Blog d’expats #6 : Doremi, conseiller pédagogique

doremiNotre 6ème portrait de bloggers expats en Suisse est belge et s’appelle Amaury.

Il est conseiller pédagogique à l’Université de Lausanne, au Centre de Soutien à l’Enseignement. Sa femme, « Madame Doremi » avec qui il est marié depuis 12 ans est éducatrice à Vevey dans une résidence pour personnes adultes handicapées mentales. Ils se sont connus pendant leurs études d’éducateur à Liège, et ont eu 3 enfants de 5, 7 et 10 ans.

Après plusieurs années passées en Belgique (près de Maastricht, Liège et Aachen) ils ont décidé en 2006 de venir s’installer en Suisse.

Le blog de Doremi, c’est le blog d’un petit belge qui est devenu petit suisse. C’est surtout un blog où il raconte ce qu’il fait et ce qu’il vit en Suisse avec sa famille, et sa femme y occupe d’ailleurs une place importante.

Amaury me raconte que son blog a été un bon vecteur d’intégration en Suisse, et qu’il lui a permis de rencontrer pas mal de personnes de tous âges et de toutes conditions avec qui il garde des contacts.

De son propre aveux, son blog, c’est aussi son défouloir, son confident, l’endroit où il note toutes les bêtises qu’il ne faut pas qu’il oublie. Comme vous pourrez le constater, son témoignage est plein d’humour.

Identité

Qui es-tu ? Doremi aka Amaury… à moins que ça ne soit le contraire.

De quel pays es-tu originaire ? Belgium… twelve points

Depuis combien de temps travailles-tu en Suisse ? Depuis mars 2006. J’ai fait les trajets en train toutes les semaines jusqu’en juillet 2006, le temps de trouver un appartement pour toute la famille, que notre aîné finisse sa première primaire et que Madame Doremi finisse sa formation d’enseignante.

Frontalier ou résident ? Résident (permis B)

Es-tu venu seul ou en famille ? Les deux, mais pas en même temps. Euh… donc d’abord seul puis en famille.

Quel est ton métier ? Conseiller pédagogique, spécialisé en pédagogie universitaire.

Dans quel canton travailles-tu ? Vaud actuellement mais j’ai travaillé dans le canton de Fribourg pendant 3 ans.

Ton recrutement en Suisse

Comment (par quel canal) as-tu trouvé ton job en Suisse ?

Ah, ça c’est la Belgian connection. Je veux dire, il y a tellement de belges en Suisse qu’il se fait que j’en connaissais une en particulier qui m’a proposé un contrat de 3 ans de recherche à l’Université de Fribourg. C’est en fait une ancienne collègue de Namur avec qui j’avais gardé des contacts parce qu’elle était ma directrice de thèse (c’est une bonne raison pour garder des contacts d’ailleurs). C’était une recherche européenne et je coordonnais une équipe de 30 personnes réparties dans 5 pays. Une expérience géniale.

Te rappelles-tu de ta phase de recrutement ? Comment s’est-elle passée, et qu’est-ce qui t’a marqué ?

Il n’y a donc pas eu vraiment de recrutement en ce qui me concerne. Ce qui m’a marqué, c’est l’organisation. Tout était prêt quand je suis arrivé: logement provisoire dans une résidence d’étudiants, permis de séjour, contrat, bureau, ordinateur, un demi-tarif, etc. Et je n’avais encore rien vu! Mes deux premières collègues n’étaient même pas suisses mais belge et portugaise. Je connaissais déjà Fribourg car j’y donnais un cours depuis 2 ans dans le cadre d’une formation en pédagogie universitaire.

Quels conseils (en terme d’emploi) donnerais-tu à ceux qui veulent travailler en Suisse ?

– Avoir un diplôme reconnu. Notamment pour les enseignants, ce n’est vraiment pas évident : le diplôme d’éducatrice de ma femme a facilement été reconnu (quoiqu’il n’y ait pas vraiment d’équivalent ici en Suisse puisque la formation d’éducateurs est de niveau universitaire ou en tout cas dure plus longtemps qu’en Belgique), mais pas son Certificat d’Aptitude Pédagogique belge pour enseigner.
– Connaître les langues : en étant francophone, l’anglais est un minimum, l’allemand ou l’italien, un vrai plus, surtout à Fribourg qui est une ville complètement bilingue.
– Avoir plusieurs compétences différentes dans sa besace. La variété, la flexibilité et la capacité à s’intégrer à une équipe sont primordiaux pour moi.
– Si on a un conjoint, c’est vraiment important qu’il ou elle cherche du travail aussi. Avec un permis B (mais il faut être marié et européen pour profiter du regroupement familial), c’est très facile.

Ton arrivée en Suisse

Qu’est-ce qui a été le plus difficile lors de ton installation ?

Rien. Tout s’est passé vraiment comme sur des roulettes. J’ai rencontré beaucoup de compréhension, d’aide, d’accueil.
Bon allez, il y a bien cette employée de la Poste qui m’a un peu énervé à traîner pour m’ouvrir un compte en banque, mais c’est tout. Il y a aussi le proprio d’un appartement que j’ai visité qui m’a demandé de lui fournir des preuves que je n’avais pas de dettes en Suisse. J’ai donc été cherché un document à l’Office des poursuites.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué sur le plan culturel en arrivant en Suisse ?

C’est beaucoup plus multiculturel et riche qu’en Belgique. Fribourg est une ville de 350 00 habitants avec une université de 10 000 étudiants (la moitié de Verviers). Il y a des cinémas, des théâtres, des salles de concert, des festivals internationaux de films, de danses folkloriques, d’art contemporain, etc. (pour moi qui habitais à Verviers, c’était obligatoire d’aller à Liège, une ville de 200 000 habitants, pour avoir l’équivalent). Et avec environ 20% d’étrangers en moyenne sur la Suisse (2 fois plus qu’en Belgique), on a tout le temps l’impression d’entendre des langues différentes: allemand, portugais, anglais, russe… et bien sûr le suisse allemand :-) Une langue affreuse à l’audition mais en fait très cool :-)
J’ai trouvé aussi les gens très ouverts (mes amis proches sont pour la plupart suisses allemands), avec une envie de découvrir la Belgique par exemple, ce qui m’a étonné car on m’avait dit que les suisses étaient plutôt renfermés. Ceci s’est révélé totalement faux, en tout cas de mon point de vue.

Vie au travail

Comment s’est passée ton intégration dans l’entreprise suisse ?

C’était une équipe de base que je connaissais déjà à laquelle se sont ajoutés plusieurs autres collègues, suisses, mais aussi roumains, tunisiens et allemands. Franchement, tout s’est très bien passé. On s’est très vite invités l’un chez l’autre.

T’a-t-on fait ressentir que tu étais étranger(gère) ?

Jamais. Sauf pour me taquiner. Mais je le leur rendais bien :-)

Tes relations avec les Suisses

Comment juges-tu tes relations avec les Suisses (au travail et dans la vie de tous les jours) ?

Franchement très bonnes. L’intégration ne s’est pas faite que par le boulot mais aussi beaucoup par les enfants, via l’école ou les clubs de sport. En arrivant, ma femme a travaillé plusieurs mois comme maman de jour. Ca nous a fait rencontrer pas mal de gens du quartier avec qui nous avons gardé des liens.

As-tu des amis suisses ? Français ? Étrangers ?

Suisses oui. Français, bof j’évite (mais nooon, j’décoooonne). Étrangers oui, de toutes nationalités ou à peu près (je ne connais pas encore de Fidjien par exemple. Ni de Turkmène).

L’heure du bilan

Te sens-tu intégré ?

Oui pas mal. Par exemple: il y a une sorte de principe ou de rituel chez les suisses (surtout les suisses allemands) qui est de passer son dimanche à la campagne ou en montagne à découvrir des endroits inconnus. A présent, c’est moi qui renseigne des chouettes balades à faire à mes amis suisses.

Comment juges-tu ta vie actuelle (par rapport à ta vie avant de venir travailler en Suisse) ?

Très intéressante et épanouissante. Tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. Je n’aurais jamais eu autant d’opportunités de développement professionnel en Belgique. Et je n’aurais jamais connu autant de diversité culturelle en restant en Belgique.

As-tu la nostalgie du pays ?

Non. Pas vraiment. Il y a évidemment un peu la famille et les amis mais que je revoie régulièrement (Verviers n’est qu’à 600 kilomètres ou 7 heures de route…). Il y a aussi 2-3 trucs culinaires: la variété des bières, la sauce andalouse, les boulettes sauce lapin, les chocolats Galler, le pain (aaah un bon gros carré blanc coupé…), les moules, les crevettes, la mer à Pâques… Mais c’est pas mal compensé par les vins, la moutarde de Bénichon, les meringues à la crème double, les montagnes absolument magnifiques, de la vraie neige (pas juste 3 flocons tous les 5 ans), la fondue moitié-moitié…
Ma femme m’a déjà dit plusieurs fois que ça ne la dérangerait pas de rentrer « un jour » en Belgique. Mais moi, j’imagine vraiment ça très mal. Émigrer dans un autre pays, pourquoi pas. Avec encore plus de soleil tiens (tiens en passant, il fait vachement moins humide en Suisse qu’en Belgique !). Mais revenir en Belgique, bwaarf.

Consultez le blog de Doremi, Doremi’s blog

RSS_32 Recevez par mail directement tous les nouveaux billets du blog de Travailler en Suisse ou abonnez-vous au flux RSS

PARTAGEZ
banniere-tes-after-entryjpg

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *