S’expatrier en Suisse : pourquoi il faut le faire maintenant

Il y a quelques années, peu de temps après l’ouverture de ce blog, j’ai écrit un billet intitulé « 10 bonnes raisons de s’installer en Suisse et de quitter la France« . Pour l’année 2012, vous aurez constaté le ton légèrement plus « urgent » du billet, car à mon sens, ce sera l’année de beaucoup de catastrophes. Voici donc pourquoi je pense qu’il faut s’expatrier en Suisse maintenant.

Une forte montée du chômage en France attendue en 2012

Au 1er trimestre 2012, la France a connu son pire taux de chômage depuis 15 ans, à plus de 10%  (source INSEE). Pis, si on ajoute dans les statistiques les petits boulots et autres CDD (les fameuses catégories B et C de Pôle emploi), les chiffres du chômage n’ont jamais été aussi hauts, avec plus de 4, 5 millions de personnes au chômage. En Suisse, le chômage baisse encore pour se situer à 3%… Mais ne nous y trompons pas : la Suisse souffre également, et sous peu, le chômage devrait de nouveau augmenter, réduisant d’autant les chances des étrangers de s’expatrier ou de travailler dans le pays.

Un droit du travail en France qui ne risque pas de s’assouplir

En France, on le sait, le droit du travail est tellement rigide et peu favorable aux entreprises que ces dernières ne recrutent que lorsque la reprise est franche, c’est-à-dire avec 2 ou 3 trimestres de décalage. Par ailleurs, aux 1er signes, même faibles, de tassement de la croissance, les entreprises françaises arrêtent de recruter et passent par des emplois temporaires. Quand la crise s’installe vraiment, beaucoup d’entreprises françaises licencient, même si ce n’est pas nécessaire ou vital à l’entreprise, en invoquant les problèmes économiques. Donc non seulement les entreprises françaises mettent du temps à démarrer, mais en plus elles s’arrêtent aux premiers signes de ralentissement, et licencient lorsque la crise est là : les cycles de croissances des entreprises françaises sont donc très courts. Pour que l’économie d’un pays puisse se développer, il faut un droit du travail souple (c’est non seulement ce que je pense mais également le résultat d’une étude de l’OCDE). Avec un nouveau président a priori plus favorable aux travailleurs, les chances de voir le droit du travail s’assouplir sont, à mon sens, nulles. Il faudrait, à mon sens et a minima, tuer les 35 heures, et rendre plus facile le licenciement (et donc le recrutement) des entreprises, tout en allégeant leurs charges sociales. Sur ce dernier point, c’est très probablement l’inverse qui risque de se produire…

En Suisse, point de 35h (qui a été refusé par le peuple il y a quelques années), un droit du travail souple (certes parfois un peu trop) et une grosse dose de bon sens pour que tout le monde en profite, bon sens qu’on a parfois oublié en France.

Une pression fiscale sur les particuliers et les entreprises qui va devenir insoutenable

La France est un des pays où la contribution fiscale des particuliers et des entreprises est la plus forte. La dernière loi de Finance 2012 alourdit encore la note. En voici quelques exemples : augmentation de la TVA pour les transports, les restaurants, les alcools, les livres… Augmentation de la base de calcul de la CSG (98,25% contre 97% en 2011). Augmentation de taxation sur les plus-values immobilières, durcissement de la fiscalité sur le capital, doublement de la fiscalité sur les droits de successions… Au total, l’INSEE prévoit que les ménages français subiront une augmentation de 3% de leurs impôts en 2012, et une augmentation des prélèvements sociaux de +2%… Les personnes assujetties à l’ISF en France verront pour leur part leur situation fiscale se dégrader, avec la disparition du barème  simplifié (2 tranches au lieu de 6) et du système de décote avantageux. Les grandes entreprises françaises verront pour leur part leur impôt augmenter de 5% supplémentaire.

Pour  sa part, la fiscalité suisse est certes à un niveau élevé, mais elle a un grand mérite : elle est stable, et n’est pas modifiée significativement d’une année à l’autre.

Enfin, la dégradation du triple A de la France et de manière plus générale de la santé économique de la France sera portée financièrement par les particuliers, d’une manière ou d’une autre, et notamment les classes moyennes.

Seule une crise grave fera changer la France

Si vous observez le manège des hommes politiques français, qu’ils soient de droite ou de gauche, vous comprendrez rapidement que les situations de crise grave sont, pour eux, la seule solution de réellement avancer. En effet, les hommes politiques français font des promesses pour être élus. Leur seule solution de ne pas les tenir tout en gardant la tête haute, s’est d’invoquer la situation d’urgence : « la situation économique mondiale est devenue tellement insoutenable que nous n’avons pas pu faire autrement que de…« . En clair, une économie française au bord du gouffre est politiquement beaucoup plus acceptable pour un dirigeant, puisque ce n’est pas sa faute. Il y a de gros risques pour que nous nous retrouvions donc dans cette situation, compte tenu des promesses incroyables et hors des réalités que nous ont tenues les 2 candidats finalistes.

Avec l’arrivée de la gauche arrive au pouvoir, le risque de voir le robinet des prestations sociales de nouveau s’ouvrir demeure important. En fait, ce que beaucoup de Français attendent, c’est que le modèle républicain français d’après-guerre, qui garantissait une « couverture » sociale à tout le monde – et bien mis à mal (mais pas assez à mon goût) par les gouvernements de droite – retrouve toute sa place. Or, ce modèle est totalement mort, en théorie et en pratique, et ce deuil, les Français n’arrivent pas à le faire. Dans le contexte actuel, le remettre en place et revenir en arrière serait probablement une catastrophe financière pour le pays. Donc dans ce cas, de 2 choses l’une : soit la gauche maintient bien ses promesses électoralistes, et l’économie française risque de sombrer davantage, soit la gauche tient compte de la situation et reste dans la lignée de ce qu’a fait la droite jusqu’à présent, c’est-à-dire incontestablement pas assez pour que l’économie française se redresse. Aucun des cas ne sera, de toute façon, bon pour l’économie française.

En Suisse, qui connait aussi ses crises politiques, on est un peu plus pragmatique, et la population met bien volontiers de côté ses aspirations personnelles dès lors que l’intérêt commun est menacé. Exemple le plus connus : les 6 semaines de vacances, refusés par le peuple suisse il y a peu, vote qui a été totalement incompris par les Français, voire raillé.

La France, pays des privilégiés

La France est un pays de privilèges : faites-ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. François Hollande semble avoir toutefois montré l’exemple par la baisse des salaires, et un profil plus « normal ». Ce geste, plus symbolique qu’autre chose, mérite d’être souligné, mais n’est de loin qu’une infime partie des incroyables avantages dont bénéficient parlementaires et hommes d’état : retraites dorées, avantages en nature de toute sorte, salaires démesurés…

En Suisse, la différence est un peu moins marquée, et les hommes politiques sont des miliciens. Et la simplicité est de mise.

Toutefois, il y a peu, les parlementaires se sont accordés une augmentation de salaire…

En conclusion : même si la Suisse n’est pas un Eldorado, c’est un pays qui possèdes des fondamentaux qui me paraissent bien plus solides que ceux de la France. Alors ne vous trompez pas, et pariez sur le bon cheval…

Le triple A de la France s’envole, celui de la Suisse reste

Alors même que la France a perdu son triple A, certains pays ont eu la chance de le conserver. C’est le cas de la Suisse qui a notamment entrepris depuis des années les réformes nécessaires pour se désendetter et qui mène une gestion de ses finances relativement saine.

Dans le monde, seuls 12 pays ont conservé leur AAA. Parmi eux, en plus de la Suisse, on trouve l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, la Norvège, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, Singapour et la Suède.

 

Les pays du Nord de l’Europe sont-ils mieux gérés ?

On peut presque dire que le « vilain » petit canard de cette liste, c’est le Royaume Uni : avec des perspectives économiques plutôt en demi-teinte, et un taux d’endettement plutôt élevé (plus de 80% du PIB), on se demande comment le pays a pu échapper à la dégradation. Mais peu importe, car ce n’est pas mon propos. Ce qui m’a étonné dans cette liste, c’est avant tout son côté « nordique » (du moins pour les pays d’Europe) : les pays du Nord de l’Europe seraient-ils mieux gérés que les autres pays du vieux continent ? C’est trop évident pour que ce soit une simple coïncidence.

En fait, en y regardant de plus près, et en faisant quelques recherches, je me suis rendu compte que 5 des 12 pays ayant conservé leur triple A sont des pays qui l’ont déjà perdu… et qui ont mis des années (et parfois plus de 10 ans) à le récupérer.

Certains de ces pays ont 2 autres points communs :

  1. des finances publiques suivies de près, et bien gérées, et parfois même  à la limite de l’austérité
  2. ils bénéficient d’importantes ressources financières
La Suisse possède notamment toutes ces caractéristiques.

Les pays qui ont conservé leur triple A sont aussi les pays les moins corrompus au monde

Autre comparaison intéressante : dans la liste des pays les moins corrompus au monde, on retrouve beaucoup de pays ayant conservé leur triple A. C’est notamment le cas du Danemark, de la Finlande, de la Suède et de la Norvège, mais également de l’Australie, et bien sûr de la Suisse (qui, rappelons-le, est le 8ème pays le moins corrompu au monde). Ce n’est, là aussi, probablement pas une coïncidence.

L’exemple de la Suède : du sang et des larmes

La France serait bien inspirée de regarder ce que ces pays ont dû faire pour assainir leur situation : privatisations, réductions radicales des dépenses publiques, et autres décisions difficiles ont été nécessaires pour redresser le pays. Mais le chemin de croix fut, pour la plupart, long et difficile. Je prends souvent la Suède comme exemple : en 1993, l’économie du pays est exsangue, le système bancaire est en quasi-faillite, et le 1er ministre de l’époque décide de faire d’importantes réformes et d’augmenter les impôts afin de rétablir les finances du pays. Alors qu’il devient l’homme le plus détesté de Suède, la conjoncture économique favorable des années 1997-1998, couplée à ses réformes, permet au pays de revenir dans la course. La Suède récupérera son triple A 11 ans après l’avoir perdu, en 2004. C’est probablement ce qui attend la France pendant les 10 années à venir, et ce d’autant que la situation économique mondiale actuelle est bien pire que celle dans laquelle se trouvait la Suède à l’époque.

Bref, inutile d’en rajouter une couche, mais il est probable que la vie en France devienne encore plus difficile dans la décennie à venir. Et avec les élections présidentielles, il est peu probable que les mesures nécessaires – et forcément radicales – soient prises : difficile de se faire élire quand on ne fait rêver personne. Une raison supplémentaire, à mon sens, de venir s’expatrier en Suisse. Et vite.

Source des notations : S&P

Les 5 plus gros dangers de l’expatriation en Suisse

Je n’aime pas forcément jouer sur le sentiment de peur, mais je trouve intéressant de mettre en avant certains « problèmes » rencontrés par beaucoup d’expatriés, et parfois copieusement ignorés avant d’y aller. Ceux qui me connaissent le savent : je n’écris pas pour faire la promotion de la Suisse (même si j’adore ce pays), mais pour informer le plus objectivement possible les candidats à l’expatriation et les frontaliers. Alors envisager les dangers de l’expatriation en Suisse, cela fait partie aussi des petites choses dont j’ai envie de vous parler.

1er danger : idéaliser la situation et le pays

Que ce soit en Suisse ou ailleurs, lorsqu’on « débarque » dans le pays, il y a tout d’abord cette phase d’amour fou, cette vague de nouveauté qui nous submerge et qui nous fait voir les choses d’une manière un peu… déformée. Cette phase d’amour, elle dure selon les personnes entre 6 mois et 2 ans. Et plus votre situation financière est confortable et votre situation familiale stable, plus elle dure.

Et forcément, le retour à la réalité est en général mal vécu, et très souvent à la hauteur du fantasme qui nous a animé pendant plusieurs mois. Finalement, vous semblez découvrir en quelques instants que tout n’est pas si parfait dans ce pays. Alors pour éviter cette marche un peu haute, faites en sorte de bien vous informer sur le pays, avant d’y aller et pendant. Et puis les clichés sur la Suisse sont tellement tenaces…

2ème danger : divorcer ou revenir

Une expatriation réussie, c’est avant tout un projet auquel votre conjoint a été associé. Aucune expatriation ne fonctionne lorsque « l’autre » (vous savez, celui qui vous a suivi et qui se prend un peu tout de front) ne se sent pas bien, qu’il est mis de côté, désocialisé. Et aucune expatriation ne fonctionne sans l’autre. Et ce phénomène est d’autant plus difficile qu’il est en général loin de sa famille et de ses amis, des personnes qui permettent souvent d’améliorer son quotidien. Pour savoir ce qui se passe dans la tête d’une femme qui suit son conjoint (car c’est souvent la femme qui suit), je vous invite à consulter le billet « Et les femmes d’expats dans tout çà ? » que j’avais écrit en 2006 et qui garde tout son sens encore aujourd’hui. En tous les cas je vous le dis ouvertement : si votre famille ne se plait pas en Suisse, vous n’y resterez pas, ou vous divorcerez.

3ème danger : se mettre en situation financière difficile par méconnaissance du coût de la vie

La Suisse est un pays qui possède un coût de la vie très élevé, parmi les plus élevés d’Europe. Pour ceux qui n’en auraient pas pris conscience et qui auraient accepté un salaire suisse « artificiellement » élevé par rapport à ce qu’ils avaient dans leur pays d’origine (disons la France par exemple), le retour à la réalité quotidienne risque d’être difficile à vivre. N’oubliez pas que le seuil de pauvreté en Suisse, pour une famille de 2 adultes et 2 enfants, c’est 4 800 francs suisses bruts par mois… Alors quitter un pays pour un meilleur salaire dans un autre où vous crevez de faim, ce n’est pas forcément une très bonne opération. Il faut dans tous les cas bien préparer son départ, faire son budget, et surtout faire une estimation de salaire net avant de signer son contrat de travail.

4ème danger : se couper de sa famille et de ses amis

Vos amis d’avant sont tout aussi importants que vos amis sur place. Mais la distance ne facilite en général pas les choses. Il faut être notamment capable d’accepter le fait qu’on devienne plus distants sur le plan émotionnel, ce qui ne veut pas dire que vous perdrez vos amis. Et puis le fait de vous installer dans un autre pays, c’est l’occasion pour vous d’inviter vos anciens amis, de leur visiter le coin, de leur faire partager tout ce qui fait votre qualité de vie quotidienne. C’est la même chose pour les membres de votre famille. Le réflexe qu’on a souvent en arrivant, c’est de sur-solliciter ses ayants amis, souvent parce que sur place on est seul et que vos amis et votre famille vous manquent. Après quelques mois et quelques relations locales et nouveaux amis, ne délaissez pas vos « anciens » amis, car c’est précisément à ce moment que les relations deviennent plus fragiles.

5ème danger : ne pas s’intégrer

L’intégration, c’est mon dada : chaque étranger qui s’installe en Suisse devrait avoir pour unique but de s’intégrer. Ce n’est pas simple, les locaux ne nous en laissent pas toujours le loisir, et nous sommes nous même parfois en total décalage avec la culture locale. C’est normal, il faut l’accepter, le comprendre et être capable d’évoluer dans le bon sens. On vous reprochera rarement de commettre des erreurs, mais on vous reprochera parfois de ne pas chercher à vous intégrer. Si vous êtes venu en Suisse, ce n’est peut-être pas pour rester qu’avec des Français (ou des gens de votre nationalité). Alors ouvrez vos oreilles et vos yeux, partagez et ne jugez pas : si en Suisse on fait « comme cela » et que c’est différent de ce qu’on fait en France, ce n’est probablement pas parce que les Suisses sont demeurés ou attardés. C’est juste que quelque chose vous échappe probablement…

Et vous, quels sont, selon votre expérience, les plus gros dangers d’une expatriation en Suisse ?

Conférence « Travailler en Suisse » à Grenoble le 22 septembre 2011

Juste un petit mot pour vous informer que je serai en conférence à Grenoble le 22 septembre prochain à 14h.

Je parlerai de tous les aspects du travail et de la vie en Suisse : emploi (secteurs qui recrutent), conditions de travail, conditions de salaire,  assurances sociales…

Si vous voulez me rencontrer là-bas, il faut vous inscrire par email auprès de Pôle Emploi International (a2sisere.38074(at)pole-emploi.fr), qui est l’organisateur. Le nombre de places est limité.

Ah, j’oubliais : c’est bien sûr gratuit. Retrouvez ci-dessous les détails sur le lieux, les horaires et modalités d’inscription.

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5 choses indispensables à savoir sur le système politique suisse

Un peu de culture générale, cela ne fait de mal à personne. Que vous soyez simplement en recherche d’un peu d’information sur votre propre pays ou que vous soyez un étranger en recherche d’un emploi, s’informer sur la Suisse et son système politique ne peut être que positif.

Voici 5 choses à savoir sur le système politique suisse, qui sont des informations que j’ai lu d’un excellent document édité tous les ans par les autorités fédérales et qui s’intitule « La Confédération en bref« .

1 – Le peuple suisse peut stopper une décision parlementaire par le biais d’un référendum

Si les parlementaires prennent des décisions qui ne conviennent pas au peuple, celui-ci a la possibilité de bloquer ou ralentir une proposition du Parlement ou du Gouvernement en la soumettant au vote populaire (référendum).
Dès lors que 50 000 signatures sont récupérées dans une période de moins 100 jours, le référendum peut être lancé. Ils sont organisés par des comités référendaires (lobbies ou groupes politiques). C’est une des expressions les plus fortes de la démocratie directe en Suisse. Ce mode de fonctionnement a une implication très importante dans les relations entre le peuple et les parlementaires : ces derniers, pour que leurs propositions de lois soient le plus largement acceptées, doivent faire preuve d’une certaine pédagogie et associer les différentes parties prenantes (au peuple, partis politiques et lobbies) à ce projet.
En un peu moins de 40 ans, 94 projets ont récolté le nombre suffisant de signatures, et les référendums ont été organisés. Dans un peu moins d’un tiers des cas, le peuple a suivi.

2 – Le peuple suisse peut demander une modification de la Constitution

L’expression même de la démocratie directe en Suisse, c’est l’initiative populaire, qui émane directement du peuple.
Le peuple suisse a en effet la possibilité de modifier la Constitution. Pour cela, il doit déposer une initiative (un texte), et récupérer 100 000 signatures dans un délai de 18 mois.
Sur le plan démocratique, cette démarche est intéressante puisque même si moins d’une initiative sur 10 a été au final acceptée par le peuple en un peu moins de 40 ans, les propositions qui la composent sont parfois reprises et viennent enrichir les textes de lois. Enfin, les autorités peuvent proposer un contre-projet à une initiative populaire. Tout ceci contribue à l’amélioration des lois.

3 – Les parlementaires suisses sont des miliciens

Contrairement à beaucoup de pays, dont la France, les Parlementaires suisses ont pour la plupart un métier, et exercent ces fonctions parlementaires « en plus ». Cela représente jusqu’à 70% de leur temps de travail total.

4 – Les femmes suisses ont le droit de vote depuis…1971

Bien que la Suisse soit un pays très démocratique, les femmes n’ont obtenu le droit de vote que tardivement en comparaison de la plupart des pays d’Europe. Après un rejet du peuple en 1959, les femmes ont finalement obtenu le droit de vote en 1971.

5 – La votation populaire qui a obtenu le plus fort taux de participation concernait… l’Europe

En 1992, le peuple suisse a été amené à se prononcer sur l’adhésion du pays à l’Espace Economique Européen (EEE). La participation a été de 78% (soit même supérieure à celle de la France pour son adhésion à l’Union européenne), et la votation rejetée. En 40 ans, le taux de participation moyen aux votations est d’environ 40%.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Un tel système serait-il possible en France ?

Téléchargez le document complet « La Confédération en bref en 2011 »

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Salaires hommes – femmes : des différences plus importantes en Suisse alémanique

On le sait, les différences de salaires entre hommes et femmes sont importantes en Suisse. J’aborde d’ailleurs régulièrement ce sujet qui me tient à coeur, et pour lequel les entreprises suisses et françaises me paraissent avoir plusieurs décennies de retard, en comparaison de certains pays nordiques notamment.

Quoi qu’il en soit, après vous avoir montré il y a quelques mois qu’il était préférable d’être une femme cadre en Suisse qu’en France (les différences entre un cadre homme et un cadre femme en Suisse sont moins importantes qu’en France), nous allons voir maintenant qu’il est préférable pour une femme de travailler en Suisse romande plutôt qu’en Suisse alémanique, où l’écart de salaire entre hommes et femmes est plus important (la différences est en tous les cas supérieure à 21% en Suisse alémanique, alors qu’en Suisse romande cet écart est inférieur à 18%.

source : Office fédéral de la Statistique

Les Suisses alémaniques seraient-ils donc plus « conservateurs » que les Suisses romands et moins ouverts à l’idée que la femme doit avoir une place égale à celle de l’homme dans la société ? Peut-être, mais je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le refus du droit de vote aux femmes suisses en 1959, droit de vote qu’elles finiront par obtenir finalement assez tardivement en comparaison internationale, en 1971.

Pourquoi les choses ne bougent-elles pas plus rapidement ?

Les autorités se penchent sur cette question de manière évidente, et mettent en place des outils de mesure et des actions, supervisés par le bureau fédéral de l’égalité hommes femmes. Les syndicats sont aussi actifs sur le sujet. Certes, mais il reste tout de même 20% d’écarts entre les salaires ! En faisant quelques recherches, je n’ai pas eu l’impression de voir un activisme fou des associations féministes en Suisse sur ce sujet. Alors finalement, j’aimerais poser 2 questions aux lectrices de ce blog : observez-vous des différences de traitement dans votre entreprise ? Dans votre entourage professionnel, avez-vous l’impression que le fait d’être une femme change quelque chose ?

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