Zone frontalière : ces professionnels de la Santé qui font payer plus cher les frontaliers

Le régime privé d’assurance santé frontalier devrait disparaître en 2014, et avec lui une des plus grosses machines à escroquer « en douceur » les assurés, avec la bénédiction silencieuse des compagnies d’assurance.

Comment réagiriez-vous si un vendeur de voiture annonçait : « en prix catalogue, je vends cette voiture 15 000 EUR, mais pour les travailleurs frontaliers, c’est plus cher car ils gagnent mieux leur vie : pour eux, ce sera 19 000 EUR. » ?

Vous seriez outré n’est-ce pas ? Eh bien sachez que c’est ce qui se pratique depuis des années par certains professionnels de la santé dans les zones frontalières françaises, au détriment des frontaliers.

Annoncer qu’on est frontalier, c’est à coup sûr se voir proposer des honoraires majorés

Cette pratique est devenue courante, et à peine cachée chez certains médecins, d’Annemasse au Doubs en passant par le pays de Gex. Il suffit d’annoncer qu’on est frontalier pour se voir appliquer une augmentation d’honoraire par rapport aux autres. Attention toutefois, cette pratique n’existe pas dans les établissements publics.

Concrètement, les travailleurs frontaliers sont majoritairement (90%) soumis au régime d’assurance santé privé. Dans ce cas, contrairement au régime général de la Sécurité sociale, l’état français via la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) n’a aucun droit de regard, car ce régime, entièrement privé, est géré comme son nom l’indique par des compagnies privées. Le discours des médecins est donc, en gros, le suivant : « si vous êtes frontalier, votre assurance santé prendra tout en charge, et surtout je ne risque pas d’être inquiété par la CPAM ». En d’autres termes, le médecin fait payer un surcoût au travailleur frontalier parce qu’il est frontalier et que son assurance peut payer sans qu’il soit inquiété. C’est en soit, déjà scandaleux.

Un système qui fonctionne hors de la compétence de l’Etat et qui n’est donc pas contrôlé

Si on s’arrête à ce raisonnement, on peut se dire qu’effectivement il n’y a aucun impact sur les caisses de l’Etat, ce qui est vrai. Par contre, ce comportement influence négativement les primes des assurés. Et tous les travailleurs frontaliers l’auront remarqué : les primes d’assurance augmentent chaque année un peu plus. Ces pratiques en sont notamment à l’origine. En clair, en acceptant ce mauvais « deal » malgré vous, vous enrichissez votre médecin sur le dos des assurés. Pour ma part, je suis certain que les compagnies d’assurance sont conscientes de ces surcoûts et me demande si elles ont mis en place des contrôle ou autres dispositifs ayant pour but de ramener les professionnels de la santé dans une logique moins mercantile… Je n’ai, sur ce point, aucune réponse à apporter, et les professionnels de la santé qui me lisent sont les bienvenus pour nous éclairer.

Quand les professionnels de la santé rabattent les frontaliers dans leur cabinet

On me rapportait récemment le cas édifiant d’une jeune femme qui a été soignée dans un hôpital (sans surcoût, car l’établissement est publique). Le spécialiste (ophtalmologue) qui s’en est occupé lui a demandé de bien vouloir passer dans son cabinet (privé cette fois) pour des examens complémentaires. Examens qui lui ont été facturés au prix fort, au-delà du tarif de convention. Pis, les analyses qui ont été faites en plus de ces soins se sont avérées, a posteriori et selon un spécialiste, totalement inutiles.

Si les tarifs de l’assurance santé privée sont si compétitifs, est-ce à cause de ce phénomène de surfacturation ?

Quand on regarde le coût de la CMU, celui de la LAMal frontalier (l’assurance santé qu’il est possible de prendre dans une compagnie suisse) et les coûts des assurance santé privées françaises, on remarque que ces dernières sont beaucoup plus intéressantes : est-ce parce que la rentabilité du système est entretenue par les assurés malgré eux, les sur-facturations des professionnels de la santé étant à coup sur répercuté sur les assurés ? Je trouve la question finalement plutôt légitime.

Que faire pour éviter de se faire pigeonner ?

Feignez l’oubli ! Le médecin vous posera peut-être des questions avant la consultation, ou bien vous fera remplir une fiche d’information, vous demandant notamment votre numéro de sécurité sociale et votre assurance. Dites que vous n’avez pas votre carte avec vous et que vous ne vous souvenez plus de votre assurance car vous avez changé récemment. Et surtout, ne dites jamais que vous travaillez en Suisse. Une fois la consultation faites, vous pourrez payer directement le praticien, ce qui le rassurera.

N’oubliez pas que tant que le médecin croira que vous êtes inscrit à la Sécurité sociale, il ne vous proposera pas de majoration d’honoraire. Le seul inconvénient de cette méthode est qu’elle ne vous permet pas de bénéficier d’un éventuel tiers payant de la part de votre compagnie d’assurance.

Je conseille également pour les plus courageux de dénoncer ces pratiques à la DGCRF. A ma connaissance, l’ordre des médecins n’a pour sa part jamais été saisi.

Enfin, pour que les choses soient claires, je distingue très clairement ce mécanisme honteux et discriminatoire du système de santé en lui-même qui fonctionne malgré tout très bien et propose une couverture très intéressante aux travailleurs frontaliers.

Et vous ? Avez-vous été victime de telles pratiques ?

Les parlementaires français veulent limiter le nombre de frontaliers

Les parlementaires français viennent de déposer une proposition qui a pour but de limiter le nombre de travailleurs frontaliers qui résident en France et travaillent en Suisse, Belgique, Espagne ou Luxembourg.

Pour cela, le rapport propose de créer des zones frontalières en France avec un statut spécial où le droit social suisse s’appliquerait. Pour les frontaliers en Suisse la zone proche de l’aéroport de Genève serait concernée.

Je viens de recevoir l’information, et m’interroge toutefois sur certains points :

1/ Concernant l’assurance maladie, je ne suis pas certain que cela attire beaucoup les foules, car le régime suisse LAMal est, à mon sens, plus restrictif en termes de prestations que le régime général de la sécurité sociale ou simplement le régime d’assurance maladie privée pour frontaliers. Par ailleurs, le ratio « coût / prestations couvertes » me semble plus intéressant en France qu’en Suisse (voir les pages « Assurance maladie pour les résidents » et « Assurance santé pour frontaliers » sur le site Travailler-en-Suisse.ch pour plus de détails).

2/ Concernant les allocations familiales, là le système suisse me paraît plus avantageux, notamment pour les familles ayant entre 1 ou 2 enfants (voir la page « Allocations familiales en Suisse » sur le site Travailler-en-Suisse.ch).

3/ Concernant la retraite, le régime suisse est, à mon sens, beaucoup plus efficace et rassurant que le régime français. Mais l’applique signifierait qu’il faudrait du coup appliquer le droit du travail suisse en France, et là je ne sais pas comment les parlementaires comptent s’y prendre, car appliquer le droit du travail suisse sans appliquer les niveaux de salaires me paraît un exercice périlleux (voir la page « Retraite et prévoyance en Suisse » sur le site Travailler-en-Suisse.ch).

Et puis on a pu voir il y quelques mois ce que l’application du droit du travail suisse en France pouvait donner…

Bref, j’attends d’en savoir plus, mais le peu d’informations que je possède me laissent dubitatif. Et pour finir, ce que j’ai pu lire du rapport sous-entend que les frontaliers profitent d’un système d’assurance sociale en France, ce qui me paraît incompréhensible.

La mauvaise négociation des autorités françaises concernant le chômage des frontaliers est peut-être à l’origine de cette proposition

En revanche, ce qui me paraît plus plausible, c’est que l’assurance chômage des frontaliers a coûté cher à la France : lorsqu’il y  a chômage à 100%, les frontaliers sont indemnisés par la France. Auparavant, la Suisse rétrocédait à la France une manne financière (car les frontaliers cotisaient en Suisse pour le chômage qu’ils touchaient en France). Suite à une très mauvaise négociation des autorités françaises, cette manne n’est plus reversée depuis plus de deux ans je crois… Et c’est probablement un des moteurs de cette proposition parlementaire.

source : Les échos et Travailler-en-Suisse.ch

Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle proposition ? Seriez-vous plus intéressé à travailler dans ce type de zone en France plutôt qu’en Suisse ?
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Frontaliers en Suisse : le « Best of » de Travailler en Suisse

best-of-screen-shot-blogRetrouvez les meilleurs articles de ce blog qui concernent les travailleurs frontaliers en Suisse : travail, assurance maladie, attaques populistes, fiscalité…

On peut dire que durant toute la période de crise, les frontaliers ont été vivement attaqués, et pas ménagés sur le front de l’emploi notamment, ceux-ci ayant servi dans certaines entreprises de variable d’ajustement pour les effectifs.

Espérons qu’avec une conjoncture qui s’annonce meilleure en Suisse et un chômage qui baisse, cela change.

En attendant, voici ce que nous avons fait de mieux sur le sujet :

Les frontaliers et les médias

A Genève, toutes les coiffeuses roulent-elles en Audi ? (reportage M6 de 66 minutes)

Reportage M6 enquête exclusive sur les frontaliers à Genève

La fiscalité des frontaliers

Les impôts pour les travailleurs frontaliers : ce qu’il faut absolument savoir

Pourquoi le barème d’impôt à la source est défavorable aux étrangers

L’assurance santé des frontaliers

Assurance santé frontalier : 5 règles pour ne pas se faire avoir

Frontalier : comment s’assurer quand on a des problèmes de santé

Frontaliers : attention aux faux courtiers

Populisme anti-frontaliers

Le MCG : le parti genevois anti-frontaliers

Grand concours de propos racistes et anti-frontaliers à Genève

Frontaliers et vie de tous les jours

Téléphonie mobile pour frontaliers : enfin une vraie offre transfrontalière

Logement frontaliers : 10 choses illégales que le bailleur ne peut réclamer

Frontalier ou résident en Suisse : de plus en plus difficile de choisir

Emploi des frontaliers

A Genève, certaines entreprises ne recrutent plus de nouveaux étrangers



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Santé frontalier : attention aux faux courtiers !

sante-frontaliersSwissLife, Allianz, MMA, Alptis… difficile de se faire une idée juste des produits d’assurance santé pour frontaliers.

Et ce qu’on n’imagine pas toujours, c’est que les professionnels de l’assurance ne proposent pas tous les mêmes services.

Entre un courtier en assurance, un agent général et les divers sites web qui se disent spécialisés dans la santé pour les frontaliers, pas facile de faire le tri et de comprendre qui propose quoi.

Différents acteurs de l’assurance frontaliers qui proposent un choix pas équivalent

Pour situer le sujet, un courtier en assurance est un professionnel qui commercialise les produits de plusieurs compagnies d’assurance, et un agent général travaille pour une seule compagnie d’assurance. Et les sites web sur la santé des frontaliers sont soit ceux des compagnies, soit ceux de leurs agents généraux d’assurance, soit ceux de courtiers (multimarques), soit des sites qui n’ont pas de présence physique en zone frontalière.

De fait, un courtier est en général synonyme d’objectivité et de choix, et c’est selon nous le seul qui est supposé avoir une vision globale du marché.

Ne confondez pas un agent général d’assurance et un courtier en assurances

Comme l’offre de la plupart des agents généraux se limite aux produits de la compagnie qu’ils représentent, ils proposent parfois une marque « secondaire », qui ne représente en général qu’une infime partie des contrats qu’ils vendent. Attention dans ce cas vous n’avez pas affaire à un courtier.

Cette ambiguïté est potentiellement un problème sur le plan du conseil, car le produit qu’on vous proposera fera partie d’une gamme réduite de produits, alors que le produit idéal, en termes de couvertures / qualité de prestations / coût existe peut-être, mais pas chez ce professionnel, et bien évidemment, ce n’est pas lui qui vous le dira…

Demandez 3 devis et/ou faites le tour des produits concurrents

Si lors du premier rendez-vous le professionnel de l’assurance ne vous propose pas spontanément 3 devis d’assurance santé frontalier d’au moins trois compagnies différentes, alors c’est que le choix qu’on vous propose n’en est pas vraiment un. De mon point de vue, c’est un minimum que vous êtes en droit d’exiger, et s’il ne le fait pas, vous devrez là aussi faire le tour du marché pour vous faire une idée exacte du marché.

Les sites web d’assurance santé frontalier qui vous font croire que…

Lorsque l’on passe dans le domaine virtuel, l’objectivité du conseil semble avoir complètement disparu : entre les sites qui s’auto-proclament « sites de référence pour l’assurance santé des frontaliers » en proposant de la pseudo information alors que derrière se cache une marque commerciale d’assurance, ou ceux qui se décrivent comme des « courtiers exclusifs » d’une seule marque (courtier exclusif d’une marque c’est un non sens absolu qui permet surtout aux sites en question de créer une certaine ambiguïté auprès des consommateurs et de positionner astucieusement quelques mots clés dans les moteurs de recherche), tout est fait pour entretenir la confusion.

2 conseils pour détecter les « bons » sites d’assurance spécialisés pour frontalier

Il n’existe pas de site de courtage spécialisé dans les offres de santé pour les frontaliers. Tous les sites que vous trouverez sont soit des sites d’agents généraux, soit des sites « généralistes » qui ont opportunément pris le créneau des frontaliers. Certains sont basés à Paris ou à Lyon, c’est dire à quel point ils sont spécialisés dans les produits frontaliers… Voici donc deux conseils pour vous guider dans cette jungle :

1 / Ne signez jamais aucun contrat sans avoir parlé à votre interlocuteur (ou sans l’avoir rencontré), et faites-vous expliquer les moindres recoins de votre contrat, en insistant sur les délais de carence, les couvertures dentaires… (voir nos 5 conseils pour ne pas se faire avoir dans le choix d’une assurance santé frontalier)

2/ Demandez à votre interlocuteur s’il a une présence physique en zone frontalière

Si la réponse est non, mon conseil est de passer de préférence par un professionnel de l’assurance qui a une présence en zone frontalière franco-suisse : au moins, il connaîtra les problématiques frontalières et pourra vous conseiller de la meilleure façon…

Sur le site Travailler-en-Suisse.ch, nous avons sélectionné pour vous des courtiers en assurance spécialisés pour les frontaliers pour la qualité de leur prestations . Demandez-leur un devis santé frontalier ou consultez notre page consacrées aux assurance santé frontalier pour plus d’informations.

Et il y a également un chapitre très complet avec des conseils sur le sujet dans mon livre « Travailler et vivre en Suisse« .

Et vous ? Quelles sont vos retour d’expérience avec les professionnels de l’assurance santé frontaliers ?

Les agents généraux d’assurance sont en principe de bons professionnels, mais il faut bien comprendre que le choix qu’ils proposent n’en est pas vraiment un : le produit qui vous conviendra le mieux ne fait pas forcément partie de la marque qu’il représente. Un tour beaucoup plus complet de la concurrence est alors nécessaire.

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Santé frontaliers : quelques conseils pour limiter le risque d’augmentation des primes d’assurance

Choisissez la bonne assurance santé en SuisseLes travailleurs frontaliers ont le choix entre 3 régimes d’assurance frontaliers pour la santé (un régime suisse et deux régimes français). Le régime le plus « populaire », car souscrit par 90% des travailleurs frontaliers, est le régime privé d’assurance maladie pour frontaliers.  Ce régime étant privé, les différentes offres, proposées par les différents professionnels de l’assurance, sont souvent très différentes d’une compagnie à l’autre, ce qui ajoute à la confusion. Et souvent, les travailleurs frontaliers s’arrêtent au prix de l’assurance, sans savoir que les prix des assurances frontaliers qu’ils comparent ne proposent pas du tout les mêmes services.

Un autre phénomène, plus difficile à prévoir, vient brouiller les cartes en matière de choix d’une assurance santé : l’évolution des prix d’une année à l’autre, de votre assurance.

Attention : les prix des assurances santé augmentent souvent d’une année à l’autre

Si vous avez suivi nos conseils pour ne pas vous faire avoir par les professionnels de la santé frontalier et que vous avez trouvé un bon contrat d’assurance maladie qui vous convient, il est aussi très important de s’assurer de la pérennité  tarifaire du contrat. En effet, la plupart des contrats d’assurance laissent une totale latitude aux compagnies pour augmenter d’une année à l’autre leurs tarifs. On a même vu certaines compagnies procéder à des augmentations de plus de 40% d’une année à l’autre pour certains assurés.

Des tarifs très bas pour attirer les nouveaux clients, qui cachent une politique d’augmentation

Certaines compagnies, pour attirer les nouveaux clients, pratiquent des prix très bas (en comparaison de ce qui se fait sur le marché pour une prestation à caractéristiques équivalentes), et les augmentent ensuite mécaniquement d’une année à l’autre, parfois de manière très importante.

En fait, il n’y a pas de miracle : une société d’assurance qui pratique de tels prix ne pourra pas équilibrer ses comptes (en fait, les dépenses occasionnées par l’ensemble de ses assurés seront supérieures aux entrées d’argent, c’est-à-dire l’ensemble des cotisations). Du coup, en souscrivant une assurance santé à ces conditions de tarif, vous subirez à coup sûr des augmentations dans les années à venir.

Quelques conseils pour se prémunir d’une augmentation

1 – Demandez au professionnel qui vous fait une proposition de vous communiquer les augmentations de tarifs des années précédentes : cela vous donnera une idée de la politique de la maison

2 – Demandez-lui également qu’il vous communique la différence actuelle de tarif entre un nouveau client et un client déjà existant : cette différence est également un bon indicateur qui vous donnera une idée de ce qui vous attendra l’année suivante, lorsque vous serez un « ancien » client.

3 – Évitez les offres des compagnies peu connues qui paraissent trop belles : si une grande compagnie d’assurance peine parfois à équilibrer son risque, je vous laisse imaginer pour les compagnies de taille plus modeste…

4 – Si le professionnel de l’assurance avec qui vous traitez est un courtier (c’est-à-dire qu’il commercialise plusieurs produits de plusieurs compagnies, et pas seulement un seul), demandez-lui conseil sur ce sujet, il connait forcément les politiques tarifaires des compagnies avec lesquelles il travaille.

Consultez la page relative à l’assurance frontalier (pour la santé) du site Travailler-en-Suisse.ch pour plus d’informations.

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Santé frontaliers : les critères qui influencent le montant de votre prime d’assurance

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Le problème principal pour l’assurance des frontaliers qui s’assurent en régime privé, c’est que les prestations peuvent être très différentes d’une compagnie à l’autre, ce qui rend difficile la comparaison des tarifs.

Alors pour comprendre pourquoi il y a autant d’écart tarifaires entre les contrats d’assurance santé frontalier, voici quelques conseils pour faire le bon choix.

Regardez d’abord la couverture, et ensuite le tarif

C’est logique mais on l’oublie trop souvent : une assurance santé frontalier du régime privé remplace l’équivalent du régime général de la Sécurité sociale française et une complémentaire ou mutuelle. De fait, plus le contrat d’assurance santé propose une couverture élevée, plus la compagnie risque de devoir vous rembourser des soins. En conséquence, il est assez logique que les tarifs augmentent avec les couvertures, qu’elles soient géographique (soin en France seulement ou en France et en Suisse) ou d’ordre médical.

Pour des couvertures équivalentes ou presque, il ne peut pas y avoir d’écart de tarif trop importants entre deux produits d’assurance. Si c’est le cas, c’est peut-être qu’il faut se méfier. Je vous en reparle plus loin.

Les couvertures qui influent sur le tarif

L’hospitalisation : presque tous les produits d’assurance vous annonceront une prise en charge des soins en France et en Suisse. Dans certains cas, le terme est abusif car ce qui compte en la matière, c’est  :

  • de savoir dans quels cas vous serez pris en charge : dans presque tous les produits d’assurance, vous serez couvert pour les soins reçus dans les hôpitaux en France. Pour la prise en charge des soins en Suisse, il faut vous faire préciser les modalités de prise en charge (serez-vous pris en charge pour des cas d’urgence ou pour des soins programmés ?),
  • de connaître les remboursements :certains contrats vous rembourseront les soins en Suisse sur la base des tarifs français, donc autant dire que vous aurez  une grosse facture à votre charge, alors que d’autres vous proposeront un remboursement plus généreux.

Les soins d’optique : les remboursements optiques ne sont pas pris en charge de la même manière dans tous les contrats. Lorsqu’ils le sont, les prestations proposées sont différentes d’une compagnie à l’autre : certains proposent des reports de forfaits d’une année à l’autre si vous n’avez pas fait de dépense, certains pas, et d’autres proposent des forfaits à l’année.

Les soins dentaires : les soins dentaires classiques sont en général bien couverts, mais ce qui peut poser problème, ce sont les prothèses dentaires. Dans ce cas, les compagnies ont des approches très différentes : certaines proposent des forfaits annuels (ce qui permet à la compagnie de limiter le risque qu’elle prend en plafonnant les dépenses), d’autres proposent un remboursement exprimé en pourcentage de la base de remboursement de la Sécurité sociale, d’autres proposent une combinaison des deux, et enfin certains produits ne proposent aucun remboursement.

Les médecines douces : certaines assurances les prennent en charge, d’autres pas. Certaines compagnies proposent des forfait par acte, d’autres des forfaits annuels, d’autres encore des forfaits par type de médecine douce.

  • Conseil : tout le monde n’aura pas besoin d’avoir une couverture complète pour des soins hospitaliers en Suisse. Mais attention si vous habitez dans le Pays de Gex par exemple, l’hôpital le plus proche est en Suisse (HUG de Genève)… Même chose pour les frontaliers à Zurich. Et même raisonnement si vous êtes frontalier semainier (« vous habitez en Suisse la semaine et repartez en France une fois par semaine »), dans ce cas vous devrez être bien couvert dans les hôpitaux en Suisse, car c’est en Suisse que vous vivrez la plupart du temps…

Pour les autres domaines, soyez certain que les couvertures et prises en charge sont plus ou moins de même nature pour pouvoir comparer un tarif. Faites-vous bien préciser par le professionnel de la santé avec qui vous traitez ces « détails » qui n’en sont pas. Pour vous accompagner dans cette démarche, le courtier en assurance est un allié intéressant qui peut vous faire gagner du temps et vous éviter de décortiquer et faire le tour de la concurrence.

La sélection médicale, facteur déterminant du prix

Dans la plupart des cas, on vous demandera de remplir un questionnaire médical, où vous devrez détailler vos antécédents médicaux. Ce document permet à la compagnie d’estimer le risque qu’elle prend en vous assurant. Et le fait de réduire son risque lui permet en principe de réduire le coût de la prime. Les questionnaires médicaux sont différents d’une compagnie à l’autre, ils sont plus ou moins longs et plus ou moins précis. Dans tous les cas, nous vous conseillons de ne rien omettre et surtout de ne pas mentir.

Certains produits d’assurance ne proposent pas de questionnaires médicaux, ce qui peut être intéressant pour les personnes qui ont des pathologies importantes et qui sont donc refusées par certaines compagnies. Dans ce cas, le risque que prend la compagnie est plus important, et les primes sont plus élevées.

Aucune relation durable ne peut exister si tous les acteurs n’y trouvent pas satisfaction. Du coup, le questionnaire médical vous permettra d’avoir un bon rapport qualité / prix, et la compagnie d’assurance pourra limiter son risque et y trouver un certain équilibre sur le plan financier.

Car il est aussi important de voir la relation avec la compagnie dans la durée : si vous coûtez trop cher à votre compagnie, ou si l’ensemble des assurés coûtent chers, alors les compagnies augmentent leurs tarifs , ce qui leur permet de « rééquilibrer » leurs rentabilité.

Les stratégies de prix et promotions des compagnies d’assurance

Vous verrez parfois des compagnies pratiquer des approches commerciales du type « 1 ou 2 mois gratuits« , « une réduction de x% la première année » etc… Ces promotions sont ce qu’on appelle des déclencheurs d’achat ou des « call to action » : ils ont pour objectif d’accélérer votre souscription, en vous mettant implicitement une pression puisque très souvent cette promotion est bordée dans le temps.

Il est plutôt appréciable de pouvoir bénéficier d’une réduction lorsque cela est possible. Mais je vous déconseille de baser votre décision d’achat uniquement sur ce critère. Car choisir une assurance, c’est s’engager en général sur plusieurs années. Or, si votre état de santé se dégrade, il est préférable d’avoir un contrat de départ qui vous couvre bien. N’oubliez donc pas que la couverture médicale est un critère pérenne de votre contrat, pas la promotion tarifaire.

Il y a encore beaucoup à dire concernant le tarif des assurances santé pour frontaliers. Dans un autre billet à venir cette semaine, je vous donnerai des tactiques pour prévenir des évolutions de tarifs importantes de votre contrat d’assurance, ainsi que les politiques de remboursement des compagnies d’assurance, qui sont d’autres facteurs venant influe sur le prix.

Quelques ressources utiles :