SwissLife, Allianz, MMA, Alptis… difficile de se faire une idée juste des produits d’assurance santé pour frontaliers.
Et ce qu’on n’imagine pas toujours, c’est que les professionnels de l’assurance ne proposent pas tous les mêmes services.
Entre un courtier en assurance, un agent général et les divers sites web qui se disent spécialisés dans la santé pour les frontaliers, pas facile de faire le tri et de comprendre qui propose quoi.
Différents acteurs de l’assurance frontaliers qui proposent un choix pas équivalent
Pour situer le sujet, un courtier en assurance est un professionnel qui commercialise les produits de plusieurs compagnies d’assurance, et un agent général travaille pour une seule compagnie d’assurance. Et les sites web sur la santé des frontaliers sont soit ceux des compagnies, soit ceux de leurs agents généraux d’assurance, soit ceux de courtiers (multimarques), soit des sites qui n’ont pas de présence physique en zone frontalière.
De fait, un courtier est en général synonyme d’objectivité et de choix, et c’est selon nous le seul qui est supposé avoir une vision globale du marché.
Ne confondez pas un agent général d’assurance et un courtier en assurances
Comme l’offre de la plupart des agents généraux se limite aux produits de la compagnie qu’ils représentent, ils proposent parfois une marque « secondaire », qui ne représente en général qu’une infime partie des contrats qu’ils vendent. Attention dans ce cas vous n’avez pas affaire à un courtier.
Cette ambiguïté est potentiellement un problème sur le plan du conseil, car le produit qu’on vous proposera fera partie d’une gamme réduite de produits, alors que le produit idéal, en termes de couvertures / qualité de prestations / coût existe peut-être, mais pas chez ce professionnel, et bien évidemment, ce n’est pas lui qui vous le dira…
Demandez 3 devis et/ou faites le tour des produits concurrents
Si lors du premier rendez-vous le professionnel de l’assurance ne vous propose pas spontanément 3 devis d’assurance santé frontalier d’au moins trois compagnies différentes, alors c’est que le choix qu’on vous propose n’en est pas vraiment un. De mon point de vue, c’est un minimum que vous êtes en droit d’exiger, et s’il ne le fait pas, vous devrez là aussi faire le tour du marché pour vous faire une idée exacte du marché.
Les sites web d’assurance santé frontalier qui vous font croire que…
Lorsque l’on passe dans le domaine virtuel, l’objectivité du conseil semble avoir complètement disparu : entre les sites qui s’auto-proclament « sites de référence pour l’assurance santé des frontaliers » en proposant de la pseudo information alors que derrière se cache une marque commerciale d’assurance, ou ceux qui se décrivent comme des « courtiers exclusifs » d’une seule marque (courtier exclusif d’une marque c’est un non sens absolu qui permet surtout aux sites en question de créer une certaine ambiguïté auprès des consommateurs et de positionner astucieusement quelques mots clés dans les moteurs de recherche), tout est fait pour entretenir la confusion.
2 conseils pour détecter les « bons » sites d’assurance spécialisés pour frontalier
Il n’existe pas de site de courtage spécialisé dans les offres de santé pour les frontaliers. Tous les sites que vous trouverez sont soit des sites d’agents généraux, soit des sites « généralistes » qui ont opportunément pris le créneau des frontaliers. Certains sont basés à Paris ou à Lyon, c’est dire à quel point ils sont spécialisés dans les produits frontaliers… Voici donc deux conseils pour vous guider dans cette jungle :
1 / Ne signez jamais aucun contrat sans avoir parlé à votre interlocuteur (ou sans l’avoir rencontré), et faites-vous expliquer les moindres recoins de votre contrat, en insistant sur les délais de carence, les couvertures dentaires… (voir nos 5 conseils pour ne pas se faire avoir dans le choix d’une assurance santé frontalier)
2/ Demandez à votre interlocuteur s’il a une présence physique en zone frontalière
Si la réponse est non, mon conseil est de passer de préférence par un professionnel de l’assurance qui a une présence en zone frontalière franco-suisse : au moins, il connaîtra les problématiques frontalières et pourra vous conseiller de la meilleure façon…
Sur le site Travailler-en-Suisse.ch, nous avons sélectionné pour vous des courtiers en assurance spécialisés pour les frontaliers pour la qualité de leur prestations . Demandez-leur un devis santé frontalier ou consultez notre page consacrées aux assurance santé frontalier pour plus d’informations.
Et il y a également un chapitre très complet avec des conseils sur le sujet dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .
Et vous ? Quelles sont vos retour d’expérience avec les professionnels de l’assurance santé frontaliers ?
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C’est normal que le tarif de la LAMal de base passe du simple au double entre Genève et la France ?! Pour une personne seule née en 1984, on passe de 250-300 à 550-600 francs.
Ça veut dire qu’en 2014, les résidents de France voisine n’auront d’autre choix que payer deux fois ce que paient les résidents de Genève?
(Ou alors choisir le régime français pour 8% à 13,5% du revenu, ce qui me semble pharaonique…)
J’ai mal compris, ou j’ai raté un épisode?
Bonjour Gaya,
Non, vous avez malheureusement très bien compris.
Si rien ne bouge du côté des parlementaires français d’ici à 2014, cela risque d’être « compliqué » de s’assurer en tant que frontalier.
Le Groupement transfrontalier européen fait un travail acharné de lobbying pour faire changer les choses. Soutenez-les !
Sinon, pour info, voici un outil pour calculer le montant de sa prime CMU frontalier.
David, merci pour votre réponse et pour votre blog.
Être affilié à LAMAL ne me dérange pas dans l’absolu. Ce qui m’étonne, c’est la différence de prix entre la LAMAL de base pour le canton de Genève, et celle pour les frontaliers: C’est largement plus du double!
Pensez-vous qu’il y a un lobbying à faire de ce côté également? Ou est-ce perdu d’avance?
Bonjour,
C’est plus du double déjà parce qu’avec la LAMal frontalier, il n’est pas possible d’avoir de franchise, ce qui est bien pratique pour faire baisser le montant de la prime.
Pour le lobbying, il n’y en a jamais assez, et le Groupement transfrontalier européen fait déjà le sien. Avec ses 32 000 adhérents, c’est tout de même un interlocuteur de poids…