pas uniforme dans tous les secteurs d’activité. Dans certaines branches, il n’y aura jamais assez de travailleurs locaux (par exemple le personnel infirmier), et dans d’autres oui.
      Voir l’article ici : http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/13061423
      L’histoire de M. Clairet illustre parfaitement les contradictions du discours du MCG. Pour ce qui est de manifester pour ceci…

  4. Acerberos a écrit:

    A titre indicatif, Acerberos ne reprend pas le contenu de la Tribune; il reprend le contenu d’un jugement du Tribunal fédéral. Auriez-vous l’amabilité d’effectuer la correction?

    En vous remerciant d’avance,

  5. pat a écrit:

    Gander Florian, votre discours est plus cohérent que les affiches et mots d’ordre de votre parti. Mais c’est la règle dans le cadre de campagnes électorales. Mais pourquoi alors développer des thèmes aussi choquants et radicaux ? Arnaud Montebourg, conseiller électoral de Ségolène Royal donc socialiste, s’en était pris à Genève pour sa politique fiscale attrayante à l’installation des sièges sociaux des compagnies internationales qui font, selon lui, de l’ombre à la place de Paris. Toujours selon lui, il suggérait que Genève se rende moins accueillante fiscalement aux sociétés holdings afin que Paris bénéficie automatiquement de l’attraction de la place financière de la métropole du bout du lac sans faire d’efforts, dirais-je…Il fit même l’apologie de l’action du Général de Gaulle contre Monaco qui avait massé des troupes à la frontière monégasque afin de contraindre ce petit pays à signer des accords d’extension territoriale avec la France au plan fiscal. On a affaire à un socialiste et non pas à un foudre de guerre d’extrème droite…
    Je suis également chef d’entreprise mais dans le tiers-monde, ce qui m’amène à avoir affaire à la Suisse professionnellement et par choix, dans mon cas, je n’ai bien sur aucun problème avec les populations tant suisses que françaises.
    Cependant, vous avez développé des faits sous forme de mésaventures qui vous êtes arrivées en France et qui en disent long sur l’harmonie des relations entre voisins transfrontaliers.
    Comme indiqué plus haut, je ne réside pas dans la région et l’information que je reçois me sensibilise sur le « sort » des frontaliers français à Genève mais rien sur les conditions d’accueil des citoyens suisses en france voisine.
    Vous parlez de « maltraitances’ en tout genre du seul fait que vous soyez immatriculé en Suisse.
    Les utilisateurs de ce blog pourraient-ils nous informer sur l’autre « face » du phénomène transfrontalier à savoir la vision suisse des relations avec la France ?
    Merci.

  6. hacquard a écrit:

    Alors… Je suis frontalière et j’ai envi de dire que cela est bien facile de tout mettre sur le dos des frontaliers (je ne travaille plus en suisse après plusieurs expériences négatives et trop de racisme envers les fr, et pour rassurer les suisses, je ne reviendrai plus, même pour mes loisirs et shopping et donc vous laisse votre emploi). Dans le même sens les frontaliers pourraient se plaindre (d’ailleurs ils le font) du fait qu’ils n’arrivent plus à se loger en France vu que les Suisses font monter les prix et franchissent tous la frontière pour se loger moins cher ! Pour ma part, avec mon salaire français, seule, je ne peux pas me loger, et j’ai vu la multiplication des plaques suisses dans mon villages, ainsi qu’une flambée des prix. Alors le souci ne vient pas de nous, le souci vient tout simplement des employeurs, qui cherchent à embaucher toujours moins cher, mais c’est nous qui l’avons voulu, c notre société de consommation, à tout vouloir au prix le plus bas. Alors il faut résoudre le problème à la racine, il faut que nous changions de mentalité !

  7. denis a écrit:

    que ceux qui votent pour le parti vivent 100% suisse…mangent suisse, roulent en voiture suisse, ne sortent pas de suisse, s’habillent suisse, ne consomme rien qui ne soit produit en suisse….

  8. pat a écrit:

    @ hacquard
    Serait-ce en fait la France qui aurait un problème ?
    Vous parlez de racisme anti-français, en effet, mon impression est que les Français ne diffusent pas une image positive.
    Je réside depuis un certain nombre d’années hors d’Europe après avoir séjourné dans différents pays d’Europe. Et, partout, la même constatation, le Français est généralement considéré comme inférieur à ses voisins. Les Belges voient le Français du Nord comme une sorte de « pouilleux » (c’est le qualificatif employé) par rapport au Belge. Les frontaliers sont principalement français et recherchent du travail en Suisse, en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg. Le contraire est quasi inéxistant, les citoyens de ces mêmes pays font exception en travaillant en France et sont généralement des cadres dirigeant des filiales de leur pays.
    J’ai vécu, étudié et travaillé en Allemagne et là aussi, à l’époque, les Français étaient vu d’un niveau inférieur aux Allemands moyens, petits salaires lorsqu’ils travaillent, vie difficile pour l’ouvrier, communistes, grèvistes, comportements de latins, indisciplinés, un peu excités, beaucoup de gestuelles, pas le sens du bien collectif. « La France bien pour les vacances mais pas pour y bosser… » Cela dit, il n’y avait pas de haine du Français, leur jugement leur paraissait naturel. En bref, le Français faisait souvent sourir, un peu comme le Français quant il dit : « Sacrés Ritals va… »
    J’avais parfois des réflexions comme quoi l’Allemagne m’avait appris l’efficacité, la rigueur etc…et m’avait donné un niveau de vie appréciable par apport à ce que m’aurait procuré la France, (vacances sous les tropiques, belles voitures etc…)
    J’avais fait un stage de quelques semaines en Suisse très jeune également et, là aussi, je m’étais apperçu d’une dévalorisation du Français, le Suisse en France est un cadre, les Français en Suisse ouvriers, …attention dans les bars, retire ton manteau même pour boire un café, sinon tu passeras pour un Français (qui trempe son croissant dans son café en public, ne dit pas boujour et ne laisse pas de pourboire…). Je sortais le soir à Lausanne avec des amis zurichois et suédois, on me l’a vite déconseillé car, en effet, en cas de controle de police, si les Zurichois et les Suédois ne seront pas inquiétés, le jeune Français que je suis (que j’étais…) attirera plus la suspiscion de la police, il faut comprendre qu’il y a de plus en plus d’insécurité en Suisse Romande et que, souvent, c’est le fait de jeunes Français (attaques de banques, larcins en tout genre) quelle honte ! J’étais content que mon stage se termine…

    Par contre la France aurait une élite assez exclusive, si le salaire de l’ouvrier français est 2 à 3 fois moins élevé que le salaire suisse, ce n’est pas la cas pour les entrepreneurs et les cadres qui eux gagnent parfois plus que leurs collègues américains ou allemands, les pilotes d’Air France reçoivent des salaires de plus de 15’000 euros, les plus hauts au monde. Dernièrement, des frontaliers français se sentaient méprisés car venant travailler comme ouvrier au Luxembourg alors que les Allemands sont cadres et mieux payés.

    Comme vous dites, vous ne pouvez pas vivre décemment avec un salaire français surtout sur la frontière.
    Mais alors que penser d’un système aussi inégalitaire ? La France est une grande puissance économique, …alors ? Je lis que les jeunes Français « s’agglutinent » en masse sur la frontière de Genève dans l’espoir de trouver un travail même mal rémunéré par rapport au niveau suisse, n’est-ce pas la faillite d’un modèle ? Cela ne révèle-t-il pas, au delà des chiffres mensongés, une crise de l’emploi profonde et pas seulement dans la jeunesse et de longue date, depuis 30 ans et allant en empirant… Les statistiques indiquent des niveaux de salaires en France particulièrement bas pour une majorité de la population, en plus d’un énorme taux de chomage…! Ce serait la seule grande puissance occidentale a dégagé un salaire médian (1’550 euros) du niveau des pays de l’Europe du Sud, l’Italie offrant des salaires plus conséquents que la France.
    Ailleurs, des conseils pour les voyageurs français aux Bahamas, le niveau de prix est adapté aux budgets anglais, américains et allemands donc très élevés pour les Français…Et ça continue…C’est révoltant a la fin, non ?
    Pourquoi accepter une telle situation ?
    Vous avez tout à fait raison de vous plaindre mais, vu de loin, la faute revient non pas à la Suisse, (ou au Luxembourg, ou à l’Allemagne etc…) mais bien aux politiques économiques et sociales pratiquées depuis des décennies par les gouvernements en France même.

  9. sans rancune a écrit:

    Le citoyen Gander, vous dit ce qu’il souhaite ….
    voir : http://www.amge.ch/2009/01/26/la-libre-circulation-a-bien-servi-geneve/

    Hé oui faut-il préciser que certes il a été embauché par un Français …
    Mais pour une boite Française ….
    Que Monsieur Gander travaillait peut-être 80 heures par semaine, mais la semaine suivante c’était repos.
    Et pourquoi le citoyen Gander c’est fait virer ….. C’est que celui-ci regardait ces DVD vidéos durant son travail, malgré plusieurs remarque de sa hiérarchie …
    Celui-ci n’a pas hésiter à « cracher » sur un de ses collègues SUISSE en place depuis plusieurs années à son patron FRANÇAIS alors qu’il était encore en pleine formation ….
    Alors oui son patron c’est séparé de lui. Mais ne trouvant aucun autochtone qui voulait travailler 7j/7 24h/24 c’est à dire le dimanche, les nuits, les jours fériées…etc…
    Il a dut faire appel à un Français ..
    Mais pourquoi ne pas préciser aussi qu’avant de ce faire virer le citoyen Gander ayant senti le vent tourner, celui-ci à trouver un autre travail, Il est donc parti sans « Amertume »
    Mais à priori ce travail n’a pas duré bien longtemps …..
    Alors quoi de mieux que d’aller vers les extrêmes et d’attiser la haine sur les autres. quand soit même on ne peut tenir un poste.
    Avant de juger des paroles d’un Homme il faut entendre plusieurs versions et non une seul.
    … A bon entendeur …

  10. Jean a écrit:

    @David:
    lorsque vous dites « C’est bien là toute l’ambiguïté du sujet : trop de frontaliers, mais les entreprises en ont besoin car il n’y a pas de ressources locales », personne ne conteste cela! Il est normal de recruter à l’extérieur les ressources dont on ne dispose pas, MAIS quand je vois le nombre d’employés de commerce au chômage à Genève et le nombre de frontaliers occupant des emplois administratifs, on ne peut que se demander: est-il logique de mettre des chômeurs étrangers à ces postes, plutôt que les nôtres?

    Là est tout le côté très négatif de la libre-circulation! Auparavant on n’engageait des étrangers que lorsqu’on ne trouvait rien sur le marché local, mais en ce moment ce n’est plus le cas et un frontaliers peut librement prendre la place d’un Genevois, ce qui n’est pas acceptable.

    Je ne comprends même pas ce qui vous choque lorsque l’on parle de priorité aux résidents, cela va tellement de soi !
    Et je peux tout à fait comprendre que des gens se tournent vers des partis qui semblent les défendre (même si le MCG n’a aucune crédibilité politique et des dirigeants un peu « limités », il a le mérite de répondre aux préoccupations de la population).

  11. Jean a écrit:

    @hacquard
    vous dites que les Suisses font monter les prix de l’immobilier en zone frontalière, mais cela est bel et bien politique: si les bilatérales n’existaient pas, il y aurait moins de frontaliers, donc moins de gens prêts à acquérir un bien immobilier à un niveau de prix tel qu’actuellement. Si les bilatérales n’existaient pas, l’installation des Suisses en France serait également beaucoup plus limitée (autorisation d’établissement).

    Il faut arrêter l’angélisme systématique. L’Europe économique n’est pas une bonne chose, et un peu de protectionnisme ne fait de mal à personne, même au contraire, protège la population.
    Si les niveaux de taxes, de salaires et de prix étaient homogènes en europe il n’y aurait pas ce problème; mais dans notre cas la différence est tellement énorme qu’elle mène évidemment à des problèmes.

  12. Anti frontalier a écrit:

    C’est bien un site tenu par des fontaliers!
    On veut mettre des faits chiffrés montrant que vous êtes la cause du chômage à Genève, chômage deux fois plus haut que la moyenne suisse et non cela ne passe pas
    Quelle liberté d’expression! en plus de prendre notre travail vous prennez notre liberté de nous exprimer

    A cause de vous des milliers de personnes sont au chômages à Genève et des millers sont à l’assistance sociale. C’est dingue de se dire que sans vous nous connaitrions le plein emploi et bien moins de violence et de frustration des jeunes qualifiés mais sans emploi à cause de vous

    On peut voler une pomme, un journal, un téléphone mais aussi une place de travail qui ne vous revient pas

    Honte à vous

    • David Talerman a écrit:

      @Anti frontalier : Le problème avec les anti-frontaliers, c’est qu’ils sont tellement dans la haine qu’ils ne raisonnent plus.
      Le nombre important de frontaliers a pour conséquence un certain nombre de problèmes qu’il faut savoir adresser et résoudre (comme par exemple le trafic routier). Rejetez en bloc les travailleurs frontaliers, et nous fermerons bon nombre de nos entreprises, verrons nos contributions sociales baisser… Dans beaucoup de secteurs d’activité, il n’est pas possible de remplacer « un pour un » les travailleurs, dans la mesure où les frontaliers occupent pas mal de jobs que les Suisses eux-mêmes ne veulent plus faire. Et ce n’est qu’un exemple.
      Enfin, plusieurs étude, dont des études officielles, montrent qu’il n’existe absolument aucun rapport entre le taux de chômage à Genève et le nombre de frontaliers.
      En ce qui me concerne, un parti comme le MCG, avec un problème ouvertement haineux, n’est pas une solution, et n’est surtout pas réaliste. Néanmoins, le peuple a voté. Espérons que cela donne à son président le sens des responsabilités.

  13. Dissident a écrit:

    Le problème ne vient pas du frontalier en soi. Le problème vient de nos politiques qui octroient trop de permis frontaliers. Et certains arguments pro-frontaliers sont des mensonges. Exemples…

    1. On ne trouve pas de de gens qualifiés pour notre entreprise en Suisse.
    Quand ce n’est pas un cadre français qui le dit… Bien sur qu’il y a des domaines où la main d’oeuvre se fait rare en Suisse. Mais faut pas me faire avaler que certaines place à l’état ne trouverait pas preneur chez nos chômeurs. Pareil pour certaines places dans le privé. De plus, nos apprentis ne trouvent pas de place d’apprentissage, c’est l’occasion de les former. Plutôt que d’aller chercher du monde de l’autre côté. Encore faut-il que les entreprises et l’état jouent le jeu ce qui n’est pas le cas.

    2. Les français font le job que les Suisses ne veulent pas faire.
    Alors celle-ci c’est la meilleure! Il est vrai que certains jobs mal payés en Suisse, les Suisses ne veulent plus les faire tout simplement parce que ça ne paie pas assez par rapport au coût de la vie! Alors bien sur qu’un Francais acceptera le job puisque pour lui, ce sera toujours au minimum 1.5 fois ce qu’il gagne en France. C’est une forme de dumping salarial sans en être un vraiment… Payons correctement les Suisses ou diminuons les taxes et ils reviendront faire ces jobs… En Suisse, une famille avec CHF 5000.- par mois a de la peine à tourner!!!

    3. Il y a des contrôles qui empêchent le dumping salarial.
    Alors celle-ci elle est pas mal non plus…
    Lorsque deux personnes se présentent pour une place. Vous avez plusieurs jeunes frontaliers en lice avec un chômeur de 55ans famille a charge. Vous pensez que l’entreprise va choisir qui? Elle trouvera plein d’arguments pour évincer le chômeur. Ce ne sera pas du dumping puisque l’entreprise paiera correctement son employé. Il coutera juste 1,5 à 2 fois moins cher à l’entreprise parce que salaire de jeune salaire d’homme célibataire.

    4. Ouais mais les Suisses sont riches…
    Oui alors d’accord, Daniel Vasela est un homme riche.
    Faut arrêtez, les Suisses ne chient pas le pognon! En tout cas moins qu’un frontalier qui rentre chez lui avec un salaire suisse dans la poche!

    Pour terminer, chers frontaliers, il est vrai que le problème ne vient pas de vous. A votre place je ferai la même chose. Faire un peu de trajet pour gagner 2 fois plus. Mais comparez les taux de chômage dans l’ain, la haute Savoie et le canton de Genève. Le problème est économique et les solutions, c’est les autorités suisses qui doivent les trouver. Mais mettez vous à la place des Genevois. Et vos comprendrez leur ras-le-bol…

    • David Talerman a écrit:

      @Dissident :
      Point 1 : c’est votre avis ou la réalité ?
      Point 2 : c’est vrai que le dumping salarial doit être évité à tout prix.
      Point 3 : cet un exemple que je qualifierai de caricatural, et que nous ressort à volonté le MCG… Je dirai que cela s’applique dans certaines situations, et pas forcément entre frontaliers et seniors, mais plutôt entre jeunes et seniors.
      Point 4 : effectivement, tous les Suisses ne sont pas riches, mais il est cependant clair que la Suisse est reste un pays riche !
      En conclusion : vous commencez votre commentaire en disant que les arguments pro-frontaliers sont des mensonges, en argumentant avec des affirmations et des exemples peu concrets. Cependant, la question des frontaliers soulève des problématique qu’il faut absolument adresser pour que tout le monde puisse continuer à vivre et travailler ensemble.

  14. Alex a écrit:

    le problème est que la France est représenté par une bande de profiteurs idiots qui ne pensent qu’a leur pomme! et les hommes politiques de même! on n’élit que des tocard!

Dites-moi ce que vous en pensez !

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