Rémunération des hauts fonctionnaires des entreprises publiques suisses : le document qui vous dit tout

Vous avez toujours voulu connaître le salaire suisse des hauts fonctionnaires de votre pays comme par exemple, le président de la Poste ? Vous voudriez connaître son salaire fixe, et son éventuel bonus annuel ? Vous voudriez savoir s’il bénéficie, dans l’exercice de sa fonction, d’un téléphone mobile à usage privé ? Vous voudriez savoir si l’assurance maladie obligatoire lui est payée, y compris lorsqu’il est en retraite ?

En Suisse, les informations sur les salaires des hauts fonctionnaires sont transparentes

Toutes ces questions, la plupart des citoyens de tous les pays se les posent, mais tous n’ont pas les mêmes réponses. Je prendrai l’exemple de 2 pays que j’aime bien, la France, et la Suisse. Pour connaître ces informations pour le président de la Poste française, il faut s’armer de courage, de patience, taper aux bonnes portes, avoir de la chance ou être journaliste : la transparence sur ces sujets n’est pas une seconde nature, l’Intelligencia française n’aimant décidément pas que le « peuple » prenne conscience des privilèges dont elle jouit.

Le rapport sur le salaire des cadres : la bible des salaires des hauts fonctionnaires de la fonction publique

En Suisse, vous pouvez très facilement avoir une vue d’ensemble et de détail sur les rémunérations de la plupart des hauts fonctionnaires de la fonction publique. Il suffit simplement pour cela de consulter le Rapport sur le salaire des cadres, édité chaque année par la confédération. On y apprend, notamment, que le président de la Poste suisse touche une rémunération totale de près de 255 000 francs suisses annuels, dont 225 000 de salaire fixe. Vous pourrez vous apercevoir ci-dessous que je ne me moque pas de vous et que tout est détaillé.

C’est aussi quelque chose que j’aime bien en Suisse : l’argent public est, dans tous les esprits, une propriété commune. Il est donc normal de rendre des comptes et d’être le plus transparent possible. Vous tous les détails dans le rapport sur le salaire des cadres (pdf). Je vous souhaite une bonne lecture.

Combien gagnent les dirigeants des grandes entreprises suisses ?

Chaque année depuis 4 ans, la fondation Ethos sort une étude sur les rémunérations et salaires des patrons des grandes entreprises suisses (49 plus grandes entreprises cotées  à la bourse suisse).

Le sujet de la rémunération des patrons fait débat en Suisse depuis la débâcle de l’UBS, une initiative populaire contre les rémunération abusives a été déposé en 2008, et le patronat voit d’un mauvais oeil une limitation des salaires (voir ce qu’en pense Peter Brabeck, le Président directeur général de Nestlé en pense)

Je vous propose de vous faire part de quelques résultats de cette étude qui méritent d’être publiés.

Rémunération de la Direction générale et du conseil d’administration en augmentation de plus de 20% en 2009

Les membres de la direction générale des grandes entreprises suisses ont touché en moyenne en moyenne en 2009 une rémunération de  3 millions de francs suisses, et les présidents du conseil d’administration 1,9 millions. Les autres membres du conseil d’administration n’ont pour leur part touché « que » 300 000 francs suisses.

L’augmentation de rémunération entre 2008 et 2009 a été de 21%, tous secteurs confondus. Pour les seuls secteurs de la banque et de l’assurance, l’augmentation a été de 73%. Pas mal pour des sociétés qui ont pour certaines été à l’origine de la crise, et qui ont licencié la même années plusieurs centaines de personnes.

La rémunération des dirigeants des entreprises financières

Si vous travaillez dans une banque ou une compagnie d’assurance cotée à la bourse suisse, voici ce que gagnent en moyenne les big boss :

- présidents sans fonctions opérationnelles : 2 millions de francs suisses (augmentation 2008 / 2009 de +41%)

- autres membres du conseil d’administration : 420 000 francs suisses (+15%)

- Chairman/CEO (1 personne) : 8,7 millions (+39%)

- CEO : 7 millions (+84%)

- Autres membres de la direction générale : 4,3 millions (+67%)

Un bonus 70 millions de francs suisses, ça vous tente ?

Concernant la part de rémunération variable des membres de la direction générale (les bonus), l’étude pointe du doigt le fait que celles-ci sont très élevées, notamment dans le secteur financier où elles représentent en moyenne 80% de la rémunération.

Les plans de participations à long terme, comme les stock options par exemple, apportent, grâce à un effet de levier parfois énorme, des rémunération très importantes aux dirigeants. Par exemple, le CEO de Crédit Suisse, Brady Dougan, a gagné 70 millions grâce à un plan de participation démarré en 2004. Comme ces montant ne concernent pas exactement l’année en question, ils sont en général non communiqués…

Et pour finir au sujet des rémunérations variables, l’étude démontre que dans la plupart des cas, il n’existe pas de lien entre ces rémunérations et les conditions de performances futures.

Des rémunérations des dirigeants qui ne sont pas soumises au vote des actionnaires

Ethos milite depuis plusieurs années pour mettre en place un votre systématique des actionnaires lorsqu’il s’agit de la rémunération des dirigeants des entreprises concernées.

Sur 49 sociétés, seules 21 se soumettent à l’exercice. Quand on regarde le résumé des votes, on constate que les actionnaires sont bien peu regardants : hormis pour l’UBS où 54% des actionnaires étaient contre la rémunération proposées (et pourtant ils avaient toutes les raisons d’être fâchés avec l’UBS), toutes les autres entreprises ont vu la rémunération proposée acceptée en général à plus de 90% (malgré parfois des recommandations négatives d’Ethos, recommandations de principe…).

Je vous laisse consulter l’étude complète d’Ethos sur les rémunérations 2009 des dirigeants des grandes entreprises suisses (pdf)

Que peut-on dire de tout ceci ? Pour ma part, je pense que si quelqu’un fait gagner beaucoup d’argent à une entreprise, ce n’est pas anormal qu’il gagne lui même sa vie (ça compte aussi pour les traders d’ailleurs). Ce qui me gêne, ce sont les conditions d’application des rémunérations : pour faire bref, la situation pour les établissements financiers est visiblement exactement la même qu’avant la crise, tant sur le plan du fonctionnement, que sur le plan des rémunérations. Et comme dit le dicton populaire : « aux mêmes causes, les mêmes effets« …

Autres ressources utiles :

- la page « Salaires en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch,

- l’outil d’estimation de feuilles de salaire et de salaire net sur Expatwire

- l’article « Salaire des managers en Suisse : le cartel des hauts salaires » sur Travailler-en-Suisse.ch

Bonus dans le secteur bancaire en Suisse : Crédit Suisse mieux qu’UBS

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Triste jour pour les salariés d’UBS : le groupe n’a prévu « que » la modique somme de 3 milliards de francs suisses pour le versement des bonus, ce qui fait, grosso modo, un bonus moyen par employé de 46 000 francs suisses. En comparaisons, le Crédit Suisse fait beaucoup mieux, avec un bonus à 144 000 francs suisses par employé…

Des bonus étalés sur plusieurs années

Pilule d’autant plus difficile à avaler que les sommes ne sont désormais plus versées en cash en une fois, mais réparties sur plusieurs années, et aussi conditionnée à une certaine longévité dans l’entreprise. Dur, dur…

Des bonus très élevés pour les cadres supérieurs

Même les 46 000 francs par employé de l’UBS me semblent corrects, du moins je connais certains employés qui s’en contenteraient. Mais la réalité est un peu différente : cette somme est une bête division entre les 3 milliards et le nombre d’employés.

En réalité, les bonus de ces établissements sont régis par des règles très précises. En gros, plus vous êtes haut dans la hiérarchie, plus votre bonus sera élevé. Et c’est en général exponentiel. Ainsi, en février 2009, un directeur à l’UBS touchait en moyenne une rémunération totale de 650 000 francs bruts annuels, ce qui fait le mois à un peu plus de 31 000 francs, et le bonus à 215 000 euros. Mais ça c’était avant.

Finance et banque en Suisse : un secteur financièrement très intéressant pour les salariés

Moralité : le secteur bancaire en Suisse reste un des secteurs les plus intéressants sur le plan financier, surtout si vous vous faites « bonusser« . Et je sais de quoi je parle : avant de travailler en Suisse, je travaillais en France dans le secteur bancaire, et la comparaison en termes de bonus prête à sourire… Mais chut ne le dites pas trop fort, il ne faudrait pas que tous les banquiers français débarquent en Suisse.

En attendant, vous pouvez aussi consulter la page « Salaires en Suisse » du site Travailler-en-Suisse.ch ou cette étude très utile sur les salaires dans la Finance.

Allez sinon chiche : dites-nous combien vous avez (allez) toucher de bonus cette année.

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Secteur financier en Suisse : à savoir en ce moment…

L’actualité de la place financière suisse est tellement riche ces derniers temps que je n’arrive plus à suivre. Alors voici un aperçu rapide des informations qui comptent  ces derniers jours sur ce sujet :

L’amnistie fiscale italienne : une machine à blanchir l’argent sale ?

Après une passe d’arme entre l’Italie et la Suisse qui n’a pas particulièrement apprécié la « descente » des services fiscaux italiens dans les banques suisses présentes sur son sol, l’actualité des deux pays sera bientôt marquée par le rapatriement d’une cinquantaine de milliards de francs suisses en Italie, dans le cadre d’une amnistie fiscale. C’est la 3ème fois que l’Italie a recours à ce procédé, les deux précédentes amnisties ayant rapporté au total 46 milliards. La pression exercée sur le secret bancaire suisse semble donc porter ses fruits…

Le problème de cette amnistie italienne, c’est que les italiens qui vont rapatrier ces fonds n’auront pas à justifier leur provenance : un excellent moyen de blanchir de l’argent sale.

On estime le montant total d’argent déposé en Suisse à 5 400 milliards de francs suisses, 55% de ce montant provenant de fonds étrangers.

(source : Le Temps )

Les bonus de 12 établissements financiers suisses encadrés

La Finma, l’autorité suisse de régulation des marchés financiers, a décidé d’encadrer les salaires et bonus du secteur financier. Aucun plafond n’a été fixé, mes les établissements concernés devront communiquer le détail de ces rémunérations. Parmi ces mesures, une concerne les plus grosses rémunérations : en cas de pertes de l’établissement, elles devront être supprimées, et devront être différées dans le temps. De l’avis des experts, la Finma a été très « timide » sur ce dossier, qui concerne les banques et les compagnies d’assurance suivantes : UBS, Crédit suisse, Banque cantonale de Zurich, Raiffeisen, BNP Paribas (Suisse), EFG, HSBC Private Bank, Swiss Re, Swiss Life, ZFS, la Bâloise assurances, Axa Winterthur.

Affaire Madoff : UBS était-elle au courant des risques depuis 2005 ?

L’affaire Madoff n’en est qu’à ses débuts : un document interne révélé par le quotidien français La Tribune semble attester que l’UBS au Luxembourg savait depuis 2005  ce qui se passait avec les fonds Madoff. Compte tenu des sommes qui sont en jeu (plusieurs centaines de millions de dollars), ce document pourrait être décisif pour les victimes de Madooff, ce qui leur permettrait ainsi de se retourner vers l’établissement suisse pour un dédommagement. (source : Le Temps)

Les résultats trimestriels des établissements bancaires et d’assurance en Suisse

Plusieurs établissements ont publié leurs résultats trimestriels. Hormis pour l’UBS qui a présenté des résultats négatifs mais encourageants, beaucoup d’acteurs de ce secteur ont présenté des résultats plutôt positifs :

- Crédit suisse a présenté des résultats (voir l’article sur le site Travailler-en-Suisse.ch)

- UBS a présenté des résultats négatifs mais stabilisés, et ne prévoit pas d’amélioration significative à court terme (voir l’article sur le site Travailler-en-Suisse.ch)

- Swiss Re, la compagnie de réassurance basée à Zurich a présenté des résultats positifs après un passage difficile où l’entreprise a dû licencier 10% de ses effectifs (voir la vidéo de présentation des résultats sur le site de la compagnie)

- Julius Baër, le spécialiste de la gestion de fortune basé à Zurich, présente de bons résultats trimestriels : les avoirs gérés ont augmenté de 17% à 150 milliards de francs suisses (voir les résultats sur le site de l’entreprise). Après avoir racheté ING Bank SA à Genève cette année, la stratégie de la société semble porter ses fruits. L’établissement est également cité dans le cadre de l’affaire Ambros Baumann, le Madoff suisse (voir l’article sur « Travailler-en-Suisse.ch« )

Ces résultats sont de bonne augure pour la suite… et pour l’emploi en Suisse bien sûr.

L’état des lieux du secteur bancaire et financier en Suisse

Retrouvez dans l’article « Secteur bancaire en Suisse : l’état des lieux » du site Travailler-en-Suisse.ch un panorama du secteur. Très utile pour ceux qui veulent travailler en Suisse dans le secteur bancaire.

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Le Best Of « emploi » du blog Travailler en Suisse

Retrouvez ci-dessous les meilleurs articles du blog de « Travailler en Suisse » en relation avec l’emploi, les salaires et la vie en entreprise en Suisse,  sélectionnés en fonction de leur fréquence de lecture et des commentaires.

C’est un peu aussi une sélection personnelle d’articles que j’aime bien.

Dans les jours qui viennent, je publierai d’autres best-of, sur d’autres thèmes abordés dans ce blog.

Le meilleur de l’emploi en Suisse

Les 10 métiers les plus recherchés en Suisse

La Suisse, terre d’asile des spécialistes étrangers

Annuaire d’entreprises à Genève : 10 sites incontournables pour trouver un emploi

Les Français sont trop agressifs dans leur recherche d’emploi en Suisse

Le salaire en Suisse dans tous ses états

Salaires à Genève : dis-moi où tu habites, je te dirai combien tu gagnes

Les salaires à Genève sont plus élevés que partout ailleurs en Suisse

Salaire des étrangers en Suisse : comment négocier ?

Les bas salaires en Suisse : qui et dans quel secteur

Le meilleur de la vie en entreprise en Suisse

La culture d’entreprise en Suisse

Vous faites-vous « bonusser » ?

Le droit du travail en Suisse est-il trop souple ?


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Nestlé menace de quitter la Suisse

Peter Brabeck, le Président directeur général de la multinationale Nestlé montre les dents : il menace de délocaliser le siège de la multinationale, installée à Vevey dans le canton de Vaud, si l’Etat venait à limiter les salaires des hauts dirigeants en Suisse.

Selon le dirigeant de Nestlé, la Suisse perd tout doucement depuis plusieurs années de son intérêt, notamment parce que les lois, stables auparavant, sont aujourd’hui de plus en plus changé suite aux pressions internationales et internes.

Le plafonnement des salaires des dirigeants en Suisse : un vif débat

Le plafonnement des salaires des dirigeants en Suisse est en ce moment discutée par le Conseil des États, et fait suite à l’initiative « Contre les rémunérations abusives« , déposée par un chef d’entreprise suisse, Thomas Minder en octobre 2008. En réaction aux bonus touchés par les dirigeants et cadres supérieurs d’UBS malgré la déroute financière qu’on connait, il avait introduit dans le débat public la question des rémunérations dites abusives (voir l’article « Salaires des managers en Suisse : plus de restrictions ? » sur le site Travailler-en-Suisse.ch).

Si Nestlé devait effectivement délocaliser ses quartier généraux et quitter la Suisse, ce serait catastrophique non seulement sur le plan de l’image – Nestlé est tout de même l’entreprise suisse la plus connue dans le monde – mais également sur le plan économique : le groupe emploie dans son siège près de 3 000 personnes, et génère un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards d’euros.

Les managers et cadres supérieurs en Suisse sont les mieux payés d’Europe

Selon le cabinet d’étude Hewitt, la Suisse est le pays qui propose à ses managers et dirigeants les salaires les plus élevés d’Europe (le salaire moyen des CEO en Suisse est d’environ 13 millions de francs suisses, contre 8 millions pour la moyenne des autres pays). Plus d’informations sur le site Travailler-en-Suisse.ch, « Salaire des dirigeants en Suisse : les plus élevés d’Europe » et « Salaires des managers en Suisse : le cartel des hauts salaires« .

Et vous, pensez-vous que Nestlé puisse vraiment quitter la Suisse ? Bluff ou réalité ?